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Ecriture

Golden Life

Ecrit par Thomas Chaline , le Mardi, 30 Juin 2015. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Les oiseaux sifflaient plus haut au crépuscule et les fougères étaient humides. La veille, la brise avait frappé fort sur la forêt paisible. Cela devait être une de ces putains d’alertes orange organisées par le gouffre d’État Météo France.

Souillé par les remords, Herbert avait le sommeil léger depuis son retrait de la vie des autres.

Cette vie bordélique, coincé dans un système monochrome allant dans le sens « échec » qui devait n’avoir que pour unique ambition : l’appât du gain. Ce gain névrosé dans lequel les hommes de chaque société s’étaient promis une guerre sans merci. Prêts à jouer des coudes, distribuer les baffes, faire chialer son prochain comme une madeleine, sans ménager les chèvres et les choux de Bruxelles. Terrasser le concurrent direct à la place de petit « Nobel » qui aura la faveur du patron qui, lui, ne connaît que le numéro qu’il porte sur son dossier à la DRH.

Quatre poèmes du Montreur d’ombres par Clément G. Second

Ecrit par Clément G. Second , le Lundi, 29 Juin 2015. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

Les loups ne chassent plus entre les cils du jour

Secrètement passés où naissent les regards

y flairant des larmes charrieuses de cendre

ils traversent nos mains égarées sur eux

pour tenailler l’aube au risque du ciel

Leurs empreintes sans fond traquent des lointains

après qu’ils ont fini de suspendre à nos cous

leurs crocs de chaux passés au râpeux des peines

Poème, par Ismaël Billy

Ecrit par Ismaël Billy , le Samedi, 27 Juin 2015. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

Au loin déjà les Hommes marchent à pied.

Du ciel, les nuées boréales.

Sous la neige à l’ivoire pâle il y a les rois des Hommes, endormis.

Et déjà sous la voûte immense, la nuit-charbon, noire de nuit.

Sous la plaine encalminée de congères saillantes,

les Hommes marchent.

D1 Deuxième partie sur trois

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 25 Juin 2015. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

En attendant d’embarquer un de ces jours, je scrute les tourbillons. Le varech y dessine des chevelures gluantes comme en porteraient des sirènes qui se négligent. Peut-être Dalva va-t-elle surgir brusquement, cette perruque sur la tête, projetant en l’air une proie qui aurait eu la folie de s’y croire à l’abri. Mais les orques ne surgissent brusquement que pour qui ne les a pas guettées et je guette, ratissant du regard les flots jusqu’à l’autre berge et ses forêts de thuyas. Souvent, ma vue se heurte contre des bateaux promenant leur cargaison de touristes avides de photographies.

Si j’étais aventureuse, je soudoierais le cétologue pour qu’il m’emmène avec lui à Crozet. Dans le jabotement des manchots et le rugissement des lions de mers, il y observe une progéniture apeurée mourir, dès sa première sortie, dans la gueule des épaulards – cet autre nom de l’orque. Mais quand, longeant la rive, je suis doublée joyeusement par l’aileron de Dalva ou d’autres, je cultive le secret de ma passion pour elles.

Communiquons !

Ecrit par Colette Bonnet-Seigue , le Mercredi, 24 Juin 2015. , dans Ecriture, La Une CED

 

Quand nos portables dépassent les bornes !

Dring ! Ding ! Dong ! Brrr ! Cui cui ! Coucou ! Voilà des langages familiers qui tintinnabulent à nos vestibules. Le cher portable dont on ne peut se passer aujourd’hui a toutes les faveurs communicatives de nos agendas déjà bien débordants de « métro, boulot, dodo » ! Il nous fait accro de l’acoustique. Un air de salsa copié-collé sur brésilienne et le tour est joué. Notre bijou à dialogue sensible se fait de soie pour le plus doux des messages sensuels !

Avant, « mais c’était avant », le dring-dring du facteur pour la missive chère ou parfois inattendue avait son lot d’adrénaline. Et le bruit de l’enveloppe décachetée avec soin ou le plus souvent sauvagement déchirée en épiçait les mots à découvert. Le romantisme d’antan ajoutait indéniablement un charme parfumé à un baiser feuilleté par les doigts impatients. Ça, c’était pour les bonnes nouvelles, mais, pour les mauvaises, il fallait parfois lire entre les lignes des mots ménagés, entrecoupés de hoquets et de sanglots qui inondaient le cœur dans la mare des souvenirs.