Identification

La Une CED

Violences, Brigitte Aubonnet, Nouvelles

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 21 Novembre 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Violences, Brigitte Aubonnet, Nouvelles, Éd. Le Bruit des autres, juin 2014, 170 pages, 14 € (www.lebruitdesautres.com)

 

Brèves considérations sur la réception de la nouvelle

et sur ce recueil-ci

 

« On dit d’un fleuve emportant tout sur son passage

qu’il est violent, mais on ne dit jamais rien de la violence

des rives qui l’enserrent »

Bertolt Brecht, cité par Brigitte Aubonnet

Kafka tefka (2)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Jeudi, 20 Novembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

La suite ! La zebania nationale

Le problème aujourd’hui est nécessairement un problème d’aujourd’hui, c’est d’ailleurs aujourd’hui, le jour même. Alors on en reste là. Aujourd’hui c’est toujours et c’est pareil… On s’en sort jamais avec son présent, c’est toujours aujourd’hui.

Vendredi ! Un jour à peindre pour effrayer Munch. J’ouvre les yeux sur un midi nuisible à ma gueule de bois, et nocif à mon humeur. Je me secoue, je me rétablis avec le sournois double dans mon autorité cérébrale. Je crame le bout de came qui me reste, et je me mets à le rouler dérisoirement dans du papier à cigarette Amira avec l’impression que c’est du temps que je lange dans ce truc… On saccage ma porte ! Mr X, une sorte de personnage gluant débarque, on le surnomme Big-Deal, non à cause d’un quelconque deal dont il a triomphé, mais juste comme ça. Ça sonne bien et correctement si l’on considère sa corpulence. Un être lourd, une douleur dans le giron de l’univers, une asphyxie. Je l’aime pourtant bien, sans doute parce que je ne sais pas quoi aimer d’autre, fallait bien aimer quelque chose, pour pouvoir l’aimer intensément quand je suis ivre et défoncé. L’alcool et l’indifférence ne font pas beau ménage, ça nuit à la santé mentale.

Le Jardin de derrière (2)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 20 Novembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

Où Georges rencontre les indigènes

 

Tôt le lendemain, par un joli temps de mai, Georges alla faire quelques courses chez Auchan. Le parking était à moitié vide, en ce dimanche matin. Devant les portes du magasin étaient exposées de lourdes tables de jardin, des auges de pierre et deux bétonneuses. La peinture un peu écaillée, avec des traces de rouille, elles semblaient avoir passé l’hiver là, sur ce parking, et leurs tréfonds retenaient peut-être un peu de neige mêlée aux feuilles de l’automne dernier. Georges médita devant elles. Il était tenté par le petit modèle. Ou une auge en plastique suffirait-elle, pour commencer ? À moins qu’il ne casse tout ce béton pour planter du gazon. Ce serait un gros chantier, et il ne savait pas trop comment s’y prendre. Il regarda autour de lui les hommes qui entraient et sortaient du magasin, remontaient dans leur voiture ou poussaient des caddies devant eux, en jogging ou en jean, leur pull à col camionneur aux manches relevées au-dessus du coude. Sauraient-ils le lui dire ?

La bête dans la jungle, Henry James

Ecrit par Roland Goeller , le Mercredi, 19 Novembre 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

La rencontre d’un homme et d’une femme se produit toujours autour d’une inclination réciproque, à l’image de deux promeneurs qui s’avancent l’un vers l’autre sur un sentier étroit et que leurs excès de politesse, au lieu de s’effacer, conduisent à entrer en collision. Rien de tel dans le roman de Henry James, La Bête dans la jungle (titre original : The Beast in the jungle, 1903, Londres). Rien de tel et pourtant que d’inclination entre la discrète May Bartram et le dandy John Marcher.

Entre eux, une première rencontre survient au cours d’un voyage à Naples. May s’en souvient parfaitement, elle prend l’initiative d’en rappeler le souvenir à John Marcher lorsqu’ils se retrouvent, dix ans plus tard, en la somptueuse propriété de Weatherend. Le roman commence avec la magnifique scène des retrouvailles. Il ne s’agit pas à proprement parler d’un roman, mais d’une longue nouvelle, comme Henry James savait si bien les trousser, en six chapitres autour des six temps forts que comprendra la longue et étrange liaison entre May Bartram et John Marcher.

D'images et de bulles (12) - Le verre à moitié vide, Aurélie William Levaux

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mardi, 18 Novembre 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

« Non, ce n’est pas la vraie vie, ce n’est pas la mienne, ça n’y ressemble pas.

La vraie vie, c’est autre chose.

Les femmes, dans la vraie vie, ne sont pas toutes casse-couilles et les hommes ne sont pas tous moustachus ».

Voici l’ouverture d’« un récit qui n’en est pas un ». Une vie qui n’est pas la vraie vie et surtout pas celle de son auteure, Aurélie William Levaux ou AWL. Le quotidien d’une femme, des pensées, des phrases, les répliques du compagnon « en voix off », des enfants, une maison et une nature fantastique et luxuriante. Ce qui fait la vie, pourtant, la vraie, les émotions, les mots, le corps, la sexualité, encore la sexualité.