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Arfuyen

Les Éditions Arfuyen ont été créées par Gérard Pfister en 1975 et ont bénéficié depuis leur origine du soutien et de la participation de Philippe Delarbre, Marie-Hélène et William English et Alain Gouvret.
Elles sont aujourd'hui dirigées par Anne et Gérard Pfister.

 


Ainsi parlait (Also sprach) Rainer Maria Rilke

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 16 Novembre 2018. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Poésie, Cette semaine

Ainsi parlait (Also sprach) Rainer Maria Rilke, Dits et maximes de vie choisis et traduits de l’allemand par Gérard Pfister, édition bilingue, mars 2018, 174 pages, 14 € . Ecrivain(s): Rainer Maria Rilke Edition: Arfuyen

Honneur de la Cause Littéraire 2018

Derrière le dandy courtois, l’élégant, distant et tolérant névrosé qui pond de virtuoses lettres de condoléances (que la mort rêverait d’apprendre à lire), on devine chez Rilke, disait Jaccottet, « une nécessité aussi dure que celle qui fait errer une bête près de mettre bas en quête d’un gîte propice »(comme l’avoue Rilke au fragment 43).

Ce petit livre de très brefs morceaux (chronologiquement) choisis et traduits par G. Pfister l’illustre remarquablement : la précise et périlleuse mission de l’homme est, pour Rilke, d’élargir l’Invisible ici-bas.

Élargir le visible, la technique et le jeu le font déjà, sans profit essentiel. Mais l’invisible (dont la pensée humaine n’est qu’un élément, un départ local) est bien à déployer et élargir, estime Rilke, ici-bas : transférer l’invisible dans un au-delà, par principe plus invisible que nous, qui n’en aurait cure, est vain. Trois passages ici le disent :

Hymnes à Shiva, Outpala Déva (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 09 Novembre 2018. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Asie, Poésie

Hymnes à Shiva, Outpala Déva, septembre 2018, trad. sanskrit David Dubois, 168 pages, 16 € Edition: Arfuyen

 

« Égaré par l’ivresse de ton amour,

je veux voir tout ceci :

le monde entier

comme étant Dieu

à travers mon corps, ma parole et mon esprit.

Et aussi, que toutes mes actions

soient une adoration ! » (7-8)

Le shivaïsme distingue, au sein du Principe suprême – Shiva, c’est-à-dire Dieu – trois aspects complémentaires, comme des « sortes d’archanges délégués » de Shiva – Brahma, principe de création ; Vishnou, principe de conservation ; Roudra, principe de destruction – voués à « des tâches subalternes au plan de la dualité (mâyâ) ».

Ainsi parlait Albert Schweitzer, Jean-Paul Sorg

Ecrit par Marc Wetzel , le Lundi, 26 Février 2018. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Biographie

Ainsi parlait Albert Schweitzer, janvier 2018, 168 pages, 14 € . Ecrivain(s): Jean-Paul Sorg Edition: Arfuyen

 

« Lorsque vous tracerez mon portrait, que ce ne soit pas sous la figure du docteur qui soigne les malades. C’est ma philosophie du respect de la vie que je considère comme mon apport principal à l’humanité » (p.145).

L’Alsacien Albert Schweitzer (1875-1965) est un homme qui semble préférer travailler toujours pour n’avoir jamais à tricher ; et un homme qui, bien que pasteur, estime que le cœur a davantage puissance de révélation que la Révélation n’a force de cœur : « Celui qui croit être chrétien parce qu’il va à l’église fait une erreur. On ne devient pas une auto en entrant dans un garage » (p.149).

L’immense mérite de ce recueil de fragments (effectué avec brio par J.P. Sorg au sein d’une œuvre immense), en-dehors de sa vive et très éclairante préface, est d’abord de présenter deux extraits brefs et centraux, explicitant parfaitement le problème central de la vie de pensée d’Albert Schweitzer, sa contradiction fondatrice. Les voici :

Les Degrés de l’incompréhension, Max de Carvalho

Ecrit par France Burghelle Rey , le Mercredi, 14 Juin 2017. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Les Degrés de l’incompréhension, 158 pages, 14 € . Ecrivain(s): Max de Carvalho Edition: Arfuyen

 

« Sans quitter ta demeure / ni les tiens tu partiras » : c’est sous l’angle du paradoxe, pour un exil particulier, que Max de Carvalho place son recueil.

Des strophes brèves, qui parfois s’étofferont comme dans Poème-phare, décrivent dès le début sensations, sentiments et remarques diverses sur les voix, l’appel, les odeurs, la nature. Les phénomènes observés parlent « au voyageur sa langue / mortelle ».

La vision nouvelle offerte ici est celle d’un peintre qui se détourne du figuratif, et sans arbitraire mais dans la cohérence la poétique de l’opus est bien une poétique contemporaine à la recherche, sinon d’un monde nouveau, du moins d’une nouvelle façon de l’exprimer. Ainsi entre récit et description, les constats de Max de Carvalho doivent être décryptés par un lecteur qui se laissera gagner par le goût du mystère et aimera épouser cette nouvelle réalité langagière. Textes et titres sont souvent, tout au long du livre, livrés comme des devinettes :

À, Jacques Goorma

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 14 Juin 2017. , dans Arfuyen, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

À, mai 2017, 136 pages, 14 € . Ecrivain(s): Jacques Goorma Edition: Arfuyen

 

Dès le titre du nouveau recueil de Jacques Goorma, À, considéré ici comme une préposition à l’hommage, à la dédicace ou l’adresse, l’on prend conscience que l’on est devant un ouvrage singulier. D’ailleurs l’ingéniosité des éditeurs Anne et Gérard Pfister peut bel et bien servir à la découverte de textes neufs, originaux, vivifiants. Cela dit, il reste à expliquer en quoi cette nouveauté, ce particularisme est pertinent. L’on peut concevoir assez vite une impression qui s’accentue au fur et à mesure. Et c’est le mot génération qui vient, ou celui de poésie originelle. Ainsi, nous sommes à l’aube, au début, au commencement, à l’origine d’un sentiment, à la génération d’une idée, plongés dans le spasme bref d’un éclat qui cherche une sorte de commencement éternel. De genèse sans fin.

On se trouve avec À devant une préposition/proposition servant à introduire l’émerveillement de la naissance de quelque chose de neuf et de soudain. Car ces trois fois cent-onze petits poèmes réunis en trois sections sont presque autant d’avènements répétés et lancinants. Une éternité du commencement. Comme une sorte de psaume, ou de cantilène enfantine. Par exemple :