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La Une CED

Carnets de L'Herne : Spinoza, Arendt, Weil, 3 livres, par Didier Bazy

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 25 Mars 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Spinoza, De la liberté de penser dans un Etat libre

Arendt, La politique a-t-elle encore un sens ?

Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques

Carnets de L’Herne 2017, 6,50 € pièce, 80 pages environ

 

3 petits livres pour 3 grands problèmes.

– La politique a-t-elle encore un sens ? (Arendt)

– Faut-il supprimer les partis politiques ? (Weil)

– Quelle est la place de la liberté de penser dans un Etat libre ? (Spinoza)

Les dimensions inexplorées du chez soi, par Fedwa Ghanima Bouzit

Ecrit par Fedwa Ghanima Bouzit , le Samedi, 25 Mars 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

Chez soi, c’est bien plus que quatre murs. Pour certains, c’est le cocon revitalisant nécessaire pour faire face à un environnement hostile. Pour beaucoup, de plus en plus, c’est un luxe durement acquis. Pour les femmes, et surtout pour les femmes les moins nanties, un espace de pouvoir auxquelles elles perdent toujours. Mona Chollet explore, dans son essai Chez soi : une odyssée de l’espace domestique, des dimensions encore insoupçonnées de cet espace à la fois intime et le champ de forces extérieures, politiques, sociales et économiques. C’est un livre qui se prête à une lecture universelle et ravira aussi bien les natures introverties que celles sensibilisées aux questions de la justice.

Le nouveau statut du casanier

Le casanier a toujours eu mauvaise réputation. Il n’a pas de vie, il s’ennuie à mort, c’est une nature aigrie qui méprise les autres, il a « la consistance molle des plantes privées de lumière ou des êtres privés de vie » (1). Au milieu d’une espèce d’animaux sociaux, c’est le paria des parias que l’on considère tantôt avec mépris, tantôt avec pitié. Au Maroc, dans une culture où les notions d’individualité et de vie privée sont aussi peu présentes, les casaniers solitaires font face à encore plus de dédain. C’est une discrimination douce sous couvert de taquinerie que j’ai bien connue et c’est en partie pour cela que j’ai trouvé autant de réconfort dans ce livre.

Hommage à Baudelaire X - Baudelaire, la fin de la poésie, le début de l'aventure poétique, par Ruben de Paz

, le Vendredi, 24 Mars 2017. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Célébrer Baudelaire n’est jamais une mauvaise idée. Voir dans l’anniversaire de sa mort une béance offerte par notre triste époque et s’y engouffrer pour chanter le cher Maître est ravissant. Mais dans le chœur de louanges tant et tant méritées, il ne faut pas oublier que Charles Baudelaire est aussi le fossoyeur de la poésie, art supérieur et suprême. L’œuvre majeure du poète, les si célèbres et si belles Fleurs du Mal, est un sommet vertigineux dans l’histoire de la poésie mondiale. Jamais perfections du style, du mètre et du sens n’avaient atteint une telle symbiose. Jamais recueil n’avait compulsé, scanné, cartographié l’âme humaine et la vie avec tant d’ampleur, de génie et de fulgurances. Les Fleurs du Mal, bien que reines dans la peinture des affres de l’existence, n’omettent rien de ses quelques bonheurs, de ses rares splendeurs et de son acmé potentielle : l’amour. Baudelaire ne rejette pas la Beauté, il la cherche, il la chante ; il va y débusquer, tel un archéologue poétique, la moindre trace d’étrangeté pour la mettre en exergue, convaincu que le « Beau est toujours bizarre ». L’inverse s’appliquant tout aussi bien. Dans les quelques pages de ce mince recueil se trouve l’intégralité de ce que la poésie a à offrir, la totalité de son potentiel et bien évidemment tout ainsi que son contraire.

L’homme qui entendait des voix (2), par Eric Dubois

Ecrit par Eric Dubois , le Vendredi, 24 Mars 2017. , dans La Une CED, Ecriture, Nouvelles, Ecrits suivis

 

– Et alors, X ?

Par cette interrogation, Mr Loiseau essaya de comprendre la dernière phrase. Cela faisait quelques années qu’il l’écoutait, qu’il savait comment l’écouter, sensible aux nuances, aux silences, et à la lente parole dévoilée. Il regarda Mr Loiseau dans les yeux, en soutenant à la fois le regard et les questions du psychologue.

Il voyait le spectacle du monde à distance comme pour s’en prémunir. Julien écrivait parfois aussi. C’était à celui qui pouvait imposer des mots sortis de la léthargie cannabique. Julien grattouillait de la guitare, faisait des études universitaires mais passait le plus clair de ses nuits à sillonner les bars, les pubs et les clubs, pour ne pas vieillir précocement, disait-il. Il avait l’impression d’avoir aussi son âge. Cinq ans, plus âgé, il lui semble qu’il prolongeait une adolescence qui n’avait pas été cicatrisée. Il avait donc son monde, aussi, sa vie, au dehors. Cela n’avait rien à voir avec la vie professionnelle ni avec la vie familiale.

Vincent La Soudière : Une vie en enfer (2), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Jeudi, 23 Mars 2017. , dans La Une CED, Les Dossiers, Etudes

 

L’aventure intérieure : Un combat contre lui-même

Echaudé par ses premières expériences professionnelles, Vincent s’exclut du processus de socialisation dont la colonne vertébrale est l’exercice d’un métier et dont les ramifications se dégradent en divertissements. Il se met en marge du stéréotype économique occidental axé sur la production et la consommation, rebuté à la perspective d’être un numéro ou un esclave parmi tant d’autres. « Il m’apparaît que je n’ai rien. Rien de ce qui fait un homme au XXe siècle. Ni travail, ni femme, ni argent ».

Déterminé par un appel intérieur impérieux, il s’oriente sur le sentier de l’introspection solitaire et ascétique, l’ailleurs devenant son seul horizon : « J’aime marcher hors des pistes ; c’est d’ailleurs la figure de ma vie : être ailleurs », « De ces deux atrocités, la solitude asphyxiante et la responsabilité écrasante, la seconde étant infiniment pire que la première, je choisis la première, je choisis ce monde du retrait et du refus. Je choisis ! Quelle absurdité ! C’est je subis qu’il faut dire ».