Identification

En Vitrine

Elise et Lise, Philippe Annocque

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 21 Février 2017. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Quidam Editeur

Elise et Lise, février 2017, 132 pages, 14 € . Ecrivain(s): Philippe Annocque Edition: Quidam Editeur

 

Elise et Lise est une histoire apparemment simple et limpide qui raconte aussi « autre chose que ce qu’elle raconte ». Une histoire d’ombres, d’échos et de reflets cultivant savoureusement l’ambiguïté et l’ambivalence, et où s’entremêlent vertigineusement d’autres histoires. C’est un conte moderne, un « conte sans fée » si ce n’est l’auteur, ce magicien au travers duquel s’élabore toute une alchimie lui échappant en partie.

Philippe Annocque s’y interroge sur la maîtrise de nos existences, sur la singularité de nos vies et sur la vérité de nos choix comme sur la maîtrise de ses propres histoires, et il y éclaire cette frontière fragile entre le vrai et le faux, entre la réalité et l’imagination que notre mémoire si faillible nous fait souvent confondre.

Qui sommes-nous donc ? Sommes-nous les héros victorieux de nos vies qui mériteront le repos éternel des champs Elyséens ou de simples « ombres errantes » à la recherche de modèles à imiter et à supplanter, ou se laissant inconsciemment traverser par eux ? Vivons-nous réellement ou seulement à travers les autres, comme « par procuration » ?

Dieu, Allah, moi et les autres, Salim Bachi

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Lundi, 20 Février 2017. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb, Récits, Gallimard

Dieu, Allah, moi et les autres, janvier 2017, 180 pages, 16 € . Ecrivain(s): Salim Bachi

 

Rompant avec une œuvre essentiellement romanesque initiée en 2001 par la publication remarquée du Chien d’Ulysse, ce dernier opus de Salim Bachi, auteur d’origine algérienne installé à Paris depuis une vingtaine d’années, est un récit très personnel où il nous raconte sa vie partagée entre l’Algérie et la France, s’interrogeant avec sincérité et lucidité sur sa religion, son rapport aux femmes et son destin d’écrivain. Un récit autobiographique empreint d’ironie et d’autodérision, de colère puis d’apaisement et dont émane, au-delà de sa vitalité, une profonde mélancolie.

Mort et vie, d’emblée intimement mêlées (tant du fait de la mort fondamentale de sa petite sœur que de sa propre maladie) sont au cœur de ce livre dont le déclic fut pour Salim Bachi le décès de son ami Hocine Ammari qui emporta avec lui tout un pan de lui-même : celui de sa jeunesse étudiante au cœur des années noires, de ce « féroce appétit de vivre et d’échapper à la guerre », que retraçait déjà son premier roman dont Hocine, le narrateur principal, accompagnait Mourad, son double fictionnel. Et « ce livre est en partie une tentative de sauvetage de ce qui n’est plus ».

2017, année Baudelaire ! Appel à contributions écrites

, le Lundi, 13 Février 2017. , dans En Vitrine, La Une Livres

 

 

Charles Baudelaire a quitté ce monde il y a 150 ans cette année, mais son œuvre est plus lue, plus présente, plus moderne que jamais. La Cause Littéraire célèbrera ce centenaire et demi tout au long des mois qui viennent et jusqu’au 31 août, jour de la mort du poète. Poèmes, articles, photos, documents évoquant l’œuvre et la vie de Baudelaire seront publiés régulièrement. Exceptionnellement, pour cet événement, nous ouvrons nos colonnes à des plumes extérieures. Si Baudelaire vous inspire, des textes, des analyses, des anecdotes etc., envoyez vos contributions au comité de rédaction de La Cause Littéraire (redaction@lacauselitteraire.fr), elles seront lues et, éventuellement, retenues pour publication. A vos plumes ! Des livres offerts récompenseront les auteurs publiés !

 

2017 sera Baudelaire ou ne sera pas !

 


Seules les bêtes, Colin Niel

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 11 Février 2017. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Le Rouergue

Seules les bêtes, janvier 2017, 224 pages, 19 € . Ecrivain(s): Colin Niel Edition: Le Rouergue

 

« La tourmente.

Oui, certains disaient qu’Evelyne Ducat avait été emportée par la tourmente, comme autrefois. La tourmente, c’est le nom qu’on donne à ce vent d’hiver qui se déchaîne parfois sur les sommets. Un vent qui draine avec lui des bourrasques de neige violentes, qui façonne les congères derrière chaque bloc de roche, et qui, disait-on dans le temps, peut tuer plus sûrement qu’une mauvaise gangrène ».

Seules les bêtes est ce roman de la tourmente. Le roman du vent glacial qui saisit les hommes et les femmes du plateau, qui vient griffer ce territoire oublié, perdu, saisi par le givre. La tourmente des corps et des âmes est au cœur de ce roman polaire. Une femme disparaît dans la tourmente, seule reste sa voiture abandonnée, et cette étrange disparition va révéler ces vies, ces rêves, ces fantasmes qui sommeillent entre les fermes sombres et isolées, dans les ornières des chemins boueux, et dans les bergeries où se blottissent les brebis.

Le silence pour toujours, Stuart Neville

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 09 Février 2017. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Iles britanniques, Roman, Rivages

Le silence pour toujours (The Final Silence), janvier 2017, traduit de l’anglais par Fabienne Duvigneau, 316 p. 22,50 € . Ecrivain(s): Stuart Neville Edition: Rivages

 

Retrouver Stuart Neville et son flic préféré, Jack Lennon, c’est comme replonger au fond du gouffre le plus noir. On sait peut-être ce qui nous y attend, mais à chaque nouveau livre, il semble que l’obscurité se fait plus opaque, plus glaciale.

Jack Lennon va mal. Ce n’est pas nouveau pour ce personnage poissard, ambigu, violent. Mais son mal s’est encore aggravé. Il est en morceaux, au plan physique et plus encore au plan psychique. Il n’est peut-être pas (encore) fou, mais il flirte dangereusement avec les pathologies mentales les plus graves. Sa vie est un enfer qui tourne comme un cycle fatal : pour supporter la douleur (physique) il avale des antalgiques puissants – non prescrits par ordonnance – ce qui accroît sa douleur (mentale). Une descente en enfer vécue dans la solitude. Sa « compagne » du moment, Susan, ne veut plus de lui, n’en peut plus de lui. Elle a accueilli Lennon avec sa fille Ellen en espérant recomposer une famille (elle-même a une fille). Mais alcool, drogues, désespoir ont fait de Lennon une loque et elle n’en veut plus.