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Robert Laffont

Les Éditions Robert Laffont sont une maison d'édition française fondée en 1941 par Robert Laffont.

Elle publie des biographies, des témoignages, des livres d'ésotérisme, de la littérature de langue française, de la littérature traduite de langue étrangère, des mémoires, desromans policiers, des romans d'espionnage, des livres de spiritualité et l'encyclopédie annuelle Quid.

La collection « Bouquins », créée par Guy Schoeller, qu'elle héberge depuis sa création, est probablement celle qui la distingue le plus de ses concurrents bien qu'elle ait lancé les collections « Vécu » et « Best Sellers ».

Elle possède les éditions JulliardSeghers et NiL. Elle diffuse dans différents pays francophones et possède des bureaux en Belgique et au Canada.

Elle a été acquise au début des années 1990 par le groupe de la Cité. En 2010, elle est dirigée par Leonello Brandolini, avec pour directrice générale Nicole Lattès.

L'éditeur fait partie intégrante du groupe Editis, deuxième groupe d'édition français.


Mais qui sont les assassins de l’école ?, Carole Barjon

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 21 Janvier 2017. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Mais qui sont les assassins de l’école ? 2016, 225 pages, 18 € . Ecrivain(s): Carole Barjon Edition: Robert Laffont

 

Paideia : A l’époque hellénistique, le mot qui signifiait dans toute son ampleur ce qu’on rend actuellement par « civilisation », et dont le contenu rassemblait ce que nos disciplines séparent méthodiquement (ne serait-ce que la religion), a pris le sens un peu sec de « système éducatif » (Histoire grecque/C. Orrieux-P. Schmitt Pantel/Puf 1995).

Celui qui s’interroge sur la provenance de notre héritage occidental en matière d’éducation ne gagnera pas moins qu’à la lecture des précisions ci-dessus la faveur d’un double enseignement. En premier lieu que, cinq siècles avant notre an zéro par convention et dans la Grèce antique, des dispositions encadraient déjà la prise en charge et la formation des couches juvéniles. C’était alors, en-dehors du clan familial, que l’on inculquait ou transmettait aux sujets en devenir toute une palette pratique de connaissances et d’apprentissages. Plus subtil et plus abstrait, mais peut-être plus précieux également sous le jour d’un second éclairage, ce glissement de sens du mot « civilisation » vers celui de « système éducatif ».

L’Île Bleue, Jean Raspail

Ecrit par Mélanie Talcott , le Samedi, 14 Janvier 2017. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Île Bleue, août 2016 (première édition 1987), 270 pages, 20 € . Ecrivain(s): Jean Raspail Edition: Robert Laffont

 

Ce n’est pas un grand livre, mais ce n’est pas non plus un mauvais livre. Juste une valeur sûre. Du Jean Raspail. Bien tourné. Pas un style qui dépote, non. Plutôt pépère, plutôt propret. Rien qui dépasse, mais rien qui retient non plus. Lisse comme l’histoire et ses protagonistes. La France pétainiste de juin 1940, celle du pouvoir qui se barre au nom du courage pour sauver ce qui reste soi-disant à sauver sur fond de débâcle, ministres effervescents d’inefficacité dont l’un porte le nom, comme un clin d’œil vachard, du plus célèbre bordel de l’époque où le Tout Paris nazi et collaborateur alla se délivrer studieusement du mal, maîtresses gloussantes de vulgarité et dossiers dont personne n’a plus rien à foutre, croisent d’un château à l’autre la France d’en-bas – comme on dirait aujourd’hui – celle qui s’en fout ou qui a la frousse et sauve ses meubles ou plutôt le peu qu’elle peut emporter avec elle sur les routes de l’exode en direction de nulle part, mais loin de l’envahisseur allemand qui, lui, avance aussi surpris que ravi de rencontrer si peu de résistance sur sa route.

Lettre de consolation à un ami écrivain, Jean-Michel Delacomptée

Ecrit par Pierre Perrin , le Jeudi, 17 Novembre 2016. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Correspondance

Lettre de consolation à un ami écrivain, septembre 2016, 160 pages, 16 € . Ecrivain(s): Jean-Michel Delacomptée Edition: Robert Laffont

 

Cette lettre de petit format, qui se lit en une heure, relève du pamphlet. À partir d’une circonstance, un ami dépité par le silence de la presse devant sa littérature, Jean-Michel Delacomptée, pour consoler, dévide un fil d’explications. En préalable, vu que « le pays marche de travers, perclus de rhumatismes, bourré de sédatifs et d’anxiolytiques, victime de nausées, de vertiges, ravagé de frustrations, de rages, de peurs et d’angoisses », le recul de la littérature resterait secondaire si la quasi disparition de celle-ci, celle aussi bien de l’art en général, n’accompagnait pas d’autres renoncements.

Pour sa démonstration, Jean-Michel Delacomptée oppose le document qui vaut par ce qu’il traite, un rapport sur l’enfermement par exemple, à la littérature qui vaut par la façon dont elle traite un sujet. Il définit cette dernière par ce qui la traverse, une part de poésie, c’est-à-dire d’infini, de suggestion, de double-fond même, qui habite tout autre chose qu’une notice d’information ou d’entretien. Le dévoilement d’une conscience est autrement utile qu’un constat d’huissier. « La littérature ne visait pas à photographier le réel, mais à le révéler par l’alchimie des mots ». On notera l’imparfait du verbe visait, de même que la poésie n’existe plus que pour les aveugles. Elle a disparu du paysage. Ce qui se vend peu ne garantit pas pour autant une authenticité.

Nos âmes la nuit, Kent Haruf

Ecrit par Mélanie Talcott , le Lundi, 17 Octobre 2016. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Nos âmes la nuit, Septembre 2016, trad. anglais Anouk Neuhoff, 180 pages, 18 € . Ecrivain(s): Kent Haruf Edition: Robert Laffont

 

Nos âmes la nuit, de Kent Haruf… Elle s’appelle Addie, il s’appelle Louis. Mais, elle pourrait parfaitement s’appeler Renée et lui, Hubert. Depuis des années, « ça ne date pas d’hier », tous deux vivent dans la même ville, dans le même quartier, « à un pâté de maison l’un de l’autre », chacun chez soi, dans un pavillon classe moyenne, jardinet pelouse toujours tondue, du moins dans cette bourgade américaine du Colorado, chiens qui pissent discrètement dans les rues, enfants qui ne les empruntent sagement que pour aller à l’école, ennui qui suinte derrière les rideaux où la morale est sous surveillance. Un silence mortuaire traversé néanmoins par les fibrillations vachardes de l’espionnage entre voisins. La calomnie fait son beurre dans le qu’en dira-t-on. Cela fait un bon moment qu’Addie et Louis, tous deux septuagénaires avancés, sont veufs. En bons voisins qui se connaissent de vue, ils se saluent poliment quand ils se rencontrent, bien que l’un et l’autre sortent peu. Un jour, ne supportant plus ses insomnies qui affûtent férocement sa solitude où les heures se délitent mollement, Addie traverse la rue, sonne à la porte de Louis et lui demande s’il consentirait à « venir de temps à autre chez moi pour dormir avec moi ». Elle l’a repéré, il a l’air d’un « brave homme, d’un homme bien ».

Les journalistes se slashent pour mourir, Lauren Malka

Ecrit par Laurent Bettoni , le Mardi, 17 Mai 2016. , dans Robert Laffont, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Récits

Les journalistes se slashent pour mourir, avril 2016, 166 pages, 10 € . Ecrivain(s): Lauren Malka Edition: Robert Laffont

 

Lauren Malka inaugure la collection Nouvelles mythologies des éditions Robert Laffont, avec un essai sur la presse face au défi numérique, intitulé Les journalistes se slashent pour mourir. Cette référence au best-seller Les oiseaux se cachent pour mourir allie d’emblée le fond et la forme. Car ce texte, qui n’est pas censé en être, est de la fiction par bien des aspects. Il appartient à un genre appelé la non-fiction créative. Il ne s’agit pas d’un roman mais il est écrit comme un roman et en respecte le processus narratif.

Voilà une habile façon de nous plonger, sans perdre de temps, dès la lecture de son titre, au cœur de l’interrogation essentielle du livre : le journalisme, à l’ère 2.0, n’est-il devenu qu’un divertissement, que de l’entertainment, comme peut l’être un certain genre de littérature qui ratisse large ?

Pour répondre à cette question, Lauren Malka imagine un échange épistolaire entre un étudiant en journalisme et un historien du journalisme, dans lequel le premier expédie ses missives par voie électronique, tandis que le second lui répond par voie postale.