Identification

Ecriture

Poèmes de Pedro Belo Clara Traduits du portugais par Stéphane Chao

, le Jeudi, 21 Novembre 2019. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

SAÍDA PARA PIQUENIQUE

Era um tempo em que julgava que as tardes de verão cabiam inteiras na fundura dos teus olhos. E a tua boca era a fresca fonte de todas as canções que o vento desconhecia. Oh, por quantos dias aí não matei a sede lancinante? Nessa soleira donde simples ria a alma vadia, irmã das árvores e dos pássaros de solidão azul?

Um imenso sorriso no começo de cada trilho regando papoilas e cardos, afagando pedras e espinhos que nunca conheceram o peso dum pomo, curando a muda dor da terra como quem abraça o breve terror duma criança de joelho ferido.

Num alegre balanço de flor entregue ao vento, uma cesta sem sonhos pendia das mãos limpas de hesitações. Nela, apenas o pão cozido no ventre da estação, o vinho que regaria as horas por nascer adormecendo num conforto de grão ainda no silêncio da espiga – e todos os frutos redondos que a manhã de linho, na sua maternal generosidade, desejou oferecer.

Ce matin maudit (2) par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Vendredi, 15 Novembre 2019. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Dès le lever du soleil, j’ai quitté le lieu où je suis née ; j’ai fermé le portail de la maison de mes commencements et je m’en suis allée, tournant le dos à ceux qui m’attendaient.

« Ils t’attendent au coin de la Grande Rue », susurrait la voix aurorale alors que j’entamais ma marche vers le Pays de l’Exil, ce lieu sans adresse ni sépulture, où nul ne pouvait me trouver, m’atteindre ni me déloger.

Ceux qui m’attendent ? Qui sont-ils ? Que me veulent-ils ? Pourquoi occupent-ils la maison de mes commencements ?

Mes questions sont restées en suspens.

Je suis partie.

Nul ne pouvait me dire d’où venaient les êtres qui tuent la vie et assassinent l’espoir.

J’ai longtemps marché.

Pourquoi notre maison ?

Les travaux et les jours (extraits 8) (par Ivanne Rialland)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 14 Novembre 2019. , dans Ecriture, La Une CED, Bonnes feuilles

 

La mère

Étrange photo qui la point dans cette exposition estivale visitée à l’heure où d’autres dînent.

Exposition sur « L’envol » pleine de machines insensées, de dessins d’avions, de soucoupes, d’aéronefs bricolés et de photos de funambules.

Celle-là est accrochée en face d’un mur couvert de photos de plongeons, belles photos d’il y a un siècle de corps sculptés par la lumière, les muscles durcis par l’élan, les pieds pointés vers le ciel.

La photo est grande, étirée en hauteur, du gris duveteux des photos anciennes – ce qu’elle n’est pas. Son auteur est un presque jeune homme.

Jeux II - Contrepoint rétrograde (par Charles Orlac)

Ecrit par Charles Orlac , le Mardi, 12 Novembre 2019. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

II-Contrepoint rétrograde

 

Je lis un livre

Tu livres un lit

Je porte un masque

Tu masques une porte

Je bois une coupe

Tu coupes du bois

Je vois mon père

Tu perds ta voix

Mouvement de l’entendeur de voix (1er écrit d’hôpital) (par Julien Quittelier)

Ecrit par Julien Quittelier , le Mercredi, 06 Novembre 2019. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Car je suis le maso des couplets psychotique,

J’aboie et je me mords en usant de l’ennui,

Et j’ai pitié de moi partout où chaque lit

Me renvoie à l’asile en chien rongé de tique

Bouffant mon os de mort et pleurnichant phallique.

 

Sans trop savoir, je pense… et je pense un seul mot,

Je ne vois plus l’orgueil des douleurs personnelles,

Je vis dans le Paris des crapauds et des pelles,

J’empeste le tabac, cinquantième mégot,

Sans trop savoir, je pense… et je pense un seul mot :