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Les Livres

Le salaire de la peur, Georges Arnaud

Ecrit par Christian Massé , le Jeudi, 31 Mai 2018. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Pocket

Le salaire de la peur, Georges Arnaud . Ecrivain(s): Georges Arnaud Edition: Pocket

 

Las Piedras : des cabanes croulantes, des terrains vagues semés de cubes de ciment, de la boue, des moustiques, la malaria. Le Corsario Négro : les Guatémaltèques et les Gringos y ont leurs quartiers et leur muse tarifée. Tous veulent partir de cette ville en loques, et sont prêts à tout pour ça, enfin, ils le disent. Un peu partout, des pick-up, des camions citernes, des derricks. Les pistes, du sable sous les alizés. Plus loin, des pompes à forage, des semi-esclaves qui peuvent disparaître quand ça pète, et le boss. Et la nitroglycérine. Des histoires de carcasse, d’os et d’acier.

Dans ce paroxysme de misère, un jour, un détonateur :

On embauche excellents chauffeurs de camion.

Travail dangereux. Hauts salaires. S’adresser au bureau.

Commence alors un long périple pour quatre hommes, deux par deux. Voyage dans la sueur, autant celle de la chaleur que celle de la peur. Surtout la peur.

Avènement d’un rivage, Jacques Guigou

Ecrit par Marc Wetzel , le Jeudi, 31 Mai 2018. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, L'Harmattan

Avènement d’un rivage, mars 2018, 66 pages, 10 € . Ecrivain(s): Jacques Guigou Edition: L'Harmattan

 

« Déplacé par les courants du Rhône

le rivage revient

chargées ou lestes

les saisons de son passé

signent ses lignes à venir

altérés insatisfaits

les sables de Petite Camargue

n’en finissent jamais

de faire des avances à la mer » (p.11)

Haute couture, Florence Delay

Ecrit par Philippe Chauché , le Mercredi, 30 Mai 2018. , dans Les Livres, La Une Livres, Roman, Gallimard, La rentrée littéraire

Haute couture, avril 2018, 112 pages, 12 € . Ecrivain(s): Florence Delay Edition: Gallimard

 

« Debout de trois quarts, elle penche vers nous un visage grave et tendre, mais on s’enfouit d’abord sous les plis de sa robe de soie corail bordée d’un galon doré, alourdie de brocarts et brocatelles – aux motifs d’artichauts, d’orles, de pommes de pin, couleur cendre et cannelle. Elle la soulève du bout des doigts comme si c’était chose légère » (Casilda de Tolède).

Haute couture est une pierre précieuse, un saphir, qui éblouit par ses fins éclats savants et lumineux. Un ouvrage tout en style, en finesse et en grâce. Un livre brodé et orné, consacré aux saintes de Francisco de Zurbarán, l’un des génies de la peinture espagnole du Siècle d’Or. Des saintes qui ont pour nom : Casilda de Tolède, Elisabeth de Portugal, Juste et Rufine, Catherine d’Alexandrie, Agathe de Catane, et Apolline. Des saintes venues de si loin et si resplendissantes sous le pinceau et les couleurs de Zurbarán le sévillan. Toutes plus touchantes et étourdissantes de présence, saisissantes par la beauté des soies et des brocarts dont le peintre a l’audace créatrice de les couvrir, la grande douceur des couleurs et les instruments de torture qu’elles arborent, comme des trophées, là une épée, ici un gros clou, ailleurs un bâton muni d’un crochet, ou encore une roue dentée.

Une terrasse en Algérie, Jean-Louis Comolli

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mercredi, 30 Mai 2018. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits, Verdier

Une terrasse en Algérie, février 2018, 192 pages, 14 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Comolli Edition: Verdier

 

Plus de soixante ans après les faits tragiques, Jean-Louis Comolli revient par l’écriture dans l’Algérie qu’il a dû quitter un jour de 1961.

Né en 1941, l’amoureux du cinéma, le cinéphile, l’essayiste connu, le cinéaste, entreprend de nous raconter par le menu ce que furent ces années-là, terribles, à Philippeville en Algérie, ces années 55 à 57, germes tragiques d’une « drôle de guerre » faite d’embuscades, de tortures, de guérilla urbaine, d’attaques rurales, de factions opposées entre des communautés qui avaient « commencé » à vivre ensemble : les Pieds Noirs, installés de tout temps, auxquels Jean-Louis, par ses parents, ses grands-parents, appartient de plein droit ; les Arabes, les Kabyles, souvent méconnus, peu visibles, réduits chez les précédents aux tâches subalternes (et le grand-père Florentin est une exception, un entrepreneur qui conçoit l’égalité avec ses employés kabyles) ; le pouvoir français qui joue comme tout pouvoir de sa domination.

Hiziya princesse d’amour des Ziban, Lazhari Labter

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 30 Mai 2018. , dans Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb, Contes

Hiziya princesse d’amour des Ziban, éditions El Ibriz, Alger, 2017, 294 pages . Ecrivain(s): Lazhari Labter

 

Hymne à l’amour et à la poésie

La légende de Hiziya demeure une source d’inspiration. Tous les arts se croisent pour lui redonner vie. Après les chanteurs, les romanciers revisitent la légende en mêlant documentation et imagination. Maissa Bey a publié en 2015 un roman intitulé Hizya (lire la critique : http://www.lacauselitteraire.fr/hizya-maissa-bey). Lazhari Labter publie en 2017 un roman sous le titre Hiziya princesse d’amour des Ziban. Malgré les points de divergence, les deux romans rendent hommage à la légende de Hiziya.

La légende raconte que la belle Hiziya était follement amoureuse de son cousin S’ayyad. Orphelin recueilli par son oncle Ahmed Ben Bey, le père de Hiziya, le jeune homme vouait aussi un amour platonique pour sa cousine. Les prétendants se faisaient nombreux mais le cœur de la jeune fille ne battait que pour S’ayyad. Aux portes du Sahara, ils vivaient ainsi des moments d’amour orageux et inoubliables.