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Ecriture

En écho du poète

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 22 Novembre 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Vous prenez un texte, vous le recréez à votre façon en le lisant / & vous en arrêtez le cours / d’un coup d’arrêt de lecture / net. Un coup dans les jarrets d’un mot. Pour en imaginer la suite au long cours / des images… Quand vous le reprenez,

--- vous êtes, vous êtes

enfoui / enfui dans la cage de transport / du chien. Vous serrez les poings, vous écoutez. Vous lèchent les abords de la nuit, pour y voir de plus près / au plus loin. Vous êtes---

recroquevillé parce que vous n’êtes pas un chien. Aux aguets de la tête aux pieds, cœur-tendresse / cœur d’Orage ; parce que vous n’êtes pas un chien mais, le croyez-vous vraiment ?---

Parce que vous êtes---

vous êtes LE chien, puisque vous vous inquiétez pour le chat. LE chat, parce que vous aimez le poisson rouge. LE poisson rouge, parce que vous regardez nager dans le ciel / un oiseau rouge, au cri cœur-d’Orage.

Kafka tefka (2)

Ecrit par Ahmed Yahia Messaoud , le Jeudi, 20 Novembre 2014. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

La suite ! La zebania nationale

Le problème aujourd’hui est nécessairement un problème d’aujourd’hui, c’est d’ailleurs aujourd’hui, le jour même. Alors on en reste là. Aujourd’hui c’est toujours et c’est pareil… On s’en sort jamais avec son présent, c’est toujours aujourd’hui.

Vendredi ! Un jour à peindre pour effrayer Munch. J’ouvre les yeux sur un midi nuisible à ma gueule de bois, et nocif à mon humeur. Je me secoue, je me rétablis avec le sournois double dans mon autorité cérébrale. Je crame le bout de came qui me reste, et je me mets à le rouler dérisoirement dans du papier à cigarette Amira avec l’impression que c’est du temps que je lange dans ce truc… On saccage ma porte ! Mr X, une sorte de personnage gluant débarque, on le surnomme Big-Deal, non à cause d’un quelconque deal dont il a triomphé, mais juste comme ça. Ça sonne bien et correctement si l’on considère sa corpulence. Un être lourd, une douleur dans le giron de l’univers, une asphyxie. Je l’aime pourtant bien, sans doute parce que je ne sais pas quoi aimer d’autre, fallait bien aimer quelque chose, pour pouvoir l’aimer intensément quand je suis ivre et défoncé. L’alcool et l’indifférence ne font pas beau ménage, ça nuit à la santé mentale.

Le Jardin de derrière (2)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Jeudi, 20 Novembre 2014. , dans Ecriture, Ecrits suivis, La Une CED

 

Où Georges rencontre les indigènes

 

Tôt le lendemain, par un joli temps de mai, Georges alla faire quelques courses chez Auchan. Le parking était à moitié vide, en ce dimanche matin. Devant les portes du magasin étaient exposées de lourdes tables de jardin, des auges de pierre et deux bétonneuses. La peinture un peu écaillée, avec des traces de rouille, elles semblaient avoir passé l’hiver là, sur ce parking, et leurs tréfonds retenaient peut-être un peu de neige mêlée aux feuilles de l’automne dernier. Georges médita devant elles. Il était tenté par le petit modèle. Ou une auge en plastique suffirait-elle, pour commencer ? À moins qu’il ne casse tout ce béton pour planter du gazon. Ce serait un gros chantier, et il ne savait pas trop comment s’y prendre. Il regarda autour de lui les hommes qui entraient et sortaient du magasin, remontaient dans leur voiture ou poussaient des caddies devant eux, en jogging ou en jean, leur pull à col camionneur aux manches relevées au-dessus du coude. Sauraient-ils le lui dire ?

Journal des lisières tanka-suite # 21

Ecrit par Alhama Garcia , le Lundi, 17 Novembre 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

Sur une carte postale du château de Beauvoir (fin XIXème), Loiret

 

que n’as-tu soigné

tes fondations capitaine

d’industrie jeune

loti ! ton parc si bien clos

pour des pavillons moisis

 

la chapelle en briques

à l’angle du jardin chue

les os de famille

en déshérence rejoignent

leurs frères en pauvreté

Le souvenir

Ecrit par Thomas Chaline , le Samedi, 15 Novembre 2014. , dans Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

Te souviendras-tu mon enfant

Lorsqu’à ton plus jeune âge

Je te contais les pages

D’un Baudelaire enivrant

Te souviendras-tu mon enfant

 

Te souviendras-tu, oh ma chair

Lorsque nous courions à l’automne

Parcourant la rivière fantôme

Ponctuée de nos rires

Dans la froideur de l’air