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Les Livres

« La Cause Littéraire », entretien avec Léon-Marc Levy

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Les Livres, La Une Livres

 

Mais qui est donc Léon-Marc Levy ? Il n’est certainement plus à présenter, ni pour nous, ses proches collaborateurs, ni pour ses lecteurs à La Cause Littéraire et sur les réseaux sociaux ; en revanche, pour toutes celles et ceux qui ne le connaîtraient pas encore, on peut dire que c’est un passionné de toutes les littératures, à commencer par les ouvrages des grands écrivains américains et nordiques, sans oublier sa passion pour la poésie et son faible pour les polars. Impossible de le coller en jazz, pas plus qu’en musique classique, lui qui a écrit une thèse de plus de mille pages sur le sujet. L’œnologie n’a pas de mystère pour lui non plus. Ses autres passions, le foot et le rugby. Il suffit de prononcer trois lettres pour que ses yeux brillent comme ceux d’un enfant : P-S-G. Passionné par le savoir et sa transmission, il n’a eu et n’a de cesse, de dévorer les livres et de partager ses connaissances, autrefois avec ses élèves et étudiants, aujourd’hui avec les collaborateurs et les lecteurs du magazine, créé en mars 2011.

« La Cause Littéraire » est le seul quotidien en ligne de la littérature d'hier et d'aujourd'hui, composée d’une équipe de rédacteurs et d’administrateurs tous bénévoles, amoureux des livres, et des littératures du monde.

Robespierre, Hervé Leuwers

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Fayard, Histoire

Robespierre, août 2014, 460 pages, 25 € . Ecrivain(s): Hervé Leuwers Edition: Fayard

 

Fondamentalement imprégnés de certains très marquants épisodes de notre histoire, quelques noms illustres méritent amplement que soient étudiées encore, et en-dehors du champ idéologique ou partisan, les raisons de leur fusion irrévocable avec l’instant. S’agirait-il toutefois de ternir ou de redorer l’image de personnages fixés dans nos mémoires au moyen de prompts signaux emblématiques que, rapportée aux surenchères de la glorification ou à celles de la déchéance, la démarche paraîtrait essentiellement subjective et sans promesse de très nouveaux enseignements. Quand s’impose plutôt de comprendre par une simple mais rigoureuse observation comment la machine événementielle forgea sous son action des âmes emportées par ses plus sévères emballements, se regardent autrement les apparences et le fait d’acteurs livrés à eux. L’examen minutieux de comportements dans ces circonstances prépare au mieux à dire de qui ils émanent le plus probablement. Pourvu également que l’image de ces hommes soit demeurée perméable à une curiosité déliée de bornes et de carcans.

Dans l’ombre de Charonne, Désirée et Alain Frappier

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Histoire

Dans l’ombre de Charonne, éd. du Mauconduit, préface de Benjamin Stora, 136 p. 18,50 € . Ecrivain(s): Désirée et Alain Frappier

Fils d’Israël, souvenez-vous du bienfait dont je vous ai comblés. Je vous ai mis au-dessus des mondes

Le Coran, Sourate II, la vache, (47, trad. Jean Grosjean, 2008)

 

Ressouvenir : un carnage organisé

 

Un pan de l’Histoire occulté

C’est un véritable travail d’historienne auquel s’est livrée Désirée Frappier, qui a mené une enquête auprès de plusieurs interlocutrices et interlocuteurs, dont certains furent présents et témoins au moment du drame évoqué. Depuis la préface de Benjamin Stora, lui-même concerné par la guerre d’Algérie, auteur de nombreux ouvrages cités, jusqu’au témoignage individuel de l’héroïne principale, le récit se densifie avec les annexes – les lettres des enfants de rescapés, des coupures de presse relatant cette « sauvagerie criminelle » (cité par J. Derogy, p.126) et le travail d’archiviste des époux Frappier.

140 au carré, Marc-Emile Thinez

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Editions Louise Bottu

140 au carré, La Révolution en 140 tweets ou Les lendemains qui gazouillent, septembre 2014, 70 pages, 9,50 € . Ecrivain(s): Philippe Laborde Edition: Editions Louise Bottu

 

« En retard pour l’école, Jean Thinez court de toutes ses jambes d’enfant. Allez Zátopek lui lance un voisin au passage. Jean Thinez accélère ».

« Tout dans la course est révolution, le circuit qui ramène invariablement au point de départ, les jambes et les pensées, tout tourne en rond ».

Après La Chanson du Mal-Aimant de Jean-Louis Bally (recensé ici même), les Editions Louise Bottu publient un nouvel opus sous Contraintes. La contrainte est ici un tweet, 140 signes et 140 tweets pour faire gazouiller les lendemains, qui on le sait ne chantent plus depuis bien longtemps. Marc-Emile Thinez a plus d’un tour dans les tweets qu’il attribue à Jean Thinez, son double romanesque, et sous ses chaussures de sport. S’il court ce n’est pas pour distancer le vieux monde, c’est pour forger son âme tout en musclant ses mollets et ses aphorismes, sans manquer entre deux accélérations d’en rire.

« La course est automatisme. Les jambes tournent, l’esprit vacant. Le sage, Montaigne et le champion le disent, lorsqu’on court on court ».

C’est gentil d’être passé, Hélène Dassavray

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

C’est gentil d’être passé, Editions Le Pédalo Ivre, 2013, 46 pages, 8 € . Ecrivain(s): Hélène Dassavray

 

Certains poètes possèdent ce talent rare et donc surprenant, de savoir parler deux langues. La langue double du poème, avec ses codes, références, us et coutumes ; et la langue brute de décoffrage du quotidien, avec sa franchise, sa gouaille, sa sincérité, son immédiateté.

Quelle personne, après avoir été aimée, ne se promet-elle pas de ne plus jamais tomber dans le piège sadique des sentiments ? Quelle femme, amoureuse de son homme, ne regrette pas le sexe de celui-ci, autant que les attributs de l’amour ?

Mais quelle personne parmi celles-ci a les mots pour le dire, de telle sorte que le poème devient un miroir pour les lecteurs – miroir sans tain, peut-être ? Et quelle femme sait parler de son désir, de son amour, toujours vif, sans jamais l’exhiber comme une vérité intime, mais l’exprimer à la manière d’un code commun à toutes et tous, à un moment ou un autre de l’existence ?