Identification

Poésie

Poème ultime recours / Une anthologie de la poésie francophone contemporaine des profondeurs, Matthieu Baumier & Gwen Garnier-Duguy

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Jeudi, 26 Février 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Recours au poème Editeur

Poème ultime recours / Une anthologie de la poésie francophone contemporaine des profondeurs, janvier 2015, ebook 300 pages, 8 € . Ecrivain(s): Matthieu Baumier, Gwen Garnier Duguy Edition: Recours au poème Editeur

 

Cette anthologie de la poésie francophone contemporaine au titre un peu étrange s’inscrit dans le credo poétique éditorial de la jeune maison d’édition numérique Recours au Poème née en 2014 de la revue en ligne du même nom fondée par ses deux auteurs, les poètes Matthieu Baumier et Gwen Garnier-Duguy.

Ces derniers y ont réuni cinquante « poètes des profondeurs » de diverses générations – et très majoritairement des hommes –, nous proposant pour chacun un échantillon de textes suffisant pour en donner un aperçu significatif, à une exception près. Et dans une intéressante préface, Matthieu Baumier – qui intègre lui-même cette anthologie – présente les critères, ou plutôt l’esprit ayant présidé à leur choix, laissant à Gwen Garnier-Duguy le soin de conclure ce recueil en poésie, hors rang alphabétique.

L’églantier fleurit et autres poèmes, Anna Akhmatova

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 21 Février 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Russie, En Vitrine

L’églantier fleurit et autres poèmes, édition bilingue La Dogana, traduit du russe par Marion Graf et José-Flore Tappy . Ecrivain(s): Anna Akhmatova

 

De la poétesse Anna Akhmatova (1889-1966), on connaît en général Requiem, dans la traduction de Paul Valet qu’ont publié et réédité les éditions de Minuit. La Dogana nous offre l’occasion de redécouvrir Requiem dans une autre traduction, due à Marion Graf et José-Flore Tappy, mais surtout de découvrir d’autres facettes de l’œuvre de la poétesse russe dans une belle édition bilingue.

Dès les premières pages, nous découvrons des textes où se mêlent inextricablement la joie et la tristesse, les regrets et les espoirs, les amours enflammés et craintifs, presque désespérés mais d’un lyrisme toujours retenu, puissant et sans emphase. S’il est toujours difficile de rendre compte de ce qui peut nous toucher dans la lecture de la poésie, ou plutôt des poèmes, il semble que cela devienne encore plus difficile avec cette œuvre-là, au delà même du fait que la traduction ne peut nous donner qu’une vague idée de ce que la langue originale recèle. L’oscillation, le balancement et l’alliance entre les contraires ne peut sans doute se mesurer et s’apprécier qu’à la lecture du texte lui-même, restituant toute l’ambivalence et la complexité des sentiments humains, dans un lyrisme empreint d’une certaine austérité.

Danse sur le territoire, Amorce de la parole, Gwen Garnier-Duguy

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 13 Février 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Recours au poème Editeur

Danse sur le territoire, Amorce de la parole, préface de Michel Host, décembre 2014, 52 pages, 6 € . Ecrivain(s): Gwen Garnier-Duguy Edition: Recours au poème Editeur

 

Ce recueil a fait l’objet d’une première édition aux éditions de l’Atlantique en 2011, dépôt légal décembre 2014, Couverture Sophie Cure, Illustrations et développement du ebook : studio Ultragramme

 

Choisir dans ce monde qui hésite sans cesse entre tremblements et désastre cette « parole qui allume des constellations dans la nuit ». C’est à cela qu’appelle le poète ici.

Hymne à la vie, chant d’amour et de foi en l’avenir de l’homme, qui va à l’encontre de bien des discours pessimistes ambiants de notre époque, la poésie de Gwen Garnier-Duguy révèle que par nos mots et par ceux du poète, la parole peut se faire puissante et souffler sur nos âmes cette joie que l’homme détient au plus profond de lui et qui se fécondera inévitablement.

Le Citronnier, Samantha Barendson

Ecrit par Vincent Motard-Avargues , le Jeudi, 05 Février 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le Pédalo Ivre

Le Citronnier, 2014, 80 pages, 10 € . Ecrivain(s): Samantha Barendson Edition: Le Pédalo Ivre

 

Le père. L’absence du père. Ou plutôt, la présence de l’absence du père. Cette recherche incessante, cet espoir de savoir qui il était, comment il vivait, quand il vivait, loin de l’auteure, au moment où, trop jeune, elle n’a pu happer l’importance de chaque respiration, paroles, gestes de celui qui reste présent, malgré tout.

Présent, oui. Il vit avec elle, à côté, ou presque. Elle lui parle, en plusieurs langues, celle de l’héritage paternel, ou celle de l’expérience personnelle… mais avec les mêmes mots : je t’aime papatu fais chier papa… ces mêmes cris d’amour !

Présent, encore… à travers quelques photos fatiguées, deux trois babioles indispensables… et surtout certaines paroles, mots, silences intenses des proches, ceux qui l’ont connu, fréquenté, aimé… mais pas de tous ceux qui l’ont aimé… beaucoup ont disparu… comme lui… desaparecido… ce mot qui, comme l’écrit si bien l’auteure, n’a pas de double sens, concernant son père ; même si italien de naissance, il a vécu en Argentine, avant de migrer en Espagne puis a fini sa vie en Argentine, au temps de la dictature… mais de mort accidentelle… pas desaparecido, comme les torturés, assassinés… disparu comme celui qui n’a laissé pratiquement aucune trace.

Une fenêtre sur la mer/Une Anthologie de la poésie corse actuelle, coordonnée par Angèle Paoli

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Mercredi, 04 Février 2015. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Recours au poème Editeur

Une fenêtre sur la mer/Une Anthologie de la poésie corse actuelle, Anthologie bilingue (corse/français), décembre 2014, 150 p. 8,00 € (formats disponibles epub, mobi, pdf) . Ecrivain(s): Angèle Paoli Edition: Recours au poème Editeur

 

Ce sont pas moins de vingt poètes, hommes et femmes nés ou originaires de l’île de beauté qu’a réunis Angèle Paoli dans cette belle anthologie de poètes corses publiée chez Recours au poème Editeurs.

Certains ont écrit directement dans cette langue qu’ils possèdent parfaitement, ainsi pour Alanu di Meglio, Ghjacumu Thiers, Ghjacumu Fusina, Patrizia Gattaceca, Lucia Santucci, Pasquale Ottavi, F.M Durazzo, Stefanu Cesari et Antoine Graziani ; d’autres écrivant en français comme Marianne Costa, Hélène Sanguinetti, J.F Agostini, Marcel Migozzi, Angèle Paoli elle-même, se sont prêtés volontiers à une traduction de leurs textes, participant ainsi à une expérience collective fondée sur l’amitié et l’amour de leur île et de cette langue si particulière. J’ai pris un grand plaisir à me plonger dans cette anthologie et à retrouver une langue qui m’est un peu familière aussi, ayant eu cette possibilité, l’année du bac, de l’étudier, ce qui me permettait de retrouver mes racines siciliennes et sardes.