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Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Petit Dico à l’usage des darons et des daronnes qui désespèrent de comprendre leurs enfants, Salah Guemriche

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 23 Novembre 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Petit Dico à l’usage des darons et des daronnes qui désespèrent de comprendre leurs enfants, novembre 2017, 192 pages, 14,90 € . Ecrivain(s): Salah Guemriche Edition: Seuil

 

Si la France a vu naître dans ses cités vers les années 1970 une sorte d’argot des jeunes (porté essentiellement par des collégiens), destiné à n’être pas compris des parents, de la cité voisine ou de la police, ce dernier, largement diffusé et enrichi depuis – via notamment les rappeurs, le cinéma ou les réseaux sociaux… – s’est étendu aux lycéens et aux étudiants, gagnant la société entière. Une évolution que les publicitaires ont bien sentie n’hésitant pas à reprendre ce langage dans leurs slogans visant la jeunesse.

Avec près de deux cents entrées allant de « Afficher (quelqu’un) » à « Zyva » présentées avec humour et souvent illustrées de paroles de chansons Rap (auxquelles s’ajoute un index de mots en verlan ainsi que d’acronymes ou d’abréviations), ce petit dictionnaire copieusement annoté nous propose une sorte d’instantané de ce « parler djeun’s » haut en couleurs qui devrait faciliter la communication intergénérationnelle. Mais ce n’est pas le seul intérêt de cet ouvrage qui semble s’élargir à une tout autre ambition

Par le vent pleuré, Ron Rash

Ecrit par André Angot , le Mercredi, 08 Novembre 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, En Vitrine

Par le vent pleuré, août 2017, trad. anglais (USA) Isabelle Reinharez, 208 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Ron Rash Edition: Seuil

 

La découverte macabre d’ossements humains au bord d’une petite rivière bordant un bourg des Appalaches va être l’occasion pour Eugène Matney, écrivain raté noyant les ruines de sa vie personnelle dans les brumes de l’alcool, de replonger dans un douloureux passé.

50 ans auparavant, au cours de l’été, Eugène et son frère lors d’une banale partie de pêche vont voir leurs vies bouleversées par une ondine surgissant des flots : Ligeia Mosely, sirène sexuelle, éclaireuse d’un monde nouveau, symbole d’une révolution qui va marquer leurs destins.

Dans ce court roman, proche de la « novella », Ron Rash se sert de la structure du polar pour revenir sur ses thèmes de prédilection.

Une fois de plus l’eau, comme dans les légendes celtiques qui lui sont chères, est associée à la mort.

De sa voix singulière et cynique, il joue avec l’intensité dramatique pour croquer le portrait d’homme pris dans le piège d’une existence vouée à la solitude infinie et le chagrin le plus implacable.

La fille à histoires, Irène Frain

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 18 Octobre 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La fille à histoires, septembre 2017, 272 pages, 18 € . Ecrivain(s): Irène Frain Edition: Seuil

 

En quarante-deux chapitres, la romancière livre au lecteur sa vérité, à l’âge où l’enfance décante de toutes ses frayeurs ou autres blessures.

Comme dans Sorti de rien (Seuil, 2013), le récit creuse les matières natales, toutes de Bretagne et de familles marquées par les origines.

Quand un livre, cette Fille à histoires, pousse à relire ce beau Sorti de rien, c’est que le miracle de l’écriture authentique agit, donne du prix à ce qui s’est écrit, dans la même qualité d’atmosphère, de racines familiales et de parfum d’une époque révolue.

L’après-guerre a marqué les familles. De là ont surgi tant d’étroites vies, mesurées à l’aune des besoins immenses, des soucis d’argent, du manque de logements. Quand le n°3 d’une famille, Irène, naît, c’est au plus mauvais moment pour cette mère qui avait le projet de « faire bâtir » pour échapper à l’étriqué logement où ils logeaient, son mari, elle et ses deux premières filles, trente-cinq mètres carrés, avec la promiscuité des voisins, le WC à partager, etc.

Nos richesses, Kaouther Adimi

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 21 Août 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Nos richesses, août 2017, 220 pages, 17 € . Ecrivain(s): Kaouther Adimi Edition: Seuil

 

« Des siècles que le soleil se lève au-dessus des terrasses d’Alger et des siècles que nous assassinons sur ces mêmes terrasses ».

C’est d’Alger, capitale d’un pays soumis depuis longtemps à l’injustice et à la violence, que s’élève la voix du narrateur principal de ce livre dont le « nous » endossé par les habitants de la ville porte tout l’héritage du peuple algérien, la somme des histoires de « ces hommes et ces femmes qui ont tenté de construire ou de détruire cette terre ». Une voix ravivant les douloureuses mémoires mêlées de l’Algérie et de la France tout en évoquant par touches légères le triste bilan actuel d’un Etat corrompu sans céder pour autant à l’accablement. Nos richesses exalte en effet les vraies richesses nées sur cette terre d’ombre et de lumière dont « le bleu presque blanc du ciel » donne « le tournis ». Et Kaouther Adimi y célèbre cette jeunesse qui dans les périodes les plus noires osa risquer l’impossible pour réaliser ses rêves les plus fous, semblant ainsi rappeler à ces jeunes ignorants, endormis ou blasés qu’il existe des valeurs porteuses d’espoir et que l’on peut prendre son destin en mains.

L’empereur à pied, Charif Majdalani

Ecrit par Theo Ananissoh , le Vendredi, 18 Août 2017. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

L’empereur à pied, août 2017, 393 pages, 20 € . Ecrivain(s): Charif Majdalani Edition: Seuil


En vérité, l’Histoire – grande ou petite, ancienne ou contemporaine –, ce sont des mots ! Imaginons que l’homme soit dépourvu de toute capacité locutoire et donc de celle de mettre en relation ce qu’il voit, ce qu’il fait, ce qui est – de les « organiser » mentalement ; y aurait-il… Histoire ? On en vient à méditer ainsi à mesure qu’on avance dans le puissant roman que publie en cette rentrée Charif Majdalani. Rassurons : L’empereur à pied est un pur roman, un récit d’aventures même ; des aventures volontiers rocambolesques étalées sur un siècle et demi et étendues sur trois continents. Une épopée familiale, celle des Jbeili. L’ancêtre fondateur, Khanjar, apparaît un jour tel un spectre quelque part dans les montagnes du Liban. Il est accompagné de ses trois fils. Apparition de l’humanité. Apparition double. Khanjar Jbeili et ses fils surgissent de nulle part en même temps que… la parole qui dit ce surgissement. Cette parole qui énonce est elle-même de nulle part ; elle se met d’emblée en scène.

« Mais que viendraient-ils faire et qui sont-ils ? A cette question, même moi (moi qui observe à travers le regard rusé des hommes en séroual debout sur leurs toits, moi qui suis les arbres, et le bas-relief antique représentant un sanglier attaquant Adonis et à ses côtés une Aphrodite éplorée, moi qui suis aussi les calvaires chrétiens avec leurs images frustes de Vierge et de Christ), à cette question même moi je n’ai pas encore la réponse ».