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Chroniques du çà et là : Le Japon (#6), Philippe Barrot

Ecrit par AK Afferez , le Vendredi, 21 Août 2015. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Chroniques du çà et là : Le Japon (#6), Philippe Barrot (dir.), PhB éditions, 2015, 207 pages, 12€

Le dernier numéro des Chroniques du çà et là, entièrement consacré au Japon, est un régal aussi bien pour ceux qui rêvent de ce pays mais n’y ont jamais mis les pieds que pour ceux qui ont pu y voyager et rêvent d’y retourner. C’est un recueil d’interviews et de photographies, de poèmes et de gravures, d’essais et de dessins, qui réussit à s’écarter des représentations éculées que nous pouvons avoir de l’archipel japonais, la mosaïque proposée permettant ainsi de rendre compte de la richesse et de la diversité de la culture japonaise, qu’elle soit moderne ou ancestrale.

Certains des textes proposent un regard érudit sur un ou plusieurs aspects de la culture japonaise, tels que la figure canonique de Mishima, la littérature criminelle, ou le manga. Un entretien avec Corinne Atlan, qui a largement aidé à la diffusion de la littérature japonaise contemporaine en France, notamment en traduisant Murakami Haruki, lui permet d’évoquer la place des écrivaines dans le paysage littéraire du Japon actuel, ainsi que les difficultés spécifiques que pose la langue japonaise en traduction. Maurice Mourier aborde la figure internationalement reconnue de Murakami pour en faire ressortir la « japonitude ». La fiction de Murakami a beau être très contemporaine, et truffée de références à la culture occidentale, elle n’en recèle pas moins au cœur, selon Mourier, « l’animisme du vieux pays ».

Numéro 35 de la Revue Rue Saint-Ambroise

Ecrit par Ahmed Slama , le Mardi, 18 Août 2015. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres

 

Il n’est pas facile, pour moi, d’écrire ces lignes, écrire au sujet du numéro d’une revue dans laquelle figure l’une de mes nouvelles. Je dirais, pour anticiper toute objection, que j’aurais écrit ces mêmes lignes si ma nouvelle n’y était pas, mais vous, vous ne me croiriez sûrement pas, mais bon, passons au sujet qui nous occupe : le numéro spécial concours de nouvelles 2015 de la revue Rue Saint Ambroise. Une revue déjà évoquée dans le site par Léon-Marc Lévy (http://www.lacauselitteraire.fr/revue-rue-saint-ambroise-n-28) et si je vous parle ici de ce numéro 35 – disponible depuis le 11 juin – c’est pour évoquer la palette très large de textes regroupés, leur qualité surtout. Une hétérogénéité avec pour mot d’ordre rigueur et concision dans l’écriture.

Ce numéro spécial s’ouvre sur la nouvelle de Nicolas Cariven, Visage des Grandes Plaines, une ode à l’instant présent, à toutes histoires que peut charrier la moindre de nos rencontres quotidiennes. Une nouvelle qui n’est pas sans nous rappeler la mémoire involontaire proustienne, ainsi le narrateur, seul dans sa voiture, y attend sa compagne et nous fait percevoir le monde par le filtre de ses sentiments, de sa mémoire.

Europe, numéro 1032, « Federico García Lorca »

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Vendredi, 17 Avril 2015. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Europe, numéro 1032, « Federico García Lorca », avril 2015, 20 €

 

Vicente Aleixandre, lorsqu’il évoque Federico García Lorca, note : il passait magiquement dans la vie, comme sans prendre appui ; [il] allait et venait sous les yeux de ses amis avec un je-ne-sais-quoi de génie ailé qui dispense ses grâces, vous rendant un instant heureux, pour s’échapper aussitôt comme la lumière, qui l’habitait […]. « Qu’est-ce qui te fait mal, mon enfant ? », semblait lui demander la lune. « La terre, la terre et les hommes, la chair et l’âme humaine, la mienne et celle des autres, qui ne font qu’un avec moi, voilà ce qui me fait mal ».

 

Le poète est peut-être un être dépourvu de limites corporelles.

 

Dans les heures avancées de la nuit, en traversant la ville, […] dans une pension, avec un de ses amis, parmi les ombres humaines, Federico revenait de la joie, comme d’un lointain pays, vers cette dure réalité de la terre visible et de la douleur visible.

La Revue littéraire des éditions Léo Scheer, n°56

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 28 Mars 2015. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions Léo Scheer

La Revue littéraire des éditions Léo Scheer, n°56, février-mars 2015 (11ème année) Edition: Editions Léo Scheer

 

Constituée d’un préambule dédié à l’analyse littéraire d’une parution marquant l’actualité – en l’occurrence Soumission de Michel Houellebecq, aux éditions Flammarion, février 2015 – le sommaire de La Revue littéraire des éditions Léo Scheer poursuit son menu avec quelques fictions littéraires dans le genre de la (micro-)nouvelle – en l’occurrence Tripalière de Pia Petersen, Nyctalope d’Alexandra Varrin, Jackpot électronique de Myriam Thibault et Marine par Delacroix de Julie Gouazé ; quelques chroniques – Portrait de Modiano en jeune chien fou de Louis-Henri De La Rochefoucauld et Sur Roland Barthes d’Antoine Böhm, suivi d’un ensemble de chroniques, Dossier consacré à la Rentrée de Janvier ; avant de clore le numéro par des Écrits intimes, en l’occurrence le Journal (1971-1975) de Richard Millet qui ouvrait ce même numéro en tant que chroniqueur.

Exercée par trois chroniqueurs différents, l’analyse critique de Soumission dans ce n°56 de La Revue littéraire arrête l’attention du lecteur par son originalité dans l’étude de ce livre-événement en ce début de l’année 2015, et par différents angles d’approche tentés pour en décrypter des clés d’interprétation.

Dictionnaire de trois fois rien suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, Marc-Emile Thinez

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 14 Mars 2015. , dans Revues, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Editions Louise Bottu

Dictionnaire de trois fois rien suivi d’un Dictionnaire de rien du tout, mars 2015, 70 pages, 9,50 € . Ecrivain(s): Marc-Emile Thinez Edition: Editions Louise Bottu

 

 

« Avaler v. tr. Avaler le français, le russe, l’anglais, avaler le chinois, avaler le basque et le volapuk, le bambara, avaler le sanskrit, l’occitan, avaler le tamoul, l’ukrainien, le finnois… voir vomissement. Tu as avalé ta langue ? demandait Jean quand par timidité je ne répondais pas, ou par entêtement ».

Après 140 au carré, Marc-Emile Thinez s’invite à nouveau dans la collection Contraintes des Editions Louise Bottu, et propose son petit dictionnaire, parce que le dictionnaire est le plus beau des livres (1) : Algèbre – contrainte en arabe –, à Zup – c’est la zone –, en passant par Ecriture – parole de nanti –, Histoire – Donner du sens au temps –, Musique – ne dit rien d’autre qu’elle-même – ou encore, Réforme – hantise des vaches et de certains veaux – mais aussi SOI-MEME – renforcement d’un soi qui en a bien besoin – ou VOILE – grille qui dissimule le visage, ou la réalité, selon le point de vue.