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Ecriture

Irène

Ecrit par Marcel Alalof , le Vendredi, 18 Avril 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

J’entre, pour la première fois, dans ce centre pour étudiants, ou supposés tels, situé rue de Vaugirard, au rez-de-chaussée, à présent une agence de voyages. J’avise mon ami Eric, étudiant en philosophie, en discussion avec une grande fille en pantalon, cheveux courts et profil aquilin. Eric me présente Irène, étudiante en psycho, avec laquelle je sympathise rapidement. J’observe, en parlant et pendant qu’elle parle, les détails de sa personne : ses mains, aux longs doigts marqués en plusieurs endroits de légères zébrures transversales qui, étrangement, ajoutent à leur élégance, dont les mouvements accompagnent son phrasé fiévreux de vraie cérébrale, son profil biblique ou hindou, qui me donne des frissons. Par mon ironie, mon regard mi-amusé, mi-sérieux, il me semble que je prends une sorte d’ascendant sur elle. Mais, je sens malgré tout une expression inhabituelle dans son regard, qui n’est pas celui d’une personne détendue, une sorte de fixité. Au bout d’un moment, je lui dis que je vais faire une partie de ping-pong au sous-sol et l’invite à me tenir compagnie si elle le souhaite. Je la quitte sans plus attendre. La partie a commencé depuis un petit moment, avant qu’elle descende l’escalier en prenant tout son temps. Nous nous quittons peu après, avec sympathie, mais sans pour autant échanger nos coordonnées. Eric, qui était resté en retrait pendant notre échange, me raconte alors Irène, qu’il a connue quelques années auparavant.

La fraîcheur de vivre

Ecrit par Sylvain Gau-Gervais , le Mercredi, 16 Avril 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

Mannequin idéal des idées romantiques,

Te voilà devant moi, qui mourais de n’avoir…

Te voilà fin bibelot à vertugadin ;

« Viens à moi ! » : tu viens, comme jamais tu m’aimes (sic !),

Tu ravis à mes yeux le sibyllin grimoire.

Poèmes - Stéphanie Blanchot

Ecrit par Stéphanie Blanchot , le Jeudi, 10 Avril 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Fouiller et s’agripper à cette mémoire hébétée,

devant cet obscur aveuglant effarée.

De ce temps en charpie surgissent encore des bribes parfois,

fugitives apparitions, vacillantes déjà.

Boursoufflée de mémoire j’étais et suis encore, avide

tant de l’impossible recouvrance pour cette plage amnésique à jamais,

tout ailleurs échouée.

Et ne savoir alors que par échos aussitôt asphyxiés.

De la temporalité, vivre comme une amputation à d’autres

plus clémente, une gangrène cernée ; mais à la béance au deuil tellement plus qu’imparfait.

Et l’oubli circonspect pour unique certitude et

terrible clarté.

Sur un air de guitare

Ecrit par Jacques Girard , le Mercredi, 09 Avril 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

À l’hôtel où je travaillais comme garçon de table, on jouait aux cartes dans une pièce située entre la cuisine et la taverne. Le gérant déambulait, deux jeux de cartes dans les poches.

La même faune se retrouvait autour de la table. Souvent, certains musiciens de passage se joignaient aux habitués.

Un soir, le chanteur d’un groupe en pleine ascension lança un défi à René, le barman. Entre deux succès, grisé par les applaudissements, le bellâtre glissa quelques allusions sur des accords ironiques.

– Sur cette guitare que j’ai gagnée au cours d’une partie de poker, je vais vous jouer mon air favori : La carte de mon cœur.

Ses yeux fixaient une femme assise en face du bar. En se retournant : un clin d’œil à René, stoïque, derrière le comptoir.

Quel chanteur polyvalent ! Son solo à la batterie, intitulé Le poker de ces dames, souleva l’auditoire ! Quelle dextérité ! De sa poche, il sortit un as de cœur et lança la carte dédicacée sur la piste. Aussitôt, une admiratrice s’en empara.

Trois poèmes tirés de PÉRIPLE (suite de sept)

Ecrit par Clément G. Second , le Mardi, 08 Avril 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

1

 

Corps de poème au mauvais sang qui vire à l’encre

La mer partout la mer érodant à l’extrême

Sauf les yeux diamantins assidus aux percées

La brèche ici ailleurs déjà envisagée

Que l’attardé d’un front acquis aux déferlantes

Faisant place à celui ou cela qui s’en vient

Devienne en se défiant de trop pesants mélanges