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La Une CED

C., Lolita Sene

Ecrit par Isabelle Siryani , le Jeudi, 28 Mai 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques

C., Lolita Sene, Robert Laffont, mars 2015, 216 pages, 17 €

 

J’ai reçu C. l’esprit emprunt d’une nuée de préjugés, je dois l’avouer. Sobrement intitulé d’une Consomme qui résonnait plus comme le C d’un Coup marketing éditorial, C. était en fait celui de la Cocaïne. J’ai donc entre les mains le premier roman d’une certaine Lolita qui parle de Coke, et, tout naturellement, je me remémore cette autre Lolita qui parlait, elle aussi, de Coke quelques années plus tôt. Les Lolita sont-elles toutes vouées à écrire des romans chimiques à souhait ? J’ai naturellement repoussé loin cette idée. Après tout, pourquoi cette nouvelle Lolita souffrirait-elle de l’image que l’on se fait de cette autre ?

J’ai donc ouvert C. l’esprit libre et me suis finalement vite laissée bercer par une plume poétique et entraîner dans un récit qui a pour moi très bien fonctionné. Embarquée avec Juliette – prénom que Lolita a choisi de donner à son héroïne sans doute pour se distancer – dans cette écriture simple mais mélodieuse, j’ai eu envie de savoir… Comment d’une part devient-on cocaïnomane et comment d’autre part s’en sort-on ? Car de ce Combat, comme elle le nomme elle-même, elle s’en est aujourd’hui sortie.

Rohmer en poèmes (12) Une étudiante d’aujourd’hui

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 28 Mai 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

 

 

La voix d’Antoine Vitez.

Dans l’ancien folklore

du quartier latin,

l’étudiante

était cette jeune fille

émancipée

plus ou moins en rupture

20ème édition du Festival du Livre de Nice : du 5 au 7 juin 2015

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 28 Mai 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

 

« Chère Méditerranée ! Que ta sagesse latine, si douce à la vie, me fut donc clémente et amicale, et avec quelle indulgence ton vieux regard amusé s’est posé sur mon front d’adolescent ! Je reviens toujours à ton bord, avec les barques qui ramènent le couchant dans leurs filets. J’ai été heureux sur ces galets » (Romain Gary)

 

Le Festival du Livre de Nice réunira cette année plus de deux cents auteurs et des bédéistes. Qu’ils soient romanciers, essayistes, poètes ou polémistes, ils seront tous là pour vous rencontrer sur la Côte d’Azur du 5 au 7 juin prochain. Cette vingtième édition sera présidée par Mme Françoise Chandernagor de l’Académie Goncourt.

Aux trous ! Aux trous !

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue , le Mercredi, 27 Mai 2015. , dans La Une CED, Ecriture, Nouvelles

 

 

« Une épidémie de trous est annoncée dans les prochaines heures. L’alerte aux trous ne précise pas s’ils seront grands ou petits… ». Aux trous ! Aux trous ! Une épidémie galopante de trous s’apprête à coloniser la vie des Hommes. Un trou par-ci, un trou par-là, ça n’arrête pas ! Trou-lala Trou-lalère ! Si bien qu’on ne sait plus où mener de la tête. Tous ces vides vertigineux éléphantesques et microphages qu’il faut colmater ou laisser au libre cours du vide apparent. Certains vides sont tentateurs. Tenez, par exemple, un trou de serrure. Rien de plus excitant qu’un œil voyeur, pas incisif, plongeant dans ce petit orifice de mise à nue arachnéenne. Opercule jouissif, un tantinet récréatif. Voilà un trou à ne pas combler n’est-ce-pas ? Tous les trous de serrure à la fête ! Pas vu, pas pris ! Un peu moins jouissif, la mauvaise clé dans le mauvais trou, ou, celle oubliée après avoir claqué la porte d’entrée, ça, c’est une autre affaire !

Celui qui a « mangé » une bibliothèque ! par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 26 Mai 2015. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

Le vaste monde se terminait aux pieds des quatre murs d’une grande salle, légèrement humide, avec des rayonnages en bois. Une splendide lumière du jour éclairait l’espace. Une grosse ampoule pendue au milieu du vide. Beaucoup de volumes, formats différents. Les petits et les grands. Les reliés et les nus. Ceux écrits de gauche à droite. Ceux écrits de droite à gauche. En bonne compagnie. Bon voisinage ! Il y avait des chaises en bois avec des pieds d’acier, au nombre de quarante-huit en tout. Le silence de cette salle régnant sur les douze tables ne ressemble point aux autres silences d’ailleurs.

Les tables et les chaises à l’image d’Aït Abdelkader, responsable de cette bibliothèque du village, n’ont jamais abandonné leurs places. N’ont jamais manqué leur rendez-vous. Ils sont là depuis le jour où j’ai mis pour la première fois les pieds dans ce lieu, foulant l’ambiance du parterre en carreaux noirs et blancs. J’avais à peine onze ans.

Depuis, je n’ai pas quitté le lieu. Plutôt, le lieu ne m’a jamais quitté ! Ssi Aït Abdelkader, on l’appelait ainsi, fut un homme de petite taille. Discret. Toujours debout dans son costume classique, chemise blanche et une cravate noire mouchetée. Sérieux et souriant ! Cet homme m’a ensorcelé. Il connaissait par cœur tous les titres de ces livres rangés, en toute quiétude, côte à côte sur des planches en bois couvertes d’une vaporeuse couche de poussière.