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Revues

Hommage à la revue Caravanes (Phébus, 1989-2003)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 13 Décembre 2014. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Phébus

Edition: Phébus

 

 

Caravanes fut, de 1989 à 2003, une « revue annuelle de littérature » dirigée par André Velter et Jean-Pierre Sicre. Elle se définissait ainsi : « Une fois l’an, Caravanes donne rendez-vous à ses lecteurs pour un tour du monde de textes écrits par quelques “marcheurs de l’esprit”. Des écrivains de tous les continents, uniquement d’essence vagabonde, célèbres ou non, contemporains ou antiques, composent une mosaïque de récits, nouvelles, poèmes, à chaque fois inédits ».

Une fois l’an, c’est beaucoup dire, puisqu’il y eut 8 numéros en tout. Et lorsque l’on veut mieux comprendre quelle fut la substance de Caravanes, c’est vers ces lignes qu’il faut se tourner : « Rien de plus vaste que le mystère du monde. Rien de plus violent que le goût de l’inconnu. Un cœur vivant est un cœur en partance. Caravanes se veut un lieu d’universelle rencontre qui accueille les récits, les blasphèmes et les chants. Il est la stèle de ceux qui passent avec le sable, avec le vent ».

Desports 4 Spécial Coupe du Monde

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 01 Juillet 2014. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Desports 4 Spécial Coupe du Monde, Olivier Guez, Bernard Chambaz, Adrien Bosc, Pierre-Louis Basse, Benoît Heimermann, Bernard Comment, et beaucoup d’autres, Ed. du Sous-sol, mai 2014, 196 pages, 17 €

 

« A 16h34, à la 79e minute de la rencontre, Alcides Ghiggia, l’ailier uruguayen, déboule, excentré. Il a éliminé Bigote, son vis-à-vis, et s’en va chercher la tête ou le pied de Schiaffino. Comme sur le premier but de la Celeste, Barbosa l’anticipe, légèrement avancé, oui, Barbosa anticipe le centre, il ne ferme pas bien l’angle de son but, Ghiggia l’a vu, tire, Barbosa se détend mais trop tard, la balle lui échappe, l’Uruguay marque. La Celeste même au score et le Brésil ne la rattrapera jamais, il va perdre « la Finale » ! (Le gardien maudit, Olivier Guez).

Comme la littérature, le football est affaire de détente et d’anticipation. Il faut bien fermer l’angle de son but pour éviter que la phrase lancée à vive allure ne finisse dans le filet. Comme la littérature, le football est affaire de stratégie, on occupe le terrain ou on semble se découvrir, mais c’est une ruse chinoise, les attaquants sont en place, mais un milieu jaillit comme un haïku, pied droit, pied gauche, déhanchement, retour sur le droit et exclamation finale, la clameur se poursuit longtemps en suspension comme chez Céline.

Le Ciel vous tienne en joie, Philippe Meyer

Ecrit par Frédéric Aribit , le Mercredi, 20 Novembre 2013. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions de Fallois

Le Ciel vous tienne en joie, octobre 2013, 272 pages, 20 € . Ecrivain(s): Philippe Meyer Edition: Editions de Fallois

 

 

Le dernier livre de Philippe Meyer réunit ses fameuses « Chroniques du toutologue » diffusées tous les jours sur France Culture.

Toutologue ? Peut-être. Mais toutomane d’abord, tant il est difficile d’embrasser d’un même regard les mille-et-une activités de cet inlassable touche-à-tout à l’élégance savamment britannique. On le connaît homme de radio bien sûr, distillant de cette voix ample, posée, grave et espiègle qu’on identifierait entre mille, les facétieuses minutes de son dandysme érudit. On s’en souvient peut-être homme de télévision, quand il taillait leur portrait comme d’autres font ses costumes à tel ou tel invité de L’Heure de vérité ou encore quand, c’était au siècle dernier, M6, la chaîne de toutes les musiques dixit, ne rechignait pas encore à programmer une ou autre émission musicale digne de ce nom – Rihanna, il est vrai, n’était pas encore née.

Revue Critique N°788-789 : Georges Bataille, d'un monde l'autre

Ecrit par Frédéric Aribit , le Lundi, 02 Septembre 2013. , dans Revues, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Georges Bataille, D’un monde l’autre, Revue Critique n°788-789, Janvier-Février 2013, 192 pages, 14,50 €

 

Si l’on ne craignait pas d’admettre qu’il existe depuis peu autour de son nom comme une espèce d’effet de « mode », tant Georges Bataille semble désormais l’un des auteurs les plus cités, les plus étudiés, les plus traduits, on pourrait s’étonner que le cinquantenaire de sa disparition l’an dernier ait été célébré en France aussi discrètement. Certes plusieurs publications, plusieurs hommages, plusieurs colloques ici ou là, à Paris ou à Vézelay notamment, ont bien salué l’énormité d’une pensée acharnée à dire l’homme tel qu’en lui-même, une fois débarrassé des téguments de la raison, de la morale, du savoir, de Dieu sinon de la religion… Voire. Mais c’est sans doute que quelque chose résiste encore dans le scandale de cette œuvre qui se refuse à la digestion contemporaine, que celle-ci passe par l’innocuité de l’analyse ou par la neutralisation esthétique. Du reste, les détracteurs de tous bords ne manquent pas : c’est toujours ça.

La Revue Critique, qu’il a fondée en 1946, et qui lui avait déjà consacré un incontournable numéro hommage en 1963 sous la direction de Jean Piel, vient, en guise de défi, de récidiver, en confrontant les années du Collège de Sociologie et celles du « collège planétaire de ses lecteurs d’aujourd’hui ». La formule peut faire sourire. N’empêche.

Revue Itinéraires. Littérature, textes, cultures 2012, 2 : intime et politique

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 01 Juillet 2013. , dans Revues, Les Livres, Recensions, La Une Livres

Revue Itinéraires. Littérature, textes, cultures, 2012, 2 : Intime et politique, sous la direction de Véronique Montémont et Françoise Simonet-Tenant, L’Harmattan, 2012, 180 pages, 19 €

 

Véronique Montémont et Françoise Simonet-Tenant rappellent à juste titre, dans leur introduction, qu’intime et politique ont très récemment formé un couple des plus médiatiques. L’affaire DSK prolongée tout dernièrement par la sortie du livre de Marcela Iacub, ou encore le tweet de Valerie Trierweiler en défaveur de Ségolène Royal lors des élections législatives de 2012, en sont des illustrations parmi d’autres.

Ainsi, du fait de la « pipolisation croissante de la vie politique, la sphère privée flirte ouvertement avec la sphère publique ». Cependant, l’intime et le politique, tout au moins dans nos représentations, appartiennent (appartenaient) à des sphères appelées à ne pas se croiser : « l’un serait figuré comme un retrait narcissique, régressif et défensif, tandis que l’autre serait entendu comme le lieu des échanges sociaux organisés et de l’ouverture à l’autre dans la perspective d’un gouvernement avisé de la cité ». Or, et c’est là l’enjeu du présent dossier, ces deux sphères ont toujours été amenées au cours de l’histoire à s’interpénétrer.