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Encres vives

Encres Vives est une revue de poésie fondée en 1960 à Toulouse par plusieurs jeunes étudiants réunis autour de Michel Cosem. Ils forment alors un groupe du même nom.

Par la suite aux activités de la revue s’ajoutent celles d’éditions. Entre 1968 et 1978 la collection Manuscrits explore les rapports entre le texte, la mise-en-page et le graphisme.

Aujourd’hui la revue se présente sous la forme d’une plaquette de 16 pages A4 constituant le recueil d’un auteur, parfois une anthologie collective ou un dossier sur un poète contemporain. Deux collections l’accompagnent : la collection Lieu et la collection Encres Blanches.


Spécial Silvaine Arabo, Collectif (par Jean-Paul Gavard-Perret)

Ecrit par Jean-Paul Gavard-Perret , le Lundi, 27 Mai 2019. , dans Encres vives, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Revues

Spécial Silvaine Arabo, Collectif (Michel Host et all), 489ème Encres Vives, mai 2019, 16 pages, 6,10 € Edition: Encres vives

 

Michel Host et ses confrères prouvent qu’on se tromperait lourdement en limitant l’œuvre poétique et picturale de Silvaine Arabo à la description ou à l’évocation d’évènements ou de lieux qui renverraient simplement à la biographie de la poétesse de Charente. Pourrait-on même en parler au titre de matériau de base ? Ce palimpseste ne remplit-il pas plutôt avec ce qu’il dévoile l’office d’éléments déclencheurs ? Car plus que d’un « esto memor » (je me souviens), il s’agit de la déstructuration de la réalité vue et éprouvée au profit de la re-création par le verbe et par-delà l’absence d’un asile de légendes à la lisière d’un temps passé et afin de fomenter avec lui des « épousailles tendres » là où

« les glaçons charrient

l’eau des étangs. Sous la lune

(d’)une aube attentive »

Ce lointain de silence, Jean-Louis Bernard (par André Sagne)

Ecrit par André Sagne , le Lundi, 29 Avril 2019. , dans Encres vives, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Ce lointain de silence, octobre 2018, 16 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Jean-Louis Bernard Edition: Encres vives

 

Le nouveau recueil de Jean-Louis Bernard se déploie comme sur un fil tendu dans l’espace, un fil de silence considéré à son horizon, comme projeté à son « lointain ». Fil suspendu entre un point de départ et un point d’arrivée si l’on veut les appeler ainsi, entre les deux premiers poèmes et le dernier. Parti d’une sorte de bilan, d’un constat (au temps de « nos stridences », nous n’avons rien fait pour prévenir « l’arche de solitude »), comme un regret des occasions manquées et qui « fixe » la situation du poète lui-même (« à terre perdue / je compte les collines »), le recueil aboutit dans son dernier poème à une sérénité nouvelle, une forme d’apaisement : un autre silence s’ouvre alors, un « silence des mots / échappés de leur cage », où « la parole s’absente ». Un passage du « silence diluvien à recoudre » au « silence étiré », jusqu’à ce point d’aboutissement que constitue l’amnésie, qui se fait au prix d’une tension, d’une évolution en tout cas, peut-être d’une transformation.

La dernière œuvre de Phidias, Marilyne Bertoncini

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Jeudi, 08 Décembre 2016. , dans Encres vives, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

La dernière œuvre de Phidias, avril 2016, 16 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Marilyne Bertoncini Edition: Encres vives

 

 

La dernière œuvre de Phidias de Marilyne Bertoncini scande et chante le Poème d’une présence à faire renaître et revenir de son exil : la présence de Phidias, ce sculpteur du premier classicisme grec dont les œuvres – les frises du Parthénon, la monumentale Athéna Parthénos, le Zeus chryséléphantin d’Olympie considéré comme la 3e des 7 merveilles du monde, entre autres – s’adressaient aux dieux. Les sculptures de Phidias constituaient parfois des offrandes de la cité à ses dieux (ainsi la cité d’Athènes offrant son Athéna Parthénos à sa déesse tutélaire), révélant parfois leur image aux hommes par l’art médiateur du génie artistique. C’est pourquoi la présence d’un tel interprète, sollicité certes, était-elle en elle-même et en même temps inquiétante. L’accusation d’impiété qui tomba sur le destin du sculpteur menaçait souvent « les plus grands », esprits éveilleurs d’une réalité que l’on voulait parfois laissée hors de portée des regards.

La Dernière Œuvre de Phidias, Marilyne Bertoncini

, le Lundi, 23 Mai 2016. , dans Encres vives, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

La Dernière Œuvre de Phidias, 2016, 16 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Marilyne Bertoncini Edition: Encres vives

Après l’édition numérique de Labyrinthe des nuits chez Recours au poème, l’an dernier, que j’avais commenté dans le n°5 de Possibles, Marilyne Bertoncini publie La Dernière Œuvre de Phidias, une sorte d’épopée concise, en une douzaine de pages.

Dans un avertissement, elle précise que « le mystère de cette vie, toute tournée vers une quête d’absolu et de réalisme, de cette vieillesse – solitaire – de proscrit, m’a longtemps fait rêver à cette fin de Phidias et à celle de sa dernière œuvre, dont il me plaît de penser qu’elle est à portée de main ».

Le départ de ce poème ample malgré sa concision convoque… « la caresse / de ton nom ». Dès la seconde page, « la voix d’un enfant s’élève dans le soir / et les deux syllabes de ton nom s’élancent ». Pour quelle raison ce double est-il convoqué ? Opérer un dédoublement partiel, sans doute tandis que la poète reste seule à la manœuvre, à « l’improbable conjonction de / l’éphémère à l’éternel » et que la traversent des catastrophes anciennes, telles ces « Momies de Pompéi / muettes abandonnées à la cime du cri ». L’espace même est incertain, Ostende, Brighton, écrit-elle par deux fois. Rien ne tient : « les lieux sont fuyants plus que le sable même », à la façon des êtres : « Phidias dont le pas jamais ne se pose […] et la voix de l’enfant / à jamais suspendue / entre les deux syllabes de son nom ».

Indalo, Christian Saint-Paul

Ecrit par Cathy Garcia , le Mardi, 16 Juin 2015. , dans Encres vives, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Indalo, avril 2015, Format A4, 16 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Christian Saint-Paul Edition: Encres vives

 

C’est à une très belle flânerie andalouse que nous convie Christian Saint-Paul dans ce 441ème Encres Vives, placé sous le signe de l’indalo, la figure préhistorique qui est devenue le symbole de la ville et de la province d’Almeria, et qu’on pouvait déjà voir peint sur les maisons en guise de protection contre les orages et le mauvais œil. Christian Saint-Paul a le don de nous faire vivre les paysages, les lieux et leur histoire au travers de son regard de poète doublé d’un talent de conteur, et il ne fait pas que raconter ce qu’il a vu, il nous le fait voir, littéralement, c’est-à-dire ressentir aussi.

« La nuit encore/le soleil étouffant/mutile la fermentation du sommeil/Nous vivons désormais/lovés dans ce désert/où la terre n’est que/poussière montant au ciel/ »

Christian Saint-Paul a le regard d’un poète convaincu, tel Machado, de l’absolu nécessité d’être homme, en toute humilité, un homme à qui rien n’échappe, ni la beauté des lieux ni « des îlots d’immeubles/parsemés le long d’avenues/vides – sans utilité–/témoignent de la chute folle de la finance ».