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La Une CED

Baroud gaulois en Publicie (par Laurent LD Bonnet)

Ecrit par Laurent Bonnet , le Jeudi, 23 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques

Ou comment Florent Claude Labrousse détrôna SAS

 

Malongo, Repsol, Coca, Mercedes, Volkswagen, Zadig et Voltaire, Iphone, Relais Châteaux, Figaro Magazine, Uber, Vanity Fair, Mercure, Novotel, SFR, BNP, Google, Carrefour City, YouTube, Nespresso, Ferrari, YouPorn, Danone, Camel, Appart City, MacDonalds, Super U, Chablis, Nissan, Firefox, Schmidt & Bzender, 4x4 Defender, Ouest-France, Skype, Smith & Wesson, Swarowsky, Phillip Morris, BFM, Leclerc, Nesquik, Gitane, Amazon…

Qu’on ne s’y trompe pas ! Ces citations de marques ne sont pas celles de l’auteur qui, jusqu’en 2013, fut le champion incontesté d’une stratégie marketing peu courue en littérature : le placement de marque.

Gérard de Villiers écrivit ainsi 200 romans qui narraient les aventures internationales, jamais françaises, de Son Altesse Sérénissime Malko Linge, noble autrichien et espion. Il en vendit près de 150 millions d’exemplaires. Littérature de gare, disait-on dans le sérail en se bouchant le nez ; tout en lorgnant ce genre de pratique.

Adolphe, Benjamin Constant (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Cette semaine, Classiques

Adolphe, Benjamin Constant, GF Flammarion, 206 pages, 3,90 €

 

Non, je n’écrirai pas de chronique sur Adolphe. Pourtant, après avoir lu les quinze premières pages de ce court roman, d’une densité psychologique ébouriffante, j’envisageais de fignoler un article du même acabit que ceux concoctés pour des œuvres d’envergure telles que Le Château de Kafka, La Connaissance de la douleur de Gadda ou Tango de Satan de Krasznahorkai.

Non, je n’écrirai pas de chronique sur un texte pourtant formidablement écrit, dont la prose, diablement belle et délicieusement précise, plane comme un aigle royal, à l’instar de la rhétorique déployée par les littérateurs du dix-huitième siècle (quiconque me soutiendrait mordicus que Benjamin Constant eût vécu au siècle des Lumières que je ne protesterais guère).

La Styx Croisières Cie (IV) Avril 2019 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Mercredi, 22 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Chroniques, Chroniques régulières

 

« – La Reine : Enfin, sire, êtes-vous toujours décidé à aller à cette revue ?

– Le Roi : Pourquoi non, madame ?

– La Reine : Mais, encore une fois, ne l’ai-je pas vu en songe vous frappant de sa masse d’armes et vous jetant dans la Vistule, et un aigle comme celui qui figure dans les armes de Pologne lui plaçant la couronne sur la tête ?

– Le Roi : À qui ?

– La Reine : Au Père Ubu.

– Le Roi : Quelle folie. Monsieur de Ubu est un fort bon gentilhomme, qui se ferait tirer à quatre chevaux pour mon service ».

Alfred Jarry, Ubu Roi, Acte II, Sc. Ière

Jules de Montalenvers de Phrysac. Noté dans le Livre de mes Mémoires

Méta Mor Phose ?, Alain Marc (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 21 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques, Poésie

Méta Mor Phose ?, Alain Marc, Z4 Éditions, février 2019, 280 pages, 17 €

 

 

Arrêtons-nous sur le titre : « Méta » constitue l’élément du grec « meta » signifiant « ce qui dépasse, englobe » (un objet de pensée, une science). En l’occurrence il désigne dans « Méta Mor Phose ? » d’Alain Marc le processus créatif qui transcende l’existence emportée dans le flux de l’Écrire. « Mor Phose » ressortit à la forme de/d’une existence transfigurée ici par la création en cours, scripturaire. Méta Mor Phose : le mot est formellement décortiqué : pesé et relèvera/révélera la puissance de son sens dans la lecture à voix haute. La route entamée sur le chemin du cri par Alain Marc se poursuit dans la traversée intarissable d’un chemin de l’Écrit/de l’Écrire dont la quête est douloureuse (« douleur/de l’inaccompli ») mais « vitale » (cf. Il n’y a pas d’écriture heureuse, Alain Marc, Éd. Le Petit Véhicule, Revue Chiendents n°109, septembre 2016, Cahiers d’arts et de littératures).

Poétiques révolutionnaires et poésie, Jacques Guigou (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Mardi, 21 Mai 2019. , dans La Une CED, Les Livres, Les Chroniques

Poétiques révolutionnaires et poésie, Jacques Guigou, L’Harmattan, mars 2019, 94 pages, 12 €

L’objet et l’objectif de cette brève étude sont ensemble bien indiqués dans les dernières lignes de sa présentation : « Ce livre n’est pas une critique littéraire. Il propose une critique politique des divers avatars contemporains des poétiques révolutionnaires au regard d’une vision non sotériologique de la pensée ». Voyons comment.

La thèse essentielle de Jacques Guigou est ici que la poésie n’est pas un art du langage (ce « présupposé langagiste, dit-il, essentialise la poésie, la rabat sur la discursivité et la normativité »), mais, au contraire, « parole vive, événement imprévu, existence et instant ; ceci depuis son surgissement dans l’espèce humaine » (p.42).

L’homme, on le sait, est un animal redressé (il porte son chapiteau pensant en colonne bipède), marathonien (il sait épuiser toutes les proies qu’il poursuit) et collectif (il explore l’inconnu en équipe, et ne peut réussir que solidairement son exode indéfini vers les nouvelles ressources). L’idée de l’auteur, qui éclaire de l’intérieur sa propre pratique poétique, est que la poésie est née comme armature vocale de migrateurs debout, sangle articulatoire partagée, ou chant d’une colonne (au sens militaire) de colonnes (au sens architectural) mobiles, cimenté par lui. Une citation exhaustive le dit joliment :