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Le Mot et le Reste

Le mot et le reste est une maison d'édition située à Marseille, fondée par Yves Jolivet en 1996.

Elle publie des ouvrages, documents, témoignages, et essais dédiés à l'esthétique, la musique, les sciences humaines, la littérature, et la poésie contemporaine.


Kleptorama, Stéphanie Lopez

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 27 Mai 2013. , dans Le Mot et le Reste, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Kleptorama, juillet 2012, 121 pages, 12 € . Ecrivain(s): Stéphanie Lopez Edition: Le Mot et le Reste

 

 

« La vie est un roman, paraît-île, alors, autant voler haut »…

Le titre capte ; quelqu’un – une, bien sûr ! qui « choure ». Va-t-on partir, pour l’aventure, tout en émotions illégales d’une voleuse des beaux quartiers, en trip valant dope, rentrant – belle de jour à sa façon – dans son intérieur bourgeois, reprendre, l’air de rien, sa vie « normale », avec dans ses tiroirs, un cent de petites culottes haut de gamme ? Ce serait romanesque, mais plutôt banal.

Le livre de Stéphanie Lopez se situe ailleurs : pas affiché autobiographie pour salle d’attente des psy, mais une fichue connaissance de ces déviances, quand même. Un roman, si l’on veut, cela en a le genre, mais plutôt un drôle de récit, caracolant, mi-figue, mi-raisin, dans le cerveau, monté bizarrement, de ces gens, pour qui, un objet, ça s’attrape, et ça ne se paye pas.

La route bleue, Kenneth White

Ecrit par Lionel Bedin , le Jeudi, 24 Janvier 2013. , dans Le Mot et le Reste, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Récits

La Route bleue, janvier 2013, 160 p. 17 € . Ecrivain(s): Kenneth White Edition: Le Mot et le Reste

 

« De toute façon, je voulais sortir, aller là-haut et voir ».

Dans La Route Bleue, récit de voyage, journal de bord, livre d’une aventure intérieure, le Labrador existe d’abord dans le souvenir de Kenneth White, par les images d’un livre d’enfance. Puis, et peut-être depuis toujours : l’envie d’aller voir. « C’est un endroit, non ? Et si c’est un endroit, ça veut dire qu’on peut y aller, il me semble ». Soit. Partons.

« Je quitte la ville de Québec. Route 175 Nord. J’aime cette pure notation mathématique placée entre deux mots lourds de sens. Le calculable et l’incalculable ». Partons pour découvrir qu’ici comme ailleurs, la civilisation, avec ses Livres et ses codes, est capable de changer le nom d’un lac. Peut-être ce lac avait-il été nommé le lac des Vagues bleues par des gens qui le connaissaient bien. Et puis des missionnaires sont passés par là. Le lac est devenu le lac Saint Jean. « Rien à voir avec la réalité perçue dans toute sa beauté ». Les missionnaires ont toujours été les ennemis des nomades, rappelle K. White. Qui poursuit sa route avec ses compagnons fantômes : Coleridge, Thoreau, Melville, Bashô, Jacques Cartier et les explorateurs du XVIème siècle. Avec également les indiens et ceux qui se donnent le nom algonkin d’Innut, les êtres humains.

Protest song. La chanson contestataire dans l'Amérique des sixties, Yves Delmas et Charles Gancel

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 11 Janvier 2013. , dans Le Mot et le Reste, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres

Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, août 2012, 456 pages, 26 € . Ecrivain(s): Yves Delmas et Charles Gancel Edition: Le Mot et le Reste

 

Le livre que signent Yves Delmas et Charles Gancel aux Éditions Le Mot Et Le reste, Protest Song. La chanson contestataire dans l’Amérique des Sixties, se définit d’emblée non comme un livre d’Histoire mais d’histoires, non comme un documentaire, mais un concert. Il s’agit, au fil des morceaux de l’époque, depuis l’arrivée de Bob Dylan à New York en 1961 jusqu’au concert de Joan Baez en 1972, chantant sous les bombes américaines à Hanoï, de retracer, à travers le prisme de la chanson contestataire américaine, la révolution musicale et sociale des années soixante.

Un parcours de plus de dix ans, qui plonge le lecteur dans les tribulations de l’Amérique d’alors, traversée par trois grands mouvements : la lutte pour les droits civiques des Noirs, le triomphe de Dylan et du protest song traditionnel (1961-1964) ; la naissance du folk-rock, la guerre du Viêtnam, la radicalisation noire et la contre-culture (1965-1968) ; la troisième est marquée par l’opposition à la guerre du Viêtnam, puis par le reflux du protest song. Le livre, très érudit, retrace donc une décennie de turbulences qui ont amené de profondes transformations tant sur les plans économiques, sociaux et culturels.

King Crimson, Aymeric Leroy

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 17 Novembre 2012. , dans Le Mot et le Reste, Les Livres, Recensions, Essais, La Une Livres, Biographie

King Crimson, 2012, 246 pages, 20 € . Ecrivain(s): Aymeric Leroy Edition: Le Mot et le Reste

 

Et ... L’autobiographie, Bill Bruford, traduction Aymeric Leroy, Le mot et le reste, 2012, 424 pages, 148 x 210, 26 €

 

Bill Bruford, King Crimson, Robert Fripp

 

Coup double pour Aymeric Leroy. La traduction magistrale de L’autobiographie de Bill Bruford et Une histoire de King Crimson et du singulier Bob Fripp. Les deux ouvrages se traversent, se croisent et renvoient sans cesse l’un à l’autre. Outre leur parution concomitante chez Le Mot et Le Reste qu’il convient de saluer et soutenir pour leur engagement, leur travail de titan et la qualité rare de la forme et du contenu de leur fonds, les deux pavés de Leroy ne peuvent tomber dans l’oreille d’un sourd. Aux côtés des tablettes numériques, ils resteront en bonne place dans les bibliothèques. Les toucher provoque le souvenir. S’y plonger éveille et rappelle les années de créations inouïes des « seventies ».

Fée d'hiver, André Bucher

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 22 Octobre 2012. , dans Le Mot et le Reste, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Fée d’hiver, décembre 2011, 160 pages, 16 € . Ecrivain(s): André Bucher Edition: Le Mot et le Reste

 

 

Pour celles et ceux qui ne connaîtraient pas encore le talent d’André Bucher, voici une bien belle façon de le découvrir. Dans Fée d’hiver, on sent le souffle d’un Jim Harrison, dont André Bucher est grand lecteur, mais l’écriture de cet écrivain poète paysan est unique. Et justement, elle sent le vécu, le territoire arpenté, la solitude affrontée. Fée d’hiver est un roman à la fois âpre et magnifique, austère et puissamment physique, comme les lieux dans lesquels il prend place dans ce sud de la Drôme, à la limite des Hautes-Alpes. Des lieux sauvages, entourés de montagnes, désertés par les hommes partis rejoindre les villes, où la vie, croit-on, offre plus de facilités.

Le roman démarre sur un prologue, un article paru dans le journal le Dauphiné Libéré, daté du 31 août 1948. Un fait divers « Drame de jalousie dans le sud de la Drôme », qui fait écho au titre du livre, Fée d’hiver. Cette fée d’hiver qui vient comme pour rompre une malédiction, une sorte de réparation d’accrocs dans les mailles du destin.