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Polars

Une affaire de trois jours, Michael Kardos

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 05 Juillet 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Série Noire (Gallimard)

Une affaire de trois jours (The Three-Day Affair, 2013), traduit de l’anglais (USA) par Sébastien Guillot, mai 2014, 275 pages, 20 € . Ecrivain(s): Michael Kardos Edition: Série Noire (Gallimard)

 

Comme tous les ans, Will, Nolan, Jeffrey et Evans, anciens camarades de l’université de Princeton ayant eu des fortunes diverses, doivent se retrouver le temps d’un week-end pour jouer au golf et se remémorer leur jeunesse étudiante. Cette année c’est chez Will, le narrateur, musicien et ingénieur du son dans une petite ville du New Jersey que les amis ont prévu de se voir. Mais dès le premier soir, Jeffrey, patron d’une start-up qui l’a rendu riche avant de le ruiner, entre dans un drugstore le temps d’un achat et en ressort avec la caissière que, sur un coup de tête, il vient de braquer et de kidnapper. Will, et Nolan, candidat à un poste de sénateur dans le Missouri, se trouvent entraînés avec lui dans cette folie dans les jours qui vont suivre.

« Ça aurait pu ne pas arriver – l’enlèvement et tout ce qui s’est passé ensuite. C’est ce qui me navre le plus, même maintenant ». Une phrase d’ouverture qui en dit déjà long, à commencer par le fait que si les protagonistes sont tous issus de Princeton, ils n’en sont pas moins de sacrés crétins et que cette affaire ne les a d’évidence pas rendus plus intelligents. C’est sans doute là la plus grande faiblesse de ce roman : il est nécessaire d’accepter l’idée que les personnages que l’on a en face de soi sont des idiots et ont agi en conséquence.

Le système d, Nathan Larson

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 02 Juillet 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Asphalte éditions

Le système D (The Dewey Decimal System), traduit par Patricia Barbe-Girault, juin 2014, 256 p. 21 € . Ecrivain(s): Nathan Larson Edition: Asphalte éditions

Dans un New York ravagé après une pandémie de grippe et des attaques terroristes, Dewey Decimal, ancien soldat, amnésique, hypocondriaque, paranoïaque, affligé de troubles obsessionnels compulsifs mais aussi bibliophile vivant dans la bibliothèque municipale, est l’exécuteur des basses œuvres du procureur de la ville. Quand ce dernier lui demande d’éliminer un gangster ukrainien, Decimal part en chasse. Mais, comme de bien entendu, rien ne va se passer comme prévu et le héros ne va pas tarder à s’apercevoir que sa mission est autrement plus dangereuse et complexe que ce que lui en a dit son commanditaire.

Errant dans cet New York post-apocalyptique d’autant plus inquiétant que l’auteur ne cherche pas à trop en faire et instaure une ambiance pesante par le biais de descriptions et réflexions elliptiques, Dewey Decimal, personnage de science-fiction et de roman noir quelque part entre Robocop et John McClane est, plus que l’intrigue – minimale bien qu’alambiquée – ce qui fait l’intérêt du Système D. Personnage attachant bien que doué d’une conscience qui ne l’embarrasse finalement qu’assez peu hormis lorsqu’il se trouve obligé d’éliminer quelqu’un qui ressemble un peu trop à ce qu’il suppose être son ancien lui, soldat perdu à tel point qu’il a fini par se complaire dans ce nouveau lui qui lui permet de remodeler celui qu’il a pu être selon ses désirs ou l’expression de son subconscient, Dewey Decimal se révèle complexe et fascinant.

Marseille Noir, nouvelles noires présentées par Cédric Fabre

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 07 Juin 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Asphalte éditions

Marseille Noir, anthologie de nouvelles noires inédites présentée par Cédric Fabre, mai 2014, 256 p., 21 € Edition: Asphalte éditions

 

 

Tout écrivain est un jour ou l’autre géographe de son propre corps – s’il a lu Montaigne – mais aussi de sa ville, qu’elle soit réelle ou imaginaire. Les écrivains de romans noirs, qui ont le réel chevillé à la plume, ont depuis toujours attaché grande attention aux rues et aux places qu’ils parcourent chaque jour. Qui peut oublier le Paris de Léo Malet et de son détective Nestor Burma, qui arpente les arrondissements de la capitale, du Soleil naît derrière le Louvre, en passant par Micmac moche au Boul’ Mich’, ou encore Brouillard au pont de Tolbiac et Corrida aux Champs-Elysées pour sa série des Nouveaux Mystères de Paris. La ville ne dort jamais sous la plume de l’écrivain, et si elle s’assoupit, on a toutes les chances de penser que de bien vilaines choses s’y trament.

La cause était belle, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Vendredi, 30 Mai 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Calmann-Lévy

La cause était belle (Worth Dying For) trad. de l’anglais (GB) par William Olivier Desmond, avril 2014, 396 p. 21,50 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

 

Tout est dans le titre et dans des citations comme celle-ci :

« Les soins d’urgence codifiés par les médecins de l’armée dans ce cas-là sont la respiration artificielle et des compressions externes de la poitrine, quatre-vingts à la minute et le temps qu’il faut, mais Reacher avait pour règle personnelle de ne jamais chercher à ressusciter un type qui venait de braquer une arme sur lui. C’était là un principe sur lequel il était même plutôt inflexible ».

On est donc là dans de la pure série B d’action, une sorte d’Agence tout risque littéraire dans laquelle Jack Reacher fait office à la fois d’Hannibal Smith, de Barracuda et de Futé (on peut aussi ajouter un zeste de McGyver au passage). Mais s’il aime bien entendu qu’un plan se déroule sans accroc, Jack Reacher, vétéran de la police militaire, a le chic pour s’attirer des ennuis et être là où il ne faut pas être au moment où il ne faut pas y être.

Je suis le Libanais, Giancarlo De Cataldo

Ecrit par Yan Lespoux , le Jeudi, 22 Mai 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié, Italie

Je suis le Libanais (Io sono il Libanese, 2012), traduit de l’italien par Paola de Luca et Gisèle Toulouzan, mai 2014, 127 p. 14 € . Ecrivain(s): Giancarlo De Cataldo Edition: Métailié

 

 

1976. Dans la cour de la prison où il purge une petite peine, le Libanais sauve la vie du neveu d’un boss de la Camorra. Pour l’ambitieux jeune truand romain, cet acte quasi fondateur est peut-être un marchepied vers le pouvoir. D’autant plus que l’oncle de l’homme qu’il a sauvé est prêt à le mettre sur un gros coup, un trafic de drogue qui pourrait s’avérer très lucratif. Mais il faut d’abord investir et, au sortir de la prison, remettre sa bande en ordre de marche afin de faire rentrer l’argent qui permettra à ces jeunes loups aux dents longues de se faire un nom dans la pègre romaine.

Après Romanzo Criminale et La saison des massacres, Giancarlo De Cataldo revient donc vers les personnages qui ont fait son succès et poursuit la peinture de sa fresque criminelle romaine en revenant aux origines.