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Arts

Grayson Perry, Vanité, identité, sexualité, Camille Morineau, Lucia Pesapane (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 14 Janvier 2019. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Grayson Perry, Vanité, identité, sexualité, Camille Morineau, Lucia Pesapane, Editions Lienart, octobre 2018, 200 pages, 29 €

 

Le stéréotype et son contraire

Grayson Perry et « Claire » (son double féminin) sont à Paris. L’artiste qui se définit comme « motard, travesti, issu de la classe ouvrière et qui s’en est plutôt bien sorti » utilise le textile et la poterie – arts féminins – pour s’opposer à ce qui résiste dans le monde de l’art admis. Son livre permet d’approfondir ce qui est le cœur de l’œuvre présentée pour la première fois en France en institution muséale.

A la Monnaie de Paris sont présentées diverses tenues de « sa » Claire, puis les objets qu’il fabrique avec la céramique, le bois, le métal, la tapisserie, en cherchant toujours ce qui est le plus dénigré dans l’art. L’artiste et auteur ne cherche pas forcément plus l’originalité que la diffusion. Néanmoins à travers ces travaux, il impose ses idées sur le genre, l’identité et la société anglaise. Et Camille Morineau comme Lucia Pesapane insistent néanmoins sur le caractère inédit des images complexes et puissantes

Les Moments forts : Schiele à la fondation Vuitton (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 17 Décembre 2018. , dans Arts, Les Chroniques, La Une CED

 

Les nus de Schiele sont passionnants. Pourquoi ? Parce qu’ils défient toutes les conventions (qu’ils soient entièrement ou à demi dévêtus) qui définissent historiquement un genre « destiné à flatter les sens du public masculin ». Selon Jane Kallir*, il s’agit pour Schiele de « saper l’autorité du regard masculin » et d’« affirmer la sexualité de la femme dans son autonomie et sa puissance ». Et Kallir d’ajouter : « On trouve là quelques-unes des premières femmes modernes de l’histoire de l’art : les premières à disposer de leur corps et de leur sexualité ».

Et si les nus de Schiele gardent toujours en eux, sauve, une souffrance, c’est, peut-on penser, du fait de cette étonnante confession du peintre** : « Les adultes ont-ils oublié comment dans leur enfance ils étaient poussés et soulevés par l’impulsion sexuelle ? Ont-ils oublié quelle terrible passion brûlait en eux et les torturait lorsqu’ils étaient encore enfants ? Je n’ai pas oublié cela, car j’en ai terriblement souffert ».

Egon Schiele, catalogue d'exposition (par Matthieu Gosztola) (2/2)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 03 Décembre 2018. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Egon Schiele, édition publiée sous la direction de Dieter Buchhart avec la collaboration d’Anna Karina Hofbauer, Gallimard, collection Livres d’Art, 2018, 224 pages, 35 € Edition: Gallimard

 

(Passionnant catalogue d’exposition. Compagnon idéal, avant, pendant et après une récente venue à la fondation Vuitton.)

Enfants, Egon et ses deux sœurs – l’aînée Melanie et la cadette Gertrude (Gerti) – furent témoins de la lente dégénérescence mentale de leur père syphilitique. Durant ses crises de démence, la famille avait appris à répondre à d’invisibles dignitaires qui hantaient la table commune. « Egon était impressionnable et il n’avait que quatorze ans lorsque Adolf Schiele mourut dans la nuit du 31 décembre 1904, remarque Alessandra Comini dans “Dessin : la ligne de vie d’Egon Schiele”. L’origine vénérienne du mal qui emporta son père explique évidemment, dans une large mesure, la place que la sexualité et ses questions brûlantes allaient prendre dans son œuvre. Dans ses dessins érotiques, la puissance du pinceau lui permettrait d’extraire et – littéralement – d’isoler la vérité nue ».

Énigmes du seuil, Poèmes & dessins, Rio Di Maria (par Murielle Compère Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Lundi, 29 Octobre 2018. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Énigmes du seuil, Poèmes & dessins, L’Arbre à paroles, juin 2018, 148 pages, 15 € . Ecrivain(s): Rio Di Maria

 

 

« La maison » qu’habite le poète est celle du Langage, où « le poème résiste chambre de passage pour l’ailleurs ». Maison originelle, maison des mots, dont il lui a fallu / dont il lui faut franchir « le seuil » tendu vers « l’intransigeante énigme » invoquée par l’horizon, – seuil

« que nul ne pourra franchir

tant

que l’impossibilité d’être ailleurs

subsistera »

Seuil, situé dans le mouvement de flux et reflux, entre la « maison vide » et la « maison de lumière ». Naître, grandir, franchir le seuil, partir et, revenir car « revenir au foyer dilate l’horizon ».

Un hiver en Galilée et Sud, Didier Ben Loulou (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 19 Octobre 2018. , dans Arts, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

. Ecrivain(s): Didier Ben Loulou

 

Un hiver en Galilée, Didier Ben Loulou, Arnaud Bizalion Editeur, juillet 2018, 96 pages, 22,50 €

Sud, Didier Ben Loulou, La Table Ronde, mai 2018, 96 pages, 24 €

 

« Je passe devant une maison de prières où des chants s’élèvent, voix et louanges immuables qui disent ce qui ne peut être oublié. C’est quoi cette vie qui se concentre au cœur d’un paysage, entre les branches d’un amandier qui bientôt se remplira de boutons rose et blanc et cette sorte de curiosité comme le prolongement d’un savoir que je commence à explorer ? ».

Un hiver en Galilée est une promenade photographique, un roman photographié, comme nous dirions un roman dessiné, depuis la Galilée, et l’hiver à Safed. Le photographe met sa vie sur pause, il retarde le déclencheur, le temps de fixer l’objectif, de faire un pas de côté dans sa vie, de romancer cette nature inouïe qu’il découvre, ces traces de vie et de recueillement. Il croise un arbre ou un religieux curieux.