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Fayard

Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.

 


L’homme qui ment, Marc Lavoine

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mercredi, 18 Mars 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

L’homme qui ment, janvier 2015, 192 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marc Lavoine Edition: Fayard

 

« Je trouve que c’est assez beau d’être ridicule. Ridicule comme lorsqu’on prend la main d’une fille pour la première fois ».

Marc Lavoine, entretien avec Philibert Humm in. Paris Match

 

Cette phrase pourrait très bien résumer le premier récit du chanteur, par touches, à l’intime des sentiments. L’histoire d’un homme attachant, complexe, qui raconte avec une distance honnête le roman d’un enjoliveur, un récit basé sur une histoire fausse, un portrait d’une vie simple et heureuse ! Pour l’auteur, la vérité n’a rien d’extraordinaire, il serait même « plus courageux de mentir ».

Marc Lavoine se livre comme une lyre, aux doigts de l’artiste, pour ensuite mieux « s’allonger dans la vie quand tout le monde reste debout », rêver à la beauté de celle-ci, même si elle n’est rien à ses yeux sans la force, sans la flamme des sentiments, une main tendue vers ceux que l’on aime, pour prolonger avec fragments le si beau voyage d’une vie, mensonge des mémoires, émoi des songes !

L’homme qui ment, Marc Lavoine

Ecrit par Pauline Fouillet , le Samedi, 07 Mars 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’homme qui ment, janvier 2015, 190 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marc Lavoine Edition: Fayard

 

Voici un roman autobiographique. Dans quelle proportion ? Telle est la question que l’on peut se poser. Marc Lavoine nous met ceci-dit en garde : ce récit est basé sur une histoire fausse.

Une chose est sûre, c’est un roman qui humanise un grand homme public, qui nous fait prendre conscience qu’il est finalement comme le commun des mortels.

Marc Lavoine nous transporte donc dans une partie de sa vie. Celle de ses relations avec son père.

A l’image d’une thérapie, l’auteur écrit à son père, raconte ses sentiments, son passé, dans lequel son rôle est conséquent. Pourtant, durant tout le récit, Lavoine reste en retrait : il voit tout, il sait tout mais n’entre jamais dans la danse.

Il faut dire que le sujet est grave ! Marc Lavoine enfant a assisté au délitement de son père, du mariage de ses parents et ce, parce que son père souffre d’alcoolisme et de « dépendance » sexuelle.

Ainsi, il va connaître toutes les maîtresses « sérieuses » de son père et deviendra même son confident.

Nous sommes tous des exceptions, Ahmed Dramé

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Lundi, 02 Mars 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Récits

Nous sommes tous des exceptions, octobre 2014, coécrit avec Sophie Blandinières, 180 pages, 15 € . Ecrivain(s): Ahmed Dramé Edition: Fayard

 

Nous sommes tous des exceptions, le titre est alléchant. Il donne le désir de plonger dans le livre, d’autant plus que le sujet correspond tout à fait à l’air du temps.

Vous entrerez dans ce récit-témoignage avec une grande facilité et vous le lirez avec un réel plaisir. Ahmed Dramé trouve des mots simples, qui touchent et qui frappent. Le témoignage est d’un optimisme réconfortant et sa lecture rassure.

Tout le monde, quel que soit son âge, aime les contes de fée dans lesquels le héros triomphe de toutes les épreuves, de tous ses opposants avec l’aide d’adjuvants et d’une bonne fée qui le prend par la main. C’est ce qui se passe dans ce livre. Alors, embarquons-nous dans ce conte et tentons d’en déchiffrer les ingrédients.

Présentons tout d’abord le héros : à vingt et un ans, le jeune Ahmed Dramé fait un retour dans son passé et nous conte l’aventure qu’il a vécue il y a quelques années avec sa classe de seconde en section « Histoire des arts » au lycée Léon Blum de Créteil dans le Val de Marne. Il habite dans une cité HLM à Champigny-sur-Marne. Il cumule les handicaps. C’est un jeune noir de banlieue déshéritée.

Paysages après la bataille, Juan Goytisolo

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mercredi, 04 Février 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne

Paysages après la bataille (Paysajes después de la batalla) 1985, traduit de l’espagnol par Aline Schulman . Ecrivain(s): Juan Goytisolo Edition: Fayard

Le dernier prix Cervantès, le prix le plus prestigieux de la littérature hispanique, a été décerné en novembre dernier à Juan Goytisolo, couronnant l’œuvre d’un octogénaire (il a eu 84 ans le 6 janvier dernier) qui compte pas moins d’une vingtaine de romans et d’une douzaine d’essais.

Un écrivain espagnol très français puisqu’il a vécu de nombreuses années à Paris et a fait du quartier du Sentier un lieu hautement littéraire, y implantant et y développant plusieurs de ses fictions et récits.

Paysages après la bataille nous propose un récit éclaté, morcelé en une multitude de récits brefs, qui se suivent parfois, se font écho à distance, dressant petit à petit le portrait d’un individu pas tout à fait recommandable selon les normes du politiquement et socialement correct. Celui-ci a en effet quelques penchants que d’aucuns pourraient trouver suspects, au même titre que l’était le révérend Charles Lutwidge Dodgson, plus connu comme Lewis Carroll, séduit par Alice et ses exquis modèles du monde réel. Un exilé qui aime le mélange des cultures, des mots, des couleurs et des odeurs. Un être de fragments, rassemblant page après page les éclats d’une identité dispersés dans le temps et l’espace, tissant au fil des phrases le récit, les récits d’une vie plurielle, démultipliée dans les ruelles du quartier du Sentier qui sont autant de reflets d’autres villes, perdues mais jamais oubliées.

Robespierre, Hervé Leuwers

Ecrit par Vincent Robin , le Samedi, 01 Novembre 2014. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Histoire

Robespierre, août 2014, 460 pages, 25 € . Ecrivain(s): Hervé Leuwers Edition: Fayard

 

Fondamentalement imprégnés de certains très marquants épisodes de notre histoire, quelques noms illustres méritent amplement que soient étudiées encore, et en-dehors du champ idéologique ou partisan, les raisons de leur fusion irrévocable avec l’instant. S’agirait-il toutefois de ternir ou de redorer l’image de personnages fixés dans nos mémoires au moyen de prompts signaux emblématiques que, rapportée aux surenchères de la glorification ou à celles de la déchéance, la démarche paraîtrait essentiellement subjective et sans promesse de très nouveaux enseignements. Quand s’impose plutôt de comprendre par une simple mais rigoureuse observation comment la machine événementielle forgea sous son action des âmes emportées par ses plus sévères emballements, se regardent autrement les apparences et le fait d’acteurs livrés à eux. L’examen minutieux de comportements dans ces circonstances prépare au mieux à dire de qui ils émanent le plus probablement. Pourvu également que l’image de ces hommes soit demeurée perméable à une curiosité déliée de bornes et de carcans.