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Créé en 1962 sous le nom de Presses Pocket, Pocket est un éditeur généraliste de littérature au format poche dont les collections couvrent tous les genres de la fiction et de la non-fiction.


Le Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui, Pierre Adrian, Philibert Humm (par Lionel Bedin)

Ecrit par Lionel Bedin , le Jeudi, 27 Juin 2019. , dans Pocket, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Voyages

Le Tour de la France par deux enfants d’aujourd’hui, Pierre Adrian, Philibert Humm, juin 2019, 312 pages, 7,50 € Edition: Pocket

 

Deux amis d’enfance, tous les deux nés en 1991, « majeurs mais pas tout à fait vaccinés », ont un jour de 2017 l’envie de faire un tour de France en voyageant sur les traces des frères André et Julien Volden, les jeunes héros du Tour de la France par deux enfants, le livre d’Augustine Fouillée (1833-1923), publié en 1877 sous le pseudonyme G. Bruno, célèbre manuel scolaire de lecture, de géographie, et de morale sous la IIIe République. Le projet de Pierre Adrian et Philibert Humm : « voyager avec ce petit éloge de la sobriété et de la prudence ; passer notre temps à le trahir ». Garder l’idée d’un voyage dans la France des régions, des monuments, des hommes, « à portée de la main », mais dans la France d’aujourd’hui. Les copains et la route plutôt que la Patrie, la maison et la famille. Et faire de ce voyage un « hymne à la promenade » plutôt qu’au travail ou à la morale civique… Bref, « on serait les Kerouac lorrains ».

Les choses, Georges Pérec (par Christian Massé)

Ecrit par Christian Massé , le Lundi, 21 Janvier 2019. , dans Pocket, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les choses, 192 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Georges Perec Edition: Pocket

 

Le roman de Georges Pérec présente le consumérisme (pris au sens sociologique : mode de vie lié à la consommation) comme la seule source de bonheur possible. Psychologues enquêteurs d’opinions publiques sur le dernier bien matériel sorti, Jérôme et Sylvie font l’expérience de sa conquête, vitale, réelle ou fantasmée. Et de l’insatisfaction qui en résulte sur fonds de course à l’argent. Celle-ci  semble justifier l’usage régulier du conditionnel.

… de chaque côté de la table… il y aurait deux fauteuils de bois et de cuir à hauts dossiers. […]. Une 3è table, plus petite, supporterait une lampe suédoise. […]. Un trépied de bois peint porterait une mappemonde de maillechort et de carton bouilli… La vie, là, serait facile (p.17).

… Cette absence de simplicité presque, était caractéristique. […]. Leur amour du bien-être, du mieux-être, se traduisait le plus souvent par un prosélytisme bête : alors, ils discouraient… sur le génie d’une pipe, ou d’une table basse (p.26-27).

… Ils étaient à bout de course, au terme de cette trajectoire ambigüe qui avait été leur vie six ans, au terme de cette quête indécise qui ne les avait menés nulle part, qui ne leur avait rien appris (p.131).

L’Intérieur de la nuit, Léonora Miano

Ecrit par Christian Massé , le Mercredi, 11 Juillet 2018. , dans Pocket, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Afrique, Roman

L’Intérieur de la nuit, 213 pages, 6,95 € . Ecrivain(s): Léonora Miano Edition: Pocket

 

Quelque part en Afrique, des villageois sont pris en otage par des hommes venus du Nord pour faire main basse sur le Sud. Ils s’autoproclament…les Forces du changement ! Les habitants de ce village, Eku, sont coupés du monde par nature et se méfient de Sombé, la grande ville. Les hommes partent loin, là où il y a du travail. Les filles s’y marient très tôt, enfantent et se taisent. Sauf Ayané, fille d’Aama, dite la folle, et Eké, homme bon, qui meurt jeune. Elle part étudier chez les Blancs, des années durant. Elle revient au village enterrer sa mère. Les villageois sont donc captifs, en attente de la décision des Forces du changement… qui semblent aussi attendre… C’est une veillée de morts-vivants en sursis.

Ayané se cache dans un manguier et va assister aux rituels : sacrifice d’un enfant, que les miliciens donnent en repas aux villageois, pour renouer avec les traditions ancestrales. Puis décapitation du chef du village. Les hommes du Nord décident de partir avec les jeunes garçons pour les associer à leur guerre de libération. Les filles aussi sont emmenées, pour des raisons que l’on imagine. Du haut de son manguier, Ayané observe… l’histoire de l’Afrique qui rejoue à ses pieds, ses rituels les plus ancestraux, les plus horribles.

Le salaire de la peur, Georges Arnaud

Ecrit par Christian Massé , le Jeudi, 31 Mai 2018. , dans Pocket, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Le salaire de la peur, Georges Arnaud . Ecrivain(s): Georges Arnaud Edition: Pocket

 

Las Piedras : des cabanes croulantes, des terrains vagues semés de cubes de ciment, de la boue, des moustiques, la malaria. Le Corsario Négro : les Guatémaltèques et les Gringos y ont leurs quartiers et leur muse tarifée. Tous veulent partir de cette ville en loques, et sont prêts à tout pour ça, enfin, ils le disent. Un peu partout, des pick-up, des camions citernes, des derricks. Les pistes, du sable sous les alizés. Plus loin, des pompes à forage, des semi-esclaves qui peuvent disparaître quand ça pète, et le boss. Et la nitroglycérine. Des histoires de carcasse, d’os et d’acier.

Dans ce paroxysme de misère, un jour, un détonateur :

On embauche excellents chauffeurs de camion.

Travail dangereux. Hauts salaires. S’adresser au bureau.

Commence alors un long périple pour quatre hommes, deux par deux. Voyage dans la sueur, autant celle de la chaleur que celle de la peur. Surtout la peur.

Contes et légendes inachevés, Intégrale, J.R.R. Tolkien

Ecrit par Marie-Pierre Fiorentino , le Jeudi, 11 Décembre 2014. , dans Pocket, Les Livres, La Une Livres, Iles britanniques, Fantastique, La rentrée littéraire, Contes

Contes et légendes inachevés, Intégrale, mai 2014, traduction de l'anglais de Christopher Tolkien, 527 pages, 8,80 € . Ecrivain(s): J. R. R. Tolkien Edition: Pocket

 

Histoire vient du grec historia, le récit. Il s’agissait d’abord d’une narration fictive puis Hérodote décida au Ve siècle avant Jésus-Christ que l’histoire raconterait ce qui était arrivé réellement aux hommes pour que le souvenir ne s’en perde pas.

Qui mieux que Tolkien a joué sur cette marge étymologique ? Son lecteur sait pertinemment que tout ce qu’il raconte est né de son imagination mais l’imbrication complexe des événements et la foule de détails réalistes sont troublantes. Le titre Contes et légendes inachevés ne laisse pourtant planer aucun doute sur le degré de fiction des textes qui y sont rassemblés, même si en remontant au passé de la Terre du Milieu, bien connue par les amateurs de la trilogie Le Seigneur des anneaux, Tolkien feint d’être l’historien des trois Âges. Un doute serait pourtant presque permis quand sous le narrateur Tolkien sévissent le généalogiste, le cartographe et le philologue. N’est-il pas le premier auteur de fiction, et en cela un précurseur, à dresser un arbre généalogique, tracer à la main les cartes du lieu où se déroule l’action ou indiquer en note l’étymologie des mots qu’il a inventés ? Simbelmynë, fleurs égayant les tertres funéraires dans la langue des Rohirrim : le rêve commence.