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Biographie

Je ferai pousser des oliviers bleus, Jean-Pierre Artin

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 14 Février 2015. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Je ferai pousser des oliviers bleus, Edilivre, mars 2014, 330 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Jean-Pierre Artin

 

L’édition de cette biographie romancée est l’aboutissement d’un rêve qu’a nourri l’auteur durant des années.

La vie de Jean-Pierre Artin, qui inspire celle de son personnage, est, on l’imagine en lisant son livre, avant même de servir de prétexte à ce livre, à elle seule tout un roman.

C’est le roman de la recherche de reconnaissance. Le narrateur, Alain Bobard, retrace, à la première personne, son enfance chaotique d’individu abandonné à la naissance par sa mère, recueilli par Marraine, l’infirmière ayant assisté à l’accouchement, puis, deuxième abandon, placé à l’âge de cinq ans par sa tutrice, qui trouve qu’il devient « encombrant », dans un internat, puis dans un autre… univers clos, secs, froids, ingrats, d’où les seules échappées sont des séjours aléatoires, plus ou moins réussis, sur l’île d’Oléron chez la mère et le beau-père de Marraine, laquelle, pour sa part, se désintéresse du garçon.

Un an après, Anne Wiazemsky

Ecrit par Martine L. Petauton , le Lundi, 02 Février 2015. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Gallimard

Un an après, décembre 2014, 201 pages, 17,90 € . Ecrivain(s): Anne Wiazemsky Edition: Gallimard

 

On la reconnaît en photo noir et blanc sur le bandeau du livre ; Anne, comédienne de ces années-là, le regard fixé sur… son compagnon d’alors, Jean-Luc Godard, ou la manif du jour puisqu’en Mai 68 est situé ce récit, mi-autobiographie, mi-documentaire, qu’elle a voulu nommer – bel élan d’honnêteté – roman. Comme si – elle a raison – tout retour sur sa mémoire quand il y a dedans un Godard en Mai, ne pouvait complètement se revendiquer de l’Histoire.

Voyage baignant dans la fumée acre des lacrymo, des cigarettes aussi – ce qu’on fumait, alors ! De Paris à la Méditerranée des bobos de ce temps, en passant par le tournage des films, et en particulier des films italiens… c’est bien d’un voyage, dont il s’agit, dans le Paris intello, étudiant, politique, de ces extrêmes qui ont façonné l’époque, mais aussi – tout le précieux du livre – à l’intérieur, chez les Godard ou leurs amis, dans le secret également des cœurs interrogés et d’un couple qui se fendille. Beau voyage, sans pathos, ni déco inutile, qui se laisse peu à peu apprivoiser, livrant « leur 68 » de détail en atmosphère juste, ce 68 qui fatalement est un peu le nôtre à nous, leurs contemporains, et ne demande que peu d’efforts aux jeunes d’aujourd’hui, pour devenir le leur, puisqu’il s’agit de Godard.

Rimbaud à Charleville, La maison des Ailleurs, Pascal Boille

Ecrit par Laurence Biava , le Vendredi, 16 Janvier 2015. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Belin

Rimbaud à Charleville, La maison des Ailleurs, octobre 2014, 132 pages, 12 € . Ecrivain(s): Pascal Boille Edition: Belin

 

De 1869 à 1875, Arthur Rimbaud vécut avec sa mère, son frère et ses deux sœurs dans une maison sur les quais de la Meuse, à Charleville.

C’est précisément pendant cette période qu’il écrira la plus grande partie de son œuvre poétique entre 15 et 21 ans.

En 2004, la ville de Charleville-Mézières a fait l’acquisition de cette maison et en a confié la scénographie à l’architecte allemand Bernd Hoge.

La maison des Ailleurs est née, baptisée par cette expression chère au poète qui ne cessera de partir, hanté qu’il est par le voyage. Cette demeure a ceci de particulier que ce n’est pas une maison d’écrivain classique. Aucun meuble ni objet ayant appartenu au poète ne s’y trouve. En revanche, onze artistes contemporains ont investi les lieux afin que l’œuvre et la pensée de Rimbaud restent toujours vivantes et en mouvement.

La rage est mon énergie, John Lydon alias Johnny Rotten, Andrew Perry

Ecrit par Guy Donikian , le Samedi, 10 Janvier 2015. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Seuil

La rage est mon énergie, John Lydon alias Johnny Rotten, octobre 2014, traduit de l’anglais Marie-Mathilde Burdeau et Marc Saint-Upéry, 711 pages, 25 € . Ecrivain(s): Andrew Perry Edition: Seuil

 

Voila encore quelqu’un qui aura fait noircir des pages et des pages (ici plus de 700) à des fins pécuniaires ou pour affirmer de façon livresque une notoriété qui serait plutôt mal en point, diront certains. N’en déplaise aux grincheux, cet homme-là, malgré quelques carences qui lui font admirer le foot comme un supporter inconditionnel, a de quoi surprendre quand on le découvre aux antipodes de ce qu’une certaine presse laissait bêtement supposer : qu’on se le dise, le chanteur des Sex Pistols, groupe punk des années 70, ne fut pas cette bête hurlante, ornée d’épingles à nourrice comme seuls attributs distinctifs, outre les fameux tee-shirts à l’effigie de la reine quelque peu « chopperisée ».

Qu’on se souvienne, donc. Musicalement, le rock et la pop s’enlisent, à la fin des seventies, dans des discours qui traînent en longueur, donnant des plages interminables à l’instar de groupes comme Yes, qui ont cependant commis quelques titres emblématiques. Mais la tendance du moment favorisait les démonstrations techniques au détriment d’une efficacité dont se réclamaient les groupes-phare de l’époque.

Hannah Szenes, Martine Gozlan

Ecrit par Fabrice del Dingo , le Vendredi, 12 Décembre 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Hannah Szenes, Ed. de l’Archipel, novembre 2014, 224 pages, 18,95 € . Ecrivain(s): Martine Gozlan

 

Les larmes de Golda Meir

Inconnue en France, Hannah Szenes est une héroïne en Israël. Son histoire est pourtant celle d’un destin brisé : la vie est un bien perdu quand on n’a pas vécu comme on aurait voulu.

Née en Hongrie en 1921, c’est la fille du dramaturge Bela Szenes (dont les comédies ne sont pas parvenues jusqu’à nous) qui est mort lorsqu’elle avait 5 ans.

Dans les années 30, l’antisémitisme se développe en Europe de l’Est, de nombreuses professions sont interdites aux juifs. Certains d’entre eux décident donc de rejoindre la terre de leurs ancêtres, la Palestine, qui était la terre promise de Moïse.

Craignant de n’avoir aucun avenir en Hongrie, Hannah, qui a déjà écrit ses premiers poèmes, apprend l’hébreu. « Le seul espoir d’en finir avec l’antisémitisme, c’est le sionisme… »