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La Une CED

A propos de "Le Dernier qui s’en va éteint la lumière", Paul Jorion, par Didier Smal

Ecrit par Didier Smal , le Samedi, 11 Février 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

Le Dernier qui s’en va éteint la lumière, Paul Jorion, Fayard, mars 2016, 288 pages, 19 €

 

 

Paul Jorion (1946) a touché un peu à tout ce qui a fait avancer la connaissance de l’homme et sur l’homme durant les dernières décennies : sociologie, psychologie, intelligence artificielle, finance (il fut le premier à annoncer la crise des subprimes), et aujourd’hui qu’il a soixante-dix ans, il livre une réflexion ultime – bien qu’évidemment il soit tout à fait le bienvenu pour continuer son œuvre, forte déjà d’une vingtaine d’ouvrages et d’une pléthore d’articles, sur tous les sujets évoqués ci-dessus – ; cette réflexion ultime a un titre à la douce ironie, une recommandation presque délicate : Le Dernier qui s’en va éteint la lumière. On croirait presque la tendre parole d’une institutrice au moment de quitter la classe… A ceci près que, à en croire Jorion, dans deux ou trois générations, il n’y aura plus classe, ni institutrice – ni même d’enfants, d’ailleurs. Car c’est bien ce qu’annonce cet essai aussi bref que percutant : l’extinction prochaine de l’espèce humaine.

Fictions (anthologie) 12, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 10 Février 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

Le jardin et ses figurants habituels

 

(Poussières qui se meuvent

Dans les allées du jour)

 

*

 

Toi

Et ton corps habillé de pluie

 

La pulpe de mon lendemain

 

*

Hommage à Baudelaire IV - Des histoires dans la famille Baudelaire, par Charles Duttine

, le Jeudi, 09 Février 2017. , dans La Une CED, Ecriture

On peut s’aventurer dans le 14ème arrondissement et s’égarer dans la rue Froidevaux, cette rue qui longe le cimetière Montparnasse et dont le nom seul fait froid dans le dos. On peut alors, d’une porte dérobée, s’engager dans les allées du cimetière, au milieu de tous les caveaux. Une flânerie dans la sixième division deuxième rangée nous mènera immanquablement sur la tombe de Baudelaire où chacun pourra déposer un petit hommage, petit billet écrit ou simple caillou.

Que découvrira-t-on ? Une modeste tombe où est enterré Aupick, mort en 1857, le beau-père du poète. Tous les titres de ce personnage sont généreusement inscrits dans la pierre « général, sénateur, ambassadeur, grand officier de la légion d’honneur ». A croire qu’il est l’unique figure importante enterrée là. Seules quelques lignes indiquent la présence de Charles Baudelaire. Aucune indication qu’il fut poète, simplement est-il présenté comme le beau-fils du général. Puis plusieurs lignes gravées pour sa mère. Quand on sait les relations difficiles entre Charles Baudelaire et son beau-père, on se sent quelque peu malheureux. Et on se dit qu’ils sont là, l’un tout contre l’autre, pour l’éternité. On aurait aimé une proximité différente pour notre poète et qu’il ait d’autre compagnonnage. Immanquablement reviennent en mémoire ces vers :

Les Travaux et les Jours (extraits 2), par Ivanne Rialland

Ecrit par Ivanne Rialland , le Mercredi, 08 Février 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Bonnes feuilles

 

La mère


Dans la nuit précoce de l’hiver, assise haut sur la roue du bus surchauffé, elle longe la Seine, les yeux plongés dans les lumières scintillantes des réverbères. Elle brinquebale bientôt sur les pavés du Louvre et débouche, à travers la galerie obscure, dans la rue de Rivoli constellée de boutiques éclairées a giorno devant lesquelles les silhouettes des passants font des éclipses brèves. À peine ralentie par les feux rouges, elle poursuit sa course trop rapide vers l’Opéra, où elle devra renoncer à cette escapade discrète, minutes illuminées prises sur le temps quotidien, pour descendre dans le métro et retrouver ses laisses habituelles.

Hommage à Baudelaire III - Automne

, le Mardi, 07 Février 2017. , dans La Une CED, Ecriture

 

Je relisais Baudelaire depuis des années...

Puis, par une fin d’après-midi d’automne, place des Abbesses alors qu’assis sur un banc, rêvassant avec un exemplaire des fleurs du mal sur les genoux, ouvert à la page du poème Chant d’automne, c’est là, lors tiédie au soleil de cette fin d’Octobre, qu’issue des hauteurs, une feuille de platane après un long plané oscillant est venue délicatement se poser sur cet automnal feuillet.

Un brun linceul, funeste présage ou absolution et va en paix ? Quoi qu’il en soit, j’ai prestement refermé en claquant ce recueil mélancolico-floral avec la feuille de platane en guise désormais de marque-page et léger, armé d’un sourire, me suis élancé à la rencontre du monde avec, me sembla-t-il l’aval et la bénédiction du ténébreux poète et j’ai illico cessé toute lecture baudelairienne, jusqu’à bien des années plus tard, où mu par je ne sais quelle pulsion, j’ai glissé une musique sous tous les textes du « Vin » et interprété ces chansons co-signées avec bonheur, ces poèmes nourris d’éthyliques mots sonnants portés par l’humour et la sensibilité de leur auteur.