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Moby-Dick ou Le Cachalot, Herman Melville (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 13 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, USA, Roman, Gallimard, Cette semaine

Moby-Dick ou Le Cachalot, avril 2018, édition et trad. anglais (USA) Philippe Jaworski, illust. Rockwell Kent, 1024 pages, 25 € . Ecrivain(s): Herman Melville Edition: Gallimard

 

Le Times de New York publia, en 1891, la notice nécrologique suivante : « Il vient de mourir et d’être inhumé dans notre ville, cette semaine, à un âge avancé, un homme si peu connu, même de nom, de la génération aujourd’hui dans sa pleine maturité, qu’il ne s’est trouvé qu’un seul journal pour lui consacrer une notice nécrologique, et celle-ci n’était longue que de trois ou quatre lignes ». De quel homme s’agit-il ? Melville. Inconcevable, n’est-ce pas ? Et pourtant cela fut.

« Comme c’est le cas de bien d’autres icônes littéraires américaines, relate Philippe Jaworski dans son excellente introduction, Moby-Dick s’est peu à peu glissé dans tous les recoins de la conscience nationale. […] Accédant au rang de classique universel, la sombre histoire imaginée par Melville n’a pas laissé indifférents cinéastes, musiciens, dessinateurs, illustrateurs, peintres (abstraits aussi bien que figuratifs), adaptateurs en tout genre ».

Je remballe ma bibliothèque, Alberto Manguel (par Carole Darricarrère)

Ecrit par Carole Darricarrère , le Mardi, 13 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Essais, Récits, Actes Sud

Je remballe ma bibliothèque, octobre 2018, 160 pages, 18 € . Ecrivain(s): Alberto Manguel Edition: Actes Sud

 

« Dans le courant de l’année 1931, Walter Benjamin écrivit un bref essai, aujourd’hui célèbre, sur la relation des lecteurs à leurs livres. Il l’intitula Je déballe ma bibliothèque, une pratique de la collection (…) ».

Remballant à sa suite ses livres par la pensée (« Remballer, au contraire, c’est s’exercer à l’oubli »), comme l’on rebattrait les cartes sur cette « majorité silencieuse »*, « ces présences parmi lesquelles nous demeurons », tant « la réalité des livres contamine tous les aspects de notre vie », voici l’ouvrage élégant d’un collectionneur casanier, érudit rompu au voyage qui du haut de ses 70 ans confesse ses pensées et nous ouvre les portes de son intimité, c’est-à-dire de sa bibliothèque, façon de partager, virtuellement, les ouvrages précieux qu’il aura souvent soustraits à la passation des mains, trésors de l’ombre fugitivement exposés ici dans une galerie de papier, offerts aux regards par vitrines d’écriture interposées, à la faveur d’un déménagement, soit d’une petite mort (« La perte fait naître l’espoir comme le souvenir »).

Bertin ou la naissance de l’opinion, Jean-Paul Clément (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 13 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Editions de Fallois, Histoire

Bertin ou la naissance de l’opinion, avril 2018, 376 pages, 24 € . Ecrivain(s): Jean-Paul Clément Edition: Editions de Fallois

 

Innombrables sont les romans, bandes dessinées et films mettant en scène des journalistes ou des envoyés spéciaux (prononcez reporters). Comment ces professions sont-elles parvenues à infiltrer la fiction, ce qui ne s’est jamais produit avec les notaires, les plombiers et les dentistes (pour ne citer que trois métiers indispensables, mais dépourvus de prestige) ? La fiction ne fait que refléter une réalité sociologique, l’évolution de la presse en Europe et dans ses prolongements (Amérique, Israël, Océanie).

Le terme de « presse » est en soi intéressant. Quand, au XVIIesiècle, des pamphlétaires parfois prestigieux (comme Milton) revendiquaient la liberté de la presse, ils pensaient à la liberté d’imprimer en général : des romans, des pièces de théâtre, de la philosophie, de la théorie politique, voire de la poésie, et pas seulement des journaux. Par la suite, le mot « presse » en est venu à désigner le volume chaque jour plus important de papier fraîchement imprimé, destiné à informer ou à manipuler les contemporains. Si les journalistes sont souvent perçus (à tort) comme des héros, les patrons de presse font moins rêver. Randolph Hearst doit sa célébrité hors des États-Unis à la politique et au cinéma.

Je ne suis que le regard des autres, Alain Marc (par Patryck Froissart)

Ecrit par Patryck Froissart , le Mardi, 13 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Z4 éditions

Je ne suis que le regard des autres, avril 2018, 65 pages, 12 € . Ecrivain(s): Alain Marc Edition: Z4 éditions

Les lecteurs et lectrices d’Alain Marc sont habitués à entendre en ses textes poétiques comme l’écho résurgent d’un CRI jaillissant d’une poésie de la souffrance ; on en a donné dans les pages de La Cause Littéraire plusieurs illustrations en commentant d’autres pièces de son œuvre :

Poésies non hallucinées, Editions du Petit Véhicule

Il n’y a pas d’écriture heureuse, Editions du Petit Véhicule

Chroniques pour une poésie publique, précédé de Mais où est la poésie ? Editions du Zaporogue

Alain Marc quitte sans vraiment s’en éloigner, avec ce nouvel ouvrage, le domaine de l’expression poétique pour une suite de courtes nouvelles, réparties en trois ensembles :

– Six paroxysmes

– Le Timide et la Prostituée

– Eros

Clonck et ses dysfonctionnements, Pierre Barrault (Par Ahmed Slama)

Ecrit par Ahmed Slama , le Lundi, 12 Novembre 2018. , dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Poésie, Contes, Editions Louise Bottu

Clonck et ses dysfonctionnements, mars 2018, 174 pages, 14 € . Ecrivain(s): Pierre Barrault Edition: Editions Louise Bottu


Qu’est-ce que Clonck ? Une contrée, bien étrange avec ça, que l’on parcourt et l’on découvre, parcelle par parcelle avec ces fragments qui se succèdent, les numéros dont ils sont affublés et qui rythment notre découverte de la ville. Numéros qui fonctionnent tel un chronomètre qui parfois s’emballe, les fragments s’étalent alors sur une ou deux pages et nous content la ville de Clonck, son atmosphère toute singulière, et que nous allons tenter, ici, non pas de percer, mais simplement de mettre à nu la brume qui l’entoure…


Du mouvant et du changeant :