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L'Arche éditeur

 

L'Arche éditeur est une maison d'édition française créée en 1949 par Robert Voisin. Ses domaines de prédilection sont d'abord la psychanalyse, la philosophie et l'esthétique: sont entre autres publiés Jean Wahl, André Gide, René Leibowitz, Louisa Düss et Wilhelm Reich. En 1953, la maison se tourne résolument vers le théâtre et fonde la revue bimestrielle Théâtre populaire, qui devait dans un premier temps apporter l'appui de ses analyses au profond mouvement de rénovation du répertoire dramatique alors à l'œuvre en France sous l'égide du Théâtre national populaire de Jean Vilar. D'autres collections y sont également consacrées : Répertoire du Théâtre National Populaire, dont chaque volume reproduit le texte intégral de la pièce et un choix de photos du spectacle lui-même, Les Grands Dramaturges, Le Théâtre et les jours, consacrée aux metteurs en scène, décorateurs, techniciens et comédiens, Répertoire pour un théâtre populaire, collection bon marché qui regroupe les grandes œuvres dramatiques de tous les pays et de tous les temps. Mais c'est surtout grâce à la publication française des œuvres de Bertolt Brecht, conclue avec celui-ci dès 1954, que L'Arche marque le paysage théâtral français de l'après-guerre.

Dirigée depuis 1986 par Rudolf Rach, la maison se tourne vers le théâtre contemporain et le théâtre jeunesse. Elle renoue également avec ses penchants pour la philosophie en créant une collection d'essais, Tête-à-tête.

En 2010, le catalogue compte environ 700 titres.

 

Martyr, Marius von Mayenburg

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 09 Mai 2014. , dans L'Arche éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Théâtre

Martyr, traduit de l’allemand par Laurent Mulheisen, Ed. L’arche, 2013, 125 pages, 15 € . Ecrivain(s): Marius von Mayenburg Edition: L'Arche éditeur

« Benjamin Südel ou le fou de dieu »

Je reviens à Mayenburg presqu’un an jour pour jour après lui avoir consacré plusieurs chroniques, parlé d’une mise en scène de l’une de ses pièces. Cette fois-ci, Mayenburg choisit comme personnage central de son œuvre un lycéen fréquentant un gymnasium banal avec ses professeurs bivalents, son proviseur comme il y en a tant en Allemagne. Il vit avec sa mère, Inge, qui a du mal à le contenir. La pièce d’ailleurs s’ouvre sur un dialogue entre eux, dans lequel le garçon se dévoile dans le refus : le geste répété dans les didascalies d’un haussement d’épaules à lui seul dit son opposition à l’ordre des hommes, à l’ordre scolaire. En effet, Südel s’absente volontairement des cours. Nous allons dès lors assister à 27 séquences ou courtes scènes sans lien serré entre elles qui permettront une confrontation entre les divers personnages avec le retour d’un dispositif centré sur la convocation chez le proviseur (4-11-19-27). Cette scène centrale réunit professeurs, mère, proviseur et Südel. Elle instaure un système de rapports de force qui insidieusement disqualifie Erika Roth, enseignante de biologie, chimie, géographie, seule adversaire, ennemie et victime enfin de l’élève Südel. Face à elle, les autres adultes capitulent peu à peu et donnent au fond gain de cause au lycéen manipulateur.

Pulvérisés, Alexandra Badea

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 16 Janvier 2014. , dans L'Arche éditeur, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre

Pulvérisés, 2012, 96 pages 12 € . Ecrivain(s): Alexandra Badea Edition: L'Arche éditeur

Cette pièce a reçu en 2013 Le grand prix de la littérature dramatique, prix créé par R. Donnadieu de Vabres en 2005

 

« Le monde mondialisé »

Nous sommes tous, aux quatre coins du monde, réduits en poudre, détruits, pulvérisés (dans l’espace) dit le titre de la pièce d’Alexandra Badéa. Nous prenons part ensemble au massacre économique, victimes ou acteurs. Le texte de Pulvérisés est d’ailleurs construit comme une carte de géopolitique : la vieille Europe dominatrice, délocalisée (Lyon) ; L’Europe qui s’ouvre sur le monde (Bucarest) ; la Chine, immense atelier globalisé (Shanghai) et l’Afrique émergente (Dakar). La première page de l’œuvre, par deux fois, rassemble le nom de grandes villes asiatiques latino-américaines, indienne, africaines, comme pour dire le vertige de la mondialisation. Et les quatre personnages de la pièce incarnent en ces lieux, dans ces quatre villes, le nouvel ordre économique. Ils ne sont d’ailleurs désignés que par leur sexe et leur fonction productive et marchande.

Le hibou, le vent et nous, Fabrice Melquiot

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 03 Juillet 2013. , dans L'Arche éditeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Le hibou, le vent et nous, 2013, 140 pages, 13 € . Ecrivain(s): Fabrice Melquiot Edition: L'Arche éditeur

 

Les vieilles chansons italiennes

Le titre de la pièce de F. Melquiot, Le hibou, le vent et nous, nous emporte dans la douceur de ses mots, dans la nostalgie du temps perdu de nos enfances, celui des vieilles chansons italiennes : Sapore di sale, sapore di mare… en ouverture et Cosa sarà avant le noir final. L’enfance est toujours une histoire d’adultes et d’enfants rêveurs. Les personnages de Melquiot traversent le temps, successivement 1976 et aujourd’hui. Lola et Sébastien vont grandir. Ils forment un quatuor (adultes-petits). Face à eux, Gérald, le grand frère de Sébastien qui a « deux âges à la fois », est le passeur des souvenirs. Il est d’ailleurs postier dans la vie. L’enfance nous ramène au conte merveilleux, à l’incertitude magique de la nuit : la nuit d’avant et celle d’aujourd’hui. L’enfance entraîne Lola et Sébastien dans la forêt, lieu des épreuves et des révélations. Les enfants comme les poètes fuguent. Il neige, c’est Noël. Les parents et le grand frère s’inquiéteront mais peu importe. Lola « veut voir le vent » (p.22) et Sébastien réclame son « vrai père », le hibou, le grand-duc. Les enfants et les animaux se métamorphosent :

Ivresse/Play loud, Falk Richter

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 11 Avril 2013. , dans L'Arche éditeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Ivresse/ Play loud, traduit de l’allemand par Anne Monfort, Collection Scène ouverte, 2013, 156 pages, 13,50 € . Ecrivain(s): Falk Richter Edition: L'Arche éditeur

 

 

Ivresse ou « partir par l’écriture dans un autre monde »

 

Falk Richter, avec ses deux dernières pièces, Ivresse et Play loud, qui constitue le nouveau volume de son œuvre chez l’Arche Editeur, s’interroge avec un humour désespéré sur notre intimité sapée par le politique, l’économique mondialisé. Falk Richter a d’ailleurs une profonde admiration pour Büchner, pour son théâtre justement politique, révolutionnaire et intime. Ainsi La force vampirique des réseaux, les vies « coachées » sont-elles des codes sociaux intégrés par les individus.

 

« L’extérieur est aussi là à l’intérieur » (p.14)

Voir clair, Marius von Mayenburg

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 20 Mars 2013. , dans L'Arche éditeur, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Voir clair, traduit par Laurent Muhleisen, 2012, 46 p. 14 € . Ecrivain(s): Marius von Mayenburg Edition: L'Arche éditeur

 

 

Lire et voir le théâtre de M. von Mayenburg (3)

Voir clair ou Que se cache-t-il derrière la porte ?

 

La pièce de Marius von Mayenburg est publiée chez l’Arche Editeur conjointement à Perplexe. Les deux œuvres ne sont pas exactement contemporaines. En Allemagne, elles ont été publiées respectivement en 2010 et en 2006. Pourtant, d’une certaine manière, elle fonctionnent en diptyque. Ce n’est sans doute pas tout à fait par hasard si Maïa Sandoz a pensé construire un spectacle trilogie autour de ces deux pièces ainsi qu’autour d’une troisième, Le Moche.