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La Une Livres

Bouquet d'été 2017 de nos rédacteurs !

, le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres


Nos rédactrices et rédacteurs vous proposent leurs livres coups de cœur, à emporter dans vos besaces de voyage. Bonnes lectures à tous nos abonné(e)s et bel été de repos !


Nadia Agsous : Lou Andreas von Salomé, La femme océan, Michel Meyer (Ed. du Rocher)

Marcel Alalof : Le locataire chimérique, Roland Topor (Libretto)

Theo Ananissoh : Les filles au lion, Jessie Burton (Gallimard)

Frédéric Aribit : L'abandon des prétentions, Blandine Rinkel (Fayard)

Benoît Artige : Relever les déluges, David Bosc (Verdier)

Didier Ayres : le geste du regard, Renaud Ego (éd. l'Atelier contemporain)

Avi Barack : Grossir le ciel, Franck Bouysse (Livre de poche)

Didier Bazy : L'invention des corps, Pierre Ducrozet (Actes Sud)

Maîtres du monde, Victor Cohen-Hadria

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Albin Michel

Maîtres du monde, janvier 2017, 356 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Victor Cohen-Hadria Edition: Albin Michel

 

Le récit commence comme un roman de Balzac, par une description de Trieste et un abrégé de l’histoire de cette ville où se déroule la majeure partie du roman.

Le début est très précisément daté.

« Nous sommes le 31 décembre 1999, ultime jour du dernier lustre du deuxième millénaire ».

Le titre du premier chapitre, 07h 00min 00s, donne même l’heure à laquelle le narrateur situe le déclenchement de l’intrigue et l’entrée en scène du personnage principal, Elio.

Elio, amnésique, est hébergé, ainsi que Charley, le narrateur, depuis trois ans, un mois et vingt-sept jours au Palazzo Gattopardo, une clinique psychiatrique de luxe à l’allure de pension de famille, tenue par les extravagantes Gabriela et Asunta Salina, deux sœurs « duchesses déchues », et sise à Trieste, où il est soumis à la thérapie fort singulière du professeur Fortunato Zembalone et de son assistante chinoise miss Qian-Qian…

Maria by Callas, Tom Volf

Ecrit par Elisa Amaru , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Arts

Maria by Callas, éd. Assouline, juin 2017, introduction Nadia Stancioff, préface Georges Prêtre, 150 ill., 260 pages, 195 € . Ecrivain(s): Tom Volf

 

« Tout ce que j’ai à dire est dans la musique. Tout est là, dans mes enregistrements », Maria Callas

 

Les éditions Assouline nous enchantent avec la sortie du nouveau titre Maria by Callas, dédié à celle qui reste l’icône féminine du monde de l’opéra. Une somme photographique, enrichie de nombreuses interviews et confidences de ses proches, collègues et amis, qui nous fait entrevoir l’âme derrière la voix.

Aux yeux du grand public, la Callas sera pour toujours la diva assoluta légendaire du 20e siècle, prima donna inaccessible et idole, jusqu’à sa mort, des plus grands temples mondiaux de l’art lyrique. Une autre Maria existe pourtant. Plus tourmentée, plus mystérieuse, plus virile. Un être à la voix d’or, mais double, voire duel. En quête perpétuelle d’elle-même à travers son interprétation des rôles tragiques du répertoire opératique : Violetta Valéry de La Traviata, et la Norma

Une chance minuscule, Claudia Pineiro

Ecrit par Martine L. Petauton , le Jeudi, 22 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Amérique Latine, Roman, Actes Sud

Une chance minuscule, mars 2017, trad. espagnol (Argentine) Romain Magras, 261 pages, 22 € . Ecrivain(s): Claudia Piñeiro Edition: Actes Sud

 

Absolument prenant. Au croisement – subtil mélange – du récit peut-être autobiographique ou pas loin, du thriller, du drame intimiste. Plongée en apnée au fond des composantes troublantes d’un « soi » qui n’est pas celui de n’importe qui. Vraie réussite que ce Une chance minuscule, peut-être parce qu’il est composé de tout ce qui définit la littérature, dans le vaste comme le simple : d’abord une histoire racontée, des personnages et situations qu’on enfourche sans redescendre, et puis, une écriture et une architecture. Sans oublier une musique, un rythme, qu’on n’oubliera pas…

En Argentine, de nos jours – ce n’est pas sans intérêt – mais transférable partout, pour peu qu’on reste dans une bourgeoisie bienséante et catholique. Une famille, maison, école – le chic collège Saint Peter dans le grand Buenos Aires ; la femme qui parle y enseigne un peu pour s’occuper sans doute et son fils y est scolarisé. Usages précisément détaillés de riches contemporains comme il en est ailleurs. Elle s’ennuie et le mari – chirurgien – amasse. Terre et ciel, comme on dit de certains. Des familles en arrière-plan, la sienne, modeste, bercée par Piazzolla, celle de l’époux, abondante, quelque peu invasive, se voulant protectrice comme on sait l’être en Amérique Latine. Un seul enfant, un garçon, le héros-double, reflet présent/absent de l’histoire de sa mère.

En amitié, Portraits, Jean Blot

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 22 Juin 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Récits

En amitié, Portraits, La Bibliothèque, Les Cosmopolites, 2015, 208 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean Blot

 

Le romancier, critique et essayiste Jean Blot, fonctionnaire à l’Unesco, bardé de prix littéraires prestigieux (Cazes, Valéry-Larbaud, des Critiques, etc.), né en 1923, exact contemporain de Bernard Pingaud, et que les lecteurs de Phoenix, revue phocéenne, connaissent bien pour ses chroniques brillantes, propose avec ce bel En amitié dix portraits d’écrivains-amis dont il parle avec chaleur et ferveur.

Chaque étude, accompagnée d’une photographie noir et blanc de l’écrivain, est le fruit de rencontres, de lectures, d’une amitié fervente. Ainsi, Pierre Emmanuel, Albert Camus, Eugène Ionesco, Marcel Arland, Albert Cohen, Roger Caillois, Lawrence Durrell, Nathalie Sarraute, Louis Guilloux, Denis de Rougemont, forment un panthéon intime, tissé d’une attention à l’autre, à sa personnalité unique, à l’aura qui se dégage de l’œuvre, à la qualité d’une relation qui a favorisé des points de vue et une approche singuliers : Jean Blot dépèce (même si le mot peut paraître paradoxal pour ces échanges de l’ordre de l’intime) le contexte dans lequel l’écrivain a surgi, s’est nourri, a « retenu » le lecteur privilégié.