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Ecriture

Fictions (anthologie) 16, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 20 Octobre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Les lucilies tournent

Autour de la lampe à pétrole

 

Avant de tomber

Dans le récipient en étain

 

L’appel de la lumière

Se fait appel du noir

 

*

Dites-lui, par Imène Bensitouah

Ecrit par Imene Bensitouah , le Jeudi, 19 Octobre 2017. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Dites à celui qui est parti

Que la vie continue péniblement

Son chemin épineux

Et que son départ ardu

Me brûle le cœur malheureux.

Dites-lui que

Depuis ce dur jour, le tilleul refuse sa verdure

Et que son banc en marbre

Est dévoré par la moisissure,

Que son départ fait succéder mes malheurs.

Le complexe de l’écrivain (3), par Eric Dubois

Ecrit par Eric Dubois , le Mercredi, 18 Octobre 2017. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Je rencontre souvent Éric Dubois, dans certains quartiers de Paris, comme Montparnasse ou Saint-Germain, il préfère la Rive gauche à la Rive droite, dit-il souvent, même si les quartiers bobos des 19e et 20e sont à la mode depuis quelque temps. Il me dit que son dernier récit, L’homme qui entendait des voix, est autobiographique et qu’il était paralysé par l’emploi du Je dans la première version du texte, au moment de sa rédaction, préférant un Il presque impersonnel aux affres de l’autofiction. Comme je le comprends ! On ne quitte pas la poésie comme ça ! C’est ce que je m’évertue à dire à Laure. Comme dans la peinture, je veux n’être qu’un petit maître en poésie et non un génie incompris du roman ! Je le dis d’autant plus que je suis encore assez jeune pour avoir de l’ambition, une ambition juste et mesurée. Éric Dubois, la cinquantaine, sait que pour lui, c’est fini, il aurait dû écrire le roman de sa génération, dans les années 90, c’est trop tard. Je lui dis que non, il peut encore prouver des choses dans ce domaine. Je quitte Éric Dubois pour aller sur l’autre rive, aller sous la Canopée du Forum des Halles, faire quelques courses, puis plus loin, visiter l’exposition David Hockney au Centre Pompidou. J’en reviens, ragaillardi par tant de talent pictural, de maîtrise absolue. Ce peintre révolutionne la peinture figurative des temps contemporains. C’est monstrueux tant de génie ! J’aurais dû être peintre ! Au lieu de me fourvoyer dans les mots !

Code islamiste de la route ou le Burqaroute, par Tawfiq Belfadel

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Lundi, 16 Octobre 2017. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

Vendredi. C’est le jour sacré de la semaine. La mosquée est pleine. Aucune place pour les retardataires. Plus de mille pratiquants attendent avec impatience le discours de l’imam Wahabi. C’est un berger qui a accédé au poste d’imam grâce à un ministre de la famille. Il ne connaît que deux petites sourates avec lesquelles il fait toujours la prière collective.

Wahabi monte sur le minbar. Sa djellaba blanche, ornée de fils en or, brille de blancheur. Sa barbe de dix centimètres est embellie à moitié par le henné. Les cils soulignés de khôl, le regard aigu, il ressemble sur son minbar à un pirate désobéi par des matelots rebelles.

L’imam commence son discours. De temps en temps, il caresse sa barbe et tape avec un bâton pour réveiller les pratiquants qui bâillent. Silence inouï. Tout le monde suit attentivement.

A mon père (4) - Le tombeau des lucioles, par Emmanuel Levine

Ecrit par Emmanuel Levine , le Mercredi, 11 Octobre 2017. , dans Ecriture, Ecrits suivis, Création poétique, La Une CED

 

 

Dans les joncs qui riaient, à chaque battement de sang,

un garçon serrait dans ses mains une boîte.

 

De la boîte jaunie tombée des doigts de l’enfant,

tombaient des perles d’amour et de nostalgie moite.

 

Elle chargeait l’air de petites reliques.