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Hermann

Aujourd’hui présidées par Arthur Cohen et dirigées par Philippe Fauvernier, les éditions Hermann ont retrouvé leur siège d’origine, rue de la Sorbonne. Arthur Cohen dirige la politique éditoriale dans la droite tradition de la maison, tout en ouvrant la ligne des publications.

Le prestige de la maison continue d’attirer à elle de nombreux grands intellectuels d’aujourd’hui, parmi lesquels Michel SerresAndré Comte-SponvilleRoger-Pol DroitPhilippe SollersJacqueline RissetMarcelin PleynetPaul Badura-Skoda ou Bernard Diu.

En 2006, les éditions Hermann renouent avec l’épistémologie avec la création de la collection Visions des sciences.

En 2005, à la rentrée littéraire, Hermann crée un département de littérature générale, Hermann Littérature, inauguré par Philippe Sollers avec, à la rentrée 2007, la publication du premier roman de toute son histoire : Giovanni Pico deGuillaume de Sardes.


Le génocide des Arméniens, représentations, traces, mémoires (Collectif)

Ecrit par Guy Donikian , le Mardi, 16 Mai 2017. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Le génocide des Arméniens, représentations, traces, mémoires, sous la direction de Jocelyne Chabot, Marie-Michèle Doucet, Sylvia Kasparian, Jean-françois Thibault, avril 2017, 230 pages, 22 € Edition: Hermann

 

Le 24 avril 1915 les autorités turques d’alors ordonnent l’arrestation à Constantinople de plus de six cents intellectuels arméniens qu’on ne reverra pas : certains seront exécutés dans la campagne environnante, d’autres seront conduits plus au sud en direction de la Syrie pour y être assassinés. Ce jour marque pour tous les Arméniens de la diaspora et de l’Arménie le début des massacres que les preuves accumulées par nombre d’historiens permettront de nommer génocide. Ce sont près de un million cinq cent mille Arméniens qui périront dans des circonstances paroxystiques de violence et de haine.

En 2015 eut lieu le centième anniversaire de ce génocide qui n’est toujours pas reconnu par le gouvernement turc. Aujourd’hui, cela fait cent deux ans que les gouvernements turcs qui se sont succédé nient ce génocide, arguant du fait que ce seraient les Arméniens qui auraient attaqué la Turquie, ces derniers se seraient pour la majorité ralliés à la Russie, alors en guerre contre la Turquie.

Rilke ou la reprise de l’enfance, Thierry Bénard

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Vendredi, 07 Avril 2017. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Poésie

Rilke ou la reprise de l’enfance, janvier 2017, 262 pages, 30 € . Ecrivain(s): Thierry Bénard Edition: Hermann

 

« Ils veulent atteindre le meilleur, et ils sont devenus des enfants », Rilke

 

Rilke est sans doute le chantre de l’ineffable et celui qui a le mieux rendu l’expérience poétique par l’émerveillement propre à l’enfance. Cet aspect de l’œuvre du poète a cependant peu retenu l’attention des commentateurs de son œuvre hors cadre biographique, et l’auteur ici suppose que c’est parce que cette question de l’enfance dans l’œuvre de Rilke est « fondatrice qu’elle reste voilée ».

Rilke fait partie de ces poètes pour qui le regard porté par l’enfant sur le monde fonde le travail poétique de l’artiste. Il rappelle les propos de Blanchot « tout questionnement de l’homme engageant son être ultime comme sa situation dans le monde s’enracine dans ses premières expériences » et les premières sensations de l’enfance.

Voix poétiques, Vers… à la rencontre de l’Autre (Hermann)

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 25 Mars 2017. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Voix poétiques, Vers… à la rencontre de l’Autre, février 2017, sous la direction de Giovanni Dotoli, 300 pages, 30 € Edition: Hermann

 

« En poésie, on n’habite que le lieu que l’on quitte, on ne crée que l’œuvre dont on se détache, on n’obtient la durée qu’en détruisant le temps », René Char.

Dans sa préface intitulée La poésie écoute-habite, Giovanni Dotoli introduit un ensemble de réflexions autour de la rencontre avec l’Autre que sont toutes Voix poétiques. On y trouve des essais critiques et des Ecritures sur l’Autre, deux parties distinctes sensées séparer la réflexion et la rencontre peut-être, mais celle-ci ne manque pas de se retrouver aussi dans certains articles de la seconde partie.

Ouvrage très riche dont la réflexion est de montrer comment les voix poétiques se chargent d’embellir la vie et qu’il nous revient de les parcourir avec une joie enfantine. C’est Henri Meschonnic qui ouvre la première partie et Jacques Ancet la seconde. Y sont convoquées d’autres voix comme celle de Salah Stetié entre autres et pour les plus connues.

Ecritures de soi, Ecritures du corps, Actes du colloque de Cerisy, sous la direction de Jean-François Chiantaretto et Catherine Matha

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Lundi, 02 Janvier 2017. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Etudes, La Une Livres, Revues

Ecritures de soi, Ecritures du corps, Actes du colloque de Cerisy, sous la direction de Jean-François Chiantaretto et Catherine Matha, 2016, 300 pages, 26 € Edition: Hermann

Le corps et la sensorialité, omniprésentes aujourd’hui à travers les medias (blogs, réseaux sociaux) parfois jusqu’à la surexposition, voilà le propos de ce colloque, du corps somatique au corps érotique, du corps à aimer au corps à détruire. C’est ce dont il est question à travers différents champs, celui de l’écriture, celui de la cure et dans les différentes cultures, avec anthropologues, linguistes, psychologues cliniciens, psychanalystes et écrivains.

Dans la première partie intitulée Ecritures, Jean-François Chiantaretto dans son article « Présence et absence du corps dans l’écriture de soi : Martin Miller contre Alice Miller » y présente le rapport complexe et douloureux entre Alice Miller – dont l’œuvre pourtant témoignait d’une véritable attention portée au corps de l’autre, de l’enfant, à son intime – et son propre fils Martin Miller, lui-même devenu thérapeute, qui vient d’écrire un ouvrage : Du côté de l’enfant, une approche subversive de la souffrance humaine, L’essentiel d’Alice Miller. Martin Miller revendique dans son essai biographique une double légitimité, d’abord comme « enfant maltraité de sa mère », victime muette et observateur de sa mère, puis « auditeur empathique de ses élaborations théoriques ».

Sous le roman la poésie, Le défi de Roberto Bolaño, Florence Olivier

Ecrit par Marie-Josée Desvignes , le Samedi, 27 Août 2016. , dans Hermann, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres

Sous le roman la poésie, Le défi de Roberto Bolaño, juillet 2016, 196 pages, 29 € . Ecrivain(s): Florence Olivier Edition: Hermann

 

Dans cet essai intitulé Sous le roman la poésie, et sous-titré Le défi de Roberto Bolaño, publié aux Editions Hermann, Florence Olivier propose une analyse de l’œuvre de Roberto Bolaňo et en particulier de ses deux œuvres majeures : Les Détectives sauvages, et 2666, deux romans monstrueux et géniaux qui font aujourd’hui la renommée de son auteur.

Par ce titre, elle démontre comment l’œuvre de fiction de Bolaňo emprunte les voies mystérieuses de la poésie qui « seule supporte l’absence de réponse, les dangers et la beauté du mystère », sans ignorer le talent de Bolaňo pour la satire qu’elle soit politique ou sociale et le rire (cf. la critique universitaire si drolatiquement moquée dans le premier livre, 2666).

L’engouement aujourd’hui pour l’œuvre de Bolaňo que Florence Olivier nomme « épidémie » se traduit de par le monde par « une série d’explosions successives » qui fait l’unanimité au-delà du paysage latino-américain, puisqu’il y a désormais un Bolaňo chilien, un Bolaňo mexicain, un Bolaňo espagnol, un Bolaňo américain, un Bolaňo français, un Bolaňo global !