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Le pont du change

Jean-Jacques Nuel a créé en 2009 à Lyon les éditions du Pont du change, dont le projet est de publier de la littérature contemporaine ( romans, récits, poèmes, nouvelles, chroniques…) et de rééditer des œuvres du domaine public, au rythme de 3 à 5 ouvrages par an.

 

 

 

 

Billets d'absence, Jean-Jacques Nuel

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 20 Octobre 2015. , dans Le pont du change, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Nouvelles

Billets d'absence, septembre 2015, 70 p. 12 € . Ecrivain(s): Jean-Jacques Nuel Edition: Le pont du change

 

Il  y avait eu ce «  Courts métrages » en 2013, dont on a dit, ici, le bien qu'on en pensait. C'était déjà un inclassable réjouissant du Monsieur qui allait d'un pas de promenade attentive et fantaisiste vers un âge certain ; le sien, le nôtre.

Texte court, voilà sa marque de fabrique à Jean-Jacques Nuel. Quelque chose qui hésite entre une immense histoire qui n'en finirait pas ; type «  il était une fois » («  la station balnéaire était déserte en décembre ; les villas de la route de la corniche avaient fermé leurs volets depuis longtemps ; sur la plage en contre bas venaient s'échouer les vagues grises sous un ciel sombre annonçant la neige. Nous étions les deux seuls clients de l'hôtel des flots bleus. »). fin de l'affaire, intitulée « l'arrière saison », juste 9 lignes après. Un bronzai parfaitement réussi, donc – feuilles minuscules mais incroyablement complètes, fleurs nécessitant la loupe, embaumant comme des grandes ; tronc noueux et tordu, mimant l'expérience d'un temps immémorial. Oui, finalement, bronzai de bouts de  poèmes, de maximes philosophiques,  de réflexions de tous les jours à la sauce poétique. Un petit et dense viatique pour... quand on est perplexe-grave, que le rire est l'ultime sauveur, que ma foi, cette pirouette qui n'en a pas l'air, vaut bâton de pèlerin pour ce qui reste de chemin...

Saisons régulières, Roland Tixier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 25 Octobre 2014. , dans Le pont du change, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Saisons régulières, juillet 2014, 69 p. 12 € . Ecrivain(s): Roland Tixier Edition: Le pont du change

 

La Cause Littéraire a déjà eu le plaisir de recenser deux autres opus de Roland Tixier ; celui qui marche dans la ville en poétisant, si joliment, comme si de rien n’était. Deux bijoux : Le passant de Vaulx-en-Velin et Chaque fois l’Éternité*.

Ce petit livret-là n’échappe pas à la règle. Un bonheur pour jours ordinaires où ça va pas toujours fort. Un remède de poète pour mal-être peu bruyant de chacun, là, dans la société du bas des villes.

Des tercets de tous les jours, qu’on s’approprie, familiers, mais, que personne au bout ne saurait écrire comme Tixier, lui, le sait. C’est ce qui fait le précieux de la chose : de l’ordinaire, du banal, en paquet-cadeau – royal.

De tout petits vers de ville – celle de tout le monde, ni touristique, ni extraordinaire, où marche celui qui parle ; regarde, sent, sourit ou mélancolise. D’un bout de l’an à l’autre, en ce climat plutôt médium de ces régions peri-lyonnaises où se pose le recueil. Des Haïkus – on pense forcément à cette versification japonaise donnant le ressenti des saisons – mais cuisinés à la manière d’ici, avec cette robustesse lyonnaise, et ce goûteux, les pieds sur terre.

Dragon, ange et pou, Trois burlesques, Christian Cottet-Emard

Ecrit par Marie du Crest , le Samedi, 19 Avril 2014. , dans Le pont du change, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Contes

Dragon, ange et pou, Trois burlesques, 75 pages, 12 € . Ecrivain(s): Christian Cottet-Emard Edition: Le pont du change

Les quatorze anges de Conques

Le petit volume blanc nous accueille drôlement : un curieux cortège de trois créatures sorties de l’imaginaire, de la pierre, et de dame Nature, nous invite donc à sourire, à plaisanter, à goûter aux facéties (burlesques) de l’auteur qui avec malice (« les autres malices ») nous les présentera en dés/ordre : le dragon Hafner, le deuxième ; l’ange curieux pour finir et un pou d’orgue pour ouvrir le bal. Trois nouvelles, trois contes ou trois fables, selon notre humeur. Le premier récit, le plus ample est affaire d’insecte : bref, est affaire de littérature (pensons à l’ami Aristophane).

Le héros, un improbable Alastair Bang, qui, malgré son prénom britannique, ne ressemble pas heureusement au patibulaire vieil ami de la mort, aux yeux blancs, est un J.H Fabre moderne, célibataire en mal d’amour. Il a « un humour particulier ». Nul ne saurait remettre en cause ses compétences scientifiques : il pourra débarrasser la petite ville française d’un énorme pou, « un monstre » accroché aux tuyaux de l’orgue de l’abbatiale. Il nous faut une caution raisonnante en matière d’histoire fantastique. Les dignitaires du lieu, du pharmacien rival, Adolphe Hénol, à la vieille fille au nom de fleur, Jacinthe, en passant par Cafardo, le bien nommé, tous mettent leur espérance en Alastair Bang. Ce dernier identifie la bête. C. Cottin-Emard s’amuse lui à nous perdre dans notre lecture, tantôt souriante, tantôt rêveuse, tantôt plus mélancolique.

Courts métrages, Jean-Jacques Nuel

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 23 Février 2013. , dans Le pont du change, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Courts métrages, Janvier 2013, 12 € . Ecrivain(s): Jean-Jacques Nuel Edition: Le pont du change

 

Court métrage. En une pincée de minutes, et selon des codes difficiles à respecter, des images assemblées donnent une histoire, un ressenti de vie, ressuscitent une mémoire. Au bout du micro-film, une impression : c’est bien ça ! Et, c’est gagné, pour le créateur de ce genre à part. Pareil pour ce micro-livre qui a, du coup, judicieusement, choisi son titre.

Un assemblage de tout petits textes ciselés comme autant de miniatures médiévales, qu’on regarderait de près, un peu à la loupe, étonnés d’y trouver tout, comme dans un grand tableau : et la finesse des pattes  du cheval, et l’argenté de l’armure du chevalier, quand ce n’est pas le sourire de l’ange, là, dans un coin… textes écrits « comme un roman » qui tiendrait dans un dé à coudes. Textes d’écrivain, pas minuscule du tout, architecturés comme un récit – intro, déroulé, chute, personnages bien vivants. On se croirait parfois dans les tours magiques d’Alice et ses merveilles…

Le passant de Vaulx-en-Velin, Roland Tixier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 10 Février 2012. , dans Le pont du change, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

Le passant de Vaulx-en-Velin, Editions Le Pont du Change, décembre 2011, 12 € . Ecrivain(s): Roland Tixier Edition: Le pont du change

C’est pourtant pas Venise, ni – tiens – Montpellier, ce Vaulx-en-Velin, même pas Dunkerque en hiver ! C’est – images qui nous viennent – barres grises de HLM, quartiers « sensibles », émeutes… climat d’entre Rhône et Saône, mélangé, un peu rude, sans les saveurs du midi ; l’ordinaire du continental frisquet ; autoroutes qui filent ou, vers la neige, ou, vers le sud :

« et puis au lointain

de multiples voies

carrefour du sud »

Alors, si, en plus, on en fait des poèmes ! Déjà que depuis Le sous préfet aux champs, pour beaucoup d’entre nous, poésie rime plutôt avec campagne…

Et bien, c’est réussi ! Avant d’avoir ouvert la première page du petit livre sobre de chez Le Pont du Change, on est intrigué, on y passe l’œil, et, laissant l’ordi, la lecture du Monde du jour, le ménage, ou que sais-je encore, on s’arrête (le beau mot pour dire : lire), on traverse, on marche, on accompagne ce « passant de Vaulx-en-Velin », et c’est un vrai bonheur.