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Le Monde d’Hier, Stefan Zweig

Ecrit par Didier Smal , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Langue allemande, Folio (Gallimard)

Le Monde d’Hier, avril 2016, trad. allemand Dominique Tassel, 592 pages, 7,70 € . Ecrivain(s): Stefan Zweig Edition: Folio (Gallimard)

 

 

Exilé au Brésil, à la veille de son suicide, Stefan Zweig (1881-1941) envoie à son éditeur un manuscrit qui ne contient pas tant ses mémoires que son témoignage sur les changements qu’a connus l’Europe depuis la fin du XIXe siècle, témoignage doublé d’une réflexion aiguë et pertinente sur ces changements : Le Monde d’Hier. Incidemment, ce livre peut aussi être lu comme un testament personnel à l’intention de tous (ce que Zweig veut laisser comme vision d’une Autriche et d’une Europe défuntes à un monde alors plongé en plein dans l’horreur de la Deuxième Guerre mondiale) et comme une explication à ce terrible geste ultime (Zweig, en tant que Juif désormais stigmatisé comme tel et apatride, ne trouve plus sa place, lui qui a dû abandonner plusieurs vies derrière lui, toutes celles qu’il a menées et celles qu’il a côtoyées).

A propos de "Lettres sur la littérature", Walter Benjamin, par Sanda Voïca

Ecrit par Sanda Voïca , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans En Vitrine, Les Dossiers, Etudes, La Une CED

Lettres sur la littérature, Walter Benjamin, Editions Zoé, mars 2016, édition établie et préfacée par Muriel Pic, trad. allemand avec Lukas Bärfuss, 2016, 160 pages, 15 €

Il s’agit d’une première éditoriale : sept lettres de Walter Benjamin, adressées au philosophe Max Horkheimer, entre 1937-1940, réunies dans un volume. Ce ne sont pas, pour la plupart, des lettres inédites, car publiées soit dans les œuvres complètes, en allemand et en français, soit dans des volumes de correspondance incluant une partie d’entre elles, etc.

Et d’autres lettres ont été échangées entre temps, entre les deux écrivains, les allusions dans les lettres ci-publiées étant nombreuses.

Mais cela n’enlève rien à l’originalité et à l’intérêt de ce recueil, au contraire : Walter Benjamin ne sera jamais assez lu et étudié, sa pensée et son écriture, réputées fragmentaires, restent toujours énigmatiques et intéressantes, pour ne pas dire fondamentales pour la pensée contemporaine dans de nombreux domaines. La moindre phrase écrite par Walter Benjamin constitue cette nourriture dont il parle lui-même, la citation étant même mise sur le rabat de la première de couverture : « La conscience morale affaiblie de l’humanité a surtout besoin de nourriture – et non de remède ». Cette phrase provient de la sixième de ces lettres et a été écrite après la lecture d’un texte d’Adrienne Monnier, « A propos de l’antisémitisme ».

Femmes !, par Mokhtar El Amraoui

Ecrit par Mokhtar El Amraoui , le Vendredi, 29 Avril 2016. , dans En Vitrine, Ecriture, Création poétique, La Une CED

 

 

L’impossible ne peut être femmes !

Nous aurons toujours la taille de nos rêves !

Nous rejoindrons, de notre florale impatience,

Dans la lumière de nos espérances,

Le suc flamboyant des étoiles

Et le rire assourdissant des dansantes comètes !

Nos fièvres habillées des houles des naissances

Injection mortelle, Jim Nisbet

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman, Rivages/noir

Injection mortelle (Lethal Injection), janvier 2016, trad. américain Freddy Michalski, 269 pages, 8 € . Ecrivain(s): Jim Nisbet Edition: Rivages/noir

 

Les trois premiers chapitres de ce livre vont vous poursuivre longtemps. Leur noirceur, leur violence et – malgré tout – leur bouleversante humanité sont de ces moments de littérature qui entrent dans le panthéon imaginaire des lecteurs. Ils constituent aussi la matrice narrative qui va déployer les lignes de tension de tout le roman : la culpabilité, la quête de rédemption, le châtiment.

Bobby Mencken est au bloc des condamnés à mort. Il attend. C’est imminent. Le prêtre est là, qui radote. Bobby s’en fiche. Il regarde son seul ami dans sa cellule : un cafard.

« Le cafard se tenait là avec ses six bas carmins et son fuselage zébré, à jouer de ses antennes, comme s’il battait la mesure de la prière qui descendait sur lui des hauteurs des cintres, presque comme un acteur sur sa scène, où les jambes noires du prêtre seraient les tentures d’une chapelle funéraire. Matilda le cafard, petite maîtresse du temps et de l’espace, qui savait aller et venir en ces lieux à son gré, témoignage d’un idéal de survie élégante et sans effort ».

L’historien et le romancier : Benjamin Stora et Alexis Jenni face à la mémoire de la guerre d’Algérie

Ecrit par Farid Namane , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans En Vitrine, Les Dossiers, Etudes, La Une CED

« Pour l’homme, le passé ressemble singulièrement à l’avenir. Lui raconter ce qui fut, n’est-ce pas presque toujours lui dire ce qui sera ? »

Honoré de Balzac, La Recherche de l’Absolu

 

Dans la récente réédition du livre Le Transfert d’une mémoire (1) de Benjamin Stora, on trouve un entretien, sous le titre Les Mémoires Dangereuses, entre l’auteur (Stora) et l’écrivain Alexis Jenni (prix Goncourt 2011) à propos de la place de la « guerre d’Algérie » à l’époque contemporaine. Dans ce long entretien, l’écrivain et l’historien décortiquent l’actualité sociopolitique française et son rapport à l’histoire et à la mémoire de la « guerre d’Algérie ». Cet entretien a le mérite de confronter deux manières de voir les choses ainsi qu’une analyse de l’histoire passée et récente, ce qui permet d’avoir de multiples angles d’analyse. La relation ambigüe que la France a entretenue – et entretient – avec cette guerre, a-t-elle une répercussion sur la société française notamment dans les milieux immigrés ? Oui, dira Benjamin Stora : cette guerre a pendant longtemps été refoulée dans l’oubli « programmé » par la politique française, et ses conséquences ne cessent de refaire surface dans la société française contemporaine.