Le projet de la nouvelle formule de la revue Apulée, que dirige Hubert Haddad, revient à explorer, en étoile, le thème de l’utopie, lequel est adossé au thème de la dystopie. Et c’est d’abord et avant tout une plongée littéraire, autant dans le langage que dans la manifestation politique, que dans la poésie et le militantisme. L’utopie ici s’ouvre sur le vivant, s’ouvre sur le rêve ou le cauchemar, sur des prospectives idéalistes ou concrètes, politiques ou intimes. C’est donc une observation des liens entre la pensée et son côté performatif, le langage et ses possibilités. Donc une lumière autant sur Thomas More que sur Aldous Huxley.
Apulée crée un espace langagier d’accueil et de perspectives. Et cela grâce aux focales (dont la liste ici n’est pas exhaustive car il y a beaucoup de chemins dans cet accueil), par exemple sur Nancy Cunard, Etgar Keret, George Orwell, le jardin Ficţinouă, sur l’Algérie ou la Nouvelle-Zélande, Leopoldo María Panero, le monde polaire. Nous avançons dans un monde peuplé de fantasmes et de beauté, de choses possibles et impossibles, dans la joie ou la peur.