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Les coups de coeur 2014 de la Rédaction - Liste complète

Ecrit par La Rédaction , le Samedi, 20 Décembre 2014. , dans En Vitrine, Les Livres, La Une Livres

Les rédactrices et rédacteurs de la Cause Littéraire vous proposent leurs « coups de cœur » de l’année 2014.

38 livres à offrir et à déguster ! Bonnes fêtes à tous nos lecteurs !

Nadia AGSOUS : L'Ecole et les Enfants de l'immigration, Abdelmalek Sayad, (Seuil)

A travers cet ouvrage posthume, le sociologue Abdelmalek Sayad déconstruit, d'un point de vue intellectuel, les perceptions dominantes relatives à la scolarisation des enfants issus de l'immigration. Ecrits entre 1977 et 1997, ces textes figuraient, sous forme manuscrite ou dactylographiée, dans les archives du sociologue confiées à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration (CNHI).

 

Odile ALLEGUEDE : Le Manuel d’Alfred, Emmanuel de Careil (éditions Dangles)

Un essai ludique et « interactif » pour petits et grands sur les fabuleux pouvoirs de la pensée. « Alfred » distribue ses conseils dans un guide sympa pour réussir ses études, sa carrière, son couple, sa vie quoi !

Aristote, Œuvres en la Pléiade

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 25 Novembre 2014. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Bassin méditerranéen, La Pléiade Gallimard

Aristote, Œuvres, Ethiques, Politique, Rhétorique, Poétique, Métaphysique, Edition publiée sous la direction de Richard Bodéüs, novembre 2014, 1664 pages, 61 € jusqu’au 28 février 2015 Edition: La Pléiade Gallimard

 

Parions pour commencer qu’il s’agit là d’un bain de Grèce, comme l’on parle d’un bain de jouvence, où la vitalité du penseur de Stagire gagne par strates celle du lecteur. Une nouvelle vitalité portée par le Temps et son déroulement, par ses successifs traducteurs, commentateurs, « le maître de ceux qui savent » pour Dante, et passeurs. Parions qu’une pensée molle, comme certaines têtes, ne résiste pas à ce passage du Temps, et qu’à l’inverse, une pensée dure – qui embrasse l’éthique, le politique, la physique, la métaphysique et la mathématique – ne cesse de prouver son actualité, notamment par son étude précise de la multiplicité du réel. Aristote, « le philosophe », est cela et plus encore, et cette édition de la Pléiade des Œuvres le vérifie par la vérité de l’œuvre mise à jour dans l’organisation de son Corpus, la mise à l’épreuve du réel par l’Athénien, et la finesse de sa mise en lumière par les nouveaux passeurs-traducteurs que réunit Richard Bodéüs.

Les terres du couchant, Julien Gracq

Ecrit par Anne Morin , le Mardi, 18 Novembre 2014. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les terres du couchant, Editions Corti, octobre 2014, 258 p. 20 € . Ecrivain(s): Julien Gracq

 

Œuvre de publication posthume, dans ces Terres du couchant, comme dans toutes les œuvres de Julien Gracq, le personnage principal, la fonction narrative, fait montre d’un singulier détachement. Cette fois-ci, rien n’arrive par lui, c’est le guetteur attentif, sans nom, de l’événement, presque un correspondant de presse, ou de guerre.

Cette œuvre, remisée par Gracq, aurait dû prendre place entre Le Rivage des Syrtes, où Aldo appelle l’événement, le provoque, et le Balcon en forêt, où l’aspirant Grange le voit venir à lui.

Comme toujours encore, la richesse stylistique donne vie à un lexique qui s’anime :

« Un instant les souffles se taisaient pour laisser hésiter le point suprême, le rayon vert de la journée d’embellie – un rai miellé coulé au ras du sol qui engluait d’un fil d’or chaque brin de la fourrure soufflée et respirante – puis la fraîcheur tombait en nappe, les ombres dévalaient des haies submergées, couraient maintenant comme une marée ; la campagne se claquemurait. La nuit soudain était là, assise au bord des mares, la jour immobile contre le reflet louche où les bêtes vont boire » (p.58).

Je m’appelle Mina, David Almond

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans En Vitrine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Gallimard Jeunesse

Je m’appelle Mina, Folio Junior, mai 2014, traduit de l’anglais par Diane Ménard, 318 pages, 7 € . Ecrivain(s): David Almond Edition: Gallimard Jeunesse

 

 

Je m’appelle Mina est un véritable petit joyau, d’une rare luminosité, précieux dans sa sensibilité, sa justesse, la délicatesse, avec lequel il aborde des sujets difficiles comme la mort, le deuil, la différence, la difficulté d’être, la peur des autres, la tentation du suicide ; des sujets sombres et pourtant ce livre est illuminé de l’intérieur, habité d’une joie profonde. Il offre à travers le prisme – et quel prisme ! – des pensées de Mina, un merveilleux hommage à ce qui fait de nous des êtres véritablement humains : le questionnement, la beauté de la vie et de tout être vivant, l’amour, l’amitié, l’imagination, le sens poétique, le goût de l’aventure et de la liberté, la quête d’identité, l’authenticité et la force de surmonter ses peurs.

Merci ! par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans En Vitrine, Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Quand il ne dort pas, un pays peut rêver. Et au final, le pays a toujours besoin de deux histoires : l'une pour le passé et l'autre pour croire en lui-même. Une success-story. Quelque chose qui raconte que l'on peut partir d'un mot, d'un village, d'un coin, et arriver à planter son drapeau sur la lune et revenir avec la lune dans sa poche. Un pays, c'est comme un homme : cela rêve de réussir. D'être admiré, d'être applaudi. Pendant quelques semaines, le chroniqueur a vécu ce rêve : le sien et celui des autres, mêlés et presque unanimes.

Une sorte de ferveur. Cela vous bouleverse et vous révèle votre pays comme une terre qui attend une gloire, une reconnaissance, une image. Cela vous révèle ce qui manque le plus : une belle image de soi, un respect. Briller, c'est partir, en règle générale chez nous. Mais cela n'est pas une fatalité. On peut revenir au pays avec une victoire et éclairer les autres parce que l'on cherche à s'éclairer soi-même.