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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


Malraux face aux jeunes, Mai 68, avant, après. Entretiens inédits

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mardi, 06 Décembre 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Essais, La Une Livres, Histoire

Malraux face aux jeunes, Mai 68, avant, après. Entretiens inédits, novembre 2016, 102 pages, 2 € . Ecrivain(s): André Malraux Edition: Folio (Gallimard)

 

Quoique historiquement codés dans une période précise, ces entretiens inédits la dépassent largement. Plus que de parler uniquement aux jeunes et plus que de s’installer dans son statut de ministre, Malraux prolonge son soliloque avec lui-même sans chercher de pose et de rôle de magister dans ce contexte particulier.

De fait sa réflexion reste toujours la même : accorder le sens qu’il convient à l’histoire, à la révolution, au jeu de pouvoir qu’entretiennent les maîtres du monde avec leur propre idéologie et leur peuple et bien sûr à la religion et son – dit Malraux – « inépuisable » question.

Au passage l’auteur lance quelques discrètes flèches à un intellectualisme germanopratin qui préfère Le Flore à l’action en oubliant que « le catéchisme est cinq cent fois plus sérieux que les professeurs » lorsqu’on parle de révélation. Et ce même si l’auteur relit les Evangiles « avec une certaine déception ».

Sept secondes pour devenir un aigle, Thomas Day

Ecrit par Didier Smal , le Samedi, 19 Novembre 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, Science-fiction, La Une Livres, Roman

Sept secondes pour devenir un aigle, septembre 2016, postface de Yannick Rumpala, 384 pages, 8,20 € . Ecrivain(s): Thomas Day Edition: Folio (Gallimard)

 

Thomas Day (1971) est un des chefs de file du renouveau de la science-fiction francophone, un de ceux qui lui a redonné vigueur et diversité de tons – on songe en particulier au cycle La Voie du Sabre, remarquable de documentation, d’imagination et, surtout, d’allant stylistique. Avec Sept secondes pour devenir un aigle, le présent recueil de nouvelles publié précédemment aux éditions Le Bélial’, il démontre l’étendue de son talent tout en s’attachant à faire vivre la veine spéculative de la science-fiction, celle qui a des préoccupations Terre-à-Terre, si l’on permet les majuscules, puisqu’elle descend des étoiles lointaines pour se demander ce qu’il va advenir de notre petite planète – pas dans des siècles, non, demain. Du coup, qu’on ne s’étonne pas si ces nouvelles se placent dans la droite ligne de Soleil Vert, Tous à Zanzibar ou encore Bleue comme une Orange : si la littérature post-apocalyptique des années cinquante et soixante imaginait la vie, l’humanité après qu’un imbécile a appuyé sur un gros bouton au fond d’un bunker, la même littérature, depuis les années soixante-dix environ, se demande surtout ce qu’il va advenir de l’humanité si elle continue à foncer droit dans le mur écologique (surpopulation, surconsommation, destruction environnementale) sans même se demander s’il existe une pédale de frein.

Etait-ce lui ? précédé d’Un homme qu’on n’oublie pas, Stefan Zweig

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 16 Novembre 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles

Etait-ce lui ? précédé d’Un homme qu’on n’oublie pas, juillet 2016, trad. allemand Laure Bernardi, Isabelle Kalinowski 95 pages, 2 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Folio (Gallimard)

Deux nouvelles extraites de Romans, nouvelles et récits, Tome II, de Stefan Zweig dans la Bibliothèque de la Pléiade (Editions Gallimard). La première, Un homme qu’on n’oublie pas, met en scène Anton, un personnage remarquable, sans domicile fixe, connu de toute une ville, une sorte de Diogène du 20ème siècle que l’accumulation de biens matériels n’intéresse pas, un homme à tout faire qui vit au jour le jour, auquel tout un chacun peut faire appel à tout moment pour solliciter de lui des petits travaux les plus divers, pour lesquels il refuse d’être rétribué au-delà du « tarif » invariable qu’il a fixé : de quoi pourvoir à ses sobres besoins jusqu’au lendemain.

La nouvelle est, comme c’est souvent le cas chez Zweig, le récit de la rencontre entre le narrateur et ce personnage singulier. L’emploi du JE personnalise la relation et lui donne un caractère authentique, d’autant plus fortement ressenti par le lecteur que le contexte spatio-temporel est toujours campé de façon réaliste. L’auteur met l’accent sur l’impact que peuvent avoir dans la vie de telles rencontres : le narrateur, qui, après avoir fait fortuitement la connaissance du clochard, enquête discrètement, intrigué par le bonhomme, pour cerner sa personnalité, en sort quelque peu transformé. Il tire leçon de la sagesse acquise, de la totale indépendance, de la générosité spontanée, de l’humanisme vrai qu’il découvre chez le vagabond.

6 Moments Musicaux, Hoffmann et al.

Ecrit par Didier Smal , le Vendredi, 30 Septembre 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Anthologie

6 Moments Musicaux, Hoffmann et al., janvier 2016, 240 pages, 7,10 € Edition: Folio (Gallimard)

 

Tout l’art de l’anthologie réside en deux points essentiels : choisir un thème probant et choisir les œuvres idéales pour aborder ce thème, ou du moins les bons extraits. A ce compte, les 6 Moments Musicaux proposés par Sylvain Ledda dans la collection FolioPlus Classiques remportent pour l’essentiel les suffrages du lecteur.

La thématique est plus qu’intéressante : l’écriture de la musique, en particulier par les auteurs romantiques, représentés par cinq d’entre eux : Hoffmann, Janin, Balzac, Berlioz et Sand. Cela donne des pages oscillant entre le fantastique (la nouvelle signée Hoffmann, Le Chevalier Gluck, est exemplaire à ce titre, ainsi que celle signée Sand, bien qu’elle soit tardive – 1873) et l’émerveillement, ainsi que des tentatives éblouissantes de mettre la musique en mots – avant tout dans la nouvelle qui sert de pièce de résistance à cette anthologie, Gambara (1837) d’Honoré de Balzac, où l’auteur rend au passage hommage au génie de Beethoven.

Une désolation, Yasmina Reza

Ecrit par Johana Bolender , le Mercredi, 28 Septembre 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Une désolation, mai 2016, 176 pages, 5,90 € . Ecrivain(s): Yasmina Reza Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Le travail du chroniqueur n’est rien de convenu. Certains textes particulièrement farouches exigent du lecteur plus d’attention, plus de patience. Le roman de Yasmina Reza est ce puissant steamer auquel rêve Mallarmé, qu’il admire balançant sa mature, un médium qui nous emmène dans les lieux de l’étrange, chez les canaques à Mombassa ou à Kuala Lumpur.

Le roman de Yasmina Reza, Une Désolation, une fiction sans silence, sans structure, sans repères, nous conduit au cœur de la rhétorique du père, une rhétorique brutale, inquisitrice, chargée de reproches adressés à un fils de trente-huit ans, un enfant chéri, parti manger la papaye à l’autre bout du monde. C’est avant tout l’histoire d’un déni. Un père qui n’accepte pas l’émancipation de son fils pourtant adulte et qui le rappelle à lui.