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Folio (Gallimard)

Collection de poche des éditions Gallimard

 


L’Amour, Marguerite Duras

Ecrit par France Burghelle Rey , le Lundi, 14 Mars 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Amour, 144 pages, 6,50 € . Ecrivain(s): Marguerite Duras Edition: Folio (Gallimard)

 

Duras ou l’émotion poétique

Marguerite Duras, dès les premières lignes de L’Amour, par l’économie des moyens, suggère du regard le plus pénétrant, observe ses personnages, leurs mouvements, le paysage dans lequel ils évoluent. Cette simplicité induit une émotion nourrie du dépouillement des êtres devant l’absurde, la même émotion que l’on ressent en lisant de la poésie sauf qu’ici ce n’est pas de la poésie.

« Jour » : une soudaine lumière en un seul mot comme un choc pour le lecteur qui se laisse porter. On entre alors dans autre chose. Même si l’histoire semble banale – mais il est vrai qu’on avance sans vraiment comprendre dans un mystère et un monde nouveaux – Duras ménage presque à chaque page des surprises avec ses flashes inattendus. Mais elle en dit plus qu’elle n’en a l’air. De la femme « pâle » chaque lecteur dégage ce qu’il sent : la maladie, la solitude qui ne sont pas dites, comme s’il y avait absence de vie intérieure. Les yeux « s’ouvrent douloureusement », plus loin le geste de la femme est « d’une tendresse désespérée ». Mais que valent ces hypallages par rapport à une poétique qui est ici celle du corps ? Les mots « crient », « dévorent », « sang », continuent à faire choc comme le mot « enfant » qui contrastent inhabituellement avec « bonheur ».

La guitare de diamants et autres nouvelles, Truman Capote

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Vendredi, 11 Mars 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Nouvelles

La guitare de diamants et autres nouvelles, trad. anglais (USA) Germaine Beaumont, Serge Doubrovsky, février 2016, 112 pages, 2 € . Ecrivain(s): Truman Capote Edition: Folio (Gallimard)

 

Dans une interview donnée au magazine The Paris Review, fin 1957, Truman Capote s’exprimait sur son irrésistible penchant pour l’écriture de nouvelles :

« Mes ambitions les plus inébranlables tournent toujours autour de cette forme. Lorsqu’elle est sérieusement explorée, la nouvelle me semble la forme la plus difficile et demandant le plus de discipline en matière de prose existante. Quels que soient le contrôle et la technique que je peux avoir, je dois entièrement ma formation à ce genre littéraire ».

Il insiste également sur la qualité du rythme des phrases, l’importance de la ponctuation, allant jusqu’à qualifier Henry James de « maestro du point-virgule ».

Le recueil publié par Folio qui regroupe trois nouvelles écrites au début des années cinquante, La bonbonne d’argent, La guitare de diamants, et La maison de fleurs, est l’occasion d’apprécier de manière concrète son haut niveau d’exigences.

Les Avant-Gardes Artistiques (1848-1918), Béatrice Joyeux-Prunel

Ecrit par Didier Smal , le Mercredi, 17 Février 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Histoire

Les Avant-Gardes Artistiques (1848-1918) Une Histoire Transnationale, Gallimard Folio Histoire, janvier 2016, 976 pages + 16 pages hors texte, 9,70 € . Ecrivain(s): Béatrice Joyeux-Prunel Edition: Folio (Gallimard)

 

Selon le site internet de l’Ecole Normale Supérieure, Béatrice Joyeux-Prunel est maître de conférences en histoire de l’art contemporain, avec comme spécialité l’histoire et la sociologie historique des avant-gardes (XIXe-XXe siècles), l’internationalisation artistique et l’histoire globale des arts, les transferts artistiques et culturels, les approches quantitatives en histoire de l’art, la géographie et la cartographie artistiques. Toutes ces caractéristiques et spécialisations sont mises en œuvre dans ce qui est d’ores et déjà une synthèse indispensable, son second livre publié (après Nul n’est Prophète en son Pays ? l’Internationalisation de la Peinture des Avant-Gardes Parisiennes, 1855-1914), Les Avant-Gardes Artistiques 1848-1918 : Une Histoire Transnationale. Cet ouvrage, fort d’environ un millier de pages, ressemble fort à ce qui se fera de mieux sur le sujet pour quelques années encore.

Le Château d’Eppstein, Alexandre Dumas

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 25 Janvier 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le Château d’Eppstein, septembre 2015, édition présentée, établie et annotée par Anne-Marie Callet-Bianco, 400 pages, 7,50 € . Ecrivain(s): Alexandre Dumas Edition: Folio (Gallimard)

 

Avec Le Château d’Eppstein, la collection Folio classique nous permet de redécouvrir un roman peu connu, mais très séduisant d’Alexandre Dumas. Relativement bref, ce roman fantastique se révèle en effet d’une grande richesse narrative et poétique.

Rien d’original, pourtant, en apparence. Le début du roman met en place un dispositif éprouvé : un cercle d’amis, se racontant des histoires de fantômes. Nous n’en connaîtrons qu’une, celle du château d’Eppstein, hanté par le spectre de la comtesse Albine qui par-delà la mort veille sur son fils bien-aimé.

Dès cette ouverture, le charme opère, et la rencontre dans la chambre rouge du narrateur avec la comtesse défunte n’est pas sans évoquer Les Hauts de Hurlevent. L’histoire de la comtesse Albine et de son fils Éverard que le narrateur apprend à cette occasion joue ensuite davantage sur le registre sentimental et merveilleux que sur l’horreur. Bien que les apparitions d’Albine dans la chambre rouge soient dramatisées à plaisir, le récit est plutôt dominé par la formation d’Éverard, ses amours, son éducation et son lien à la nature à laquelle se mêle la figure de sa mère.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 20 Janvier 2016. , dans Folio (Gallimard), Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme (Vierundzwanzig Stunden aus dem Leben einer Frau), février 2015, Edition bilingue (allemand/français) annotée par Jean-Pierre Lefebvre, trad. français Olivier Le Lay, 201 pages, 4,10 . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Folio (Gallimard)

 

Toujours doublement précieuses sont les éditions bilingues des grands textes littéraires. Le lecteur français germanophone et le lecteur allemand francophone apprécieront certainement celle-ci en particulier, mais nulle nécessité d’être bilingue pour se laisser prendre aux qualités intrinsèques du récit, qui bénéficie de l’excellente traduction d’Olivier Le Lay.

La scène a pour cadre, au début des années 30, une pension hôtelière bourgeoise de la Riviera, où se côtoient les membres d’une société à la Somerset Maugham, à la Maupassant, où chacun observe chacun, où chacun commente, critique, juge et sanctionne les gestes et les paroles de chacun, au nom d’une morale étriquée appliquée de manière immédiate et arbitraire au vu de la seule superficialité des faits.