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Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Un Nageur dans la ville, Joaquín Pérez Azaústre

Ecrit par AK Afferez , le Vendredi, 27 Mars 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne

Un Nageur dans la ville, janvier 2015, trad. de l'espagnol Delphine Valentin, 203 pages, 18,50€ . Ecrivain(s): Joaquín Pérez Azaústre Edition: Seuil

 

Il paraît que c’est la fin du monde. Aucun fracas cependant. La terre n’est pas mise à feu et à sang. L’apocalypse se fait discrète. Il se trouve juste que les gens disparaissent, et la vie continue son cours.

Jonás, le protagoniste, est photographe, et va tous les jours nager en compagnie de son meilleur ami Sergio dans une piscine au nord d’une ville espagnole, anonyme mais assez grande pour qu’elle ait des quartiers bien définis entre lesquels on circule en métro. Jonás est aux prises d’une rupture douloureuse, qui le laisse tétanisé, et de la prise de conscience qu’il a peut-être perdu la vision esthétique qu’il pensait avoir, que le photographe artiste a laissé la place au photographe de presse. Les nuits d’insomnie, les moments d’amnésie et de migraines, les séances à la piscine et les repas avec Sergio ou Leopoldo rythment son existence. Et tout autour de lui, il commence à entendre parler de gens qui disparaissent. Son père d’abord, qui affirme que sa mère a disparu depuis deux mois. Un de ses collègues, qui reste injoignable.

Le cannibale de Crumlin Road, Sam Millar

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Le cannibale de Crumlin Road (The Dark Place), janvier 2015, traduit de l’anglais (Irlande) par Patrick Raynal, 296 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Sam Millar Edition: Seuil

 

Deuxième volet des enquêtes du détective privé Karl Kane et de ses hémorroïdes, Le cannibale de Crumlin Road, comme le précédent volume (Les chiens de Belfast, traduit en France en 2014), joue à la fois avec l’image du détective dur à cuire et avec les poncifs du thriller à base de tueur en série retors et bénéficiant si ce n’est de la protection active, à tout le moins de l’ignorance volontaire des institutions qui devraient tout mettre en œuvre pour l’arrêter. Ici donc Karl Kane affronte un riche notable déséquilibré rompu aux techniques de gavage de la volaille qu’il applique à de jeunes filles pour mieux manger leurs abats.

Sans doute convient-il de commencer par solder la question de l’intrigue abracadabrantesque du roman. Nul besoin d’être Sherlock Holmes pour y relever incohérences – à commencer par un Karl Kane hospitalisé et plâtré qui, dans les jours qui suivent, gambade à travers Belfast et combat le tueur – accumulation d’heureuses coïncidences et justes conclusions tirées d’on ne sait où, qui permettent de mettre Kane sur la piste de l’assassin. Il y a là, en effet, de quoi rebuter les esprits cartésiens.

Les coqs cubains chantent à minuit, Tierno Monénembo

Ecrit par Theo Ananissoh , le Samedi, 14 Mars 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman, En Vitrine

Les coqs cubains chantent à minuit, janvier 2015, 188 pages, 17 € . Ecrivain(s): Tierno Monénembo Edition: Seuil

Comment dire cela d’une manière simple et claire ? Il y a comme une double nature à ce onzième roman de l’écrivain guinéen Tierno Monénembo. C’est une lettre – pas un roman sous la forme imitée d’une lettre, non, c’est un récit romanesque pour ainsi dire classique, une longue narration qu’un Cubain nommé Ignacio Rodríguez Aponte, paumé et enfermé dans son île, adresse à un « ami » guinéen installé à Paris, du nom de Tierno Alfredo Diallovogui. Le récit est donc à la deuxième personne du singulier.

« Dans quel état seras-tu quand tu auras fini de lire cette lettre ? Prostré, hébété, hystérique ? Non, non… Plutôt muet, plutôt absent, perdu dans des pensées profondes et graves ; hiératique, marmoréen (une vraie statue maya) alors qu’un feu intérieur et vorace te dévore, viscères et âme. Granit angoissé, va ! »

De bout en bout, nous entendons la voix d’Ignacio et le silence de Tierno, et imaginons celui-ci tête penchée sur ce qu’il lit. A coup sûr, une lecture attentive, prenante, pensive car c’est rien de moins que l’élucidation du mystère qui recouvre les toutes premières années (décisives, comme on sait)  de sa vie et du sort de sa mère évaporée alors qu’il n’avait que cinq ans qui lui est livrée dans ces près de deux cents pages.

Hokusai, le vieux fou d’architecture, sous la direction de Jean-Sébastien Cluzel

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Vendredi, 13 Mars 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Hokusai, le vieux fou d’architecture, Coédition Seuil/BnF, 280 pages, septembre 2014, 29 € Edition: Seuil

En 1816, Katsushika Hokusai (1760-1849), le célèbre maître de l’estampe japonaise, consacre le cinquième volume de sa Manga à l’architecture. Vingt ans plus tard, il reprend ce thème dans un nouveau manuel de dessins, Livre de dessins pour artisans. Nouveaux modèles, publié en 1836 (Shoshoku ehon. Shin-hinagata en VO). Par la variété de leurs gravures et de leurs utilisations commerciales, on peut rapprocher ces deux livres des grands traités d’architecture d’Europe tels que par exemple Le Vignole moderne ou traité élémentaire d’architecture par J.B. de Vignole (1773) : ouvrage de vulgarisation dont l’objectif était d’exposer les principes de composition de l’architecture à travers ce que l’on nommait la théorie des Ordres.

Le Livre de dessins pour artisans. Nouveaux modèles est l’un des très rares livres illustrés dont la matrice originale nous soit parvenue dans leur intégralité. Malgré les changements d’éditeurs, les matrices pour les impressions des couleurs furent regravées au cours du temps. Faire de l’architecture le sujet d’un livre illustré était inédit au Japon, et jamais un recueil de gravures sur bois n’avait rendu des bâtiments avec autant de clarté, pour placer cet art à l’avant-garde de la pensée architecturale nipponne moderne.

La fourmi assassine, Patrice Pluyette

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 02 Mars 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La fourmi assassine, janvier 2015, 142 pages, 15 € . Ecrivain(s): Patrice Pluyette Edition: Seuil

 

Le dernier livre de Pluyette, La Fourmi assassine, est un roman totalement loufoque et décalé. Un polar fantasque. Une farce singulière. Peu emballant. Sans grand intérêt.

L’action se situe dans un bled paumé. Une femme Odile disparaît. Bien. On ne sait pas comment ni pourquoi. On sait juste qu’elle devait se rendre à dîner chez Gisèle son amie infirmière.

Les premiers soupçons se portent sur le fils débile de la mère Legousse, éleveur de porcs de 41 ans, à moitié borgne. C’est un type bizarre (très). Accessoirement, il est fétichiste. Il collectionne les poupées gonflables californiennes pulpeuses. Il possède quatre exemplaires de ces poupées Barbie grandeur nature qu’il s’est fait livrer via Internet. Il passe ses journées à s’occuper d’elles.

Ensuite il y a un flic, qui vient de la ville, l’inspecteur Rivière, spécialiste des œuvres volées, mais pas de n’importe quelle ville (Vancouver). A priori, il n’a aucune raison de s’occuper de l’enquête. Et pourtant… si. C’est bien ce personnage qui finira par lever le mystère de cette fumeuse disparition.