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Seuil

Les Éditions du Seuil sont une maison d'édition française créée en 1935.

Maison très respectée dans le milieu de l'édition, entretient de bons rapports avec ses auteurs. Elle a notamment publié les œuvres de Jacques LacanRoland BarthesPhilippe Sollers (première période) ou plus tard Edgar MorinMaurice Genevoix ou Pierre Bourdieu.

Fragments d’un discours amoureux, Roland Barthes

Ecrit par Johana Bolender , le Mercredi, 09 Avril 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Fragments d’un discours amoureux, 288 pages . Ecrivain(s): Roland Barthes Edition: Seuil

 

Le discours amoureux est une très belle chorégraphie. Nous la pratiquons avec plus ou moins d’aisance, à l’écrit ou à l’oral. Nous avons tous éprouvé ce sentiment de solitude extrême, dans notre atelier, penché sur la fabrication de ces bris de discours et destinés à l’être aimé.

Cette bouffée d’anéantissement qui vient au sujet amoureux, « par désespoir ou par comblement », est une expérience à la fois solitaire et collective de succombance, de perte, et d’abnégation.

En 1977, Barthes revêt un habit nouveau. Romantique éclairé, il se consacre à l’élaboration d’un carnet-répertoire dans lequel il dépoussière le langage oublié des amoureux transis, les formules ordinairement moquées et dépréciées, les mots fragiles et méconnus de l’aveu, du regret. On surprend Barthes dans un tout autre registre, autoritaire malgré une plume plus arrondie, on lui découvre une sensualité sinistre. Le sentiment d’abandon qu’éprouve l’amoureux est à la source de son travail définitoire.

Le dernier arbre, Tim Gautreaux

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 14 Janvier 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Le dernier arbre (The Clearing, 2003), trad. (USA) Jean-Paul Gratias, septembre 2013, 413 pages, 22 € . Ecrivain(s): Tim Gautreaux Edition: Seuil

 

Byron Aldridgre, héritier d’une riche famille de négociants en bois de Pittsburgh et vétéran de la Première Guerre mondiale, fait régner la loi dans une exploitation forestière de Louisiane tout en essayant d’oublier la boucherie à laquelle il a assisté en Europe et, par la même occasion, son père qui l’a poussé à partir là-bas avec les marchands de canons puis à s’engager dans l’armée. Mais le patriarche Aldridge entend bien faire revenir son aîné et héritier désigné dans le giron familial. C’est pourquoi il achète la scierie de Nimbus où officie Byron et y nomme son cadet, Randolph, comme directeur avec pour mission de faire du profit et de faire revenir Byron à la civilisation. Mais, sur place, Randolph se trouve confronté aux traumatismes de son frère et au conflit ouvert par ce dernier avec la famille mafieuse qui possède le bar installé dans la colonie.

Avec Le dernier arbre, Tim Gautreaux signe un roman ambitieux sur la violence, qu’elle soit faite aux hommes ou à la nature, sur la fraternité et la paternité et, partant, sur l’héritage. Ces thématiques manifestes mais malgré tout subtilement développées donnent au livre toute sa profondeur, l’intrigue, sombre histoire de vengeance entre un clan mafieux et les frères Aldridge, étant la colonne vertébrale sur laquelle elles viennent s’accrocher.

Une terre d’ombre, Ron Rash

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 08 Janvier 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Une terre d’ombre, traduit de l’Anglais (USA) par Isabelle Reinharez, 2 janvier 2014, 243 pages, 20 € . Ecrivain(s): Ron Rash Edition: Seuil

Une ballade pour Laurel


Dans les années 60, un homme est mandaté de façon officielle pour se rendre dans une région isolée de la Caroline. Sa mission est de submerger la ville Mars Hill pour en faire un lac artificiel. L’hostilité des habitants et la découverte d’un cadavre dans un vieux puits ramènent à la surface une histoire tragique qui s’y était déroulée au moment de la Première Guerre Mondiale.

L’habileté du Prologue permet à l’auteur d’introduire son histoire et de braquer la lumière sur deux êtres à part. Il s’agit de Hank Shelton et surtout de Laurel, sa sœur. En effet, victime d’une marque de naissance et de la superstition des habitants, elle est rejetée par ce lieu qui la voit comme une sorcière et une damnée. Laurel est alors pourchassée, humiliée et voit son avenir compromis puisque les pressions de la communauté sont telles qu’elle a dû quitter l’école à regret. Sa vie se passe loin des regards dans une profonde solitude. De surcroît, sa demeure est une vieille maison nichée au creux d’un vallon maudit :

Dernier verre à Manhattan, Don Winslow

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 07 Janvier 2014. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Dernier verre à Manhattan, traduit (USA) Philippe Loubat-Delranc, octobre 2013, 375 p. 21 € . Ecrivain(s): Don Winslow Edition: Seuil

Anniversaire de l’assassinat de John Fitzgerald Kennedy oblige, les éditions du Seuil exhument cette année un roman déjà ancien de Don Winslow mais jamais traduit jusqu’à présent, mettant en scène le futur président des États-Unis au moment où il n’est encore qu’un sénateur aux dents longues, à la fin de l’année 1958. Nul besoin en effet d’une grande culture historique pour reconnaitre JFK et Bobby derrière les frères Keneally de Winslow, ni Jacqueline derrière Madeleine, et encore moins Marilyn Monroe derrière Marta Marlund.

Nous sommes donc à la Noël 1958 à New York. Walter Whiters, ancien agent de la CIA en Scandinavie vient de démissionner pour retrouver Manhattan et a trouvé une place de détective dans une agence de la ville. C’est dans le cadre de ce travail qu’il est amené à veiller sur Joe Keneally, jeune sénateur démocrate comptant bien obtenir l’investiture de son parti pour l’élection présidentielle. Mais Whiters se rend rapidement compte que, plus que d’assurer la sécurité du politicien, il est là pour servir d’alibi et couvrir les écarts d’un Keneally volage trompant sa femme avec l’actrice Marta Marlund. Une mission plus compliquée qu’il n’y paraît lorsque l’on sait que la compagne de Whiters, chanteuse de jazz, ne cache pas ses sympathies socialistes, que J. Edgard Hoover aimerait bien obtenir des dossiers compromettants sur Keneally et que Marta Marlund court au devant d’un destin tragique.

Marguerite Duras, La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 11 Décembre 2013. , dans Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Marguerite Duras, La passion suspendue, entretiens avec Leopoldina Pallotta della Torre, traduit de l’italien et annoté par René de Ceccatty, janvier 2013, 187 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marguerite Duras Edition: Seuil

 

 

Leopoldina Pallotta della Torre est face à Duras. Elle l’écoute. Elle est là pour qu’elle lui parle. Elle est là pour que naisse La passione sospesa. « Je l’écoutais se souvenir, réfléchir, se laisser aller, abandonner peu à peu sa méfiance naturelle : égocentrique, vaniteuse, obstinée, volubile. Et tout de même capable, à certains moments, de douceurs et d’élans, de timidités, de rires retenus ou éclatants. Elle semblait soudain animée d’une curiosité irrésistible, vorace et presque enfantine ».

Ce livre d’entretiens est commodément divisé en sections, dont le titre seul dit tout : Une enfance, Les années parisiennes, Le parcours d’une écriture, Pour une analyse du texte, La littérature, La critique, Une galerie de personnages, Le cinéma, Le théâtre, La passion, Une femme, Les lieux.