Identification

Livres décortiqués

Le Pain, Toufic Youssef Aouad

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Vendredi, 20 Mars 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Actes Sud, Moyen Orient

Le Pain, février 2015, traduit de l’arabe (Liban) par Fifi Abou Dib, 266 pages, 22 € . Ecrivain(s): Toufic Youssef Aouad Edition: Actes Sud

 

 

Un printemps arabe

La première édition du roman date de 1939, et sa nouvelle réédition chez Actes sud permet de mettre en lumière son importance littéraire et historique : Le Pain met en scène l’éveil du nationalisme arabe à travers la résistance héroïque de ses personnages au joug ottoman et à l’injustice sociale qui écrase le pays. En effet, Sami Assem, appelé frère Hanania par la Bande blanche dont il est le chef, est un jeune libanais qui organise des opérations de résistance à l’oppresseur turc, ce qui lui vaut d’abord la prison, dont il parvient à s’enfuir pour retrouver la clandestinité et la lutte armée contre l’envahisseur. Il est aidé de sa fiancée Zeina, personnage féminin plein de courage et de lumière, aux prises avec une belle-mère vénale et avec les lubriques desseins des hommes qui l’entourent.

Les Dessous Chics, Chroniques du courrier Picard 2005-2010, Philippe Lacoche

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 17 Mars 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Anthologie

Les Dessous Chics, Chroniques du courrier Picard 2005-2010, Éd. La Thébaïde coll. Au Marbre, octobre 2014, 343 pages, 20 € . Ecrivain(s): Philippe Lacoche

 

 

Relancées à l’automne 2014 avec leur parution en recueil aux éditions La Thébaïde, ces chroniques déclinées en morceaux choisis des Dessous Chics de Philippe Lacoche font leur effet rock’n’roll/blues décalé, avec leur tracé de la vie culturelle & nocturne picarde, pour les années 2005-2010. L’illustre « marquis » – statut revêtu chaque dimanche pour la chronique par l’écrivain et journaliste au Courrier picard – donne ici de sa plume stylée et vive, trempée dans l’encre d’une nostalgie ensoleillée. Pas moins de cent soixante chroniques ainsi sélectionnées dans Les Dessous chics, pour le plus grand plaisir des lecteurs et… adulées – adorées/fées lubriques et adorables – lectrices). Ces morceaux choisis se dégustent, mets d’un art littéraire et culinaire savoureux, traditionnel et festif, à la bonne table du bien-vivre.

Correspondance avec l’ennemi, Christophe Esnault

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Samedi, 14 Mars 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Correspondance

Correspondance avec l’ennemi, éd. Les doigts dans la prose, janvier 2015, 149 pages, 16 € . Ecrivain(s): Christophe Esnault

 

 

Avant-propos : Correspondance avec l’ennemi est le huitième ouvrage des Éditions Les doigts dans la prose. Mention spéciale pour le graphisme & le design de la 1ère et 4ème de couverture, dont la présentation en avant-dernière page vaut le coup d’œil & de lecture : le livre a été composé au Mans en Titillium par Anne Milet, D.A. de l’Agence Atribu, qui a tiré à boulets rouges sur la couverture, avant d’en confier l’impression à L’Imprimerie Graphique de l’Ouest, sise Chemin des Amours au Poiré-sur-Vie (Vendée), pour démultiplication à 550 ex., sur Munken white print de 80 gr pour l’intérieur, carte Arktika une face mate de 250 gr pour la couverture illuminée par un Pantone rouge sang 485 C, rehaussé d’une touche de noir intense sous son pelliculage mat, la première quinzaine du mois de décembre 2014 ; le tout constituant l’édition originale. L’impression d’image 3D majore le look vraiment réussi de ce bel Objet-Livre.

La Cigogne, Akram Musallam

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Lundi, 09 Mars 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, Moyen Orient, Sindbad, Actes Sud

La Cigogne, janvier 2015, traduit de l’arabe (Palestine) par Stéphanie Dujols, 125 pages, 16,80 € . Ecrivain(s): Akram Musallam Edition: Sindbad, Actes Sud

 

« Il mourut sans lui révéler le secret des cailloux ! » lit-on en phrase liminaire du récit. L’homme qui se cache derrière le pronom, comme le secret de sa vie, ne sont révélés que très progressivement, entraînant le lecteur dans une quête de sens qui correspond à la tentative du personnage éponyme de comprendre le pays où il vit, et qui est tout entier tissé d’absurdités et de limites infranchissables.

C’est en effet sur un secret que s’ouvre ce mélancolique récit, et sur la tentative de « notre ami » la Cigogne pour percer celui des cailloux dans la jarre du grand-père, et de toute l’histoire de l’aïeul, qui se poursuit dans le roman. Le mystère qu’un enfant tente de percer en observant les gestes de son grand-père est nimbé d’une ingénuité dont ne se dépare pas vraiment la Cigogne devenu un homme mûr, et ce double regard de l’enfant et de l’homme fait participer du charme de ce petit roman teinté d’une ironie douce-amère.

Carnet de retour avec la division Leclerc, Pierre Bourdan

Ecrit par Vincent Robin , le Vendredi, 06 Mars 2015. , dans Livres décortiqués, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire, Payot

Carnet de retour avec la division Leclerc, août 2014, 272 pages, 15 € . Ecrivain(s): Pierre Bourdan Edition: Payot

 

La liberté revendiquée, pas à pas exaltée puis peu à peu reconquise… Mais en premier lieu grâce à des petits, des sans-grades, des « seconds couteaux », pour la plupart sans accréditation militaire et donc en pure provenance de la société civile.

En considérant l’attitude incontestablement collaborationniste d’une majorité de Français aux premières heures du second conflit mondial, la vérité d’une aspiration nettement démocratique et défendue seulement par un très petit nombre d’insurgés dépourvus d’armes ne saurait souffrir encore du diktat de l’amnésie entretenue. A la lumière du témoignage du journaliste français Pierre Bourdan sur le sujet de la libération du pays en 1944, remontent au grand jour, presque page après page, les contingences d’une réalité historique profondément escamotée, ainsi qu’elle pourrait se montrer pour la mémoire collective durablement désobligeante. Régulièrement alors, l’éblouissement occidental et militaire du débarquement allié gigantesque et finalement décisif, la massive mais tardive répression armée de l’ignominie nazie auront participé à ce « hold-up » d’un mérite libérateur et d’une gratitude bientôt empochés par les seuls professionnels de guerre. Une telle résolution édulcorante efface pourtant bien amèrement la part déterminante de ces anonymes et modestes acteurs du commun qui se seront consacrés avant cela, corps et âmes, dans une impitoyable lutte contre la barbarie hitlérienne.