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Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Retour à Watersbridge, James Scott

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 29 Mai 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA

Retour à Watersbridge (The Kept, 2014), Seuil Policiers, février 2015, trad. de l’anglais (USA) Isabelle Maillet, 389 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): James Scott Edition: Seuil

 

Elspeth Howell, sage-femme, rentre chez elle, au nord de l’État de New York un soir d’hiver de 1897 et découvre sa famille assassinée. Le seul survivant est l’un de ses fils, Caleb, âgé de 12 ans. Commence alors pour la mère et le fils une longue et rude épopée à travers les paysages glaciaux, les bois, les collines abruptes et les champs. Un seul objectif pour eux : rejoindre la ville de Watersbridge vers laquelle les tueurs ont fui, les retrouver et se venger. Mais en regagnant cette cité qu’elle a quittée il y de nombreuses années, Elspeth se trouve obligée d’affronter son passé et ses propres péchés.

Premier roman de James Scott, Retour à Watersbridge, sans être dénué de défauts, en particulier certaines longueurs qui viennent parfois affaiblir la force du récit, se révèle être un livre à bien des égards stimulant. Porté par une écriture élégante, il évoque avec force les tourments intérieurs de ses deux personnages principaux, la culpabilité qu’ils portent tous deux, les sentiments ambivalents qui les animent, les secrets enfouis.

Chut, Charly Delwart

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 18 Mai 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Chut, Seuil, coll. Fiction et Cie, janvier 2015, 176 pages, 17 € . Ecrivain(s): Charly Delwart Edition: Seuil

 

« L’univers est un test d’intelligence », Timothy Leary

 

Ce livre semble parfois un peu difficile à lire, le style de l’auteur est particulier, comme heurté, des tournures, des cassures, qui déstabilisent, mais en nous glissant dans la peau d’une jeune athénienne de 14 ans, Charly Delwart nous fait revivre les évènements qui ont fait culbuter la Grèce. La Grèce exsangue de la Troïka, otage du FMI, de la BCE et de comptes falsifiés avec la complicité de la Goldman Sachs… Une Grèce qui ne peut oublier Alexandros Grigoropoulos « abattu par un policier lors d’une manifestation liée à la situation économique du pays », en 2008, il avait 15 ans. Une Grèce, grand laboratoire à ciel ouvert aux quatre veines, de politiques toujours plus d’austérité, une Grèce où les vieillards se suicident pour ne pas peser sur leurs enfants, le premier fut Dimitris Christoulas, pharmacien à la retraite de 77 ans, qui se met une balle dans la tête sur la place Syntagma. Une Grèce où des mères ne reviennent pas chercher leurs enfants à la crèche, sachant qu’au moins là-bas ils seront nourris, la Grèce qui bascule dans un gouffre sous la loupe de l’Europe…

Du sang sur l’arc-en-ciel, Mike Nicol

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 04 Mai 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Afrique, Roman

Du sang sur l’arc-en-ciel (Of cops and Robbers), mars 2015, trad. de l’anglais (Afrique du Sud) par Jean Esch, 493 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Mike Nicol Edition: Seuil

 

Après sa trilogie Vengeance, dont on attend d’ailleurs le troisième volet après La dette et Killer Country, Mike Nicol continue dans le roman noir en suivant un nouveau héros, le détective privé Fish Pescado. Surfeur, un peu dealer d’herbe pour boucler ses fins de mois et comptant plus ou moins sur sa compagne avocate, Vicki Kahn, pour manger à sa faim, Pescado n’est pas vraiment un de ces personnages rugueux et durs à cuire à l’image de Mace et Pylon, précédents héros de Nicol. Mais en acceptant d’enquêter pour le compte du cabinet de Vicki sur une affaire de délit de fuite, il se trouve entraîné dans une affaire qui le dépasse.

Comme dans les précédents livres noirs de Mike Nicol, le passé de l’Afrique du Sud ressurgit – à travers ici les exactions d’une sorte d’escadron de la mort opérant entre les années 1970 et 1990 – pour mieux éclairer le présent. Car ce que veut montrer l’auteur c’est avant tout ce qui se cache, souvent bien mal d’ailleurs, derrière l’image lissée de la nation arc-en-ciel. Corruption, collusions, trafics, et, bien entendu, la pauvreté extrême d’une bonne partie de la population, sont au cœur de Du sang sur l’arc-en-ciel.

Le sentiment de soi, Georges Vigarello

Ecrit par Jean-François Vernay , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Le sentiment de soi Histoire de la perception du corps (XVIe-XXe siècle), septembre 2014, 320 pages, 21 € . Ecrivain(s): Georges Vigarello Edition: Seuil

 

Georges Vigarello semble avoir une prédisposition pour la rédaction de sommes historiques à en juger par son impressionnante bibliographie, et l’on mesure toute l’expérience de l’auteur à la lecture de son dernier opus, Le sentiment de soi. Histoire de la perception du corps. On y décèlera même une méthode et un style proprement foucaldiens. Parmi les recoupements thématiques avec l’œuvre de Michel Foucault, l’on compte : une passion pour le corps, la santé, la gouvernance, la connaissance de soi, la médecine et le savoir.

Il y a comme une résurgence de l’intérêt pour le corps dans la société contemporaine qui se reflète dans l’édition avec de nombreux titres, dont celui de Daniel Pennac, Journal d’un corps (2012), cité dans l’introduction de Georges Vigarello. Depuis une décennie, ce corps que nous habitons de manière si naturelle ne va plus de soi puisqu’il fait tout à coup l’objet de nombreux séminaires et colloques (1), donnant lieu à de nombreuses investigations qui ouvrent de nouvelles pistes pour la recherche : les gestualités (petit hommage à Yves Citton (2), la corporéité, la kinésie (3), les émotions (du latin motio, mouvement, action de mouvoir), tout est prétexte à sonder – extérieur comme intérieur.

La Maison au toit rouge, Kyoko Nakajima

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 21 Avril 2015. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Japon

La Maison au toit rouge, traduit du japonais par Sophie Refle, mars 2015, 301 pages, 21 € . Ecrivain(s): Kyoko Nakajima Edition: Seuil

 

Une dame d’âge respectable, Taki, rédige pour son neveu les souvenirs de ses années de service passées dans la famille Hirai, un foyer de la bourgeoisie tokyoïte. Le maître de maison est sous-directeur d’une entreprise de jouets, passablement prospère. Il a fait construire récemment une maison à Tokyo pour son épouse, Tokiko, et le fils de celle-ci. Tout le récit du roman de Kyoko Nakajima est articulé autour du basculement incessant entre deux époques, celle des années 30 du Japon de l’entre deux-guerres, conquérant, impérialiste, mais où il fait bon vivre, où les mœurs sont stables, confinent à l’immobilité ; et le Japon des années soixante, celui de la croissance économique, d’une entrée dans le monde occidental, au moins en apparence…

Ainsi, la narratrice souligne-t-elle le temps que les maîtresses de maisons dignes de ce nom devaient passer à préparer le nouvel an, à peaufiner la préparation des mets, à la visite systématique de tous les voisins… Tâches perçues pourtant par Taki comme nobles, valorisantes. Dans le domaine de la perception de l’histoire de son pays, Taki, peut-être à l’instar d’une grande majorité de ses compatriotes, revisite l’histoire de son pays d’une manière surprenante, qu’un observateur contemporain pourrait aisément qualifier de révisionniste. Le fils de son neveu, Takeshi, lui fait remarquer que le Japon faisait déjà la guerre en 1936 :