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Ecriture

Pibe de oro, par Raphaël Rouxeville

Ecrit par Raphaël Rouxeville , le Mardi, 10 Juillet 2018. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

La vague arrive lente

Une balle flottante s’élève

Hou-ou-ou-Hou-ou-ou…

Arrêtée

La rumeur

… Hou-ou-ou…

 

Dans le cratère de Mexico

Le chou, la bibliothèque et le cerveau, par Thomas Besch-Kramer

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Jeudi, 05 Juillet 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Voilà, j’ai porté le papier toilette dans les coins d’aisance et récuré les bassins malpropres. Je me lave les mains et me prépare à écrire, car écrire est un art…

Dans le bac à légumes, chez maman, il y a un chou. Un demi-chou blanc et vert pâle. Maman me dit que les rainures, les « nervures » et les feuilles de chou ressemblent à un cerveau. Elle me dit qu’il faut ébouillanter le chou, enlever le cœur – le chou a un cœur donc, comme le bois a une âme – et le préparer lentement : mijotée avec des lardons… Hum, c’est bon, c’est pour le repas de demain !

Comme pour les rainures trop dures, vieillies et indigestes, la bibliothèque désherbe chaque année les livres inusités. La bibliothèque reste digeste, ses rayonnages et registres sont appétissants. Dans le pays d’où je viens – La Louisiane – les bibliothèques universitaires classent les livres « Littérature française » à la cote « PQ »… « Quoi ! » m’insurgeai-je en monologue intérieur, « les livres de Balzac et de Hugo sont ramenés au rang de papier toilette ! » Essayez de faire bouillir un Père Goriot ou La légende des Siècles ou Le promontoire des songes pour les rendre « digestes » ! Vous ferez chou blanc…

Roulez Jeunesse !, par Charles Duttine

Ecrit par Charles Duttine , le Mercredi, 04 Juillet 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

 

(Où il est question de Marcel Duchamp, du col de la Croix Morand et du Tour de France…)

 

La foule dense, vive, bariolée semblait agitée d’étranges vagues. On aurait dit des convulsions presque maladives. Les plans d’ensemble qu’offrait l’écran de télévision suivaient cette masse en mouvement. Elle ressemblait à un curieux animal, une énorme couleuvre qui épousait les courbes de la route et, comme les anneaux d’un serpent, elle ondulait, cette foule. Au fur et à mesure que les cyclistes approchaient du sommet, vu de haut et des hélicoptères qui suivaient la course, la frénésie houleuse des spectateurs était perceptible.

La statue des amoureux, par Tawfiq Belfadel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mardi, 03 Juillet 2018. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

Dans un pays d'Asie, il y a une plage fascinante. Unique. Les touristes viennent des quatre coins du monde pour admirer sa beauté. Dans cette plage, il y a une statue dorée, clouée sur un rocher, à quelques pas de l’eau diaphane. Semblable aux statues de Bouddha, elle représente une femme tenant une flûte dans la bouche.

Splendide, la statue brille de loin. Les marins la prennent pour leur phare, leur guide. En revanche, elle demeure solitaire et délaissée : les touristes, harcelés par la canicule, préfèrent se baigner que d’admirer un objet momifié.

Grâce à mes lectures sur le Bouddhisme, j’ai découvert le secret de cette statue. C’est une femme qui venait, en compagnie de son amant, chaque soir contempler le coucher de soleil sur la plage. Ils se racontaient des histoires et échangeaient des baisers torrides. Avant de rentrer chez eux, la jeune fille jouait à la flûte pour bercer le cœur de son homme. Un jour, après avoir fait l’amour, l’amant décida de se baigner mais disparut dans les abîmes de la mer. Elle le cherchait jusqu’au matin en criant son nom, en jouant de sa flûte, sans le retrouver. On raconte qu’un esprit féminin qui habitait en mer était amoureux du jeune homme et profita de cette occasion pour le ravir. Le posséder. Déchirée par le chagrin, la jeune amante sanglotait chaque instant jusqu’à devenir une statue.

Les enfants des égouts Chapitre III, par Ahmed Yahia Messaoud

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Lundi, 02 Juillet 2018. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

 

Partie 01

On ne meurt jamais d’une vraie mort, on laisse toujours un témoin ou dix-neuf.

Il n’y aurait pas de chapitre deux. Il ne se passe jamais rien dans un chapitre deux, c’est de la littérature.

Les choses n’étaient pas venues à moi, elles ne m’attendaient pas non plus dans le temps, dans mon temps, ma chronologie. Je n’avais pas décidé un jour, d’aller d’un point A à un point B, je ne m’étais pas perdu en chemin. Il ne s’est rien passé, j’ai juste vieilli plus vite que je n’ai grandi.