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Les Livres

Nous sommes à peine écrits, Chemin vers Egon Schiele, Matthieu Gosztola

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Recours au poème Editeur

Nous sommes à peine écrits, Chemin vers Egon Schiele, février 2015 . Ecrivain(s): Matthieu Gosztola Edition: Recours au poème Editeur

 

Avec en exergue cette citation de Gil Jouanard : « Si le monde veut être vu, s’il veut être senti, écouté et touché, goûté et pressenti et deviné, c’est qu’il ne s’est pas encore fait à l’idée de nous perdre » (dans Le Goût des choses). L'ensemble poétique de Matthieu Gosztola rassemble de courts textes posés sur la page comme un désir de laisser une trace, peut-être celle d’un visage impossible à effacer, pour :

– Tenter de capter un regard, un sourire, garder ce visage qui n’a pas besoin de mots, quelque chose ou plutôt quelqu’un qui a disparu à jamais, « La vie du visage est intacte /Que le poème l’a traversée ».

– Chercher à retrouver une part de l’autre, quelque chose qui parle d’elle, et attendre peut-être un retour improbable, avec tous les désirs pour déplacer le temps qui fuit et nous prend tout, « chercher les mots/pour t’entourer/et faire que le miracle abolisse ».

Il y est question de mourir et de vivre, dans cet ordre, il y est question de ces rêves qui tiennent seuls et nous gardent en eux seuls, « se souviendront de nous », « ta mort a rendu la vie un peu/Folle d’épouvante ».

L’enfer de Church Street, Jake Hinkson

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

L’enfer de Church Street, mars 2015, trad. de l’anglais (USA) par Sophie Aslanides, 236 pages, 15 € . Ecrivain(s): Jake Hinkson Edition: Gallmeister

 

Avec la réédition du Pike de Benjamin Whitmer et Exécutions à Victory de S. Craig Zahler, L’enfer de Church Street ouvre la nouvelle collection des éditions Gallmeister, Neo Noir, consacrée plus particulièrement à des romans noirs américains plutôt urbains et dont l’action s’ancre dans le cœur d’une Amérique en crise – économique, morale, sociale – et s’attache à suivre les pas de personnages qui la subissent.

On est donc en plein dedans avec cet Enfer de Church Street qui débute sur une route de l’Oklahoma lorsqu’un repris de justice décide de braquer le client d’une épicerie qui lui réserve quelques surprises et peut-être aussi trois mille dollars :

J’ouvris le portefeuille. Il était plein à craquer de billets de cent. Je ne les comptai pas, mais il semblait bien y avoir la somme en question. Je regardai à nouveau le gars. Pour une obscure raison, mes mains étaient poisseuses de sueur. Je savais que je pouvais flanquer une sacrée raclée à Geoffrey Webb. Je lui avais déjà mis une belle dérouillée, mais il avait pris la chose comme si ce n’était rien de plus qu’une tracasserie. Il n’avait pas peur de moi, et il n’avait pas peur de mon arme non plus.

Assis sur le fil, Cyril Dion

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, La Table Ronde

Assis sur le fil, octobre 2014, 80 pages, 12 € . Ecrivain(s): Cyril Dion Edition: La Table Ronde

 

Fondateur, avec Pierre Rabhi, de l’ONG Colibris, Cyril Dion en est aujourd’hui le porte-parole. Conseiller éditorial chez Actes Sud, Directeur de la rédaction du magazine Kaizen, il a coproduit avec Colibris un film de Coline Serreau, Solutions locales pour un désordre global, avant de tourner Demain, dont il est l’auteur et le coréalisateur avec Mélanie Laurent.

Son recueil de poèmes intitulé Assis sur le fil, aux éditions de La Table Ronde, aurait très bien pu s’appeler « sur le fil du je ».

Toile tissée, sur les tissus colorés,

Darchok, exposés aux 4 vents des cavernes intérieurs.

Je suis un, ne veut pas dire Un, « moi qui ne suis que moi seul ».

Je suis celui que je ne vois pas.

Miroir des fils des corps,

La Revue littéraire des éditions Léo Scheer, n°56

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues, Editions Léo Scheer

La Revue littéraire des éditions Léo Scheer, n°56, février-mars 2015 (11ème année) Edition: Editions Léo Scheer

 

Constituée d’un préambule dédié à l’analyse littéraire d’une parution marquant l’actualité – en l’occurrence Soumission de Michel Houellebecq, aux éditions Flammarion, février 2015 – le sommaire de La Revue littéraire des éditions Léo Scheer poursuit son menu avec quelques fictions littéraires dans le genre de la (micro-)nouvelle – en l’occurrence Tripalière de Pia Petersen, Nyctalope d’Alexandra Varrin, Jackpot électronique de Myriam Thibault et Marine par Delacroix de Julie Gouazé ; quelques chroniques – Portrait de Modiano en jeune chien fou de Louis-Henri De La Rochefoucauld et Sur Roland Barthes d’Antoine Böhm, suivi d’un ensemble de chroniques, Dossier consacré à la Rentrée de Janvier ; avant de clore le numéro par des Écrits intimes, en l’occurrence le Journal (1971-1975) de Richard Millet qui ouvrait ce même numéro en tant que chroniqueur.

Exercée par trois chroniqueurs différents, l’analyse critique de Soumission dans ce n°56 de La Revue littéraire arrête l’attention du lecteur par son originalité dans l’étude de ce livre-événement en ce début de l’année 2015, et par différents angles d’approche tentés pour en décrypter des clés d’interprétation.

Max et les poissons, Sophie Adriansen

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Max et les poissons, éd. Nathan, février 2015, 94 pages, 5 € . Ecrivain(s): Sophie Adriansen

 

Juillet 1942. Max Geiger va fêter ses huit ans, mais la veille une rumeur se répand. Max reste persuadé que le lendemain, il n’y aura aucun autre événement que son anniversaire. D’ailleurs, le mot « rafle » est étranger à son vocabulaire. Son dictionnaire ne dit rien d’autre que : « De l’allemand raffen. Emporter vivement. Opération policière exécutée à l’improviste dans un lieu suspect. Arrestation massive de personnes ».

La vie avant la guerre, Max ne s’en souvient plus. En revanche, il se fait une idée assez précise de ce qu’est la guerre pour lui : « La guerre, ça fait marcher les Allemands dans les rues et serrer fort les mains des petits garçons. […] La guerre, ça commence l’été et ça empêche de faire des châteaux de sable. La guerre, ça empêche d’aller se baigner dans l’eau salée ». De plus, à l’école, les enfants posent leurs regards sur son étoile avant même de lever les yeux sur son visage : « Le soleil fait briller mon étoile. Comme si elle était cousue de fils d’or. Papa m’a dit qu’il ne fallait pas que je m’inquiète. L’étoile, c’est pour savoir qu’on est bien nous, m’a-t-il expliqué ».