Identification

Parages 01, La revue du Théâtre National de Strasbourg

Ecrit par Marie du Crest 15.09.16 dans La Une Livres, Les Livres, Critiques, Revues, Les solitaires intempestifs

Parages 01, La revue du Théâtre National de Strasbourg, juin 2016, 200 pages, 15 €

Edition: Les solitaires intempestifs

Parages 01, La revue du Théâtre National de Strasbourg

 

« Première »

L’histoire du théâtre s’écrit non seulement à travers sa littérature, celle de la scène, mais aussi celle des revues qui ont marqué ses conceptions, ses esthétiques, ses genres et formes. La nouvelle revue du TNS s’inscrit dans une filiation revendiquée, celle notamment des Cahiers de Prospero dans les années 90, ou celle de Vitez une décennie auparavant. Chacune à leur manière, ces revues envisagent leur publication comme un moment, un lieu consacré à une réflexion sur la matière théâtrale autour essentiellement d’auteurs, de metteurs en scène et de concepteurs. Le propos de Parages s’adresse-t-il ainsi certes à des professionnels de la scène contemporaine mais également à tout lecteur, spectateur en quête de sens, d’approches nouvelles du langage dramatique.

Stanislas Nordey dirige, depuis 2014, le Théâtre National de Strasbourg. En 2016, il initie la création de la revue Parages, et Frédéric Vossier est en charge de sa réalisation. Parages propose une série de contributions autour des écritures contemporaines théâtrales, faisant appel aussi bien à des universitaires, des auteurs, des metteurs en scène, des journalistes (Mohamed El Khatib, Claudine Galéa, Joêlle Gayot, Lancelot Hamelin, Bérénice Hamidi-Kim, David Lescot).

En outre, les « articles, les chroniques » se caractérisent par une multiplicité d’approche rédactionnelle telle que la lettre de Ch. Pellet adressée à la comédienne Dominique Rémond ; l’entretien entre Thomas Depryck et Bernard Debroux, ou entre l’éditrice S. Chevallier et Bérénice Hamidi-Kim, jusqu’à la publication d’un inédit (cf. F et H discutent de la parité, de D. Lescot, ou une courte correspondance entre Gabily et Lagarce, un dialogue en mailing entre S. Chiambretto et Mohamed El Khatib par exemple. La revue, en quelque sorte, participe de la richesse polymorphe des œuvres dramatiques actuelles, ne se contentant pas d’analyses purement critiques. Certains textes ainsi entrent en correspondance soit avec des photos (de plateau), ou des œuvres picturales comme les Vies silencieuses du peintre hongrois avec le « lexique » de Claudine Galéa. D’ailleurs la question de l’écriture, de l’écrire, tient une place centrale dans l’ensemble de la revue comme le blog de Mariette Navarro en tant que principe d’écriture justement).

Il y est aussi question de compagnonnage artistique et littéraire. En effet, la revue s’ouvre sur un tombeau à Emmanuel Darley de Laurent Gaudé. Hommage et appel au retour des personnages, à son univers sur des plateaux. Et elle se referme sur une lettre de Didier-Georges Gabilly adressée à Jean-Luc Lagarce, le 3 août 1994, à laquelle répondra ce dernier le 7 septembre de la même année. Gabily encourage Lagarce face à l’adversité. Les diffuseurs publics sont autant d’obstacles sur la route de Lagarce. Celui-ci dans sa réponse remercie Gabily de son soutien. Deux frères de théâtre que la mort emportera en 1995 et en 1996.

Il faut donc souhaiter une bonne et longue route à cette nouvelle revue ouverte sur le théâtre d’aujourd’hui et déjà de demain.

Les deux prochains numéros de Parages paraîtront successivement en avril 2017 et janvier 2018.

 

Marie Du Crest

 

La revue du Théâtre National de Strasbourg, Parages 01, est disponible sur le site de l’éditeur :www.solitairesintempestifs.com, à l’espace librairie du TNS, et par abonnement auprès du TNS

 

  • Vu : 1013

Réseaux Sociaux

A propos du rédacteur

Marie du Crest

Lire tous les articles et textes de Marie Du Crest

 

Rédactrice

Théâtre

Espaces 34, Actes Sud Papiers

 

Née en 1959 à Lyon. Diplômée de philosophie et agrégée de Lettres modernes. Des passions : le théâtre contemporain français et étranger, les arts, l'Asie.

A vécu longtemps à Marseille, ville qu'elle n'oubliera pas. Mer Plages Tongs.

Enseigne depuis cinq ans  avec ironie les cultures de la communication.