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Ecriture

Hommage à Baudelaire VI - Baudelaire et les pauvres, par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 24 Février 2017. , dans Ecriture, La Une CED

 

Comme Michel Déon, j’en viens à mieux aimer Baudelaire pour ses proses que pour ses poésies. Non que celles-ci soient déplaisantes à un titre ou à un autre, non, pas du tout, elles ont leur musique, leur rythmique soigneusement mesurée, leur beauté hiératique (y compris dans le sacrilège), un univers intérieur, des combats ouverts ou feutrés. Elles ont aussi un certain apprêt, comme on dit en lingerie, une tenue de cérémonie, parfois même ironiquement enfilée qui, chez lui, freine mon enthousiasme. Chez Valéry, l’apprêt est de même nature, mais d’une porcelaine plus cassante ; chez Mallarmé, c’est un empesage, une gangue dont on extrait des joyaux ; chez René Char, j’admire le courage de l’homme, mais non le phrasé plâtreux, dénué de toute musicalité, sans parler de cet esprit héraclitéen allié à un moralisme prêcheur et solennel. À l’opposé, les musiciens, Villon, Ronsard, Verlaine, Apollinaire, Aragon… – quoiqu’il arrive aussi à deux d’entre eux de monter en chaire ou sur l’estrade des juges. Ces considérations n’ont pas pour intention le dénigrement, mais seulement de proposer une échelle d’appréciation dans mon critère que je n’impose à personne, mais sur lequel j’invite à la réflexion.

Massage, par Gil Yan

Ecrit par Gil Yan , le Vendredi, 24 Février 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Prenez une goutte d’huile essentielle,

Massez le bout des doigts.

Prenez un peu de votre temps,

Prenez un peu de votre histoire,

Utilisez un stylo plume,

Ou un crayon de bois.

Et couchez sur papier,

Une suite de mots qui caressent,

Des adjectifs qui enveloppent et apaisent.

Hommage à Baudelaire V - La Bête, par Catherine Légaré

, le Mardi, 21 Février 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Cette bête,

chacal effroyable,

aux yeux jaune pisse reluisante,

à la gueule bavante et dégoulinante.

 

Son souffle haletant

laisse une odeur de charogne

qui tache la peau,

qui lève le cœur.

Fictions (anthologie) 12, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 10 Février 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

Le jardin et ses figurants habituels

 

(Poussières qui se meuvent

Dans les allées du jour)

 

*

 

Toi

Et ton corps habillé de pluie

 

La pulpe de mon lendemain

 

*

Hommage à Baudelaire IV - Des histoires dans la famille Baudelaire, par Charles Duttine

, le Jeudi, 09 Février 2017. , dans Ecriture, La Une CED

On peut s’aventurer dans le 14ème arrondissement et s’égarer dans la rue Froidevaux, cette rue qui longe le cimetière Montparnasse et dont le nom seul fait froid dans le dos. On peut alors, d’une porte dérobée, s’engager dans les allées du cimetière, au milieu de tous les caveaux. Une flânerie dans la sixième division deuxième rangée nous mènera immanquablement sur la tombe de Baudelaire où chacun pourra déposer un petit hommage, petit billet écrit ou simple caillou.

Que découvrira-t-on ? Une modeste tombe où est enterré Aupick, mort en 1857, le beau-père du poète. Tous les titres de ce personnage sont généreusement inscrits dans la pierre « général, sénateur, ambassadeur, grand officier de la légion d’honneur ». A croire qu’il est l’unique figure importante enterrée là. Seules quelques lignes indiquent la présence de Charles Baudelaire. Aucune indication qu’il fut poète, simplement est-il présenté comme le beau-fils du général. Puis plusieurs lignes gravées pour sa mère. Quand on sait les relations difficiles entre Charles Baudelaire et son beau-père, on se sent quelque peu malheureux. Et on se dit qu’ils sont là, l’un tout contre l’autre, pour l’éternité. On aurait aimé une proximité différente pour notre poète et qu’il ait d’autre compagnonnage. Immanquablement reviennent en mémoire ces vers :