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La Une CED

Les déserts de Jean-Marie Gustave Le Clézio

Ecrit par Loredana Kahn , le Jeudi, 03 Juillet 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

 

Je n’ai jamais éprouvé de grande passion à la lecture de Le Clézio. Tout au plus une sorte d’admiration froide pour la simplicité et le ciselage de son écriture. Mais je ne suis pas sûre que les livres de Le Clézio soient faits pour susciter de la passion. Ils sont a-passionnels, par une espèce d’évacuation parfaite de l’intérêt narratif. Il n’y a pratiquement pas d’histoires dans les romans de Le Clézio. Juste un cadre, un air, une mélopée, presque un assoupissement. On va dans un livre de Le Clézio comme on va se coucher le soir : c’est confortable, souvent voluptueux. Et puis on dort.

Le plus étonnant est que, quand on rencontre le personnage – je ne le connais pas personnellement, je veux donc dire à travers l’image et le son d’un plateau de télévision – on a le sentiment de continuer en quelque sorte la lecture d’un de ses livres. C’est sans passion, presque anodin, hors vie, mais impeccable, séduisant, précis, modeste.

Un air de liberté (10) - Le Couvent des Minimes à Mane

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 02 Juillet 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Le Couvent des Minimes à Mane (Alpes-de Haute-Provence) ou sur les traces du Père Louis Feuillée, mathématicien, astronome, géographe et botaniste de Sa Majesté le Roi Louis XIV

 

« Le Père Feuillée naquit le 15 août à Mane en 1660. […] Très jeune, ses parents, de pauvres cultivateurs, le placèrent comme portier au couvent des Minimes de cette ville. Ce couvent, fondé en 1602 par Melchior de Janson, comptait alors parmi ses moines plusieurs érudits et son rayonnement intellectuel s’étendait sur toute la région. Le Père Feuillée rapporte dans son Journal qu’il avait eu depuis sa plus tendre enfance une inclination naturelle pour les mathématiques, et que, dès l’âge de dix ans, il s’était aperçu que le mouvement de la lune, d’orient en occident, était beaucoup plus rapide que celui des autres planètes dont il observait les différentes situations à l’égard des étoiles fixes. Les supérieurs du jeune Feuillée encouragèrent ces exceptionnelles dispositions et, après lui avoir enseigné le latin, l’envoyèrent poursuivre ses études au couvent des Minimes de Marseille afin qu’il pût étudier les mathématiques et l’astronomie pour lesquelles il manifestait tant d’aptitudes.

Journal des lisières : 52 Tanka-suite - #7

Ecrit par Alhama Garcia , le Mardi, 01 Juillet 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

Le tanka est un journal de la vie émotive du poète.

Ishikawa Takuboku

 

à Venise, au hasard, la nuit

 

la main frémissante

la cambrure de la taille

et le bruit total

aucun échange possible

entre masques nocturnes

Editions Corti Rencontre avec Fabienne Raphoz, éditrice à tire d’aile

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Lundi, 30 Juin 2014. , dans La Une CED, Les Dossiers, Entretiens

 

« Si la littérature n’est pas pour le lecteur un répertoire de femmes fatales, et de créatures de perdition, elle ne vaut pas qu’on s’en occupe ».

Julien Gracq

 

José Corti (J. Corticchiato, 1895-1984), d’origine corse, a ouvert dès 1925 une librairie au 6, rue de Clichy à Paris. Il a commencé à éditer la plupart des auteurs surréalistes, ses amis : Breton, Éluard, Aragon, Char, Péret, Crevel, Dalí. Il se fixe ensuite 11, rue Médicis, à deux pas du jardin du Luxembourg, où les éditions Corti ont toujours leur siège. En 1938, il fait la connaissance de Julien Gracq qui, sa vie durant, n’aura pas d’autre éditeur (hormis La Pléiade). La maison d’édition s’engage, sous l’Occupation, dans la publication de textes clandestins. Après la guerre, José Corti n’aura de cesse de publier des textes poétiques, des recherches critiques et rééditera des classiques méconnus du romantisme européen.

Un petit-déjeuner avec Judy Garland

Ecrit par Mickaël Bonneau , le Samedi, 28 Juin 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

Je récurais la

dernière casserole de la veille

par la fenêtre au-dessus de l’évier c’était un

matin gris

humide et froid

au plafond bas

encore

de ces matins où les bancs de brume

restent accrochés

aux arbres du jardin

les cerisiers