Paris, époque actuelle, une loge de théâtre, celle de l’acteur principal, Alex, le soir de la Première du Misanthrope de Molière. Le rideau va se lever dans une quarantaine de minutes. Dernier coup d’œil pour Doris, l’habilleuse ; derniers instants de trac pour Léda, l’interprète de Célimène. Alex alias Alceste, la vedette du spectacle, tarde à arriver. « La première ! Nous avons la première ce soir ! Ses débuts dans le Misanthrope ! Les miens dans Célimène… Moi, dès l’aube, j’ai commencé à crier, à piaffer, à trépigner ! Lorsque j’ai griffé mon fils, mon mari m’a jetée dans la voiture et m’a larguée au théâtre. Depuis midi, je tourne en rond dans ma loge avec mes chiens. À croire qu’Alex, lui, n’a pas peur… » et Doris (supérieure [dans le texte]) de répondre : « Ces dernières années, je ne l’ai jamais vu s’inquiéter. Il sait que les gens l’aiment ».
Alex arrive, pose pied dans sa loge, bouquet de fleurs à la main, et il les offre à Doris, attendrie. Quelques affabilités acroamatiques plus tard, Alex se retrouve, seul, dans sa loge. À tout le moins, il le croit. « Pendant qu’il s’éloigne, un homme inconnu apparaît dans le miroir, un individu noble, hautain, habillé avec élégance ; il se penche vers le cadre pour observer Alex ». Le décor est posé, la pièce peut commencer.