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La fille dans l’escalier, Louise Welsh

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Février 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Métailié

La fille dans l’escalier (The Girl on the Stairs), octobre 2014, traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller, 256 pages, 18 € . Ecrivain(s): Louise Welsh Edition: Métailié

 

 

La fille dans l’escalier est un thriller original et inquiétant, la plongée dans la folie d’une future mère, persuadée de pouvoir sauver une gamine paumée, au détriment de sa propre vie et du devenir de son enfant à naître.

Jane est Anglaise. Elle a suivi sa compagne Petra à Berlin, sa ville d’origine. La voici coupée de son univers, sans travail, enceinte de six mois, dans un appartement de luxe certes mais isolée et désœuvrée. Son allemand est plus que rudimentaire et elle a du mal à communiquer avec les habitants. Ce n’est pas la présence de son jovial beau-frère ou de sa belle-sœur, mère épanouie mais effacée, qui peuvent remplir ses journées. Petra travaille beaucoup et les accrochages deviennent réguliers. Sautes d’humeur liées à la grossesse ? Bizarrerie profonde de Jane ? Le lecteur la voit glisser peu à peu dans un monde de soupçons, d’hypothèses et d’actions irréfléchies jusqu’à tourner à l’obsession.

Red Fury, George Pelecanos

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 17 Février 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Calmann-Lévy

Red Fury (What It Was) janvier 2015, traduit de l’anglais (USA) par Denis Beneich, 233 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): George Pelecanos Edition: Calmann-Lévy

 

Apparu furtivement dans un précédent roman de George Pelecanos il y a de cela quelques années (Les jardins de la mort, 2008), Robert Lee Jones, dit Red Fury, est un de ces gangsters poussés autant par le désir de devenir des légendes que par un instinct de mort.

« Le lustre de la carrosserie et les plaques personnalisées rendaient facile l’identification du véhicule partout en ville, mais Robert Lee Jones s’en fichait. L’important, pour lui, c’était qu’on se souvienne de lui et que ce qu’il faisait soit fait avec classe ».

Le roman débute ainsi par le meurtre sur commande par Jones d’un junkie testeur de drogue pour remonter vers son fournisseur et le dépouiller, tout cela avec la complicité de sa compagne Coco, tenancière de bordel de son état. Puis, grisé, Jones se lance en ce printemps 1972 dans une fuite en avant semée de sang et de violence avec à ses trousses l’inspecteur Vaughn et un jeune détective privé, Derek Strange.

Dieux de la pluie, James Lee Burke

Ecrit par Yan Lespoux , le Lundi, 09 Février 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/Thriller

Dieux de la pluie (Rain Gods), janvier 2015, traduit de l’anglais (USA) par Christophe Mercier, 528 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): James Lee Burke Edition: Rivages/Thriller

Le lecteur français a découvert Hackberry Holland l’an dernier à l’occasion de la traduction en français de Déposer glaive et bouclier, roman publié aux États-Unis en 1971. Le personnage, dans ce roman de jeunesse, évoquait une esquisse de Dave Robicheaux, un personnage pas encore abouti. De la même manière, Billy Bob Holland (oui, le cousin de Hackberry qui est lui-même le descendant direct du Son Holland de Texas Forever), que James Lee Burke a commencé à mettre en scène il y a quelques années, semblait être un personnage qui, pour être nouveau, demeurait extrêmement proche dans ses attitudes comme dans sa philosophie de la vie, du policier cajun.

Aussi ne fera-t-on pas durer plus longtemps le suspense : le Hackberry Holland que James Lee Burke retrouve ici près de quarante ans après Déposer glaive et bouclier reste incontestablement un avatar de Robicheaux. Comme ce dernier, il demeure profondément marqué par la guerre, par son alcoolisme, la perte de son épouse et, sous des dehors de vieux sage fataliste peine à accepter la violence du monde dans lequel il vit. La seule différence patente avec le héros louisianais de Burke est peut-être le fait que Hackberry cède bien moins facilement à la fureur.

Posthume et Sacrificielle, Pascale Remy

Ecrit par Julien Bouton , le Lundi, 12 Janvier 2015. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, L'Harmattan

Posthume et Sacrificielle, mai 2014, 146 pages, 14,50 € . Ecrivain(s): Pascale Remy Edition: L'Harmattan

 

« Mark Culpin, artiste britannique contemporain, a connu son heure de gloire. Retiré sur une île du large de l’Écosse, il convoque son biographe, Scott Parson, pour lui faire des révélations. Mais une fois sur place, l’artiste gît sans vie sur une toile vierge. Dans une lettre qu’il a laissée avant de mourir, il presse son agent de mettre la toile ensanglantée aux enchères. Son œuvre intitulée Posthume et Sacrificielle s’arrache à plus de 150 millions de livres sterling. Mark Culpin s’est-il jeté de sa mezzanine de son plein gré ? Et si Posthume et Sacrificielle n’était qu’une odieuse mise en scène ? »

Premier roman de l’écrivain Pascale Remy, Posthume et Sacrificielle est construit autour de ces deux questions. L’auteur prend le temps de présenter le contexte et la situation avant la mort de Culpin, pour que l’on puisse comprendre les personnages de l’artiste dérangé et de son biographe, un journaliste spécialisé dans les interviews des grands de ce monde.

À la frontière entre investigation journalistique et enquête policière, Scott Parson va tenter de démontrer que son hypothèse, selon laquelle Mark Culpin n’a pas fait le grand saut de son plein gré, est vraie.

Yugurthen, Bertrand du Chambon

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 04 Décembre 2014. , dans Polars, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Seuil

Yugurthen, Seuil Roman Noir, octobre 2014, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Bertrand du Chambon Edition: Seuil

 

« En regagnant le parking, il souriait. Il se sentait comme un passager clandestin. Qui aurait pu devenir ? Yugurthen Saragosti, juif et berbère, inspecteur de police au commissariat du 1er arrondissement, suivait les préceptes des sages ismaéliens, et d’un groupe de prière animé par des soufis. Parfois même, déguisé, il se rendait à la mosquée, pour garder le contact. Et d’autres fois il se rendait à la synagogue. Certains jours, Dieu était là ».

La littérature noire est toujours une question de style, de personnages et de langue. Marseille et Paris en savent quelque chose. Elles ne s’opposent pas seulement sur les terrains de football – le style, sur le climat, le mistral affute l’imagination, le soleil la fixe. Mais aussi sur le territoire des opérations, enquêtes, meurtres, vols, truands, dealers et flics – la langue. Marseille ou la démesure des règlements de compte, vieux souvenir de la French Connection, comme si parfois les voyous se prenaient pour des personnages du Parrain, de la folie, qui est tout sauf douce, dans la violence mafieuse. Dans les années 90, Montale ne pouvait opérer et rêver qu’entre le Panier et le Vieux-Port ;