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Ecriture

T’écrire est ce soir

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 29 Août 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

 

 

 

J’ai joué pour toi. Tu m’as répété que

j’avais jeté avec une précision infinie

 

un sac de sable ouvert sur le soleil

et que ce qui avait voltigé dans

 

l’air avait fait quitter le petit garçon

que tu as été du terrain indéfinissable

L’Assise

Ecrit par Clément G. Second , le Mercredi, 27 Août 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

 

Sa réputation de femme positive et même entreprenante n’était plus à faire. On vantait son opiniâtreté quotidienne jusqu’à se reposer sur elle par ce lâche alibi auquel se ramènent souvent les louanges, et personne ne s’étonnait d’inférer ou d’apprendre que de nouveau elle se levait bien avant le réveil des autres et se retirait très tard après l’extinction des voix et des menus bruits de l’avant-nuit.

Pourtant, si considérée et même implicitement remerciée qu’elle se sût, sa conscience intime lui rappelait, avec un effet de satisfaction presque amer, que cette reconnaissance resterait à la surface de celle qu’elle n’avait jamais cessé d’être.

Statue (1ère partie)

Ecrit par Noémie Aulombard , le Mardi, 26 Août 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

Mais si l’on a manqué sa vie

On songe avec un peu d’envie

A tous ces bonheurs entrevus

Aux baisers qu’on n’osa pas prendre

Aux cœurs qui doivent vous attendre

Aux yeux qu’on n’a jamais revus

Alors, aux soirs de lassitude

Tout en peuplant sa solitude

Des fantômes du souvenir

On pleure les lèvres absentes

De toutes ces belles passantes

Que l’on n’a pas su retenir


Antoine Pol, Les passantes

Journal des lisières tanka-suite # 9

Ecrit par Alhama Garcia , le Lundi, 25 Août 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Le tanka est un journal de la vie émotive du poète.

Ishikawa Takuboku

 

Sur le seuil de mai

 

océan ! dis-tu

le grand vide au fond du ventre

quel bûcher sur l’eau

de restes énumérés

pourrait bien nous réchauffer ?

Deux nouvelles en une : Saisons à l’avenue de Saint-Ouen

Ecrit par Mbarek Housni , le Samedi, 23 Août 2014. , dans Ecriture, Nouvelles, La Une CED

 

 

Il y avait un air de saison hivernale en ce mois d’aout.

La matinée était pluvieuse et froide, et je n’avais pas de parapluie en sortant de l’hôtel Etap1. Je ne croyais pas en avoir besoin, ce qui ne me dérangeait en aucune façon. Au contraire, pour moi, la journée paraissait merveilleuse et belle ! J’étais heureux comme un papillon voletant gracieusement de fleur en fleur. J’ai longé l’avenue de Saint-Ouen, enchanté par cette pluie et emporté par cette joie. Je saluais les façades des vieux immeubles, les fenêtres aux rideaux blancs froufroutant qui couvaient le secret, les pots de fleurs qu’on arrosait en silence. J’admirais les vieilles portes aux poignées en cuivre ancien, ces témoins des siècles révolus qui ont confectionné les vies de ses habitants. J’avais l’impression de danser et me demandais si j’étais réellement dans ce quartier, vraiment dans le 18ème arrondissement.