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La Une CED

Oui (Molly)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

[Ce poème est constitué entièrement de parties du monologue de Molly dans Ulysse de Joyce, traduction d’Auguste Morel, revue par Valery Larbaud, Stuart Gilbert et l’auteur, Paris, Gallimard, collection Du Monde entier, 1980]

 

oui il devait avoir 11 ans

mais à quoi ça rimait-il

de me mettre en deuil

pour quelqu’un qui ne nous était rien

naturellement il y avait tenu

il se mettrait en deuil

pour le chat je pense

qu’il est un homme

à l’heure qu’il est

Je voudrais ...

Ecrit par Jean-Claude Goiri , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Je voudrais que tu viennes avec toutes tes mains

Me montrer comment ça marche les caresses

Car je suis seul dans mon antre de reptile

Et je ne sais que faire de cette peau qui s’effrite

Je devine tes doigts qui tricotent mes pelures

Annonçant quelque chose qui résonne comme des mots

Je tirerai sur le fil pour t’aider un peu

Tu rhabilleras mes rêves abrupts comme la pluie

Grâce à ta langue habile nous ne serons pas mouillés

Car tu fabriques un toit pour me laisser aller

Vers quelque chose comme la chair que ta glotte fait naître

In girum imus nocte et consumimur igni

Ecrit par Ismaël Billy , le Vendredi, 24 Octobre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

In girum imus nocte et consumimur igni

Nous tournons en rond dans la nuit et nous sommes dévorés par le feu.

 

Les perdus.

 

Les désamoureux. Les désapprivoisés.

 

Et moi aussi. Tombé des nues automnales à l’océan d’hiver, engelé de toi.

 

Percutant la glace des eaux cruelles pour mourir aux rivages, asphyxié,

sidéré de toi.

Aurore disparaît - Entretien avec Amina Danton

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 23 Octobre 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

« Elle se sentait de plus en plus légère depuis qu’elle le connaissait, et plus forte. Elle retrouvait des contours. Quand ils allaient dîner au restaurant, elle se pendait à son bras, elle le respirait, le cri des mouettes et celui des corbeaux se mélangeaient sur les quais de la Seine où les façades de l’île Saint-Louis ressemblaient aux falaises de Normandie, blanches, poreuses et crayeuses, accrochant la lumière. Le ciel était lavé par la pluie. Roland accompagnait le mouvement, très doucement. Il l’encourageait à trouver sa voie ».

« Quand Mme Damian est sauvagement assassinée dans une villa voisine de la sienne, Aurore est obligée de sortir de la solitude qu’elle s’était choisie et qu’elle avait rendue presque parfaite. Retirée au bord de la mer, où elle se consacre à la peinture, elle vit un grand amour, qu’elle continue de porter en elle et de protéger. Une hésitation au téléphone dans la voix de son mari, le souvenir d’une après-midi vieille de quinze ans chez Maud Nancy, les visites insistantes de sa voisine Irène B viennent déranger le bel édifice de son intimité avec l’espace et l’infini », Aurore disparaît (Quatrième de couverture), Mercure de France, avril 2014

Illuminations : un recueil fantasmé et forcé

Ecrit par Eddie Breuil , le Mercredi, 22 Octobre 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

La plupart des éditions des Illuminations reconnaissent qu’il s’agit d’un recueil dont l’histoire éditoriale est problématique. Il semble que la plupart des textes qui composeront le recueil ont été remis en 1875 à Stuttgart par Arthur Rimbaud à Paul Verlaine pour Germain Nouveau. Les documents passeront par plusieurs mains, avant d’être publiés dans un étonnant mélange de vers et de proses en 1886, onze ans après la transmission, par des éditeurs étrangers au projet initial.

Lorsqu’il est question de ce dossier de Stuttgart, une des erreurs les plus fréquentes est de désigner une partie de ces textes comme « le manuscrit des Illuminations ». Henry de Bouillane de Lacoste adopte déjà cette formulation dans son édition critique de 1949, bien qu’il remarque que « les autographes des Illuminations sont de plusieurs écritures différentes, qui vont de la fin de 1873 ou du début de 1874 à 1875 » (1) et qu’« il est clair que toutes ces proses étant sans lien entre elles, leur ordre importe peu, et qu’un classement en vaut un autre » (2).