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La Une CED

Vers impair et Bourgueil de l’année/Journal des lisières tanka-suite # 13

Ecrit par Alhama Garcia , le Lundi, 22 Septembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Le risque est grand et assumé.

Grand, peut-être, bien qu’il s’agisse de poésie, et pas de choix économiques. Mais tout de même.

L’enjeu est tressé comme un vin, corps, cuisse et bouquet : enjeu formel d’abord, que ce respect d’une versification impaire, sans rimes, en vers courts, obligation de chercher une musique particulière dans un cadre sonore peu fréquenté, auquel nos oreilles ne sont pas faites. Non faites, comme un palais brutal.

Enjeu thématique aussi : si la liberté est imprescriptible, tout est dicible, et c’est là l’immense difficulté : dans le tri, le ton, l’enchaînement, le positionnement (pas la posture !), du sens qui reste en mémoire après lecture.

Enfin l’enjeu, évanescent, de la grâce. Celle dont l’absence est fatale au croyant. Au vin. Et au poète.

La valse des souvenirs

Ecrit par Françoise Chapron , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Revenez rêves de naguère

Chahutez-moi en silence

faites le chemin à l’envers

il faut qu’à vous je repense.

 

Mes doux oiseaux vite envolés

caressez mon être de vos ailes

par vous mon âme a palpité

comme le cœur d’une hirondelle.

Statue (partie 4 et fin)

Ecrit par Noémie Aulombard , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

-V-


Pour une statue, le temps n’existe pas. Elle ne sent pas la course des secondes sur sa peau de pierre. Une statue a mal, pourtant. Son corps dur et raide, froid et pétrifié, ressent une douleur éparse, qui s’épanouit dans toute sa chair, réduite à n’être plus qu’un monolithe pesant et silencieux.

Je suis une statue, donc. Condamnée à l’immobilité et au mutisme. Je traverse les âges et je suis insensible à leur écoulement sur ma peau, à leur mouvement dans mon cœur. Ma mémoire est défaillante. Les souvenirs fusionnent avec le  moment présent.

Un homme se présente devant moi, un homme habillé avec une certaine recherche. Je vois dans ses yeux, qui me fixent, que son univers est habité par l’élégance, les grands vins et un certain raffinement de la pensée. Je fixe la lueur verte de ses yeux et vois dans le reflet de son regard, dans le reflet de sa mémoire, une réminiscence se déployer en souvenir.

Atlantes avachis

Ecrit par Stéphanie Blanchot , le Jeudi, 18 Septembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

 

 

Atlantes avachis,

cariatides ravagées,

piliers et façades écroulés

aux intérieurs chimériques et cadenassés

à des lambeaux de vies étriquées et d’esthétiques charpies encore argentées.

Et tourbillonnent, victorieuses, senteurs de moisi précieuses et virevoltes

de l’insolente poussière des ruines naufragées.

L’Eteinte prosopopée.

J’étais à deux pas de la Ville Impériale (3/10)

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 17 Septembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Ecrits suivis

 

La symphonie fantastique


Le photographe de Vanity-Fair, comme s’il avait bu, comme s’il avait bu.

Embrassons-nous.

Une nuit.

C’est toujours dans le même sens.

Passe.

Donne.

Redonne.

C’est prohibé.