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Poésie

Sur les rails De Victor Hugo à Jacques Roubaud, Anne Reverseau (par Ivanne Rialland)

Ecrit par Ivanne Rialland , le Lundi, 10 Décembre 2018. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anthologie

Sur les rails De Victor Hugo à Jacques Roubaud, Les Impressions nouvelles, août 2018, 128 pages, 13 € . Ecrivain(s): Anne Reverseau

 

 

C’est un joli petit volume que nous propose Anne Reverseau avec cette anthologie illustrée consacrée aux trains. L’iconographie est abondante. Tout en noir et blanc, elle est composée de gravures et de photographies anciennes. Ce choix, qui a sans doute des raisons économiques, crée l’atmosphère propice pour retrouver l’émerveillement – ou l’effroi – des débuts du chemin de fer, comme nous y invite Anne Reverseau à travers sa sélection de textes.

Ceux-ci, nombreux – 72 extraits – ne sont toutefois pas concentrés sur ces seuls débuts héroïques. Ils s’échelonnent du milieu du XIXeau XXIesiècle, montrant la persistance de cette fascination pour les trains et les gares, en dépit de ce que pouvait augurer Apollinaire dans « La victoire » (Calligrammes) :

Cent lignes à un amant, Laure Anders (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Mercredi, 05 Décembre 2018. , dans Poésie, Critiques, La Une Livres, La Boucherie Littéraire

Cent lignes à un amant, juillet 2018, 72 pages, 10 € . Ecrivain(s): Laure Anders Edition: La Boucherie Littéraire

 

« Il lui a dit :

Tes baisers, tu m’en feras cent lignes.

Voici ce qu’elle lui a répondu : »

Le contexte est posé : deux amants, l’un exige, l’autre obéit. Punition détournée de nos vieux souvenirs d’écoliers du XXesiècle, la contrainte ici favorise la création de la même façon qu’elle peut dans certains types de relations décupler les sensations, aviver le plaisir. C’est un jeu entre adultes consentants. Le sujet est à la mode mais il est rare de voir la poésie s’en emparer sans tomber dans l’ouvrage de genre.

Le résultat donne un texte troublant et de toute beauté, entre dévotion et insolence, dont on ne saura jamais la part de réel et de fantasmagorie.

Poèmes des jours terribles et des jours suivants, Eliaz Cohen (par Marc Wetzel)

Ecrit par Marc Wetzel , le Vendredi, 30 Novembre 2018. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Israël, Cette semaine

Poèmes des jours terribles et des jours suivants, Éditions du Levant, 4è trimestre 2018, trad. hébreu Michel Eckhard Elial, Peintures à l’huile Denis Zimmerman, 62 pages . Ecrivain(s): Eliaz Cohen

 

A la poésie, rien d’impossible, puisqu’aux problèmes insolubles, les poètes offrent des réponses insaisissables. Par exemple, comment survivre à la fin du monde ? Un vertige plus puissant que l’Apocalypse suffit !

 

« Flotter au-dessus du tourbillon

je sais

qu’après l’extinction du soleil

et la dernière étoile

je serai à nouveau emporté vers lui » (p.32)

Œuvres, Georges Perros (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Lundi, 26 Novembre 2018. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Gallimard

Œuvres, Quarto, novembre 2017, 1600 pages, 32 € . Ecrivain(s): Georges Perros Edition: Gallimard

 

Georges Poulot, un jour de 1953, devint Georges Perros. Ainsi la NRF voulait-elle éviter une confusion avec les articles signés Georges Poulet, critique belge. Le comédien, ami de Gérard Philipe, et du même cours (Denis d’Inès, professeur) que Dany Robin, quittait le monde du théâtre pour entrer de plain pied en littérature, tout d’abord comme critique littéraire de la fameuse maison sise rue Bottin, ensuite, mais à son cœur défendant, en tant qu’écrivain, auteur de notes, d’aphorismes, poète. Il acceptera d’être publié en 1960 : Papiers collés. On lui proposait cela depuis 1956 : recueillir ses notes de travail, ses aphorismes. La Bretagne lui colle à la peau, la poésie aussi. Retiré en Bretagne, il y apprendra les leçons essentielles du silence et de la mer. Œuvres rassemble l’ensemble des textes critiques et poétiques de Perros, les uns édités de son vivant, les autres, posthumes, ou encore recueillis dans ses journaux, ses carnets, ses correspondances.

Thierry Gillybœuf, au-delà de sa préface, de sa biobibliographie illustrée de Georges, introduit chacune des œuvres du poète et professeur (à Brest).

Très doucement, Jacques Sojcher (par Patrick Devaux)

Ecrit par Patrick Devaux , le Lundi, 26 Novembre 2018. , dans Poésie, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Très doucement, éditions Au coin de la rue de l’Enfer, avec cd enregistrement de Monique Dorsel, 2015 . Ecrivain(s): Jacques Sojcher

 

Ce besoin de douceur que chacun a en nous renvoie à l’origine de ce que devrait être l’Humanité, ce que tente d’initier le poète écrivant « quelques mots sur un carnet pour ne rien perdre de la perte ».

Kaléidoscope de la vie courante d’amour entre les gestes les plus quotidiens observés de manière à les laisser découvrir. Beaucoup de mots mêlés autant que « l’immense, l’immense manque ». Etrange quête à chercher entre les phrases l’instant salvateur du souvenir d’enfance : « histoire perdue, dont il ne reste que la mémoire floue ».

Poésie de situation, presque de scénario cinématographique de manière à susciter l’émotion à travers l’instant qui évoquerait le moment idéal. Quelque chose de la « madeleine de Proust » avec la religion pour témoin, ce qui sacralise l’évènement musicalisé d’anges enchanteurs, même si derrière l’ange se cache la femme idéale, recherchée, unique avec le risque trop imagé de transcender une sorte de maternité perpétuelle :