Ce film d’Eric Rohmer est le quatrième des six contes moraux. La Collectionneuse aborde autant de thèmes que celui de la beauté et de la peinture, de l’activité et de la paresse, autour d’un trio de forces où s’illustrent les problématiques de la pureté et de la collection, du désir et du nihilisme. Adrien, jeune mondain antiquaire désargenté laisse sa maîtresse mannequin Mijanou partir faire des photos à Londres et s’installe pour l’été dans une villa isolée des environs de Saint-Tropez, appartenant à son ami Rodolphe. Il partage la demeure avec un intellectuel artiste et nihiliste, Daniel, son maître à penser. Haydée, une séduisante jeune fille, elle aussi invitée par Rodolphe, vient troubler leurs vacances.
Les Prologues : les discussions dialectiques
Trois prologues indépendants présentent à leur façon chacun des protagonistes du trio. Le premier expose Haydée Politoff, la collectionneuse marchant sur la plage, au bord de la mer, le silence laisse place à des plans rapprochés sur son corps androgyne et seul, elle est la femme qui séduit, la beauté muette.