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Polars

Casal ventoso, Fredrik Ekelund

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 17 Septembre 2016. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays nordiques, Roman, En Vitrine

Casal ventoso (Casal ventoso, 2005), éd. Gaïa, 2015, trad. suédois Philippe Bouquet, 206 pages, 19 € . Ecrivain(s): Fredrik Ekelund

 

Le monde du polar est un monde très ancré dans la géographie, à chaque auteur sa ville ou son coin de pays, à chaque détective sa ville, son climat… L’édition met même en avant des « écoles » de polar en fonction de cette géographie, pas toujours très pertinente en terme de style ou de genre. Ainsi du polar américain, anglais, italien, espagnol ou scandinave. Effet de mode ou vraie identité littéraire ? Sans doute un peu des deux. En tout cas cela fonctionne bien sur les tables des libraires et dans la critique littéraire, et donc de l’édition. Depuis quelques années les pays du nord ont le vent en poupe en la matière et tout éditeur un peu important se doit d’avoir dans son catalogue son ou ses auteurs de noir du nord.

Fredrik Ekelund est un de ceux-là. Alors que la filière suédoise pouvait sembler s’épuiser, les éditions Gaïa se sont attachées à nous le faire découvrir à travers les enquêtes de l’inspecteur Hjalle Lindström et de sa co-équipière et compagne Monica Gren. Leur base est le port de Malmö, tout au sud de la Suède, à un bras de mer et un pont autoroutier du Danemark et de Copenhague. Une agglomération qui rassemble quelques 560.000 habitants…

La peine capitale, Santiago Roncagliolo

Ecrit par Philippe Leuckx , le Jeudi, 15 Septembre 2016. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Amérique Latine, Roman, Métailié

La peine capitale, avril 2016, trad. espagnol François Gaudry, 382 pages, 20 € . Ecrivain(s): Santiago Roncagliolo Edition: Métailié

 

Quatrième livre d’un jeune auteur (né à Lima en 1975), déjà fêté pour son premier roman Avril rouge (2008), ce thriller politico-social entraîne le lecteur dans un imbroglio haut en couleur, dont le contexte est admirablement bien rendu. Sur fond de Mundial 1978 au Pérou, quand les activités publiques et privées sont réduites à leur plus simple expression, puisque tout le monde suit à la télévision les retransmissions des matches, un simple employé, assistant aux archives du Palais de Justice de Lima, enclenche presque sans le savoir une mécanique d’enquêtes, d’éclaircissements, de courses poursuites, et tout ça à partir d’un document mal classé, petite boule de neige de papier qui va huiler toute une intrigue.

Ce petit employé s’appelle Félix Chacaltana. Il vit encore chez sa mère, très dominatrice, très pieuse, très encombrante. Il a un directeur des archives qui passe le plus clair de son temps à regarder le foot. Félix est bien le seul à se préoccuper de son travail, et il doit joliment emmerder tout son petit monde par ce que les autres appellent des lubies : marottes de classement, souci précautionneux de ne pas faire de gaffes ; bref un employé modèle dans un monde qui s’en fout, endormi dans les conventions, assommé par la chaleur et anesthésié par le Mundial, sans parler bien sûr de la chape de plomb du régime militaire qui voit des subversifs partout.

Le pacte du petit juge, Mimmo Gangemi

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 26 Août 2016. , dans Polars, Les Livres, La Une Livres, Roman, Seuil, Italie

Le pacte du petit juge (Il Patto del giudice, 2013), mars 2016, trad. italien Christophe Mileschi, 321 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): Mimmo Gangemi Edition: Seuil

 

Où l’on retrouve Alberto Lenzi.

Toujours juge d’un petit parquet calabrais à la pointe de la Botte, face à la côte sicilienne, Lenzi continue à vivre sa vie de patachon rythmée par les parties de poker et de jambes en l’air. Mais une affaire le met sur la sellette. Mandaté pour mener un coup de filet dans le port où sont attendus deux cents kilos de cocaïne que doit récupérer un clan de la ‘Ndrangheta, il voit à la fois les truands et le colis se volatiliser à son nez et à sa barbe. Quand quelques jours plus tard un employé corrompu est retrouvé pendu comme du gibier dans la propriété d’une autre ‘Ndrina, il semble qu’une guerre se profile. Une guerre que Lenzi laisserait bien se dérouler, histoire que quelqu’un fasse le ménage à sa place, mais sur laquelle il se sent obligé d’enquêter non seulement parce que sa hiérarchie le presse, mais aussi et surtout parce qu’il entend effacer l’humiliation subie au port. Et quand son informateur de circonstances et pas vraiment de confiance, le chef de bâton Don Mico Rota, demande à lui parler, Lenzi se retrouve une nouvelle fois sur le fil, ne sachant pas dans quelle mesure le vieux ‘ndranghetiste le manipule.

Le dragon du Muveran, Marc Voltenauer

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 25 Août 2016. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Le dragon du Muveran, Ed. Plaisir de lire (Suisse), octobre 2015, 660 pages, CHF 23.- (17,50 €), Slatkine & Cie (France et Belgique), août 2016, 516 pages, 19,50 € . Ecrivain(s): Marc Voltenauer

 

Un polar montagnard et vaudois

Mû pas des souvenirs lointains, le lecteur que je suis butinait il y a quelques jours sur le réseau en quête d’un nouveau fond d’écran, une image du grand et du petit Muveran, montagnes vaudoises qu’il avait souvent admirées (et photographiées) dans son enfance… et, surprise, il reconnaît l’image d’un village familier qui fait l’annonce d’un roman récemment publié en Helvétie : un clocher de pierre avec le Grand Muveran en arrière-plan… Un polar qui se passe dans le village où j’ai passé tant de mois de vacances ! Une seule urgence s’impose alors : le trouver et le lire !

Le Dragon du Muveran, premier roman de Marc Voltenauer, se passe effectivement dans le village de Gryon et, au-delà de son décor, évoque et remue de façon très personnelle pour l’auteur de cette chronique, c’est en plus un bon, un très bon polar. Une vraie réussite dont les 660 pages (presque 666 !) ne m’ont pas résisté plus de trois jours.

Spada, Bogdan Teodorescu

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 16 Août 2016. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Spada, éd. Agullo, mai 2016, trad. roumain Jean-Louis Courriol, 311 pages, 19 € . Ecrivain(s): Bogdan Teodorescu

 

Nouvelles venues, les éditions Agullo débutent leur collection noire avec deux titres, polar classique italien pour l’un (Le fleuve des brumes de Valerio Varesi), curieux roman noir politique roumain pour l’autre, Spada de Bogdan Teodorescu, dont le précédent livre traduit en français, Des mecs bien… ou presque, avait paru chez feu L’Écailler il y a de cela quelques années.

Un soir d’été, La Mouche, rom spécialisé dans le jeu de bonneteau sur les marchés, est égorgé dans une ruelle. Rien qu’un fait divers comme un autre, a priori. Sauf que très vite, un autre Tzigane, lui aussi détenteur d’un casier judiciaire plutôt chargé, est assassiné de la même manière. Et la série ne fait que commencer.

Partir à la recherche du tueur que l’on appelle désormais Le Poignard (Spada), eu égard à sa manière d’égorger d’un seul coup bien porté ses victimes ? Là n’est pas le propos de Bogdan Teodorescu. Ce qui intéresse l’auteur, ici, c’est la façon dont les actes de l’assassin vont être utilisés. Par les hommes politiques, bien entendu, ceux qui sont au pouvoir comme ceux qui voudraient l’avoir, par les journalistes du pays ainsi que par ceux de l’étranger, et par diverses associations dont les missions vont de la défense des minorités à celle d’une Roumanie débarrassée des Roms.