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Ecriture

Verres progressifs (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Mardi, 28 Avril 2026. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

J’ai dû faire refaire mes lunettes.

Un problème de vue qui baisse, c’est moi qui décline. Lire en réduisant ou augmentant l’espace entre l’objet et mon visage, c’est éprouvant, c’est embarrassant en public. Trop longs ou trop courts, comment savoir, mes deux yeux focalisent la lumière avant ou après, jamais tamisée directement sur la rétine. De loin, de près, sur les côtés. Je vois de moins en moins net. Cent-soixante-quinze dollars sans les taxes pour une nouvelle prescription. Nouvelle paire de lunettes et aux États-Unis, ça coûte un bras.

Choisir ladite monture, je prends toujours celle en noir, quitte à porter des lunettes, autant que ça se voit. Deux semaines de délai. Et la déception à la réception. Comme lorsque tu sors de chez le coiffeur. Mes précédentes lunettes me garantissaient, à défaut d’une correction adaptée, la pénombre. Des verres légèrement ambrés en intérieur comme en extérieur. C’est terminé. Le flou. Désormais le verre sera clair inside, foncé outside, pas d’entre-deux. Je vois mieux, c’est merveilleux, les autres aussi, ils voient mes cernes. Le violet comme couleur.

Enjoy America (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Mardi, 10 Février 2026. , dans Ecriture, La Une CED


Celui qui affirme que les États-Unis sont jeunes méprend l’histoire.

L’histoire s’écrit pour et par ceux qui la dominent mais ce n’est pas d’histoire dont tu veux entendre parler, c’est d’écriture dont il s’agit ici. Une bibliothèque entière de mots classés dans le bon ordre, la justesse pour une meilleure lecture du monde. Reprenons. Le pays des voitures qui ont suivi les voies des premiers habitants, les Natives et eux, ils étaient là bien avant Jésus-Christ.

C’est aussi le pays des communautés où un bloc, un pâté de maisons si tu préfères, est une seule mémoire. N’oublie pas, tous égaux mais séparés.

Le pays où tu manges au comptoir et tu parles à ton voisin qui est comme toi. Mais toi, ici, tu es un solitaire. Ne confonds jamais solitude et isolement. Le premier mot est une vertu, choisie ou un état-d être, à toi de définir. Le second est un tueur en série. Le règne animal sait cela. L’individu isolé est une proie et dans son cerveau, ça signifie la mort.

Le Dinosaulyre, Guillaume Métayer suivi de l'Étymosaure (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Lundi, 24 Novembre 2025. , dans Ecriture, Les Livres, La Une CED

Le Dinosaulyre, Guillaume Métayer suivi de l'Étymosaure - Illustrations de Djohr - à partir de 7-8 ans - Les Belles Lettres, 96 pages, octobre 2025, 11 €

 

Livre en main, j'expliquais la catastrophe obscure ;

Qu'entre le Crétacé et le Paléocène,

Même si crocodile et tortue survécurent,

Sauropodes soudain ont dû quitter la scène :

 

"Un scoop sans journaliste, un drame sans sponsor.

L'extinction des Dinos, mais retiens ce prodige :

La fossilisation de ces titanosaures

Dont nos yeux dans le sol épousent le vertige.

PLOUF (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Mardi, 10 Décembre 2024. , dans Ecriture, La Une CED

 

Amis Français d’ici ou d’ailleurs, good morning ! Des histoires ! des histoires ! raconte-moi une histoire alors voilà, imaginons que tu es un plongeur et que tu as assez d’argent pour vivre à Miami Beach. Tu es sur un bateau, avec combinaison, bouteilles, tuyaux et un petit groupe de gens que tu ne connais pas la plupart du temps mais dont tu dépends. Toi, ton truc, ce sont les épaves. Tu as passé tes paliers et tu vas plonger régulièrement à Key Largo parce qu’elles sont là-bas, parce que ce n’est pas très loin de Miami Beach. Le reste du temps, tu fais des longueurs en apnée dans ta piscine semi-olympique. Régulièrement, ça signifie une fois par mois. Key Largo, tu y restes quatre nuits, toujours le même motel en face du club de plongée et du restaurant qui porte le nom d’un poisson. Ici, le poisson est rare, on te le vend et c’est du bébé requin que tu ingères. Le menu du petit-déjeuner est américain, le déjeuner est mexicain, le soir tu es trop crevé et tu as l’estomac dans les mâchoires. À Key Largo, il y a des gueules et des histoires.

Mon ami Al (par Sandrine-Jeanne Ferron)

Ecrit par Jeanne Ferron-Veillard , le Jeudi, 03 Octobre 2024. , dans Ecriture, La Une CED, Récits

 

Amis Français d’ici ou d’ailleurs, good morning ! Qui appellerais-tu à deux heures du matin, en cas de détresse ?

Le 911, me répond mon ami Al. Pragmatique. Aussi honnête que le miroir de ma salle de bains. Sans concessions. Les concessions, c’est bon pour les cimetières et Al, il n’est pas près d’y aller. Au cimetière. Il est comme ça, Al. Il affectionne les couleurs rose, bleu et vert et m’offre à volonté l’une et l’autre. Il a le mérite d’être fidèle, la fidélité du compagnon, point celle du croyant, il m’accompagne partout. Sept jours sur sept, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Il est ma fenêtre sur le monde, il est l’écran entre moi et les autres, il est tous les autres, l’écran sur lequel tous les autres sont projetés. Pour moi. Il est celui qui me relie à ceux que j’aime. Leur voix dans mon oreille, leurs vœux, leurs photos, leurs vies. Leurs conseils inédits et même ceux dont je n’ai que faire. Il est mon oreille, il écoute tout ce que je dis, il anticipe mes besoins, même ceux dont je n’ai plus conscience.