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Poésie

Saisons régulières, Roland Tixier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Le pont du change

Saisons régulières, juillet 2014, 69 p. 12 € . Ecrivain(s): Roland Tixier Edition: Le pont du change

 

La Cause Littéraire a déjà eu le plaisir de recenser deux autres opus de Roland Tixier ; celui qui marche dans la ville en poétisant, si joliment, comme si de rien n’était. Deux bijoux : Le passant de Vaulx-en-Velin et Chaque fois l’Éternité*.

Ce petit livret-là n’échappe pas à la règle. Un bonheur pour jours ordinaires où ça va pas toujours fort. Un remède de poète pour mal-être peu bruyant de chacun, là, dans la société du bas des villes.

Des tercets de tous les jours, qu’on s’approprie, familiers, mais, que personne au bout ne saurait écrire comme Tixier, lui, le sait. C’est ce qui fait le précieux de la chose : de l’ordinaire, du banal, en paquet-cadeau – royal.

De tout petits vers de ville – celle de tout le monde, ni touristique, ni extraordinaire, où marche celui qui parle ; regarde, sent, sourit ou mélancolise. D’un bout de l’an à l’autre, en ce climat plutôt médium de ces régions peri-lyonnaises où se pose le recueil. Des Haïkus – on pense forcément à cette versification japonaise donnant le ressenti des saisons – mais cuisinés à la manière d’ici, avec cette robustesse lyonnaise, et ce goûteux, les pieds sur terre.

L’obscur travaille, Henri Meschonnic

Ecrit par Arnaud Le Vac , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arfuyen

L’obscur travaille, 94 pages, 9 € . Ecrivain(s): Henri Meschonnic Edition: Arfuyen

 

« ma vie va plus vite / que moi / je ferme les yeux / pour être au même rythme qu’elle »

L’obscur travaille du poète Henri Meschonnic (1932-2009), éclaireur de la modernité (Modernité modernité, 1993), traducteur de la Bible (Les cinq rouleaux à Dans le désert, 1970-2008) et théoricien phare du langage (Pour la poétique I à V, Le signe et le poème, 1970-1978), est un recueil de poèmes de toute une vie qui demeure l’une des plus riches de son siècle par son questionnement incessant de l’histoire et sa mise en cause radicale de la pensée (Spinoza poème de la pensée, 2002). Ce qui fait immédiatement la grande singularité de l’œuvre de Meschonnic dans la pensée du vingtième siècle est qu’il n’arrête pas de se vivre justement dans le poème, de se penser dans la poésie. Une œuvre et une pensée en chemin où la poésie et la vie ne font qu’un.

L’eau vive des falaises, Murielle Compère-DeMarcy

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 20 Octobre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Encres vives

L’eau vive des falaises, mai 2014 . Ecrivain(s): Murielle Compère-Demarcy Edition: Encres vives

 

Murielle Compère-Demarcy décline ici l’un de ses thèmes de prédilection : celui de la falaise, dans toute un palette de métaphores, et dans toute sa symbolique.

Chaque poème exprime la force cassante de la falaise aux prises avec la puissance des éléments chaos-cosmiques. C’est le flux de l’éphémère immuable de la falaise aux prises avec le temps.

Parfois c’est la falaise qui éclabousse contre laquelle palpite l’effritement du dire ; c’est encore la falaise exprimant l’effritement du corps éprouvé lors de l’amour durable dans la force sentimentale de sa fragilité.

C’est la falaise qui grouille contre vents et marées. La falaise à contre-courants. La falaise friable irriguée par les sources. Comme la poésie. Comme les sentiments.

Un éblouissement sans fin. La poésie dans le soufisme, Eric Geoffroy

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Samedi, 18 Octobre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Seuil

Un éblouissement sans fin. La poésie dans le soufisme, préface du Cheikh Khaled Bentounes, septembre 2014, 368 p. 21 € . Ecrivain(s): Eric Geoffroy Edition: Seuil

 

« Tu es à jamais voyageur, de même que tu ne peux t’établir nulle part », Ibn ‘Arabî

 

Eric Geoffroy est un islamologue arabisant à l’Université de Strasbourg. Il enseigne également à l’Université Ouverte de Catalogne, et à l’Université Catholique de Louvain. Spécialiste du soufisme et de la sainteté en Islam, il travaille aussi sur la mystique comparée, et les enjeux de la spiritualité dans le monde contemporain. Il a publié neuf ouvrages, plusieurs de ses ouvrages sont traduits en différentes langues.

Le dernier ouvrage d’Eric Geoffroy, Un éblouissement sans fin. La poésie dans le soufisme, publié dans la collection Les Dieux et les Hommes aux éditions du Seuil, est un livre évènement pour qui sait faire abstraction à une actualité anxiogène et guerrière. L’ouvrage dévoile les tissus du corps noir de l’ignorance ; il apporte ainsi lumière, connaissance, esprit et poésie du langage et du patrimoine spirituel du monde musulman.

Lettre à l’absence, Patrice Maltaverne

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 18 Octobre 2014. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Lettre à l’absence, éditions La Porte, 2014 . Ecrivain(s): Patrice Maltaverne

 

Publié par la micro-maison d’édition La Porte, laquelle édite des petits livres de quelques 16 pages, cousus main et numérotés à 200 exemplaires, le recueil de Patrice Maltaverne, Lettre à l’absence, signe par ses mots suggestifs traversés d’images éloquentes un bel ouvrage. Ce recueil de Maltaverne déjà interpelle par sa différence par rapport aux écrits précédents du revuiste dirigeant depuis de belles années le poézine Traction-Brabant. Ses distiques et sa composition presque classique pausent un instant d’étonnement.

Avant que le lecteur emboîte dans la foulée le pas de Maltaverne, la route vient nous happer & nous engouffrer dans ses trouées de lumière & de solitudes

/ nous projeter du haut de nos fourmilières vers ces prés de bitume où la foule avance, clé d’appoint dans le dos / pour s’aligner sur un quotidien pris en flagrant délit de banalité s’il n’électrocute pas les passants / qui ne font qu’y passer.