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Hermann

Aujourd’hui présidées par Arthur Cohen et dirigées par Philippe Fauvernier, les éditions Hermann ont retrouvé leur siège d’origine, rue de la Sorbonne. Arthur Cohen dirige la politique éditoriale dans la droite tradition de la maison, tout en ouvrant la ligne des publications.

Le prestige de la maison continue d’attirer à elle de nombreux grands intellectuels d’aujourd’hui, parmi lesquels Michel SerresAndré Comte-SponvilleRoger-Pol DroitPhilippe SollersJacqueline RissetMarcelin PleynetPaul Badura-Skoda ou Bernard Diu.

En 2006, les éditions Hermann renouent avec l’épistémologie avec la création de la collection Visions des sciences.

En 2005, à la rentrée littéraire, Hermann crée un département de littérature générale, Hermann Littérature, inauguré par Philippe Sollers avec, à la rentrée 2007, la publication du premier roman de toute son histoire : Giovanni Pico deGuillaume de Sardes.


Marguerite Yourcenar et le souci de soi, Anne-Yvonne Julien

Ecrit par AK Afferez , le Mardi, 27 Janvier 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Marguerite Yourcenar et le souci de soi, octobre 2014, 367 pages, 25 € . Ecrivain(s): Anne-Yvonne Julien Edition: Hermann

 

 

Marguerite Yourcenar occupe une place à part, insulaire, dans les lettres françaises et francophones : longtemps cantonnée au domaine des néoclassiques et considérée comme « trop savante » pour faire réellement partie de la modernité littéraire, son œuvre est à présent redécouverte dans toute sa diversité et sa complexité. Yourcenar s’est toujours placée au carrefour de courants de pensée, de genres littéraires et de tonalités stylistiques. Véritable citoyenne du monde, sa connaissance fine et nuancée de multiples philosophies, religions et mythologies du monde entier, a nourri une œuvre polymorphe, qui prend autant la forme de brefs récits et d’essais que de poèmes et de chroniques familiales, et qui n’hésite pas à se saisir de toutes les potentialités poétiques qu’offre le langage – du style le plus épuré à celui le plus baroque.

Le testament des ombres, Danièle Séraphin & Jacques Lauprêtre

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 05 Janvier 2015. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts

Le testament des ombres, 2013, 350 pages, 45 € . Ecrivain(s): Danièle Séraphin & Jacques Lauprêtre Edition: Hermann

 

Le testament des ombres est avant tout une belle réussite d’éditeur. Un beau livre d’art, magnifiquement illustré, original et singulier. Il plaira aux amateurs d’énigmes et servira sans doute des développements savants à venir.

De quoi s’agit-il ? D’un tableau. Un tableau de 1528 : « La Cène » de Pieter Coeck d’Alost, 1528, huile sur bois, 65 cm x 80 cm, collection privée. Peintre flamand, Pieter Coecke Van Aelst est le maître de Brueghel l’Ancien (et son beau-père). Mais il représente plus que cela. A l’instar de nombre d’artistes de son temps, il a un penchant discret pour les nouvelles idées de la Réforme et de son chantre Luther.

Luther, on le sait, désigne Rome et ses dérives fastueuses et politiciennes comme la nouvelle Babylone et préconise un retour aux textes bibliques originaux. Plus de sincérité et de vérité ne peuvent qu’emporter l’adhésion des artistes authentiques. Mais il convient d’être discret sous peine d’être brûlé vif comme hérétique ou sorcier…

Le petit château de Diderot, Roger Bruyeron

Ecrit par Alhama Garcia , le Jeudi, 07 Novembre 2013. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Le petit château de Diderot, Entretien d’un philosophe avec son ombre, juillet 2013, 18 € . Ecrivain(s): Roger Bruyeron Edition: Hermann

 

On croit connaître les grandes lignes de l’épopée intellectuelle de l’Encyclopédie, l’extraordinaire impact sur les courants de pensée, le rôle moteur des philosophes qui, sur deux longues décennies, interrompues par les abandons, la censure royale, ont osé s’y impliquer ; l’originalité dans son approche des techniques, son importance accordée à l’image… mais la richesse des thèmes abordés est inépuisable du fait même des changements de perspective que notre regard critique, évoluant par définition, suscite. Et le travail de fond sur un seul article, avec toutes les passerelles possibles, est une méthode certainement efficace.

Un simple article comme celui de Jouissance, qui aurait été mal ou non lu il y a cinquante ans prend avec les changements sociétaux des significations différentes. C’est la richesse de ces textes qui, les générations passant, se font littéralement re-lire, qui découvrent leur propre capacité à susciter l’émotion et la réflexion dans la nouvelle approche qu’en fait une société autre. Car ne nous trompons pas : les mœurs passées nous sont opaques, et nous aurions sans doute autant de mal à jouer les chrononautes sous Louis XV que du temps de Tibère.

Empathie et esthétique, Alexandre Gefen, Bernard Vouilloux

Ecrit par Jean-François Vernay , le Jeudi, 24 Octobre 2013. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Empathie et esthétique, 2013, 426 pages, 35 € . Ecrivain(s): Alexandre Gefen, Bernard Vouilloux Edition: Hermann

 

Caveat lector : Entendez cette critique comme une « livraison », au sens où l’entend Virginia Woolf – à savoir l’« évaluation des livres à peine sortis de la presse » (1). Si vous souhaitez un compte-rendu un peu plus pointu, il vous faudra consulter les pages d’un site universitaire comme celui d’Acta Fabula (http://www.fabula.org/revue/).

On ne pourra que recommander chaleureusement Fabula, l’excellent site de référence consacré à la recherche en littérature dont Alexandre Gefen, théoricien de la littérature, est le fondateur. Ce dernier codirige par ailleurs le projet ANR, Les Pouvoirs de l’art, qui publie régulièrement des annonces relatives aux émotions, notamment dans le champ pluridisciplinaire des arts. Bernard Vouilloux, quant à lui, est un éminent spécialiste de l’œuvre de Gracq et de l’esthétique.

Le titre Empathie et esthétique évoque quelque peu les dissertations de l’agrégation. Vous savez, ces fameux sujets à deux têtes que les plus motivés des candidats doivent décortiquer, manipuler et analyser en interaction pendant sept longues heures solitaires : éthique & esthétique ou encore lucre & luxure (on a beau être universitaire avec un goût prononcé pour l’abstraction, on n’en est pas moins poète épris d’assonances et d’allitérations), sinon illusion & réalité, crimes & châtiments (un grand classique !), voire stupeur & tremblements ou slips & caleçons. Trêve de plaisanteries.

Mémoires du serpent, Michel Host

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 10 Avril 2012. , dans Hermann, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Mémoires du serpent, 2010, 170 pages, 22 € . Ecrivain(s): Michel Host Edition: Hermann


Dans ces Mémoires du Serpent, on y entre et on y plonge même, avec un plaisir quasi enfantin, et il s’agit bien de cela, d’une fable fantaisiste et ludique, mais néanmoins pleine de fond et de sens. Ces Mémoires du Serpent ne sont rien de moins que la véritable histoire de la Genèse, narrée par celui qui en fut le maître d’œuvre, connu sous le nom de Satan et bien d’autres noms encore plus ou moins désobligeants, et à côté de laquelle la version de la Bible fait figure de mauvaise et lugubre plaisanterie.

« Pourquoi ne m’ont-ils pas reconnu, moi leur créateur, si visible, à leurs pieds parmi les herbes, dans les trous de la terre, ou sous leurs yeux dans les branches des arbres ? Mon nom est Heywa. Je suis l’envers et l’endroit, je suis la vie riante et belle, la vie sombre et laide, je suis le commencement et la fin, le serpent coloré qui aime à dérouler ses anneaux dans les ténèbres et dans la lumière ».