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Polars

Tuez-les tous… mais pas ici, Pierre Pouchairet (2ème critique)

Ecrit par Gilles Banderier , le Lundi, 09 Avril 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Plon

Tuez-les tous… mais pas ici, janvier 2018, 468 pages, 19 € . Ecrivain(s): Pierre Pouchairet Edition: Plon

 

Pierre Pouchairet n’est pas (encore ?) un auteur fameux au point qu’il soit tout à fait superflu de jeter un œil à la présentation biographique qui orne la quatrième de couverture. On y apprend que cet ancien commandant de police a déjà publié un roman « dont l’action se déroule dans les territoires occupés », sans plus de précision. S’agit-il du Tibet, où l’immolation par le feu tient lieu de protestation et d’acte de résistance à la Chine ? Du Sahara occidental, occupé par le Maroc depuis 1975 et où les militants sahraouis sont torturés ? De la partie septentrionale de Chypre, d’où deux cent mille Chypriotes grecs furent chassés un an plus tôt dans l’indifférence internationale, devenant autant de réfugiés dans le sud d’une île dont la capitale est coupée par un mur qui n’a rien de symbolique ? Nous inviterait-on pour autant à boycotter les produits chinois, marocains ou turcs ? Puisque nous parlons de la Turquie, c’est un pays que Pierre Pouchairet connaît bien (il y a été en poste) et où il situe une partie de l’action de son nouveau roman, Tuez-les tous… mais pas ici.

Scalp, Cyril Herry

Ecrit par Cathy Garcia , le Vendredi, 06 Avril 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Seuil

Scalp, février 2018. 224 pages, 18 € . Ecrivain(s): Cyril Herry Edition: Seuil

 

Hans a neuf ans, il a grandi avec sa mère, Teresa, et celui qu’il pensait être son père, Stan, bien qu’il aurait préféré que ce soit Jean-Loïc, son père, le compagnon de Léa. Ils ont tous vécu ensemble, dans une région de vastes plaines qui pourrait être la Beauce, sans relief, sans forêt, à huit en colocation plus ou moins joyeuse, adultes, enfants, animaux, potager.

« Avant que Stan, le faux père de Hans se fasse la malle en douce avec Léa, et que Jean-Loïc (…)quitte la colocation dix jours plus tard pour aller se jeter d’un des plus hauts viaducs de France ».

Alors Teresa a pensé que c’était le moment de parler à Hans de son vrai père et de l’emmener le voir, dans la forêt, là où il vivait, retiré du monde. Une adresse et une photo avaient permis de situer le lieu sur Google Map : Layenne. Étang des Froids. Un campement avec une yourte au bord de l’étang. Une adresse d’où Alex avait envoyé des lettres auxquelles Teresa n’avait jamais répondu.

Gris-Oakland, Eric Miles Williamson

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Jeudi, 01 Mars 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Gallimard

Gris-Oakland, Eric Miles Williamson, trad. Philippe Mikriammos, 303 pages, 22,50 € . Ecrivain(s): Eric Miles Williamson Edition: Gallimard

 

Dans un bar, avec un narguilé et des Angels… sa mère le présente à son oncle de père : « Nous aurions même pu nous croire ailleurs qu’à Oakland » (p.16). T-bird est un « pupil » et ne recherche pas les cours ni son « père », sauf peut-être dans la figure protectrice de Fat Fred. Qui est l’oncle Ray ?

T-bird alterne les sentiments de peur et de violences (ambivalence psy) : « Je pris alors la décision de créer le Club des Ennemis des Filles » (p.25). « Sa » mère – après un violent accident de « trike » sur un accotement défoncé, « elle ne lui manquait pas, il est vrai » (p.41) – l’abandonne régulièrement pour être en compagnie de « toutes les variétés de merde humaine d’Oakland » (p.41).

Il assiste à des scènes pédopornographiques glauques et « je pris mon paquet de Pall Mall sous mon lit » (p.47) quand il ne fuit pas pour appeler Fat Fred à la rescousse.

Tuez-les tous… mais pas ici, Pierre Pouchairet

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 27 Février 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Plon

Tuez-les tous… mais pas ici, janvier 2018, 468 pages, 19 € . Ecrivain(s): Pierre Pouchairet Edition: Plon

 

Toujours en prise directe avec l’actualité dans ce qu’elle recèle de plus sombre, les romans de Pierre Pouchairet donnent une lecture de la société qui parfois glace le sang.

Auréolé de son récent prix du Quai des Orfèvres 2017 pour son roman Mortels Trafics, l’auteur, en fin analyste de la criminalité contemporaine se penche une nouvelle fois (cf. par exemple son roman de 2015 La filière afghane http://www.lacauselitteraire.fr/la-filiere-afghane-pierre-pouchairet) sur les réseaux djihadistes et plus particulièrement sur le sort de ces jeunes gens qui quittent la France pour gagner la Syrie, mus soit par l’envie de combattre dans les rangs de Daesh, soit par souci humanitaire ou par amour comme dans le cas de la jeune Julie Loubriac partie rejoindre le garçon dont elle est éprise.

Les lois du ciel, Grégoire Courtois

Ecrit par Louisiane C. Dor , le Mardi, 06 Février 2018. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Les lois du ciel, février 2018, 208 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Grégoire Courtois Edition: Folio (Gallimard)

 

On aurait tort de s’attendre à un roman ésotérique sur le christianisme ou la spiritualité. C’est sur un air de « Sa Majesté des mouches » que Grégoire Courtois livre un roman tragicomique aussi cynique qu’ingénieux.

C’est bientôt l’été, une dizaine d’élèves du cours préparatoire et leurs trois accompagnateurs font une sortie classe verte. C’est en forêt que la troupe atterrit, et, dès la première après-midi, quelque chose déjà laisse à penser que ce séjour va prendre une lugubre tournure. Tout aurait pu se dérouler normalement si l’un des jeunes enfants, Enzo, n’avait pas ce comportement dérangeant, ce regard. Ce regard, dont on ne sait trop déterminer s’il est celui d’un sociopathe ou simplement d’un enfant égaré, à qui l’on a trop peu – ou pas du tout – donné d’affection. Livrés à eux-mêmes en pleine forêt et en pleine nuit, les enfants sont traqués par Enzo, ainsi que par les ombres des arbres qui semblent leur courir après.