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Au Diable Vauvert

Au Diable Vauvert est une maison d'édition indépendante française, fondée en octobre 2000 par Philippe Mandilas (Mandy) et Marion Mazauric.

Elle est située à La Laune, lieu-dit dépendant de la commune de Vauvert (Gard).

Au Diable Vauvert fait partie de la nouvelle vague de maisons qui se sont créées au moment où l'édition française subissait un fort mouvement de concentration (Hachette, Editis…). La même année (2000), Bragelonne et 6 pieds sous terre voyaient le jour.

Se revendiquant de la « culture poche », Au Diable Vauvert prônait au départ une littérature « décomplexée », c'est-à-dire débarrassée des barrières créées par les genres littéraires (littérature générale, polar, SF…). Cette volonté se concrétise par l'absence de collections classant ses ouvrages. Cependant, il semble que la maison ait renoncé devant l'ampleur de la tâche (habitudes des lecteurs, linéaires des libraires, rubriques de la presse).

Son catalogue se compose pour moitié d'auteurs français, pour moitié d'auteurs étrangers, essentiellement anglo-saxons. Si cette maison présente des auteurs considérés comme majeurs (Nicolas Rey, Pierre Bordage, Martin Winckler, Thomas Gunzig, Douglas Coupland, Neil Gaiman, David Foster Wallace, Irvine Welsh, Poppy Z. Brite, William Gibson), elle est aussi réputée pour être une pépinière de jeunes romanciers (Marin Ledun, Louis Lahner, Thomas Clément, Céline Robinet, Julien Blanc-Gras, Grégoire Hervier).

Enfin, par la présentation physique de ses livres (logo, couvertures…), elle participe à la révolution graphique qui touche l'édition française depuis la fin des années 1990, en particulier grâce au travail de son maquettiste Olivier Fontvieille.



Manuel de survie à l’usage des incapables, Thomas Gunzig

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 30 Septembre 2013. , dans Au Diable Vauvert, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Manuel de survie à l’usage des incapables, juillet 2013, 408 pages, 18 € . Ecrivain(s): Thomas Gunzig Edition: Au Diable Vauvert

 

Un supermarché. Violence banale du monde moderne. Une caissière un peu lente, un DRH zélé. Un agent de sécurité résigné. Tristesse, laideur, honte vite bue, sinistre ridicule d’existences étriquées. Et puis tout dérape. Tout dérape ? Tout avait déjà dérapé depuis les premières pages, dès la rencontre d’une baleine produite par Nike.

Dans le roman de Thomas Gunzig, le basculement discret dans la science-fiction se met au service d’une critique sociale au vitriol de l’univers de la grande distribution et plus largement de la société capitaliste. Le titre paraît ainsi une antiphrase dans ce jeu de massacre où seuls les plus durs et les plus cruels parviennent à survivre. « L’homme est un loup pour l’homme » : telle pourrait être l’épigraphe de cette fable qui prend au pied de la lettre la formule en donnant pour fils à la caissière licenciée quatre loups, Blanc, Gris, Brun et Noir, parodie horrifique des jeunes loups des banlieues populaires qui hantent l’imaginaire contemporain.

La vie, Régis de Sá Moreira

Ecrit par Victoire NGuyen , le Dimanche, 14 Octobre 2012. , dans Au Diable Vauvert, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La vie, 22 août 2012, 123 p. 15 € . Ecrivain(s): Régis de Sá Moreira Edition: Au Diable Vauvert

La vie ou une course de relais

 

C’est un récit intéressant car la trame romanesque et la structure narrative de ce roman procèdent d’une conception originale de la balle bondissante. En effet, La vie s’ouvre sur un « je » qui rit de la posture d’un passant « Je suis sorti de chez moi à huit heures, j’ai marché au lieu de prendre le métro, je me suis marré en croisant un homme qui portait une télé… ». Et c’est l’ouverture. Le rideau se lève.

Comme une course de relais, les trois points de suspension permettent à cette « victime » de prendre sa revanche, de rebondir sur cette opportunité offerte par le personnage, et par ricochet par l’auteur lui-même, de poursuivre le flux de sa pensée et d’ouvrir la voie à un autre passant pris au piège au hasard des rencontres et des tribulations de la vie. D’ailleurs, ce roman n’a t-il pas pour titre La vie ? Ces deux mots résument toute une dimension philosophique et métaphysique. Car qui peut définir ce qu’est la vie ? Depuis Platon jusqu’à Aristote en passant par Descartes, pour ne pas inviter Lao Tseu ou Averroès à la fête, aucun de ces philosophes ne peut donner une approche au plus près de la vérité de ce concept qu’est la vie.

L'amour est déclaré, Nicolas Rey

Ecrit par Eric Neirynck , le Lundi, 24 Septembre 2012. , dans Au Diable Vauvert, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

L’amour est déclaré, 13 septembre 2012, 196 p. 17,5 € (Ebook, 4,99 €) . Ecrivain(s): Nicolas Rey Edition: Au Diable Vauvert

« – Très bien Clara (son éditrice), tu veux un bouquin. Dans trois mois, je te file un truc d’histoire sur la guerre d’Indochine avec une longue dédicace pour remercier “Wikipédia”.

– Nicolas, continue à raconter ta vie. T’es bon qu’à ça.

J’avais 39 ans, des impôts à payer et un appartement à rembourser. J’avais un fils aussi. Bref, je n’avais plus vraiment le choix ».

Et il l’a fait, en 196 pages il nous parle à nouveau de sa vie.

Le premier mot qui vient à l’esprit au début de la lecture du nouvel Opus de Nicolas Rey est : rassurant. Il va mieux ! Enfin presque. Ce livre peut être considéré comme une « suite » d’Un léger passage à vide publié il y a deux ans. Livre dans lequel  l’auteur nous parlait de ses problèmes liés à diverses substances dont il était un fervent consommateur à l’époque.

Dans L’amour est déclaré, toute cette période est derrière lui, fini les excès et vive l’amour !

« Je crois qu’elle s’est endormie à ce moment-là. Je crois que c’est à ce moment-là que je me suis levé pour serrer son visage dans mes bras et que j’ai pensé : “Quoi qu’il arrive, je ne te quitterai plus”.

Les bisons du Coeur-Brisé, Dan O'Brien

Ecrit par Lionel Bedin , le Samedi, 14 Juillet 2012. , dans Au Diable Vauvert, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Récits

Les Bisons du Cœur-brisé, traduit de l’américain par Laura Derajinski, 2007 . Ecrivain(s): Dan O'Brien Edition: Au Diable Vauvert

 

Avez-vous déjà vu le pare-chocs de votre auto se refléter dans les yeux d’un bison ? Ce fut une révélation lorsque l’auteur se trouva un jour « suffisamment près pour voir le pare-chocs du pick-up se refléter dans ses sombres yeux ronds surmontés d’une touffe de poils noirs et frisés. Sa tête était aussi grosse qu’une machine à laver ». Même s’il fut alors « incapable de trouver un lien entre ce vieux bison poussiéreux » et lui, Dan O’Brien comprit que cette vision était un signe. Peu de temps après il loua un ranch. Au début il y vécu dans des conditions spartiates et difficiles. Plusieurs obstacles durent être surmontés : les éléments naturels, certes, mais aussi les problèmes de voisinages et d’autres liés à l’écosystème, complètement stérilisé par des « erreurs » antérieures. Ce sont ces questions qui donnent à ce livre plusieurs pistes de lectures et donc son intérêt et son épaisseur.

Ce récit est celui de l’Histoire, et aussi de l’histoire économique de la région. Nous sommes au pied des Black Hills, « de l’herbe qui oscille à l’infini dans le vent et un ciel qui engloutit la moitié du monde », les terres indiennes de Sitting Bull, dans les Grandes Plaines du Dakota. Ces plaines qui ont vu la « disparition » des peuples autochtones, les Indiens, en même temps qu’un autre massacre, celui des bisons.

Touriste, Julien Blanc-Gras

Ecrit par Myriam Thibault , le Samedi, 30 Juillet 2011. , dans Au Diable Vauvert, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Touriste, 260 pages, 17€. . Ecrivain(s): Julien Blanc-Gras Edition: Au Diable Vauvert


Touriste, un roman de voyage, incontestablement. Le narrateur a le nez plongé dans les atlas et dans les cartes. Il rêve de villes et de pays à la seule consonance de leur nom. Il rêve de faire le tour du monde. Alors il le fait et nous emmène avec lui. De l’Angleterre, à l’Inde, en passant par le Maroc, Madagascar ou le Guatemala, le lecteur se laisse emporter avec le narrateur, ce Touriste, pour des aventures et péripéties qui s’enchaînent les unes après les autres et qui ne s’arrêtent pas. Non, faire le tour du monde n’est pas de tout repos.

Touriste n’est pas qu’un roman de voyage. C’est un roman où il n’y a pas une page privée d’humour. Le lecteur sourit pendant quasiment la totalité du voyage. Quelques onces de cynisme sont également présentes de temps à autre au détour d’une page. Un bel exemple de cet humour piquant dans le début de son voyage au Proche-Orient :