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Arts

Maria by Callas, Tom Volf

Ecrit par Elisa Amaru , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Maria by Callas, éd. Assouline, juin 2017, introduction Nadia Stancioff, préface Georges Prêtre, 150 ill., 260 pages, 195 € . Ecrivain(s): Tom Volf

 

« Tout ce que j’ai à dire est dans la musique. Tout est là, dans mes enregistrements », Maria Callas

 

Les éditions Assouline nous enchantent avec la sortie du nouveau titre Maria by Callas, dédié à celle qui reste l’icône féminine du monde de l’opéra. Une somme photographique, enrichie de nombreuses interviews et confidences de ses proches, collègues et amis, qui nous fait entrevoir l’âme derrière la voix.

Aux yeux du grand public, la Callas sera pour toujours la diva assoluta légendaire du 20e siècle, prima donna inaccessible et idole, jusqu’à sa mort, des plus grands temples mondiaux de l’art lyrique. Une autre Maria existe pourtant. Plus tourmentée, plus mystérieuse, plus virile. Un être à la voix d’or, mais double, voire duel. En quête perpétuelle d’elle-même à travers son interprétation des rôles tragiques du répertoire opératique : Violetta Valéry de La Traviata, et la Norma

Alliance Divine, Louise Thunin

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 08 Juin 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

. Ecrivain(s): Louise Thunin

 

 

Louise Thunin, dont l’œuvre est riche et dense, comme cherche à le montrer l’article que nous lui avons consacré dans la revue Europe (n°1045, mai 2016), nous rappelle, en ces temps troublés, que toute poésie est d’abord intérieure, et qu’elle est – n’en déplaise au nihilisme, triomphant au cœur de nos sociétés consuméristes – sœur du divin.

Il n’est que de lire, que de jouer avec Alliance divine pour s’en rendre compte.

 

Un extrait ?

Portraits d’insectes, Jean-Henri Fabre

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 29 Mai 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anthologie, Le Castor Astral

Portraits d’insectes, mai 2017, Edition présentée par Philippe Galanopoulos, Dessins de Pierre Zanzucchi, 14 € . Ecrivain(s): Jean-Henri Fabre Edition: Le Castor Astral

 

« Que de fois aux dernières lueurs du soir, ne m’arrive-t-il pas de le rencontrer lorsque, faisant la chasse aux idées, j’erre au hasard dans le jardin ! Quelque chose fuit, roule en culbutes devant mes pas. Est-ce une feuille morte déplacée par le vent ? Non, c’est le mignon Crapaud que je viens de troubler dans son pèlerinage ».

Merveille des merveilles, plaisir absolu de relire ces portraits d’insectes de Jean-Henri Fabre, le poète scientifique, l’entomologiste du roman de la nature, le génie de l’observation, du détail, l’homme qui se penche dans son jardin de l’Harmas à Sérignan-du-Comtat et voit tout, tout un univers en mouvement permanent, comme sa pensée qui virevolte telle une abeille. Dans sa préface éclairante, Philippe Galanopoulos note : « Fabre conserve (au contraire) le plaisir d’écrire et fait du style une marque de distinction. Il ne se soumet pas à l’orthodoxie du siècle : jamais il n’oppose la littérature à la science ». Jean-Henri Fabre a bouleversé la science, l’observation, et son style, sa manière, cette matière vivante, a passionné ses lecteurs depuis leur première édition en 1879, les scientifiques du monde entier, les lettrés et les écrivains – Victor Hugo, Remy de Gourmont, Maurice Maeterlinck, mais aussi André Breton et Roger Caillois sans oublier le subtil Gilles Deleuze, et Edmond Rostand : « Ce grand savant pense en philosophe, voit en artiste, sent et s’exprime en poète ».

Paris Prévert, Danièle Gasiglia-Laster

Ecrit par Philippe Leuckx , le Samedi, 20 Mai 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Biographie, Gallimard

Paris Prévert, 288 pages, 39 € . Ecrivain(s): Danièle Gasiglia-Laster Edition: Gallimard

 

L’album (couverture cartonnée ; objet artistique par les couleurs choisies, la photo célèbre de Doisneau, Pont de Crimée, 1955, en couverture et toutes les autres ; la hauteur et la largeur du volume) que l’auteure consacre à notre cher Prévert est une splendeur.

Complexité des témoignages, des outils, des informations, de la recherche documentaire, filmologique et photographique, des sources nombreuses, des approches, de la « vision » par une auteure talentueuse d’un poète-scénariste unique, souvent décrié par des incultes, souvent remisé au placard des réputations surfaites, le livre que l’on tient en mains éclaire admirablement la figure elle-même complexe, plurielle, nombreuse de Jacques Prévert (1907-1977).

Arrêtons-nous sur un parcours « unique » qui traverse le siècle francophone par deux biais surtout, la poésie (et la chanson) et le cinéma. Carné, Arletty, Gabin, Morgan, Brasseur, Ledoux, Robin, Reggiani, Montand, tant d’autres figures qui ne peuvent quitter nos rétines : cela, nous le devons à Prévert, à ce scénariste de ces films magiques, du réalisme poétique (selon l’expression consacrée) : Quai des Brumes, Le jour se lève, Les enfants du paradis, Les portes de la nuit, entre autres.

Papiers sonores, Jean-Noël von der Weid

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 10 Mai 2017. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Papiers sonores, Editions Aedam Musicae, novembre 2016, 180 pages, 25 € . Ecrivain(s): Jean-Noël von der Weid

 

Papiers sonores, une œuvre qui résonne par la singularité de son titre, véritable interrogation sur l’étendue du pouvoir des mots, sur leur faculté d’appréhension de la musique. Le titre indique le thème, la préface, devenue prélude, prépare le lectorat, et c’est là, après le titre, le deuxième clin d’œil de l’auteur, une forme de correspondance entre le langage des notes et celui des mots. Comment ne pas voir, à travers ce remploi, un écho aux propos tenus par François Couperin, en son ouvrage pédagogique, et reproduits ci-après verbatim ac litteratim : « Non seulement les préludes annoncent agréablement le ton des pièces qu’on va jouer : mais ils servent à dénouer les doigts ; et souvent à éprouver des claviers sur lesquels on ne s’est point encor exercé » (cf. F. Couperin, L’Art de toucher le clavecin [par Monsieur Couperin, Organiste du Roy, dédié à Sa Majesté], Paris, avec le Privilège du Roy, 1716, 1ère éd., p.51).

Sont invités à ce concert des mots et des sons pas moins de quarante-neuf compositeurs, de siècles, d’origines et d’influences musicales totalement différents, célèbres pour certains, méconnus pour d’autres. Et de citer parmi eux, Bach, Couperin, Mozart, Strauss ou encore, au chapitre des noms moins illustres, ceux de Forqueray, Ligeti, Dusapin ou Gombert.