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Revues

Revue Carré N°2, éditions Rhubarbe

Ecrit par Christine Bini , le Mercredi, 30 Janvier 2013. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Revue Carré n°2, ROUGE, éditions Rhubarbe, hiver 2012/2013, 128 pages, 12 €

 

 

Le rouge au cœur de l’hiver. Entre le blanc de la neige et la nuit qui tombe trop vite. La revue Carré nous revient, écarlate, plus étoffée qu’à sa première livraison qui nous poussait vers le noir. Le rouge, ça inspire. C’est le vin et le sang, le crime et la corrida, la viande, la passion. Le rouge. Celui qui monte au front, qui fleurit aux joues, qui aveugle et enflamme. On ne s’en lasse pas. Le rouge, c’est la couleur par excellence, une sorte d’évidence. D’ailleurs, en espagnol, l’adjectif colorado signifie tout simplement rouge.

Dans cette revue de mélanges, on trouve de la fiction, des notules, de la poésie et des considérations, des réflexions sur l’art et des illustrations. Entre autres. Le parti pris est celui de la couleur des mots et des idées, de l’alacrité, de la diversion et l’érudition. Une jolie livraison, vraiment, dont le centre est réservé au… petit chaperon rouge (bien sûr !) dans une section intitulée « cartons à desseins ».

Revue Harfang N°41, novembre 2012

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 27 Novembre 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

 

Le N°41 de la revue Harfang (novembre 2012) est largement consacré aux prix 2012 de la nouvelle. Didier Daeninckx bien sûr, prix Goncourt de la nouvelle cette année. Lunatik, prix inter’halles. Marie Pontacq, prix de la nouvelle de la ville d’Angers (organisé par la revue Harfang) pour son recueil « coup de sang sous les flamboyants ».

Aussi ce N° commence par des entretiens et une nouvelle de chacun des trois.

Dans l’entretien avec Marie Pontacq, cette dernière dit : « un roman c’est encore trop construit, trop mental. » Il y a dans cette réflexion la source et l’identité particulière de la nouvelle, dont on sait, par les plus grands écrivains, qu’elle est un genre à part entière en littérature. Une nouvelle ne peut être que forte, naturelle, évidente. La brièveté oblige évidemment à ce que Freud aurait appelé : déplacement et condensation – concepts que Freud applique au rêve, et il est intéressant de se demander les liens énonciatifs qui existent entre la structure du rêve et celle d’une nouvelle. Morceaux de réel, substitutions symboliques, concentration des signifiants, que de convergences !

Cahier de L'Herne Roger Nimier

Ecrit par Frédéric Saenen , le Jeudi, 22 Novembre 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

 

 

Le destin déconcertant de Roger Nimier

 

Aux malheureux qui avaient atteint la quarantaine, Roger Nimier préconisait le peloton d’exécution. Le sort voulut qu’il n’ait jamais à se poser la question de savoir s’il accepterait ou non le bandeau sur les yeux. La nuit du 28 septembre 1962, l’auteur du Hussard bleu se tuait accidentellement dans cette Aston Martin dont il aimait pousser le moteur à d’imprudentes extrémités. Il n’avait que 37 ans.

« Un destin déconcertant », ainsi le qualifie Marc Dambre, son biographe, et la formule est on ne peut plus pertinente. Nimier était de ces tempéraments indomptables, lui qui consuma sa vie et en déposa les cendres encore chaudes sur l’autel de la seule déesse qu’il consentait vénérer : la Littérature.

Dissonances N°23 : Superstar

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Lundi, 05 Novembre 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

 

Dissonances trace sa route. Non, la métaphore ne colle pas. Dissonances trace son chemin vicinal, sa voie – une voix – décalée et salutaire. En ces temps de rentrée littéraire et de prix déprimants, lire les étoiles, enfin les « superstars » de ce numéro 23, fait un bien fou. Au moral, à l’intelligence, aux zygomatiques aussi car on sourit, on rit, souvent.

Superstar, ça déménage. Imaginez seulement : il y a Johnny bien sûr, et Elvis, et Lou, Et Bob, et Mick, et James. Il y en a même pour les footeux, avec Marco, Alain, Sylvain. Vous pourrez vous amuser à refaire le chemin de Petit Poucet qu’on vient de vous suggérer. Et vous pourrez trouver d’autres cailloux à semer au long de cette piste aux étoiles.

 

Par chemin encore plus détourné, on a même la joie suprême – et l’immense honneur -  de croiser François. Oui LE François, le premier des Français. Sous forme d’un rap en anaphores. « Moi président de la république, je préfère me faire me faire sucer au bord de l’eau ». Oh pardon. Le choix n’est pas des plus élégants. Difficile de faire plus convenable cependant.

Au lièvre Mort 3 + 9 = Bleu - Nouvelle revue de poésie

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 23 Juillet 2012. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Il faut saluer l’effort de Laura Vazquez et Virginie Girault pour faire vivre, vivre d’une vie d’audace et d’électricité soufflée sur l’échine du langage, de tout langage (trait, son y compris), l’innovante nouvelle revue de poésie multi-média titrée Au Lièvre Mort 3 + 9 = Bleu. C’est un « espace numérique d'expérimentations poétiques » qui « interroge notre rapport à la langue démultiplié ou radicalement modifié à la fois par les nouveautés technologiques et par les nouveaux usages de la technologie ». Ainsi, « se plaçant elle-même dans la mutation du support et du medium artistique, la revue […] est animée non seulement de lectures visuelles plurielles, mais aussi de lectures sonores. »

C’est dire sa richesse, son urgence, qui tient aussi au fait qu’elle est entièrement gratuite et disponible en ligne. S’y reporter, c’est plonger dans le vivifiant méandre d’innovations formelles et sonores, qui ont toujours trait à un pas de côté avec l’ordinaire de la prose et avec les conventions qui y sont rattachées, du moins eu égard à la doxa.

Cet espace sans limites qu’est Au lièvre mort, sans frontières autres que celles que lui confèrent notre regard, notre acte de feuilleter intense et hasardeux, vise à interroger notre rapport au langage, et à approfondir, de salvatrice façon (eu égard à notre époque douée de carcans en tous genres), nos questionnements :