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La Une CED

S’y faire, c’est tout

Ecrit par Sylvain Gau-Gervais , le Mercredi, 26 Novembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

 

 

 

 

dans ma tête c’est un désordre

aux hordes de fantômes

aux segments flous

oh !… une ombre,

deux,

plusieurs et qui glissent

je ne crois pas que je suis fou

Un art de vivre

Ecrit par Alain Doucet , le Mardi, 25 Novembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

 

petite grasse, grâce mat’

lendemain de la veille

bal aux lampions

dans la région, tradition (ça rime)

se remémorer la chanson

du grand Charles

– viens, découvrons toi & moi

les plaisirs démodés…

se lever

du pied droit

sans l’aide du réveille-matin

À la recherche de Dieu et du miel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 24 Novembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Nouvelles

 

Pour la première fois, je mets les pieds sur le sol de la France dont je pratique la langue et déguste le vin. D’ailleurs, je n’ai jamais quitté mon pays. Je suis un arbre dont les racines sont attachées aux branches, un jeune homme assombri par le noir de mon Algérie.

Dans mon cabas : du tabac, une chicha (narguilé), et des livres. Sur mon dos : de la solitude et de l’amertume née en moi parce que mon père est né après l’Indépendance. J’arrive sur Paris que je n’ai connu que par la lecture. Paris est une femme libre mais encore vierge et séduisante. J’ai le vertige tel Raskolnikov après son crime. Le bruit des engins et le son de la rapidité se mêlent dans ma tête solitaire. Chose étonnante : ici les femmes sont moins nues que chez nous où des femmes portent des minijupes et des collants translucides en plein hiver.

J’entre dans un café. Je trébuche sur les marches. Ma tête est devenue une boite de Pandore. Je veux quitter vite cette terre : à cet instant, la modernité me semble une imposture. Je commande un café. Je sors un roman que je lis pour la deuxième fois : Au pays de Tahar Ben Jelloun. Je déteste le personnage de ce roman qui s’accrochait tellement à l’avenir qu’il avait oublié de vivre, perdant ainsi le sens de son être qu’il avait construit depuis des années en France. La vie est comme un briquet que je perds quelques heures après son achat. Des nuages de cotons.

Journal des lisières tanka-suite # 22

Ecrit par Alhama Garcia , le Lundi, 24 Novembre 2014. , dans La Une CED, Ecriture, Création poétique

chronique des chats tournants

 

Fifille est rentrée

à ses grands yeux taille fine

je l’ai reconnue

elle a sa manière à elle

de se frotter aux chevilles

 

elle a retrouvé

tous les siens et en silence

elle les mesure

les jeunes ont bien compris

de bonne grâce ils s’écartent

Cathédrales, 1789-1914, un mythe moderne

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans La Une CED, Les Chroniques

 

Dir. Sylvain Amic et Ségolène Le Men, Cathédrales, 1789-1914, un mythe moderne, Somogy éditions d’art, Musées de Rouen, Paris/Rouen, 2014, juin 2014, 39 €

 

Grâce à la publication de ce bel ouvrage, nous sommes, ne finissons pas d’être « à l’heure où s’accomplit la découverte de la cathédrale », pour reprendre la formulation de Charles Morice dans sa longue introduction à l’ouvrage d’Auguste Rodin Les Cathédrales de France, publié en 1914.

Cette découverte s’opère grâce à la vue d’abord (vraie grâce). Entrant en certaines cathédrales (qui nous donnent le sentiment d’être « faite[s] de toutes les cathédrales », comme l’a murmuré Morice), l’on est amené à être ébloui. Même s’il y a l’ombre, omniprésente, chaque cathédrale aimée perd immédiatement, dans le moment où l’on reconnaît cet amour qu’on lui porte, « son essence comme structure de pierre » (John Ruskin) pour recouvrer son essence comme structure de lumière. Émile Verhaeren, alors trop jeune pour assister aux offices, découvrit « comme en maraude » la cathédrale gothique d’Anvers et fut ébloui de voir luire « un autre soleil »*.