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La Havane noir, recueil de nouvelles présenté par Achy Obejas

Ecrit par Victoire NGuyen , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Nouvelles, Asphalte éditions

La Havane noir, nouvelles présenté par Achy Obejas et traduit de l’Espagnol (Cuba) par Olivier Hamilton, et de l’Anglais (USA) par Marthe Picard, 2013, 312 pages, 22 € Edition: Asphalte éditions

 

La Havane démythifiée


La Havane Noir est un ouvrage de dix-huit nouvelles de longueurs inégales. Elles ont toutes été écrites par des auteurs cubains contemporains ou d’origine cubaine vivant aux Etats-Unis. Cet opus est scindé en quatre parties. Chacune est dotée d’un titre et contient entre quatre et cinq nouvelles qui répondent avec finesse à la problématique posée en filigrane dans le titre des sections.

Achy Obejas a ici le souci de la cohérence. Elle veut mettre en exergue tous les aspects de sa Havane natale. En effet, dès le titre de sa préface Un cœur sauvage, tout est dit. Le fil conducteur du recueil dans sa globalité est donné. Elle n’entend pas présenter ici la Havane fantasmée, désirée ou exotique que les touristes occidentaux ont tant de fois déclamée :

Ce qui n’est pas écrit, Rafaël Reig

Ecrit par Virginie Neufville , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne, Métailié

Ce qui n’est pas écrit, traduit de l’espagnol par Myriam Chirousse, janvier 2014, 238 pages, 18 € . Ecrivain(s): Rafael Reig Edition: Métailié

 

Carmen, éditrice, a quitté le père de son enfant Jorge, un certain Carlos Mendoza. Ce dernier a depuis refait sa vie avec une première conquête, de loin sa cadette, mais il n’a toujours pas digéré la rupture. Homme faible et influençable, violent, en proie parfois à des pulsions perverses, il noie ses difficultés de communications dans le whisky.

A défaut de résoudre ses problèmes avec les femmes de sa vie, il décide de faire de son adolescent de garçon l’homme qu’il n’a jamais été. Or, Jorge n’a pas le physique de l’emploi : il est en surpoids, toujours dans les jupes de sa mère, et c’est un peureux, surtout lorsqu’il se retrouve seul avec son père :

« Peur. Elle était toujours là. A presque quinze ans. Jorge avait déjà perdu l’espoir mais il avait encore peur. Son père n’allait pas changer, il n’y avait rien à faire, et en sa présence Jorge se sentait terrifié, le cœur à l’affût, il ne voyait pas non plus de solution à ça ».

Joe, Larry Brown

Ecrit par Yan Lespoux , le Samedi, 05 Avril 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Gallmeister

Joe, trad. de l’anglais (USA) par Lili Sztajn, mars 2014, 333 pages, 10 € . Ecrivain(s): Larry Brown Edition: Gallmeister

 

À l’occasion de la sortie française de l’adaptation cinématographique du roman de Larry Brown, les éditions Gallmeister ont la bonne idée de publier Joe, initialement paru chez Gallimard, dans une traduction révisée.

Joe, qui a donné son nom au roman, vit dans un patelin du Mississipi. Repris de justice, alcoolique, toujours amoureux de la femme qui l’a quitté mais coureur, il a aussi la sensation d’être un homme libre.

« On peut pas vivre vingt ans avec quelqu’un sans le connaître, comme moi je la connais. Elle va tout le temps à l’église et moi jamais. Elle aime pas être avec des gens qui boivent, elle aime même pas sentir l’odeur de l’alcool. Moi je bois, et j’aime ça. C’est tout. Si t’es obligé de te disputer avec quelqu’un jour après jour, tu finis par en avoir marre de vivre avec lui. Et ça change rien si tu l’aimes ».

Tendre comme les pierres, Philippe Georget

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Mardi, 01 Avril 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jigal

Tendre comme les pierres, février 2014, 344 pages, 19 € . Ecrivain(s): Philippe Georget Edition: Jigal

 

 

La Jordanie, Pétra, le Wadi Rum, les Bédouins, la silhouette de Lawrence d’Arabie en arrière-plan…

Philippe Georget a choisi ces lieux et ces personnages avec soin et amour pour situer l’intrigue de son dernier roman Tendre comme les pierres.

Lionel Terras, ancien grand reporter de guerre, travaille désormais, la cinquantaine bien sonnée, pour une société de production audiovisuelle spécialisée dans le documentaire d’entreprise, ZêtaComTV. Un reportage est prévu sur un chantier de fouilles à Pétra, dirigé par un vieil archéologue français de 82 ans, le professeur Rodolphe Moreau. Un job alimentaire pour un Terras aux fins de mois difficiles, un travail sans surprises, qui ne devrait pas poser de problème particulier. Mais, lorsqu’il cherche à contacter l’archéologue, il découvre que celui-ci vient d’être jeté en prison, accusé de pédophilie.

Après la guerre, Hervé Le Corre

Ecrit par Yan Lespoux , le Mercredi, 26 Mars 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Rivages/Thriller

Après la guerre, mars 2014, 524 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): Hervé Le Corre Edition: Rivages/Thriller

 

« Neuf meurtres en dix mois, un tueur particulièrement déterminé et violent en liberté, c’est beaucoup pour une ville comme Bordeaux qu’on tient pour calme et ordonnée, capitale de la modération politique, avec par le passé une Gestapo efficace et une police politique redoutable et redoutée, une résistance hachée menue, des Juifs dûment raflés, une belle proportion de salauds, de traîtres et d’immondes canailles passés pour la plupart à travers les mailles au moment de l’épuration, et maintenant dirigée par ce maire jeune et beau, au physique de représentant en aspirateurs, résistant irréprochable, chargé par de Gaulle de retaper la virginité de cette grande traînée et de sa marmaille morveuse de bourgeois, de négociants en vin, de flics, de journalistes locaux toujours contents au bout de leur nouvelle laisse ».

En ces années 1950, Bordeaux n’est pas encore tout à fait la « belle endormie » et, alors que les conscrits partent en Algérie, et que les navires marchands continuent pour peu de temps à faire escale du côté de Bacalan, elle bruisse encore parfois des soubresauts des vieux comptes mal réglés de l’Occupation.