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Essais

Satyre seconde. Le Neveu de Rameau, Denis Diderot

Ecrit par Eddie Breuil , le Lundi, 01 Septembre 2014. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Satyre seconde. Le Neveu de Rameau, Éd. Droz, 2013, 297 pages, 32 € . Ecrivain(s): Denis Diderot

 

Neveu de Rameau

 

Les éditions Droz publient une nouvelle édition par Marian Hobson du Neveu de Rameau. La dernière en date chez le même éditeur était celle de 1950 par Jean Fabre. Jean Fabre avait été l’éditeur des Œuvres complètes de Diderot, se penchant particulièrement sur les problèmes d’établissement du texte. Autre époque, autres règles : la nouvelle édition ne se penche plus réellement sur ces problèmes, posant comme une évidence le recours à l’autographe publié en 1891 (ou plutôt aux éditions l’ayant collationné). La traduction de la version Gœthe est ainsi oubliée. Même si elle s’écarte forcément de l’original, elle pouvait être intéressante pour le nombre et l’importance de ses lecteurs. La section « Le Texte » montre que l’histoire de l’édition a son importance dans le cas de cette œuvre.

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, Pierre Bayard

Ecrit par Ahmed Slama , le Vendredi, 29 Août 2014. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Les éditions de Minuit

Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ?, 198 p. 15,20 € . Ecrivain(s): Pierre Bayard Edition: Les éditions de Minuit

 

 

Les livres de Pierre Bayard ne sont pas de simples livres théoriques, ce sont des hybrides, semblables au « Si par une nuit d’hiver voyageur » d’un certain Italo, des « fictions-théoriques », dira Pierre Bayard lors d’une interview (1), qui disposent chacune d’un narrateur spécifique, celui du livre qui nous occupe. Comment parler des livres que l’on n’a pas lus ? écorne un tabou : la non-lecture et pour celui-ci la lecture même n’est qu’une non-lecture (pourquoi ?). Dans le même temps que nous ouvrons un livre, ne refermons-nous pas le reste des livres existants ? La lecture n’annule-t-elle pas l’ensemble des œuvres restantes, à l’image de cette flaque de lumière, au théâtre, qui met en exergue un comédien mais plonge le reste de la scène dans le néant.

Le mérite et la nature, Juliette Rennes

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 25 Août 2014. , dans Essais, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres, Fayard

Le mérite et la nature, Une controverse républicaine : l’accès des femmes aux professions de prestige 1880-1940, 2007, 594 p. 32 € . Ecrivain(s): Juliette Rennes Edition: Fayard

 

Pour saisir toute la nécessité et toute l’urgence du féminisme (1), pour se rendre compte à quel point est nécessaire le déchiffrement du passé pour la consolidation de l’avenir, il faut se reporter à Le mérite et la nature, Une controverse républicaine : l’accès des femmes aux professions de prestige 1880-1940, passionnante thèse de science politique dans laquelle Juliette Rennes s’interroge sur les ressorts et les recompositions de l’anti-égalitarisme depuis la fin du 19e siècle. Dans cette perspective, elle s’est intéressée à « l’évolution des stratégies républicaines pour résister aux demandes féministes d’égal accès aux professions au cours de la Troisième République française ».

Cependant, pour des raisons méthodologiques, plutôt que de circonscrire l’analyse aux résistances à l’égalité, elle en est venue « à prendre pour objet la structure des oppositions entre les partisans de l’accès des femmes aux professions et leurs opposants, puis à articuler l’analyse de ce conflit à l’émergence des féminismes et à la féminisation du monde professionnel des années 1870 aux années 1930 ».

Un kilo de culture générale, Florence Braunstein, Jean-François Pépin

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 03 Juillet 2014. , dans Essais, Les Livres, Critiques, La Une Livres

Un kilo de culture générale, éditions Puf, février 2014, 1700 pages, 29 € . Ecrivain(s): Florence Braunstein, Jean-François Pépin

 

 

Un projet pédagogique imposant :


Florence Braunstein et Jean-François Pépin sont les co-auteurs de 1 kilo de culture générale. Ils sont tous deux universitaires. Le titre est certes surprenant pour ce livre-pavé, mais le contenu ne l’est pas moins. C’est un véritable monument de 1700 pages. Le livre est découpé en 24 chapitres qui suivent un fil conducteur en couvrant les fondamentaux de la culture depuis l’origine du monde jusqu’à nos jours. Dans ce livre, nous faisons connaissance avec les civilisations des quatre continents. Projet démesuré pourrait-on penser avant de s’y plonger. En fait, c’est juste un projet ambitieux qui a demandé aux auteurs des années de recherche approfondie.

Dire non, Edwy Plenel

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Vendredi, 27 Juin 2014. , dans Essais, Les Livres, Livres décortiqués, La Une Livres

Dire non, Ed. Don Quichotte, mars 2014, 168 pages, 14 € . Ecrivain(s): Edwy Plenel

 

Le dernier livre d’Edwy Plenel, Dire non, est dédié à Stéphane Hessel qui fut membre de la société des Amis de Mediapart. Pour étayer son propos, l’auteur s’appuie sur des auteurs de référence : anthropologues, sociologues, philosophes, politiques, écrivains, poètes. Citons entre autres : Plutarque, Étienne de la Boétie, Antonio Gramsci, Hannah Arendt, Arthur Rimbaud, René Char, Aimé Césaire, Albert Camus, Frantz Fanon, Edouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Pierre Mendès France, Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot.

 

Où s’origine le fait qu’un sujet est porté à consacrer sa vie à devenir un  lanceur d’alerte ?

Ce n’est pas le premier livre dans lequel Edwy Plenel lance un cri d’alarme. Ce n’est pas la première fois qu’il écrit un pamphlet virulent contre le pouvoir présidentiel. Quand il se lançait dans une diatribe amère contre la présidence de Nicolas Sarkozy, on comprenait, beaucoup acquiesçaient. Mais quand il critique la présidence de la gauche, on peut être plus mal à l’aise, surtout au regard des abstentions aux européennes.