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Hermann

Aujourd’hui présidées par Arthur Cohen et dirigées par Philippe Fauvernier, les éditions Hermann ont retrouvé leur siège d’origine, rue de la Sorbonne. Arthur Cohen dirige la politique éditoriale dans la droite tradition de la maison, tout en ouvrant la ligne des publications.

Le prestige de la maison continue d’attirer à elle de nombreux grands intellectuels d’aujourd’hui, parmi lesquels Michel SerresAndré Comte-SponvilleRoger-Pol DroitPhilippe SollersJacqueline RissetMarcelin PleynetPaul Badura-Skoda ou Bernard Diu.

En 2006, les éditions Hermann renouent avec l’épistémologie avec la création de la collection Visions des sciences.

En 2005, à la rentrée littéraire, Hermann crée un département de littérature générale, Hermann Littérature, inauguré par Philippe Sollers avec, à la rentrée 2007, la publication du premier roman de toute son histoire : Giovanni Pico deGuillaume de Sardes.


La Méguila d’Esther, Gérard Garouste

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Jeudi, 24 Mars 2016. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

La Méguila d’Esther, février 2016, 128 pages, 30 € . Ecrivain(s): Gérard Garouste Edition: Hermann

 

C'est aujourd'hui la fête juive de Pourim qui célèbre Esther, épouse du roi Assuérus.

 

Gérard Garouste dans les « pas » d’Esther

Quoique « canonisé » avec retard peut-être parce qu’il relevait davantage du genre romanesque que de genre historique, le livre d’Esther fait néanmoins partie du patrimoine historique du peuple juif. Qu’importe si les Sages du Talmud l’ont d’abord considéré comme hétérodoxe. L’œuvre est singulière sous son apparence profane : elle fait exception dans la conception du lien entre Dieu et les hommes. Les prières n’existent pas dans ce livre mais uniquement des manifestations qui lui sont associées : « Mardochée déchira ses vêtements, se couvrit d’une silice et de cendres ». Tout au long du récit s’affiche une confiance déterminée dans le salut du peuple juif enraciné dans les textes plus anciens. La Providence est distillée tout au long du récit et c’est elle qui retient Garouste. Comprenant que la situation du secret est de l’ordre de l’exil de la Face le peintre cherche à exhumer le caché, à accorder une rédemption à la trace enfouie dans les ténèbres.

Langage et langue de la poésie française contemporaine, Giovanni Dotoli

Ecrit par Patryck Froissart , le Mercredi, 09 Septembre 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Langage et langue de la poésie française contemporaine, janvier 2015, 335 pages, 30 € . Ecrivain(s): Giovanni Dotoli Edition: Hermann

Qu’est-ce que la poésie ?

Comment définir la spécificité du langage poétique ? Où se situe et comment se manifeste, parmi les diverses fonctions de la langue, la fonction poétique de la langue ? Qu’est-ce qui oppose et qu’est-ce qui unit la poésie française contemporaine et la poésie française classique ?

Giovanni Dotoli, universitaire, critique et poète italien, brillant francophone, parfait connaisseur de l’art poétique français et de son histoire, fouille et trifouille en ce riche ouvrage les œuvres de poètes de tous horizons qui ont choisi notre langue pour en faire leur langage poétique.

Fondant sa réflexion sur l’étude d’un corpus impressionnant d’extraits de poèmes et de professions de foi poétique formulées dans l’espace et le temps de la poésie francophone par un vaste panel de poètes, Dotoli aligne et confronte les multiples fonctions du langage poétique et les représentations innombrables du fait poétique qui s’en dégagent, soit affirmées et revendiquées explicitement par les auteurs francophones de toutes époques, soit exprimées de façon plus ou moins subliminale dans l’œuvre même de nos poètes.

Henri Meschonnic, théoricien de la traduction, Marcella Leopizzi, Céleste Boccuzzi

Ecrit par AK Afferez , le Samedi, 07 Mars 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Poésie

Henri Meschonnic, théoricien de la traduction, octobre 2014, 304 pages, 35 € . Ecrivain(s): Marcella Leopizzi, Céleste Boccuzzi Edition: Hermann

De ce recueil d’essais consacré à Meschonnic ressortent les multiples facettes de ce monstre sacré des lettres françaises : traducteur bien évidemment, essayiste caustique envers ses contemporains, théoricien érudit, poète. Loin des controverses et polémiques qui ont bien pu caractériser une partie de sa carrière, ce recueil cherche avant tout à souligner la contribution monumentale et désormais incontournable qu’il a pu apporter au domaine de la traduction.

On remarquera tout de même que l’ensemble des essais converge sur un seul et même ensemble de principes (de préceptes ?) : il faut, dans la lignée des travaux de Meschonnic, repenser le langage, et donc la poésie, en profondeur ; si l’on s’occupe de théoriser le langage, il ne faut pas séparer la théorisation qu’on en fait de la pratique qu’on mène, que ce soit à l’oral ou à l’écrit ; traduire n’est pas tant affaire de rester fidèle au texte (notion déjà hautement suspecte) que restitution d’une singularité langagière. Ces trois principes clefs étant repris dans tous les essais, on a au fil des pages des impressions de déjà-vu (ou déjà-lu) qui fait perdre de vue à certains moments ce que chaque essai apporte de spécifique à la conversation sur l’héritage de Meschonnic, et qui empêche parfois toute lecture critique de l’œuvre et des théories de Meschonnic.

Ordre et désordre du monde, enquête sur les météores, de la Renaissance à l’âge moderne, sous la direction de Thierry Belleguic, et Anouchka Vasak

Ecrit par Alhama Garcia , le Mercredi, 11 Février 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Ordre et désordre du monde, enquête sur les météores, de la Renaissance à l’âge moderne, 506 pages, 38 € . Ecrivain(s): Thierry Belleguic, et Anouchka Vasak Edition: Hermann

Face aux manifestations incompréhensibles de la nature, les météores en premier lieu, les premières démarches de l’observation humaine pouvaient difficilement échapper au monde des interventions divines. Mobiles et causes intégraient alors un discours logique en surface et magique quant à l’implication des observateurs dans un réseau d’explications qui trouvait en lui-même sa propre justification.

Ce qui ne pouvait se comprendre ; ce qui se produisait avec violence ; ce qui générait dégâts et catastrophes, appartenait au monde des météores, à condition que l’espace de ses manifestations soit le ciel. La figure du météore fut, pendant au moins deux millénaires, l’objet de projections diverses ; elle porta principalement la charge des débats autour des désordres du monde. Le météore, dans l’étendue catégorielle de son domaine pré-scientifique, et par sa situation fortement soumise aux voies du sacré, concentrait ainsi une grande partie des phénomènes aléatoires, d’événements imprévisibles, de faits singuliers, en illustrant et expliquant au mieux la pesante contingence.

Les traducteurs dans l’histoire, codirigé par Jean Delisle et Judith Woodsworth

Ecrit par AK Afferez , le Vendredi, 06 Février 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Les traducteurs dans l’histoire, traduction coordonnée par Benoit Léger, novembre 2014, 377 pages, 29 € . Ecrivain(s): Jean Delisle et Judith Woodsworth Edition: Hermann

 

 

Lorsqu’on lit de la littérature étrangère, on ne prête souvent pas beaucoup d’attention à qui a pu traduire le récit qu’on a sous les yeux. Le traducteur ou la traductrice (ou le collectif de traducteurs) : figures plutôt fantomatiques, effacées. Il faut faire valoir un contact en apparence immédiat entre le lecteur et l’auteur de la version originelle. On pense rarement à trianguler cette relation pour y insérer le traducteur ; on pense rarement au traducteur en tant qu’auteur. Des exceptions existent, bien entendu : Nerval, Baudelaire, Mallarmé (pour n’en citer que quelques uns), dont les activités de traduction sont souvent mentionnées lorsqu’on nous les présente au collège ou au lycée. Mais cette activité de traduction n’est jamais analysée comme une caractéristique déterminante du parcours de ces auteurs. Ils sont poètes, écrivains avant tout – le rôle de traducteur passe en second plan.