L’Apocalypse est pour demain, pensait-on, en décembre 2012. Le calendrier maya était formel. C’est du moins ce qu’affirmaient quelques illuminés, dont la presse mondiale s’était fait le relais. L’un des motifs – sans doute le plus farceur – du dernier roman de Jean Claude Bologne, Fermé pour cause d’Apocalypse, est la date du 21/12/2012. Lorsque Léon-Joseph Massoulat, syndicaliste virulent, arrive aux portes de l’Enfer, « l’apocalypse avait bien été programmée, la fin des temps décidée, le jugement universel précipité ». L’Enfer se prépare à accueillir le flot des nouveaux entrants, mais Massoulat « se sentait l’Élu, l’avocat des pauvres comme devant les prud’hommes. À force de tracasseries administratives, de bon sens buté et de mauvaise humeur, il serait le grain de sable dans la vaste machinerie de l’apocalypse ».
Explorer l’Enfer, et un p’tit coin du Paradis, voilà à quoi est convié le lecteur dans ce roman en forme de farce érudite. On retrouve au fil des pages les démons et Cerbère, le Père-le Fils-le Saint-Esprit en grande discussion, les Danaïdes et les Harpyes. Et on découvre un Léon-Joseph Massoulat qui continue sa mission syndicaliste dans l’au-delà.