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La Une CED

Bertrand Russell, penser avec et au-delà des mathématiques Épisode 1 : Du mathématicien au prix Nobel de littérature

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

En 1950, le Prix Nobel de littérature est attribué au mathématicien et philosophe britannique Bertrand Russell. Ses 78 ans l’ont écarté de la médaille Fields décernée depuis 1924 à de jeunes chercheurs en mathématiques et la philosophie ne fait quant à elle l’objet d’aucune distinction particulière.

Est-ce donc comme pis-aller que le penseur se voit remettre le Nobel ? Il est certain que son œuvre n’a rien de commun avec celle de ses compatriotes déjà récompensés, parmi lesquels Rudyard Kipling ou George Bernard Shaw. C’est pourquoi Russell confie, dans son Autobiographie, la surprise qui fut la sienne : « Quand je dus me rendre à Stockholm, à la fin de 1950, afin d’y recevoir le prix Nobel – de littérature, ce qui m’étonna, pour mon livre Mariage et Morale – je n’étais pas sans appréhension car je me rappelais que trois cents ans auparavant, presque jour pour jour, Descartes avait été invité en Scandinavie par la reine Christine en hiver et qu’il y était mort à cause du froid » (1).

Rohmer en poèmes (21) Catherine de Heilbronn

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

La laine de ta couverture était rouge. Et ta tête reposait sur un oreiller blanc.

 

Qu’ai-je pu,

-------un jour,

tu le sais,

-------à l’âme,

ou au corps,

-------t’avoir fait ?

Epeli Hau’ofa ou l’Océanie ré-imaginée

Ecrit par Jean-François Vernay , le Jeudi, 03 Septembre 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

La toute jeune maison d’édition Pacific Islanders Editions (2013) s’assigne pour mission de « contribuer à reconnecter la Polynésie française avec la région Pacifique en traduisant en français des ouvrages d’auteurs océaniens anglophones ou en éditant des textes océaniens francophones non disponibles en Polynésie française » (1). Dans la droite lignée de cette politique éditoriale, elle vient de faire paraître le troisième opuscule sous la plume de Epeli Hau’ofa (1939-2009) qui, à l’instar des deux premiers, est issu d’un recueil d’articles anglophone : We are the Ocean, Selected Works (2008). Trois publications qui sont passées presque inaperçues, un sort souvent réservé aux littératures dites « émergentes » qui ont rarement voix au chapitre tant dans la presse d’information générale que dans la presse spécialisée (lisez : les revues littéraires).

Ce n’est sans doute pas un hasard si Stéphanie Vigier ouvrit sa monographie La fiction face au passé (2) sur une citation de cet écrivain tonguien et si Subramani décida de lui accorder une plus grande place dès la seconde édition de son étude consacrée à la littérature du Pacifique Sud (3). Epeli Hau’ofa, qui passe pour l’une des figures majeures de la pensée postcoloniale du Pacifique, le mérite à plus d’un titre.

Saul Bellow, chez Quarto Gallimard

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 02 Septembre 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

Herzog, La planète de Mr. Sammler Tome 1, Saul Bellow, Gallimard, Coll. Quarto, 2012, traduit de l’Américain par Michel Lederer, 640 pages, 22 €

 

Les aventures d’Augie March, Le don de Humboldt Tome 2, Saul Bellow, Gallimard, Coll. Quarto, 2014, traduit de l’Américain par Michel Lederer, 1024 pages, 34,90 €

 

Les aventures littéraires de Saul Bellow

Après un premier volume consacré à Saul Bellow, la collection Quarto des maisons d’édition Gallimard continue l’aventure en offrant au public un second opus, paru en Août 2014.

Un lecteur attentif et passionné sait que depuis quelques années la collection Quarto recense les écrits d’écrivains célèbres tels que Annie Ernaux, Jorge Semprun ou encore Tanizaki Junichiro, pour les faire connaître à un lectorat toujours aux aguets de belles œuvres.

Chronique anachronique, par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Mardi, 01 Septembre 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Jour huit. La fin du monde est un appel à la prière. Le soleil est une routine. Il fait chaud dans la tête qui sert d’encrier à des palmiers. Une route passe, long bras jeté sur une colline. Un homme vend des fruits avec des yeux de mort. Une femme se hâte parce que les yeux ont des dents et la rue est un traquenard unijambiste. Que faire ? Tuer le temps. Une étrange illusion.

Le temps est un animal sourd et muet qui a la peau du monde, pas une ride et des chiffres en zébrure comme un tigre mou qui mange des levers de soleils pour se nourrir. Il s’allonge ou se rétrécit. Il est blanc avec des côtes d’ivoire. Il est. Et on glisse dedans.

Dans le mythe, le temps est la baleine qui a accouché du monde. Des milliards marchent en rond dans son vaste poumon et élèvent des stèles et célèbrent des feux et des cultures. A peine si les mystiques soupçonnent un océan en collant l’oreille au larynx du poisson. Le temps ne peut pas être tué, il s’enroule, s’enroule puis se détend comme un geyser et s’affaisse comme un épiderme qui n’a pas choisi un règne. Il est le centième nom d’Allah, prononcé dans un tic-tac ample. Il est l’horloge mais aussi la gare, la lettre pliée, la ride qui sert d’horizon au décompte, l’usure et la solution. Il est l’angoisse.