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La Une CED

D’une guerre l’autre par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 20 Décembre 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

 

Un jour de guerre vu des étoiles (récit), Ramón del Valle-Inclán, Gallimard Folio-Bilingue (n°186), février 2014, traduit de l’espagnol et annoté par François Géal et son atelier de traduction de l’É.N.S. (1), 216 pages (Illustr. couleur), 11,70 €

Les couleurs de la musique, D’une guerre à l’autre au temps du cinéma muet (récit) Anne Lauwers, L’Harmattan-Belgique (Illustr. de couverture Nell Boulet), avril 2014, 148 pages, 14 €

 

Un jour de guerre vu des étoiles, de Ramón del Valle-Inclán

 

« – Saleté de temps et saleté de guerre ! Quand donc cela finira-t-il ! – Ça n’en finira jamais ! », Ramón del Valle-Inclán

Fatwa meurtrière

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Samedi, 20 Décembre 2014. , dans La Une CED, Nouvelles

 

Un père, une maman, et deux fils. Voilà ma famille. Mon père reçoit une prime de militant alors que, selon les témoignages, il n’a jamais fait la guerre. Ma mère est analphabète au front tatoué. Tabassée  souvent par mon géniteur, elle a fini par prendre les gifles pour une bénédiction. Mon frère est islamiste et imam. Il n’y a  que moi qui écris de gauche à droite, parlant une langue qu’ils prennent pour une musique et un signe de féminité.  Mon frère ne m’a jamais parlé ou regardé dans les yeux. Il est le feu, je suis la glace. Mes parents l’aiment beaucoup parce qu’il leur jure que leur place est dans le Paradis. Il leur dessine ainsi des rivières infinies  et  des châteaux lumineux. Un  jour, j’ai trouvé ma chambre en grand désordre : livres et manuscrits brulés, portraits arrachés des murs, et cette phrase accrochée à la porte «  Tu dois mourir ». Je n’ai rien dit. Le vendredi,  il  fait une fatwa pour me tuer.  Fatwa meurtrière. Après la fin de son prêche il entre dans  ma chambre, un couteau dans la main, et le nom d’Allah au bout de la langue.  Gardant mon sang  froid, je  le prie pour une discussion à bâtons rompus. Il accepte difficilement :

Любовь Amour

Ecrit par Ismaël Billy , le Samedi, 20 Décembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

Les sièges de neige blanche

Dans les forêts du monde.

Матушка Россия Mère Russie

 

Trouées de cerfs sauvages

dans les baies de givre,

Aux ramures, le sang coulé des morts,

des défiés, des vaincus.

Poète par essence

Ecrit par Eric Dubois , le Samedi, 20 Décembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

Poète par essence. Toujours dire. Fuir le conformisme ambiant. Fuir et retrouver la vie. Ne pas accepter la fatalité du fait, l’obscurcissement.

 

Poète par présence. Toujours dire. Dire l’acceptation. Dire le refus. Le refus de toute obédience.

Le refus de tout dogmatisme qui prive l’homme de sa liberté.

 

Poète par refus. Refus des contingences du réel. Refus de la violence. Refus du diktat. Refus.

 

Poète sans « » et sans majuscule. Sans mise en avant ostentatoire.

C’est un drôle de métier

Ecrit par Zone Critique , le Vendredi, 19 Décembre 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques

« C’est un drôle de métier, disc-jockey. Entre le prêtre et la prostituée. Il faut tout donner à des gens qui ne vous rendront rien » (Vacances dans le coma, Frédéric Beigbeder). Il énerve les uns et émerveille les autres, agace ou séduit, et crée autour de sa personne une véritable bataille rangée entre les pour et les contre. Bref, il divise et ne laisse pas indifférent. Ce deuxième volet de notre série « Que vaut vraiment ? » nous permet de nous pencher sur le « cas Beigbeder » qui ne fait pas l’unanimité en tant qu’auteur, et de nous interroger sur son œuvre, son image et sa place en tant qu’écrivain dans la littérature contemporaine.

Beigbeder ne fait rien comme les autres. En effet, outre son métier d’écrivain, Beigbeder fut également chroniqueur pour plusieurs journaux people (Elle de 1995 à 1996, VSD de 1997 à 2002, Voici de 1997 à 2005, etc.), D.J., et animateur à la télévision. Touche à tout, Beigbeder balaye de la sorte l’ensemble des idées reçues sur l’écrivain selon lesquelles celui-ci ne se concentrerait que sur ses écrits et ne gaspillerait pas son temps avec des futilités mondaines. Le bonhomme ne s’inscrit pas dans cette filiation-là et revendique fièrement ses écarts people ainsi que son amour pour l’argent et la célébrité. Autant dire qu’il est en rupture avec l’image traditionnelle que l’on a de la littérature. Mais qui est donc cet énergumène qui hante tour à tour les plateaux de télévision et les salons littéraires ?