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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


Autour de ton cou, Chimamanda Ngozi Adichie

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 18 Mars 2015. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Récits

Autour de ton cou (The things around your neck), décembre 2014, traduit de l’anglais (Nigéria) par Mona de Pracontal, 312 pages, 7,50 € . Ecrivain(s): Chimamanda Ngozi Adichie Edition: Folio (Gallimard)

 

Avec cette édition, Gallimard nous donne accès à un florilège de courts récits d’une richesse sociologique stupéfiante, témoignant d’un éclatant talent littéraire.

Chimamanda Ngozi Adichie, nigériane, qui a quitté le Nigéria à l’âge de 19 ans pour étudier puis s’installer aux Etats-Unis, exprime avec une sensibilité à fleur de peau, dans la plupart de ces nouvelles, dont certaines ont obtenu des prix prestigieux, les chocs culturels qu’a provoqués et que provoquent encore chez les individus et les groupes humains la rencontre brutale des civilisations occidentale et africaine.

On ne peut pas ne pas penser ici à cet autre immense écrivain nigérian, Chinua Achebe, dont La Cause Littéraire a présenté plusieurs œuvres qui tournent fondamentalement autour des mêmes thématiques et mettent en évidence la même problématique.

Un jour, Morris Gleitzman

Ecrit par Pauline Fouillet , le Vendredi, 27 Février 2015. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jeunesse, Océanie

Un jour, novembre 2014, traduction de l'anglais (Australie) Valérie Le Plouhinec, 364 pages 7,20 € . Ecrivain(s): Morris Gleitzman Edition: Folio (Gallimard)

 

Je cherche un mot en vain. Le mot qui peut qualifier ce roman, cette histoire qui malheureusement aurait pu être vraie et qui est basée sur des réalités historiques.

Alors, pour vous exprimer ce que je ressens, je vais reprendre deux expressions phares des personnages principaux :

Tout d’abord, « Oh ». Et en effet, comment exprimer autrement toutes ces tragédies, ces monstruosités qui ont fait la Seconde Guerre Mondiale. Quoi en dire d’autre ?…

Ensuite, « T’es bête ou quoi ? » dixit une fillette de 6 ans que la vie rendra bien plus délurée que la moyenne et qui pourrait parfaitement être dit à ce Hitler, personnage absent physiquement mais pourtant omniprésent dans l’histoire.

La légende de Sleepy Hollow/The Legend of Sleepy Hollow, Washington Irving, bilingue

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Fantastique, Contes

La légende de Sleepy Hollow (The Legend of Sleepy Hollow) suivie de Rip van Winkle + Le Lilas de Rip van Winkle d’Herman Melville, Traduction de l’américain Philippe Jaworski, 240 p. 7 € . Ecrivain(s): Washington Irving Edition: Folio (Gallimard)

Formidable collection bilingue de folio qui nous offre ici trois des plus beaux textes de la littérature américaine du XIXème siècle. Ce bijou littéraire entre les mains, vous pouvez vous caler dans un fauteuil et partir dans l’univers merveilleux de Washington Irving. Merveilleux, pas fantastique, et c’est là le premier trait des récits de ce recueil. La nuance est d’importance. Nous sommes loin de Poe, de Hawthorne ou de Maupassant, dont l’art sublime est de glisser le surnaturel dans les failles du réel ordinaire, comme une irruption. Rien de tel avec Irving. Ses contes – et les deux contes majeurs de ce volume – prennent place dans des univers en soi merveilleux, propices au rêve, au surnaturel, à l’irrationnel.

La célèbre « légende de Sleepy Hollow » (La Légende du Val Dormant), de même que le deuxième conte de ce volume, le célèbre « Rip van Winkle », se situent ainsi en un pays de la vallée de l’Hudson baigné d’une atmosphère étrange, brumeuse, et aux couleurs du rêve. Là, point n’est besoin de s’évader du réel pour être dans le merveilleux. Un monde inquiétant parfois, irrationnel souvent, mais jamais terrorisant. Nous sommes loin, avec Irving, de l’adaptation cinématographique issue de ce conte qui cause de vraies frayeurs.

Toute la famille sur la jetée du Paradis, Dermot Bolger

Ecrit par Jérôme Diaz , le Mardi, 10 Février 2015. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

Toute la famille sur la jetée du Paradis (The family on Paradise Pier), traduit de l'anglais (IRL) par Bernard Hoepffner avec la collaboration de Catherine Goffaux, 672 pages . Ecrivain(s): Dermot Bolger Edition: Folio (Gallimard)

 

Toute la famille sur la jetée du Paradis de 1915 à 1946, la fabuleuse chronique d’une famille irlandaise.

– […] Ce qui se passe à Dublin est déconcertant. Une telle folie, alors que des Irlandais meurent tous les jours en France.

– C’est peut-être ça le problème. Ce n’est pas dans ce pays-là qu’ils devraient mourir.

– Le problème, Art, c’est simplement qu’ils meurent. La guerre ne résout rien et ne nettoie rien. Elle ne laisse que davantage d’amertume, laquelle n’attend qu’une occasion de déborder à nouveau (p.71).

« Sentimentaux, les Irlandais » écrit avec une douce ironie Colum McCann dans Transatlantic (1). Le côté sentimental, c’est peut-être cela qui attire tant chez les romanciers Irlandais depuis des décennies. Près de dix ans avant McCann, Dermot Bolger publiait Toute la famille sur la jetée du Paradis (2), superbe roman historique sur fond de chronique familiale.

Atala. René. Les aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand, François Mouttapa

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Roman

Atala. René. Les aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand, 270 pages . Ecrivain(s): François Mouttapa Edition: Folio (Gallimard)

Lire Chateaubriand nous fait entrer dans l’empyrée (et François Mouttapa, dans son bel essai, nous permet cette entrée ; lisez, plus que tout autre, cet ouvrage de la collection Foliothèque : je ne sache pas meilleure introduction à l’œuvre de Chateaubriand).

La vision cosmogonique aristotélicienne (chaque planète s’insère dans une sphère cristalline qui tourne inlassablement autour de la Terre) fut phagocytée par les scolastiques médiévaux qui assignèrent la force motrice des sphères aux anges et aux archanges. Pour eux, si l’enfer se situe au centre de la Terre, l’empyrée, où Dieu réside physiquement, est un lieu non limité par un espace, un lieu non constitué de matière, un lieu placé juste derrière la sphère des étoiles fixes.

Mais il est une différence entre la prose de Chateaubriand et l’empyrée. Au lieu que l’empyrée est un lieu perpétuellement immobile, la prose de Chateaubriand est quant à elle le lieu d’une mobilité perpétuelle. Qui se fait sans heurt. Une mobilité du sens, et du souffle qui le porte (face auxquels le lecteur ne peut que charger son immobilité d’animation et de vitesse accumulées, ainsi que l’a soufflé Proust), du souffle fait phrases, qui n’a rien à envier à la musique classique, à la fluidité qu’elle propose, au sein de laquelle toute dissonance ne peut que se résoudre en harmonie, en accord tonal, parfait souvent.