Identification

Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Manuel d’écriture et de survie, Martin Page

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 28 Juin 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Manuel d’écriture et de survie, mai 2014, 176 pages, 14 € . Ecrivain(s): Martin Page Edition: Seuil

 

« J’ai des points communs avec des dessinateurs, des peintres, des biologistes, des musiciens, avec des personnes qui ne pratiquent aucun art mais qui exercent leur profession avec imagination. Je déteste l’idée de groupe et de corporatisme. Aller voir ailleurs profite toujours à notre art ».

Sur le ring du roman, Martin Page invite Daria, une jeune femme romanesque qui se livre à quelques exercices littéraires. Il répond à ses lettres imaginaires, comme à l’entraînement : esquive, pas de danse, jambes souples, souffle contrôlé et poings prêts à frapper, pour lui montrer ce qu’il convient d’éviter si elle veut gagner aux points. Il témoigne de ses combats permanents, de sa lutte incessante contre les assis et contre lui-même. Le doute comme une paire de gants de cuir où l’on se glisse, les incertitudes comme des cordes qui renvoient l’écrivain au centre du ring, exposition totale, où se découvrir peut être fatal. Mais aussi toujours avancer, même lorsque l’on perd du terrain. Ecrire et ne jamais baisser la garde, écrire et s’en donner les moyens.

Regarde les lumières mon amour, Annie Ernaux

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 18 Juin 2014. , dans Seuil, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Récits

Regarde les lumières mon amour, mars 2014, 74 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Annie Ernaux Edition: Seuil

 

Le parlement des invisibles est une initiative démocratique totalement inédite et originale de Pierre Rosanvallon et Pauline Peretz, qui a été lancée en janvier 2014. Elle comporte deux volets. Le premier est un site Internet où des personnes lambda peuvent publier des textes qui révèlent des trajectoires de vie de tout horizon. Le deuxième volet est une collection intitulée « Raconter la vie ». Elle a pour visée de montrer la vie dans toutes ses dimensions et sous toutes ses formes.

La collection de livres éditée avec Le Seuil accueille des écritures et des approches multiples. Elle mêle témoignages, analyses sociologiques, enquêtes journalistiques, enquêtes ethnographiques et littérature.

Les ouvrages de la collection s’attachent à explorer trois principaux ensembles : Les récits et trajectoires de vie, mêlant histoires singulières et portraits-types, pour appréhender sensiblement la société française, les lieux producteurs ou expressions du social, les espaces exemplaires d’un nouveau mode de vie, lieux révélateurs d’une crise sociale, lieux de flux, nouveaux lieux de travail, les grands moments de la vie – ceux qui résultent d’un basculement, ou ceux marqués par de nouveaux départs. Ses livres ont un format imposé ne dépassant pas 80 pages et un prix unique de 5,90 €.

Raymond Aubrac, Résister, reconstruire, transmettre, Pascal Convert

Ecrit par Vincent Robin , le Mardi, 17 Juin 2014. , dans Seuil, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Histoire

Raymond Aubrac, Résister, reconstruire, transmettre, mai 2014, 710 pages, 25 € . Ecrivain(s): Pascal Convert Edition: Seuil

 

Parmi les gens illustres qui disparaissent, selon une loi de l’extinction hélas sans remède y compris pour eux, en quantité réduite se dénombrent les individus élevés à la célébrité par leur qualité d’esprit et leur marquante philanthropie. Ils sont assurément alors ceux dont le bilan d’existence laisse apparaître une assez visible concordance entre adhésion philosophique déclarée et comportement courant.

Sous ce rapport, « cent ans d’exactitude » pourraient ainsi labéliser l’étonnante biographie de celui dont il sera question ici, qui traversa de part en part le tumultueux siècle dernier des deux guerres mondiales, mais avec un singulier talent d’homme du savoir et du devoir humanistes. Emporté il y a deux ans par son âge avancé (98 ans), le combattant-résistant, ingénieur et diplomate Raymond Aubrac se sera en effet distingué sa vie durant dans cet art de la cohérence éprouvé par la traversée du temps, aussi en dépit d’infortunés dénigrements dont il aura été la cible jusqu’au soir de son expérience.

Un été sans alcool, Bernard Thomasson

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 14 Juin 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Un été sans alcool, mai 2014, 264 pages, 18,00 € . Ecrivain(s): Bernard Thomasson Edition: Seuil

 

« Je m’appelle Charles. J’ai soixante-neuf ans la semaine prochaine. Et je me suis lancé à la conquête de l’identité de mon père. Je sais que c’était un résistant. Je connais son prénom, Pierre. Personne ne m’a révélé son vrai nom. Il faut avouer que je ne l’ai jamais cherché.

Jusqu’à cet été ».

Roman de l’origine, et origine du roman, c’est le principe actif d’Un été sans alcool. Son terrain d’expérimentation : celui des eaux troubles de l’occupation et de la résistance, de ce qui a été dit et donc caché. Celui de la mémoire partielle, des affirmations et des rumeurs. Roman français, s’il en est. Sans identité, sans trace, sans visage, sans mémoire, point de récit national, et par extension point de récit particulier et romanesque. Un été sans alcool est le roman de la recherche de l’identité et de l’histoire du père du narrateur, mais aussi de sa mère.

Le temps est venu d’en savoir plus et de ne plus se contenter de ce qui s’est colporté. Le temps de Charles est compté, alors il se plonge dans ce qui a fondé son existence, sa naissance, au cœur de la guerre, de l’occupation et du maquis.

L’Autre, Sylvie Le Bihan

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 26 Mai 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Autre, mai 2014, 200 pages, 16 € . Ecrivain(s): Sylvie Le Bihan Edition: Seuil

 

Un thriller de livre, tenant en haleine son lecteur en quelques heures passées – toutes affaires cessantes – dans ces pages fortes. Un policier ? Que non pas ! Mieux, une enquête fine qui désosse au petit couteau de cuisine (et elle s’y connaît, Sylvie Le Bihan !) une relation, un couple, où l’une – celle qu’on suit, qu’on regarde – est défaite de bout en bout par l’autre. Une histoire de maltraitance conjugale ? d’un genre à part. Une affaire d’emprise ? Il y a de ça, en plus raffiné. Un Vaudou qui marcherait dans la rue ? Eh bien…

Scénario digne d’un film réussi (qui, soyons-en sûrs, naîtra un jour prochain) : une femme moderne (un peu naïve sous des abords délurés), en activité professionnelle porteuse, rencontre… – lecteurs qui tressaillent dès les premiers mots du Petit Chaperon rouge, s’abstenir – un de ces nouveaux séducteurs-trader, plein aux as, avocat d’affaires, comme les rues de La City de Londres en regorgent :

« Des spermatozoïdes vides en costume sombre dans une queue en érection… ils montaient, se bousculaient dans les escaliers, croche-pattes, délits d’initiés, évaluations à l’acide mensonge, coups bas et trahisons. De petits hommes… ».