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Les Livres

Le Grand Sylvain, Pierre Bergounioux

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 26 Juin 2017. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Verdier

Le Grand Sylvain, mars 2017, 80 pages, 25 € . Ecrivain(s): Pierre Bergounioux Edition: Verdier

 

À Gif, à Brive, ailleurs, Pierre Bergounioux s’est toujours interrogé subtilement, finement, au plus nu, sur les pertes, les « peines et profits » de l’enfance pourvoyeuse de découvertes mais aussi d’âpres chagrins.

« Tenir registre » comptable de cela : tel est le projet d’une « capture » symbolique à plus d’un sens. La Capture que propose Verdier est sous coffret cartonné, un livre, Le Grand Sylvain, et un film éponyme.

De quelles captures s’agit-il ? D’une capture psychologique où l’enfant soudain est visé comme le premier stade d’une mue irrémédiable : l’adulte qu’il sera et qui fouille déjà en soi les prolongements de sa mue.

D’une capture réelle, où l’entomologiste, à l’aune du grand Fabre, s’amuse à mesurer cet état d’enfance qui surveille, observe, perd son temps pour recueillir, sans doute, des manières de miracle : ainsi le cétoine et la mort, l’univers où il peut se révéler, le temps qu’il faut pour la « prise », « la capture ».

Les Croix des champs, François Koltès

Ecrit par Maëlle Levacher , le Lundi, 26 Juin 2017. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles

Les Croix des champs, éd. L’Œil d’Or, coll. Fictions, 2015, 144 pages, 14 € . Ecrivain(s): François Koltès

 

Les nouvelles rassemblées dans Les Croix des champs placent un personnage face à l’irréversible : impossibilité de fonder le foyer espéré, de revenir à un projet ou à une ingénuité d’avant-guerre, de s’affranchir de désirs irrépressibles pour l’un et d’une situation d’exploitation pour l’autre, ou encore d’effacer son implication dans la mort pourtant accidentelle d’autrui. L’auteur peint les longues existences dont les jours sont ritualisés par les nécessités rurales ou montagnardes, mais aussi la brutalité de basculements. Ceux-ci peuvent être la conséquence d’une prise de décision, ou l’effet d’un accident. L’auteur ne privilégie pas l’un ou l’autre de ces ressorts narratifs : explorant les existences particulières les plus routinières, il semble vouloir en montrer les singularités et les bifurcations imprévisibles. Contraintes de subsistance et déterminismes sociohistoriques régissent durablement des vies qui sont un jour redéfinies par les contingences : incidents, rencontres, révélations poussent les personnages vers leur vérité intime, et les nouvelles jusqu’à une fin le plus souvent ouverte.

Bouquet d'été 2017 de nos rédacteurs !

, le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans Les Livres, La Une Livres


Nos rédactrices et rédacteurs vous proposent leurs livres coups de cœur, à emporter dans vos besaces de voyage. Bonnes lectures à tous nos abonné(e)s et bel été de repos !


Nadia Agsous : Lou Andreas von Salomé, La femme océan, Michel Meyer (Ed. du Rocher)

Marcel Alalof : Le locataire chimérique, Roland Topor (Libretto)

Theo Ananissoh : Les filles au lion, Jessie Burton (Gallimard)

Frédéric Aribit : L'abandon des prétentions, Blandine Rinkel (Fayard)

Benoît Artige : Relever les déluges, David Bosc (Verdier)

Didier Ayres : le geste du regard, Renaud Ego (éd. l'Atelier contemporain)

Avi Barack : Grossir le ciel, Franck Bouysse (Livre de poche)

Didier Bazy : L'invention des corps, Pierre Ducrozet (Actes Sud)

Maîtres du monde, Victor Cohen-Hadria

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Albin Michel

Maîtres du monde, janvier 2017, 356 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Victor Cohen-Hadria Edition: Albin Michel

 

Le récit commence comme un roman de Balzac, par une description de Trieste et un abrégé de l’histoire de cette ville où se déroule la majeure partie du roman.

Le début est très précisément daté.

« Nous sommes le 31 décembre 1999, ultime jour du dernier lustre du deuxième millénaire ».

Le titre du premier chapitre, 07h 00min 00s, donne même l’heure à laquelle le narrateur situe le déclenchement de l’intrigue et l’entrée en scène du personnage principal, Elio.

Elio, amnésique, est hébergé, ainsi que Charley, le narrateur, depuis trois ans, un mois et vingt-sept jours au Palazzo Gattopardo, une clinique psychiatrique de luxe à l’allure de pension de famille, tenue par les extravagantes Gabriela et Asunta Salina, deux sœurs « duchesses déchues », et sise à Trieste, où il est soumis à la thérapie fort singulière du professeur Fortunato Zembalone et de son assistante chinoise miss Qian-Qian…

Maria by Callas, Tom Volf

Ecrit par Elisa Amaru , le Vendredi, 23 Juin 2017. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Maria by Callas, éd. Assouline, juin 2017, introduction Nadia Stancioff, préface Georges Prêtre, 150 ill., 260 pages, 195 € . Ecrivain(s): Tom Volf

 

« Tout ce que j’ai à dire est dans la musique. Tout est là, dans mes enregistrements », Maria Callas

 

Les éditions Assouline nous enchantent avec la sortie du nouveau titre Maria by Callas, dédié à celle qui reste l’icône féminine du monde de l’opéra. Une somme photographique, enrichie de nombreuses interviews et confidences de ses proches, collègues et amis, qui nous fait entrevoir l’âme derrière la voix.

Aux yeux du grand public, la Callas sera pour toujours la diva assoluta légendaire du 20e siècle, prima donna inaccessible et idole, jusqu’à sa mort, des plus grands temples mondiaux de l’art lyrique. Une autre Maria existe pourtant. Plus tourmentée, plus mystérieuse, plus virile. Un être à la voix d’or, mais double, voire duel. En quête perpétuelle d’elle-même à travers son interprétation des rôles tragiques du répertoire opératique : Violetta Valéry de La Traviata, et la Norma