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La Une Livres

Au jour le jour, Paul Vacca

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Récits, Belfond

Au jour le jour, Février 2017, 379 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Paul Vacca Edition: Belfond

 

« Sue, comme Eugène ? » demandait Simone-la dame de la poste, dans ce « télégramme » qu’on a tous dans l’oreille, tandis que la voix – unique – d’Yves répondait, légèrement agacée devant l’évidence : « Oui, Eugène Sue ».

Il y a comme ça des références tellement inscrites en nous – une langue, un passeport transgénérationnel, qu’en effet, ça va de soi. Eugène Sue – Les mystères de Paris, en sont. En même temps, difficile de ne pas convenir que ce genre de rivière, à force d’être souterraine, peut disparaître. Cherchez donc dans un manuel scolaire ; plus aucune trace des « mystères and co » ; tentez un micro trottoir – tranche des 14/18 ans : qui était Eugène Sue ?

D’où peut-être – en plus de l’indéniable et cabriolant talent de son auteur – l’intérêt, l’utilité même de cet Au jour le jour dont le titre claque comme feuilleton en page de journal, loin, dans le siècle d’avant le dernier, tout en étalant insolemment, une paradoxale modernité.

Dans l’ombre, Arnaldur Indridason

Ecrit par Jean-Jacques Bretou , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Polars, Pays nordiques, Roman, Métailié

Dans l’ombre, février 2017, trad. islandais Éric Boury, 344 pages, 21 € . Ecrivain(s): Arnaldur Indridason Edition: Métailié

 

Après 12 romans ayant pour héros Erlendur Sveinsson, le plus connu en France des auteurs de romans policiers islandais, Arnaldur Indridason, se lance dans une nouvelle série, Trilogie des ombres, ayant pour cadre la période 1941-1944. C’est dans cette Islande du passé, à l’histoire mouvementée, qui vit sous l’occupation anglo-américaine, alors que l’Europe est envahie par l’Allemagne, que vont désormais se nouer de sombres intrigues.

En 1941, on découvre dans un petit appartement de Reykjavik un représentant de commerce tué d’une balle dans la tête, le front marqué du symbole nazi. Á ses côtés se trouve une valise contenant une capsule de cyanure. Un jeune policier islandais, Fovent, seul inspecteur de la police criminelle d’Islande, ex-stagiaire de Scotland-Yard à Edimbourg, accompagné d’un membre de la police militaire américaine ayant le même âge, « Islandais de l’ouest » né au Canada, donc parfaitement bilingue, Thorson, sont chargés de l’enquête. Les soupçons se portent d’abord sur les soldats américains occupant l’île ou sur quelqu’un se trouvant « dans la situation », à savoir quelqu’un fréquentant ces militaires, compte tenu de la marque de l’arme trouvée sur place ; un Colt. Puis les recherches s’orientent dans d’autres directions lorsque l’on découvre la véritable identité de la victime.

Havre nuit, Astrid Manfredi

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Roman, Belfond

Havre nuit, février 2017, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Astrid Manfredi Edition: Belfond

 

Astrid Manfredi nous offre son deuxième roman. Après La Petite Barbare, voici Havre nuit. Cette fois encore, elle se hasarde à traiter d’un sujet inquiétant. Cette auteure n’est pas la seule à s’être emparée de faits divers pour en faire le départ d’un roman. Mais, l’important ne se situe pas là, mais dans la manière dont elle va traiter l’évènement. De prime abord, le lecteur peut croire qu’il va lire un énième roman policier puisque dans Havre-Nuit, oui, il y a des victimes, oui, il y a un criminel, oui, des crimes se succèdent, il y a bien sûr une enquête.

Mais c’est une autre lecture qui nous est proposée, plus nébuleuse, plus ambigüe. Au fil des pages, le récit s’éloigne d’un genre établi et se densifie. Par un procédé d’écriture qui allie le factuel à la psychologie et à la poésie, Astrid Manfredi subvertit pour notre plus grand bonheur les codes convenus, habituels, du roman policier. Elle brouille avec subtilité la vérité des faits pour nous obliger à approcher la vérité intérieure des personnages, leurs secrets enfouis, leurs blessures mal cicatrisées, leurs aspirations brisées, leurs espoirs déçus.

Enfance, dernier chapitre, René de Ceccatty

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 28 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Biographie, Gallimard

Enfance, dernier chapitre, février 2017, 440 pages, 22 € . Ecrivain(s): René de Ceccatty Edition: Gallimard

 

 

L’écrivain né à Tunis, il y a soixante-cinq ans, se penche, dans ce lourd volume, sur son enfance, en Tunisie d’abord, à Montpellier ensuite. Mais est-il possible de faire resurgir toute cette masse confuse de souvenirs, « de souvenirs de souvenirs », quand il y a tant d’altérations, de pertes, de rationalisation de la mémoire ?

Que fut son enfance de 1955 à 1962 ? Qu’a-t-il vécu, dans cette maison de Mégrine en Tunisie, qu’il dut quitter dès 1958 à cause des événements d’Algérie ? Que sont devenues les demeures de ses grands-mères paternelle et maternelle ? Quel souvenir a-t-il de son frère aîné Michel, mort en 1947, dont on lui a tant parlé ? Il partage aujourd’hui la mémoire des choses avec Jean, de vingt-sept mois son aîné.

La souris qui rugissait, Leonard Wibberley

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Mardi, 28 Mars 2017. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, USA, Roman, Contes

La souris qui rugissait, trad. américain JM. Daillet éd. Héros-Limite, Genève, 2017, 256 pages, 12 € . Ecrivain(s): Leonard Wibberley

 

Héros-Limite a la bonne idée de rééditer un des livres les plus improbables et désopilants du XXème siècle. L’auteur est comme Joyce et Beckett, un Dublinois. Les trois forment un « trio du fantôme ». Son père anticipa de 100 ans le Brexit. Professeur d’agronomie à l’University College de Cork, il défendit l’idée d’un Royaume-Uni auto-suffisant et sans Empire. A sa mort, Leonard doit abandonner ses études et travailler très vite comme journaliste au Sunday Dispatch puis au Daily Mirror et devient rédacteur en chef dans un journal à la Trinité-et-Tobago… puis correspondant de guerre aux États-Unis pour L’Evening News et à l’Associated Press de New-York. Il s’installe enfin en Californie en 1947, travaille au Los Angeles Times et commence une œuvre de romancier.

Avec la parution de La souris qui rugissait (1955), il devient célèbre et 4 ans plus tard le film (avec Peter Sellers) qui en est tiré connaît lui aussi un immense succès. Wibberley va écrire plusieurs suites, des livres pour enfants narrant les déboires d’un soldat anglais en lutte contre les insurgés américains (la série John Treegate), et sous le nom de jeune fille de son épouse il entame les aventures policières d’un moine franciscain de Los Angeles (Father Joseph Bredder). Boulimique, l’auteur fut aussi animateur de radio.