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Espagne

Le gardien invisible, Dolores Redondo

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 03 Mai 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, Polars, La Une Livres, Roman, Stock

Le gardien invisible, traduit de l’espagnol par Marianne Million, Stock La Cosmopolite Noire, mars 2013, 453 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Dolores Redondo Edition: Stock

 

Voici le premier roman d’une trilogie policière qui se déroule au Pays Basque espagnol. Des adolescentes sont retrouvées dans la vallée de Baztán, étranglées, les vêtements déchirés de part et d’autre de leur corps, maquillage effacé et un txatxingorri déposé sur leur pubis rasé. Les txatxingorris sont des gâteaux typiques de la région. De plus, des poils d’origine animale sont retrouvés sur chacune d’elles. L’enquête est confiée à l’inspectrice Amaia Salazar, originaire d’Elizondo, le chef-lieu de la vallée, qui n’y était jamais revenue depuis qu’elle l’avait quitté. Amaia Salazar est une femme fine et intelligente, dotée d’une ferme volonté, formée au FBI, elle est spécialisée dans la traque de tueurs en série. C’est donc confiante dans ses capacités qu’elle va se lancer, plus ou moins bien secondée de ses co-équipiers, dans une course contre la montre pour identifier et arrêter le tueur, mais ce retour sur les lieux de son enfance, où elle a encore de la famille, est loin d’être anodin. Surtout qu’une de ses deux sœurs, Flora, prend visiblement plaisir à réactiver ce passé.

« Oublier est un acte involontaire. Plus on essaie de laisser quelque chose derrière soi, plus cette chose vous poursuit ».

Des larmes sous la pluie, Rosa Montero

Ecrit par Marie Elora Bernard , le Vendredi, 29 Mars 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Métailié

Des larmes sous la pluie, trad. espagnol Myriam Chirousse, janvier 2013, 402 pages, 21 € . Ecrivain(s): Rosa Montero Edition: Métailié

 

Nous sommes en 2109, à Madrid. Notre monde a considérablement changé. Nous ne sommes pas seuls dans l’univers et la technologie a connu de formidables avancées. Une nouvelle espèce dont la vie n’excède pas dix ans, a vu le jour – les techno-humains (ou réplicants ou reps). Afin qu’ils se sentent le plus humain possible, on a implanté des souvenirs de jeunesse dans leur cerveau. Mais leur vie n’est pas douce pour eux et ils sont nombreux à sombrer dans la drogue ou l’alcool pour oublier les mensonges qu’on leur fait.

Bruna Husky, personnage central de ce roman, est une ancienne réplicante de combat reconvertie en détective privé. Il ne lui reste que quatre petites années à vivre et ses affaires ne tournent pas. Alors qu’elle cherche de nouveaux clients, sa voisine de palier tente de l’assassiner avant de se suicider en s’arrachant un œil. Il va se révéler que ce genre de suicide n’est pas une première et inquiète les autorités. Pourquoi cette vague de violence ? Qui pourrait avoir décidé de s’en prendre aux reps ? Une chose est sûre : notre protagoniste a décroché un nouveau contrat et son enquête va rapidement s’apparenter à une course contre la montre.

Instructions pour sauver le monde, Rosa Montero

Ecrit par Virginie Neufville , le Jeudi, 28 Février 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Métailié

Instructions pour sauver le monde, traduction (Esp) de Myriam Chirousse, janvier 2013, 271 p. 10 € . Ecrivain(s): Rosa Montero Edition: Métailié

 

Dans la nuit d’une grande ville espagnole, quatre personnages abîmés par la vie tentent d’y trouver un sens.

Il y a Mattias, le chauffeur de taxi, pour qui « la vie lui semble un jeu insensé auquel il ne veut plus jouer » depuis que son épouse bien aimée, Rita, a été emportée par la maladie. Sa douleur est si grande qu’il se sent privé, littéralement amputé d’un pan entier de son existence. Cette dernière se résume à « ce chaos, cette fureur, cette nuit perpétuelle, la tristesse de vivre sans éclipse ». Incapable de dormir, il a pris ses quartiers au bar de l’Oasis, « un bar familial, même s’il s’agissait d’une famille un peu triste de déracinés et de noctambules ». Il y croise tous les soirs le Cerveau, vieille femme esseulée, autrefois universitaire, qui noie sa culpabilité dans l’alcool et, entre deux verres, lui explique des théories scientifiques, ainsi que Fatma, superbe créature ayant vécu l’indicible au Nigéria, et qui tente de se reconstruire au Cachito, le bordel à côté du bar.

La nuit du loup, Javier Tomeo

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 05 Février 2013. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Christian Bourgois

La nuit du loup, Janvier 2013, traduit de l’espagnol par Denise Laroutis, 150 p. 15 € . Ecrivain(s): Javier Tomeo Edition: Christian Bourgois

 

Voici une bien drôle d’histoire, serait-on tenté de dire. Dans une ambiance inquiétante qui frôle le fantastique, Javier Tomeo nous fait assister tout au long de La nuit du loup à une longue et étrange discussion. Cela se passe une nuit de 30 novembre, une date qui n’est pas anodine, cependant le sujet n’est pas là. Le sujet, ce sont deux hommes partis faire un petit tour après le repas, et qui tous deux, à une cinquante de mètres de distance l’un de l’autre, se foulent malencontreusement la cheville. Les voilà donc immobilisés là, dans la lande déserte. Tout proches, et cependant hors de vue, à cause d’un virage qui sépare Macarío, le premier, réfugié sous un abribus, d’Ismael, le deuxième, assis plus loin au bord de la route. Macarío vit à cinq cents mètres à peine de là, c’est un retraité solitaire, poète lyrique et un peu bizarre. Ismael, qui s’est foulé la cheville quelque temps après Macarío, est un assureur qui devait passer une nuit à l’hôtel du village, après avoir vendu quelques assurances-vie à des villageois faciles à convaincre. Un homme qui ne fait rien de plus que son métier, en somme, un citadin, marié, dont la seule bizarrerie serait d’aimer les films de vampires et de loups-garous, ce qui ne peut que nourrir l’imagination un peu plus qu’il ne le faudrait dans une telle situation.

Le pont des assassins, Arturo Perez-Reverte

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 17 Décembre 2012. , dans Espagne, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Seuil

Le Pont des Assassins (El Puente de los asesinos), traduit de l’espagnol par François Maspero, octobre 2012, 349 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Arturo Pérez-Reverte Edition: Seuil

 

Voilà qui ravira les amateurs des romans de cape et d’épée, et en particulier, ceux dont l’enfance a retenti des cliquetis d’épée et des éclats de mousquetons des Pardaillan, de Lagardère, ou de nos mondialement célèbres Trois Mousquetaires.

Tout comme celles de Pardaillan ou de d’Artagnan, les aventures du Capitaine Diego Alatriste y Tenerio, le mercenaire espagnol que nous retrouvons en ce volume, se déclinent en plusieurs tomes. Celui-ci en est le septième.

Partageant la vision, tantôt critique, tantôt dubitative, souvent admirative, toujours respectueuse que porte le narrateur, le jeune spadassin basque Iňigo Balboa, sur les faits, les dires et les gestes du Capitaine Alatriste, dont il est à la fois le serviteur, le disciple, l’assistant, le sbire et le compagnon dévoué, nous suivons jour après jour le récit d’un complot visant à renverser, pour le compte de l’Espagne, le doge de Venise, Giovanni Cornari, trop lié avec la France au goût de Philippe IV.

L’objectif une fois annoncé, le décor se met en place, le complot s’ourdit, la stratégie se dessine, les protagonistes se rencontrent, font connaissance, s’organisent.