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Afrique

Notre quelque part, Nii Ayikwei Parkes

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 19 Septembre 2016. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Zulma

Notre quelque part (Tail of the blue bird), mars 2016, trad. anglais Ghana, Sika Fakambi, 270 pages, 9,95 € . Ecrivain(s): Nii Ayikwei Parkes Edition: Zulma

 

Une ténébreuse histoire…

Cela se passe au Ghana.

Kayo Dwoda, revenu au pays, après avoir achevé ses études en Angleterre, avec le titre de médecin légiste, ne se voit proposer qu’un médiocre et ennuyeux poste de préposé à la gestion des stocks de produits dans un laboratoire d’analyse biochimique d’Accra.

« Son existence lui donnait mal au crâne. Travailler dans un laboratoire d’analyse biochimique n’était pas exactement ce qu’il avait projeté de faire de sa vie et, presque un an plus tard, tout cela commençait à le miner sérieusement ».

A des lieues de là, un village qui vivait paisiblement depuis toujours sa vie de village africain protégé des nuisances de la modernité par son isolement se retrouve malencontreusement au bord d’une grand-route nouvellement construite, ce qui donne à la maîtresse favorite d’un ministre, qui passait par là, l’idée d’ordonner à son chauffeur d’y faire une petite halte.

Généalogie d’une banalité, Sinzo Aanza

Ecrit par Mélanie Talcott , le Samedi, 03 Septembre 2016. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Vents d'ailleurs

Généalogie d’une banalité, 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Sinzo Aanza Edition: Vents d'ailleurs

« L’homme n’est pas étanche, il est d’une porosité inévitable, sournoise mais inévitable »

Sinzo Aanza

 

« Le véritable salaire de la désobéissance civique arrive. Ne fermez pas votre radio, ne changez pas de chaîne, car l’histoire va s’écrire sous vos oreilles ce soir… »

La clef de Généalogie d’une banalité de Sinzo Aanza est dans cette phrase. Mais avant, il faut faire preuve de patience. Car la lecture de ce livre au style riche, truculent, impétueux, inventif, pantagruélique, veiné de mots que la langue française a rayés de son vocabulaire depuis belle lurette, est en elle-même une ode à la lenteur de par la complexité du récit, à la fois épopée, chronique sociale et subtile autant que prudente critique politique d’un pays, le Congo, quasiment quatre fois plus grand que la France. Et il faut bien l’admettre : notre ignorance de lecteurs occidentaux formatés par Tintin au Congo est inversement proportionnelle à l’insignifiante connaissance que nous avons de ce pays. Oh bien sûr, nous avons vaguement en mémoire le fait que le Congo fut la danseuse belge maltraitée du roi génocidaire Léopold II.

La Toubabesse, Louis-Ferdinand Despreez

Ecrit par Eric Essono Tsimi , le Lundi, 22 Août 2016. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Editions de la Différence

La Toubabesse, août 2016, 288 pages, 17 € . Ecrivain(s): Louis-Ferdinand Despreez Edition: Editions de la Différence

Louis-Ferdinand nous embarque dans un voyage au bout de l’Afrique

L’auteur du roman La Toubabesse est aussi mystérieux que peuvent l’être les deux polars par lesquels il s’est fait connaître. Quand on vous aura dit qu’il s’appelle Louis-Ferdinand Despreez, il faudra ajouter qu’il est africain, sud-africain, anglophone donc, mais écrit directement en français ce troisième roman, le premier du genre : les deux précédents étant des romans policiers.

Peut-on arriver à un tel rendu des « républiques de la forêt équatorienne » sans, à la manière d’Ahmadou Kourouma, tordre le cou au français des « sages de la Coupole » ? Tout est littérarisé, mais sans recherche. La langue de Louis-Ferdinand Despreez est foisonnante, elle n’est pas rendue à l’état brut… Du festival de mots et d’images puisés dans le néo-français d’Afrique, on retient surtout la truculence, la verdeur (pour la finesse il faudra chercher ailleurs), le souffle des phrases kilométriques du narrateur (conteur), entortillées dans des incises itératives qui calquent le style parlé, l’oralité. D’ailleurs si le narrateur calque, il décalque aussi, se démarque : il y a beaucoup de néologismes que ni les rues africaines ni le Robert ne reconnaîtraient, emporté qu’il est par le dynamisme qu’il rapporte, Despreez crée une langue des bois et gratifie son « lecteur », parfois directement interpellé comme tel, de notes infrapaginales et d’un lexique en toute fin du roman.

Meyer et la Catastrophe, Steven Boykey Sidley

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 30 Mai 2016. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Meyer et la Catastrophe, octobre 2015, trad. anglais (Af Sud) Valérie Bourgeois, 350 pages, 21 € . Ecrivain(s): Steven Boykey Sidley Edition: Belfond

La quatrième de couverture est engageante : « Révélation des lettres sud-africaines, grand provocateur devant l’éternel, dans la lignée d’un Philip Roth ou d’un Joseph Heller, Steven Boykey Sidley livre un roman explosif, oscillant entre humour dévastateur et réelle émotion, sens de l’absurde et réflexions métaphysiques ». Le moins que l’on puisse dire est que ce bref texte de présentation donne envie de lire le troisième roman de Boykey Sidley, le premier traduit en français, Meyer et la Catastrophe (Imperfect Solo en version originale, ce qui correspond un rien plus au sens global du roman – on y reviendra). On s’attelle donc à sa lecture, plein d’espoir – et patatras, la déception est au rendez-vous !

Le premier motif de déception peut sembler risible mais est bien réel : lorsqu’on annonce qu’un auteur est la « révélation des lettres sud-africaines », on s’attend à ce que le roman ainsi promu évoque l’Afrique du Sud d’une façon ou d’une autre, à la Philip Roth, puisque ce dernier est mentionné en guise de référence, ou, pourquoi pas, à la Tom Sharpe – d’autant qu’on annonce un auteur « grand provocateur devant l’éternel ». On se dit qu’on va déguster une satire de l’Afrique du Sud contemporaine, portée par un style enlevé ; un roman qui dirait tout de ce pays dans un grand éclat de rire salvateur. Las ! Rien de toute cela : Joshua Meyer, le personnage principal de ce roman, vit et travaille sur la Côte Ouest des Etats-Unis, et si satire il y a, elle est aussi involontaire que légère et a pour cible le mode de vie de Meyer – encore que…

Cœur Tambour, Scholastique Mukasonga

Ecrit par Mélanie Talcott , le Jeudi, 26 Mai 2016. , dans Afrique, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Gallimard

Cœur Tambour, janvier 2016, 176 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Scholastique Mukasonga Edition: Gallimard

 

[Quatrième de couverture :

« Personne ne savait plus trop qui était cette présumée princesse africaine appelée Nyabinghi. Son nom était venu s’échouer sur les plages de la Jamaïque en d’étranges circonstances… Le 12 décembre 1935, peu de temps avant l’invasion de l’Éthiopie par l’Italie fasciste, paraissait dans le journal Jamaïca Times un article intitulé « Une société secrète pour détruire les Blancs » : vingt millions de nègres, au nom d’une mystérieuse reine appelée Nya-Binghi, allaient déferler sur l’Europe et l’Amérique, Nya-Binghi signifiant « mort aux Blancs ». Les rastas, qui adoptèrent le nom de nyabinghi, n’avaient rien de sanguinaire et, dans la torpeur bienheureuse de l’herbe sacrée, ne songeaient nullement à massacrer quiconque. Les tambours suffisaient à leur rébellion ». Du Rwanda à la Caraïbe, à l’Amérique : mystères, initiations, naissance de la musique rasta, et, dans les bouleversements du monde, quand bat le tambour et le cœur de l’Afrique, un crime fondateur… Qui a tué l’inoubliable diva Kitami, surnommée aux quatre points de l’horizon « l’Amazone noire » ?…]