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La Une Livres

Anaïs Nin, Genèse et jeunesse, Sophie Taam

Ecrit par Laurence Biava , le Mardi, 02 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Biographie

Anaïs Nin, Genèse et jeunesse, Editions Chèvre Feuille étoilée, janvier 2014, 147 pages, 15 € . Ecrivain(s): Sophie Taam

 

 

Sophie Taam présente, entre biographie romancée et essai, l’histoire émouvante d’une femme ou bien adulée, ou bien haïe – c’est selon – qui a dû se battre bec et ongles toute sa vie pour sa reconnaissance. Belle inspiration, en effet, pour toutes les femmes, qu’elles soient (un peu ou beaucoup) artistes et/ou écrivains, que la trajectoire de cette femme émancipée. Sophie Taam met autant l’accent sur la sexualité débridée que sur l’œuvre novatrice de Nin, reconnue tardivement, et surtout sur ses journaux témoins de l’époque du Paris d’avant-guerre, où elle revient vivre avec son mari dans les années 1930 : sont présentés également les bribes des œuvres écrites à New York dans les années 50. On perçoit bien, au travers de son enfance et sa jeunesse, une prédisposition précoce à une grande ouverture d’esprit, un besoin d’écrire récurrent : toutes ces pistes intéressantes permettent de déchiffrer le mystère de cette artiste à l’aura sulfureuse. D’autant que sa vie adulte n’en est pas avare non plus, de mystère.

La peau de l’ours, Joy Sorman

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 02 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Gallimard, La rentrée littéraire

La peau de l’ours, août 2014, 160 p. 16,50 € . Ecrivain(s): Joy Sorman Edition: Gallimard

Avec La peau de l’ours, Joy Sorman s’intéresse à nouveau à ce rapport de l’homme à l’animal qui, en lui ouvrant des portes fantasmatiques, lui permet d’aborder de manière romanesque l’histoire de l’humanité et la définition même de l’humain. Et elle tente encore de s’immerger à fond dans un monde qui lui est étranger en en exploitant tous les éléments. Une démarche qui lui avait réussi dans Comme une bête, fable délirante et jubilatoire retraçant sur une cadence endiablée le parcours initiatique d’un jeune apprenti boucher, mais qui s’avère peu convaincante dans ce dernier roman.

C’est que Comme une bête, perfusé par le langage technique de la boucherie, encore vierge en littérature, fut totalement galvanisé par l’inventivité de la langue. Entrer dans la peau d’un ours était sans doute beaucoup plus ambitieux, et, privée du langage de l’animal – dont les grognements auraient  difficilement pu renouveler la langue –, l’écriture de Joy Sorman, variant peu les temporalités et recourant trop souvent à de fastidieuses énumérations, s’avère plutôt prévisible et monotone. On trouve alors laborieux le déroulement linéaire de ce récit dépourvu d’humour. Et ceci d’autant plus que les mondes parcourus par l’auteure ayant été déjà bien explorés par d’autres, le texte essentiellement nourri de toutes ces références reste sans surprise, son ancrage initial dans l’archaïsme et le merveilleux du conte semblant même curieusement avoir été un frein à l’imagination…

L’Incroyable Histoire de Wheeler Burden, Selden Edwards

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 02 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, USA, Roman, Le Cherche-Midi

L’Incroyable Histoire de Wheeler Burden, traduit de l’anglais (USA) par Hubert Tézénas, 2014, 650 pages, 20 € . Ecrivain(s): Selden Edwards Edition: Le Cherche-Midi

 

 

Ce roman à la construction extrêmement élaborée, d’une densité vertigineuse, nous emporte avec son personnage principal dans un tourbillon d’évènements, dont une bonne partie a pour théâtre la ville de Vienne. Frank Standish Burden III, alias Wheeler Burden, champion de base-ball dans ses années étudiantes comme son père avant lui, puis célèbre musicien de rock des années 70, a abandonné la musique pour consacrer une dizaine d’années à l’écriture d’un livre. C’est suite à la sortie de ce livre, en 1988 donc, que Wheeler, rentrant d’une soirée qui lui était consacrée, se retrouve tout d’un coup à Vienne ! Ce fait est déjà fort surprenant, mais le plus incroyable, c’est que la Vienne dans laquelle il se retrouve ainsi transporté est la Vienne de 1897 ! Un inexplicable et soudain bond en arrière qui marque le début d’une aventure tout aussi impensable.

Les révolutions de Jacques Koskas, Olivier Guez

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 01 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Belfond, La rentrée littéraire

Les révolutions de Jacques Koskas, août 2014, 336 p. 19 € . Ecrivain(s): Olivier Guez Edition: Belfond

 

« Ce soir-là, toute la faune qu’on pouvait croiser chez Raymond semblait réunie : marins d’eau douce, maquereaux à gourmettes, assassins en goguette, éjaculateurs précoces, footballeurs manchots, canailles boiteuses, militaires pacifistes, crooners baroques, sionistes repentis, médecins fumeurs, amants éconduits, schnorers polyglottes, rabbins défroqués, chômeurs prospères, troubadours sédentaires et probes antiquaires ; des petites frappes, des causeurs impénitents et des grands cœurs, des valeureux et des seigneurs, des Séfarades avec un S majuscule qui ne donnaient pas d’argent au KKL, ne buvaient jamais du Coca Light et ne promenaient pas leur maîtresse en Porsche Cayenne – ils n’avaient pas de Porsche Cayenne ».

 

Jacques Koskas traverse ses révolutions un peu comme Woody Allen ses films, un pied dans le judaïsme, l’autre dans les soirées où l’on ne reste jamais très longtemps un verre vide à la main.

Satyre seconde. Le Neveu de Rameau, Denis Diderot

Ecrit par Eddie Breuil , le Lundi, 01 Septembre 2014. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais

Satyre seconde. Le Neveu de Rameau, Éd. Droz, 2013, 297 pages, 32 € . Ecrivain(s): Denis Diderot

 

Neveu de Rameau

 

Les éditions Droz publient une nouvelle édition par Marian Hobson du Neveu de Rameau. La dernière en date chez le même éditeur était celle de 1950 par Jean Fabre. Jean Fabre avait été l’éditeur des Œuvres complètes de Diderot, se penchant particulièrement sur les problèmes d’établissement du texte. Autre époque, autres règles : la nouvelle édition ne se penche plus réellement sur ces problèmes, posant comme une évidence le recours à l’autographe publié en 1891 (ou plutôt aux éditions l’ayant collationné). La traduction de la version Gœthe est ainsi oubliée. Même si elle s’écarte forcément de l’original, elle pouvait être intéressante pour le nombre et l’importance de ses lecteurs. La section « Le Texte » montre que l’histoire de l’édition a son importance dans le cas de cette œuvre.