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Ecriture

Mère (3), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 28 Septembre 2016. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Que disais-tu tout à l’heure ?

Je parlais de la maison.

C’est au milieu du thorax.

C’est une question de pression artérielle.

Une altération de l’unité corporelle.

Qui se transforme en affection chronique, tout le monde le sait.

Je connais le milieu hospitalier.

Les affections psychiques ?

Le milieu psychiatrique.

La morne naissance, par Nassim Achour

Ecrit par Nassim Achour , le Lundi, 26 Septembre 2016. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Esseulé suintant la fleur empoisonnée

Mille souffles pour arriver en fin jusqu’à cette prison de pestiférés

Terre prometteuse prend cet enfant dans tes bras menus

Nourris-le d’espoir puis crève-lui ses yeux pointus

 

Il croyait allant galopant vivre heureux

Le voici pris par les vents creux frappant à coup de pieux

Mère, regarde mon minois, n’a-t-il pas droit au repos éternel ?

Père, encense ma vie, souris-moi, n’ai-je pas assez allure d’immortel ?

Jean et Jean-Pierre Giraudoux : le poème du Père et du Fils (37)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 24 Septembre 2016. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

 

Toutes nos chambres

Seront pareilles

 

Elles auront toutes

De la musique

 

Par terre

Et des souliers

 

Sur la cheminée

 

*

Heureuse celle qui pleure l’amant perdu, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 21 Septembre 2016. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Alors qu’elle avance lentement dans les ruelles étroites et enchevêtrées à peine animées de la haute Casbah, une voix masculine sur fond de musique douce et lente s’échappe d’une demeure construite sur le point culminant de ce lieu qui, malgré son état de délabrement, ne se lasse pas de charmer et d’enchanter les âmes fuyantes. A l’heure du crépuscule maudit.

Soudain, elle a la vague impression d’entendre des chuchotements. Là… Derrière elle. Non… Non… Juste là… Devant son visage ébahi. Dans le creux de ses oreilles qui bourdonnent de peur. Des Bouts de récits. Des fragments de révélations à peine audibles. Susurrés… Vécus sur le chemin de jadis. Peuplé de secrets engloutis par les terres du couchant.

Là… Là… Sur les murs de cette grande maison ancestrale hantée par la malédiction. Oui ! Oui ! Sur la façade lézardée de cette  demeure qui abrite des êtres fatigués de vivre une existence en proie au désordre et à la déperdition. Et tout à coup, sur son corps assiégé par l’étonnement, une foultitude de mots. Qui tournent le dos à l’échec de cette tentative désespérée de donner un sens à cette vie en éclats. Des mots… des mots… des mots… Oui. Oui. Des mots. Ô malheur ! Les voilà qu’ils parlent une langue désarticulée. Son sens échappe à sa compréhension.

Mère (2), par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 21 Septembre 2016. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Ma mère était à moitié endeuillée.

Et cette anecdote est connue jusqu’en Allemagne.

Une production de la télé allemande.

Oui quelque chose sur le Tibet éternel.

Il y a eu une grève, des licenciements, une lutte pour conserver les postes de journalistes sur la chaîne, et puis, le chômage, les emplois précaires et ce monastère d’Annecy.

Ou sinon, une nuit de trop.

La mort.

Là, au milieu de la chambre. Notre mère qui regarde et qui voit le chat blotti sous le lit, et l’odeur d’urine, de vomi, cette lumière au plafonnier qui était restée allumée deux jours.

Ecoute.