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Biographie

Marguerite Duras, une jouissance à en mourir, Olympia Alberti

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 02 Avril 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Marguerite Duras, une jouissance à en mourir, Le Passeur Editeur, février 2014, 176 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Olympia Alberti

 

« Tout est devenu BLEU. C’est bleu. C’est à crier tellement c’est bleu. C’est du bleu venu des origines de la Terre, d’un cobalt inconnu. On ne peut pas arrêter ce bleu, cette traînée de poussière bleue des cimetières des enfants. On souffre. On pleure. Tout le monde pleure. Mais le bleu reste là. Acharné. Le bleu des enfants comme celui d’un ciel » (Marguerite Duras).

Ecrire. Marguerite Duras savait qu’elle écrirait. A douze ans déjà. Ecrire, c’était tout. Elle écrivait l’amour, l’indicible, car « seul l’amour pouvait combler l’âme », et « seule la souffrance d’aimer pouvait ouvrir l’être ». Elle devait sans doute avoir le regret du paradis qui ne pouvait se faire ici-bas. Elle n’avait de cesse de « creuser pour trouver le mot nu, le mot entier, le souffle de lumière qui enfanterait la vie sublime, et rien d’autre, la création, la joie, et rien d’autre ». Ecrire avec la pluie qui ruisselle sur la vitre. Ecrire avec Chopin. Ecrire dans une « solitude universelle » pour tout donner. Elle qui disait : « Un jour, j’aurai l’écriture. Son infini ». Elle qui faisait corps avec l’écriture.

Une femme en politique, Germaine de Staël, Erik Egnell

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 01 Avril 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Editions de Fallois, Histoire

Une femme en politique, Germaine de Staël, novembre 2013, 400 pages, 22 € . Ecrivain(s): Erik Egnell Edition: Editions de Fallois

Sur la fin de sa vie, elle disait, avec l’enthousiasme qu’on imagine, à Wellington : « parler politique, pour moi, c’est vivre ! ». Des kyrielles, aujourd’hui, femmes et hommes mélangés, ne seraient pas capables d’en dire autant ! Et, on voudrait aussitôt le dédier à nos femmes de la parité, face à leurs élections, ce printemps, qui bataillent tant et l’auraient aimée des leurs, cette Germaine « génie mâle dans un corps de femme », au dire de Lamartine qui pleura la Dame du lac, à Coppet.

Car, De Staël – elle mérite ce nom d’homme, seul – quelle femme, quel toupet, quel talent ! on s’autorise à dire : quelle gueule ! Quelle trajectoire aussi – c’est un film à grand spectacle, un road-movie, également, qui défile à brides abattues, quand on accompagne sa vie, dans cette formidable saga-biographie, s’avalant comme un roman, d’Erik Egnell. Meryl Streep, sans doute, la porterait avec panache et roulement de sentiments…

On nait où et quand on peut, et chacun n’a pas eu – chance ou pas – une vie au croisement de la Révolution Française, de l’Empire et de la Restauration. Superbe baptême pour qui veut vivre en politique – un contexte porteur, dirait-on aujourd’hui ; mais aussi un « grand bain » dangereux, où il vaut mieux savoir nager, faire la planche de temps à autre, pour continuer et, s’arrimer au ponton d’arrivée – vivant… et la route de Staël est de ce tonneau-là.

Claude Nougaro, le parcours du cœur battant, Christian Laborde

Ecrit par Frédéric Aribit , le Vendredi, 28 Mars 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Claude Nougaro, le parcours du cœur battant, Editions Hors-Collection, février 2014, 192 pages, 29,90 € . Ecrivain(s): Christian Laborde

 

« Que la vie soit feu d’artifice

Et la mort feu de paille… »


Dix ans déjà. Au Casino du sang, le roi de la plaquette, c’était lui, disait-il dans le souffle malicieux d’un ultime texte aux jeux de mots poignants. Mais c’est raté, Claude. Quoi ? La mort, à la fin de ce satané « concert du pancréateur » – triomphe à guichets fermés – ne vous a pas laissé coi. Oui, dix ans après, cette voix de mousses et d’entrailles, cette voix des galets bleus de l’âme, chante encore dans nos mémoires, où elle s’est installée à demeure, parmi les grands convoyeurs d’infini que sont Brel, Brassens, Ferré ou celle qu’il aimait tant et qui l’aimait tant, Edith Piaf.

Charles Baudelaire, Théophile Gautier

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 06 Février 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Rivages poche, petite bibliothèqye

Charles Baudelaire. Septembre 2013. 118 p. 6,10 € . Ecrivain(s): Théophile Gautier Edition: Rivages poche, petite bibliothèqye

 

La lecture de ce petit fascicule ne peut qu’emporter et l’adhésion et l’enthousiasme du lecteur. Théophile Gautier montre un double mérite dans cette œuvre.

Tout d’abord, bien sûr, être le premier à écrire un grand texte sur Baudelaire. Pour nous, lecteurs d’aujourd’hui, ce petit livre s’ajoute à la montagne de textes, analyses, exégèses, biographies qui se sont accumulés sur Charles Baudelaire depuis 150 ans. Mais en fait, c’est bien le premier chronologiquement que nous avons là dans les mains. Un développement du discours funèbre que Gautier ne prononça pas au cimetière Montparnasse le 2 septembre 1867, quand l’auteur des Fleurs du mal fut porté en terre en présence de quelques personnes, de quelques amis.

Et le second mérite – pas le moindre – rendre au plus tôt à Baudelaire la place qui lui appartient, la première parmi les poètes ! Gautier n’a pas attendu la mort de Baudelaire pour le faire, ce qui rehausse encore l’intelligence de sa lecture. Depuis la parution des Fleurs, Gautier n’a cessé de dire son admiration pour l’œuvre et son auteur, alors que les imbéciles déchainaient leur fiel – par Figaro interposé entre autres – contre le recueil qui allait bouleverser à jamais la poésie française ! Baudelaire ne s’y trompa guère en dédiant ses « Fleurs » à Gautier, au « poète impeccable ».

John Dos Passos, archives du XXe siècle

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 31 Janvier 2014. , dans Biographie, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA

John Dos Passos, archives du XXe siècle, entretien réalisé par Hubert Knapp et réunis par Jean José Marchand : John Dos Passos, coffret 1 DVD/Collection Regards, Editions Montparnasse, 2 janvier 2014, 15 €

 

John Dos Passos, né le 14 janvier 1896 à Chicago, mort le 28 septembre 1970 à Baltimore, à la fois écrivain et peintre, avait autant de plaisir à accorder des interviews qu’à rendre visite à son dentiste. Aversion fort regrettable s’il en est – à tout le moins à l’endroit des interviews – car, face à la caméra, il captive autant qu’il séduit.

Pour s’en convaincre, il suffit de visionner le document, enregistré en septembre 1969, à « Spence’s Point », nom donné à sa propriété située en Virginie à proximité de la rivière Potomac : assis sur un banc, proche de son jardin, il narre son amour des plantes, des légumes et des fleurs ; il évoque également ses origines, son père, surnommé « le commodore » et aussi sa mère. Avec pudeur, il confesse son admiration pour ses parents et, surtout, pour son père qui, en l’occurrence, lui apprendra très tôt le culte du travail. John Dos Passos se lève ainsi chaque matin à 06h30 et se met à écrire dès 07h30.