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Ecriture

Terra Nova par Thomas Chaline

Ecrit par Thomas Chaline , le Vendredi, 19 Décembre 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

T’as distillé tes parfums

Aux quatre coins de mes terres

Cultivé ma raison, sans fin

Arraché mes racines en poussière

 

T’as fait éclore les pétales

Si longtemps enfouis

Au fond de mon corps de dalles

Ils respirent ton grand air, ainsi

Du Cap à Pau ; vers une poésie d’à-propos (1/2)

Ecrit par Sandy Dard , le Jeudi, 18 Décembre 2014. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, Chroniques Ecritures Dossiers, La Une CED

Partie première / du Cap…

 

« Les mots tels des miroirs renvoient de belles armes »

(Sandy Dard)

 

A mon vivant poème

 

« Le véritable Amour ne connaît ni le soupçon ni la méfiance »

(George Sand)

 

Je suis surprise par la plastique d’une girafe, alors qu’un crocodile est monté sur ma tente.

Stop ! Je veux me marier…

Un secret de chair

Ecrit par Jacques Girard , le Mercredi, 17 Décembre 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

« Que dire d’une fille de vingt-cinq ans quand elle est morte? Qu’elle était belle. Et terriblement intelligente. Qu’elle aimait Mozart et Bach. Et les Beatles ». Les premières phrases de Love story d’Erich Segal.

J’aperçois la photo de Madeleine Truchon dans le journal. Elle préside un organisme qui aide les jeunes en difficultés.

Je partage avec elle un secret de chair. Un secret que j’avais enfoui en profondeur dans ma mémoire chaotique. La vue de son visage d’ange me bouleverse, me projette vingt ans en arrière avec une telle violence que j’ai un haut-le-cœur. Mon ventre se contracte. Des images de chair vive.

À cette époque, j’enseigne le français en cinquième secondaire. Première période de cette année-là. Je joue mon numéro. Voix douce, sourire agréable, petits clins d’œil. Le professeur étale tout l’arsenal des trucs dont l’objectif est d’attirer l’attention des étudiant(e)s.

L’errance intérieure - Chapitre 3 : la soirée

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 17 Décembre 2014. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Je n’aurais pas dû manger si tard cet après-midi, je ne ressens pas la faim ce soir. Mais c’était manger ou sortir, il me fallait choisir, je ne pouvais pas rester sans agir, je ne supporte pas de dériver comme un vulgaire débris dans un intervalle vague et indéterminé.

Désormais, il fait déjà nuit, je ne peux plus sortir. J’aurais dû sortir plus tôt, ça m’aurait évité de réfléchir tout l’après-midi au moment propice pour sortir.

Pourvu que personne ne m’appelle pour sortir ce soir.

Qui donc pourrait m’appeler ? A part une erreur, je ne vois pas, je n’ai ni famille ni amis ni collègues. Et puis, j’ai coupé le téléphone, donc si un ami, un collègue ou un parent dont j’ignore l’existence souhaite m’appeler, je ne commettrais pas la maladresse de décrocher vu qu’aucune sonnerie ne m’aura signalé l’appel. Par voie de conséquence, cette personne, étrangère à toute réalité vraisemblable, n’aura pas le loisir de m’inviter à boire un verre ou de m’infliger une quelconque récrimination eu égard à mes horaires de fonctionnement. Ce fait n’ouvrant aucune contestation, je n’ai guère besoin d’approfondir tous les tenants de cette question.

Kahba sous le hijab

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Samedi, 13 Décembre 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Kahba (1) se lève et quitte son matelas mouillé. C’est une jeune fille au visage innocent. Elle a passé une nuit blanche en parlant de sexe à un mec au téléphone. Faire l’amour par téléphone, grâce aux offres des sociétés de télécommunication, est un phénomène d’actualité en Algérie. Comment ? Voici un exemple : « tu es sur moi ma belle, monte et descends vite. Changeons de position. Crie fort pour m’exciter. On va finir, ouvre ta bouche… » Bref, c’est une façon de briser l’interdit social et religieux de sexe par téléphone.

Elle ne prend même pas une douche, ne change pas ses sous-vêtements que sa sœur aînée lui a légués. Une odeur suffocante s’échappe d’elle. Une chèvre humaine. Elle met son jean altéré par les multiples nettoyages, son foulard, et son hijab noir devenu marron avec le temps. Un café. Sac. « Je vais à l’université maman, j’ai des examens » dit-elle à sa mère, une femme conservatrice au front tamponné par les prières, qui a eu l’occasion de faire le pèlerinage et pleurer sur la tombe du Prophète. « Bon courage ma fille. Va sous la protection d’Allah ! »