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Arfuyen

Les Éditions Arfuyen ont été créées par Gérard Pfister en 1975 et ont bénéficié depuis leur origine du soutien et de la participation de Philippe Delarbre, Marie-Hélène et William English et Alain Gouvret.
Elles sont aujourd'hui dirigées par Anne et Gérard Pfister.

 


L’obscur travaille, Henri Meschonnic

Ecrit par Arnaud Le Vac , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

L’obscur travaille, 94 pages, 9 € . Ecrivain(s): Henri Meschonnic Edition: Arfuyen

 

« ma vie va plus vite / que moi / je ferme les yeux / pour être au même rythme qu’elle »

L’obscur travaille du poète Henri Meschonnic (1932-2009), éclaireur de la modernité (Modernité modernité, 1993), traducteur de la Bible (Les cinq rouleaux à Dans le désert, 1970-2008) et théoricien phare du langage (Pour la poétique I à V, Le signe et le poème, 1970-1978), est un recueil de poèmes de toute une vie qui demeure l’une des plus riches de son siècle par son questionnement incessant de l’histoire et sa mise en cause radicale de la pensée (Spinoza poème de la pensée, 2002). Ce qui fait immédiatement la grande singularité de l’œuvre de Meschonnic dans la pensée du vingtième siècle est qu’il n’arrête pas de se vivre justement dans le poème, de se penser dans la poésie. Une œuvre et une pensée en chemin où la poésie et la vie ne font qu’un.

Le Départ, Ernst Stadler

Ecrit par Didier Ayres , le Jeudi, 15 Mai 2014. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Poésie

Le Départ, trad. de l’allemand par Philippe Abry avril 2014, 230 pages, 14 € . Ecrivain(s): Ernst Stadler Edition: Arfuyen

 

Ernst Stadler ou Le Poème mystique

Je sais que le mot mystique est parfois employé à tort, mais s’agissant des poèmes d’Ernst Stadler, je n’ai que cette épithète pour clarifier un peu mon sentiment. D’ailleurs, je précise qu’au moment où je rédige ces notes, je n’ai lu que Le Départ que publient les éditions Arfuyen en bilingue, dans la toujours très belle collection Neige, traduction que l’on doit à Philippe Abry. Le poète alsacien qui écrit ici en allemand a eu une courte existence et a disparu sur le champ de bataille en 1914. Ce sont les seules informations biographiques que j’ai pris en compte dans l’appareil critique qui accompagne ce beau livre, parce qu’il me semblait que le caractère éphémère de l’existence du poète pouvait donner un sens au lyrisme de son écriture.

Pour finir, on reste très vite saisi par la première section du livre qui s’appelle La fuite, série de poèmes sombres et pessimistes, variations sur la douleur et le drame intérieur du poète, la mort, le sexe comme une autre mort et le tout dans une langue un peu expressionniste et colorée. Mais cette violence morbide ne dure pas jusqu’au bout de l’ouvrage, et la dernière section du livre s’intitule LE REPOS, avec un premier poème dont le premier vers est :

La Grande Fête sans fin, Jean Hans Arp

Ecrit par Didier Ayres , le Mardi, 11 Février 2014. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

La Grande Fête sans fin, janvier 2014, 13,50 € . Ecrivain(s): Jean Hans Arp Edition: Arfuyen

 

Le poème-vie

C’est avec une vraie attente que j’espérais le livre de Jean Arp, recueil de poèmes venus de l’allemand, langue qui est une des langues maternelles du poète. Et ce que l’on sent tout de suite, même en français, c’est la vitalité du rythme et de la prosodie. On n’y sent pas un homme appesanti par l’âge ni sommeillant dans une routine poétique. C’est l’effet de vie, et presque de violence, qui entête le lecteur et je trouve que cette force esthétique un peu iconoclaste va bien aux cinq recueils qui constituent l’ouvrage.

Cela dit il faut expliquer la vie, le caractère vital qui sourd du recueil. Et tout d’abord par l’impression de mouvement, impression que rien n’est statique, que tout est tendu, instable, susceptible de grandir ou de se rompre, de se dilater. J’ai d’ailleurs commencé cette lecture à l’écoute de La Mer de Debussy, et je me dis maintenant qu’il n’y a pas tout à fait de hasard et que cette poésie se rattache peut-être d’avantage à la musique française, et notamment à Erik Satie, avec ses Gymnopédies par exemple.

Fin du monde, Jakob van Hoddis

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 12 Octobre 2013. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Poésie

Fin du monde, trad. (Allemand) J.-F. Eynard, septembre 2013 . Ecrivain(s): Jakob van Hoddis Edition: Arfuyen

 

Jakob van Hoddis

Le montage symbolique

 

Comme il faut souvent se garder de l’anecdote pour expliquer en quoi un texte est fort ou touchant, et que cependant on ne peut pas détacher la lecture d’un faisceau de faits, d’autres lectures en cours et tout simplement de la connaissance des arts, je vais essayer de trouver un juste milieu. Le dernier livre de la collection Neige chez Arfuyen est exemplaire à ce sujet car il est le témoignage vif et presque neuf d’un poète peu connu ici, d’expression allemande, et que l’on peut rapporter sans trop d’erreur, à mon sens, au mouvement de l’expressionnisme du début du siècle. Ce livre donc a pris sa compagnie auprès de moi au milieu de la découverte du premier film d’Eisenstein, et de la proximité de cet art majeur du cinéma russe de l’entre-deux guerres, dont je m’expliquerai tout à l’heure.

La vie de Marie, Rainer Maria Rilke

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 12 Juin 2013. , dans Arfuyen, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Langue allemande, Poésie

La Vie de Marie, traduit de l’allemand par Claire Lucques, Edition bilingue, 88 pages, 11 € . Ecrivain(s): Rainer Maria Rilke Edition: Arfuyen

 

Cet ouvrage précieux présente en treize tableaux poétiques, disposés chronologiquement, la vie de Marie de sa naissance à sa mort.

Face au texte original en allemand, l’excellente traduction de Claire Lucques, qui réussit à en rendre au mieux l’esprit, la lettre et la force poétique, permet au lecteur non initié à la langue de Goethe d’entrer dans le monde torturé de Rainer Maria Rilke et d’en ressentir toute la puissance lyrique.

Mais l’édition bilingue offre à ceux qui ont la chance de pouvoir lire ces poèmes dans le texte initial, qu’ils soient croyants ou non, la possibilité d’une communion particulièrement intense, voire bouleversante, par-delà les années et au-delà de la mort du poète, avec l’âme de Rilke le mystique.

Dès la première strophe s’annonce le souffle poétique qui a inspiré le poète tout au long de ces treize compositions.