Identification

Fayard

Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.

 


Trois chants funèbres pour le Kosovo, Ismaïl Kadaré

Ecrit par Roland Goeller , le Vendredi, 03 Juillet 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, En Vitrine

Trois chants funèbres pour le Kosovo, avril 1998, 122 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Ismail Kadaré Edition: Fayard

 

Pourquoi faut-il lire et relire les Trois Chants Funèbres, petit livre paru en 1998 sous la plume de l’albanais Ismaïl Kadaré ? Parce que nous avons en mains une œuvre romanesque tissée autour d’une fresque historique majeure. Parce que cette fresque prend tour à tour les apparences de l’épopée, du récit picaresque et de l’élégie. Parce qu’en invoquant des événements (tragiques) survenus il y a six siècles (en 1389), cette fresque éclaire des événements récents (deuxième guerre de l’ex-Yougoslavie, 1997-2002), tragiques eux aussi, et met peut-être en garde contre d’autres événements (funestes ?) à venir. Parce qu’en dépit de toutes les thèses de la fin de l’histoire et de la globalisation des données humaines, cette fresque suggère à l’inverse une inéluctable continuité historique où les nations revendiquent à la fois leurs identités et leurs territoires. Parce que l’auteur de cette fresque, Ismaïl Kadaré, écrivain albanais plusieurs fois pressenti pour le Nobel, juge et partie, se hisse avec clairvoyance à une hauteur où le parti pris le cède à la mise en perspective, de la pointe d’une plume qui n’a rien à envier à l’art des tailleurs de pierre des cathédrales.

La Poupée, Ismail Kadaré

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 08 Juin 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Bassin méditerranéen, Roman

La Poupée, mars 2015, traduit de l’albanais par Tedi Papavrami, 155 pages, 16 € . Ecrivain(s): Ismail Kadaré Edition: Fayard

 

En recréant par petites touches, à partir de bribes de souvenirs personnels, de vieilles photos et d’éléments anecdotiques révélés par les uns et les autres, l’existence de sa mère, surnommée La Poupée dans toute la famille, décédée en 1999, Ismail Kadaré, auteur narrateur, plonge le lecteur dans l’intimité d’une famille albanaise, sa famille, dans le contexte historique particulier qui a marqué ce pays durant les deux derniers tiers du siècle dernier.

L’existence de La Poupée, tout comme celle des jeunes années de l’auteur, est profondément, émotionnellement, sentimentalement liée à celle de la grande maison familiale du clan Kadaré de Gjirokastër, jamais achevée, plutôt en cours de décrépitude, où, fraîchement épousée à l’âge de dix-sept ans, la jeune Madame Kadaré se retrouve brusquement transplantée et avec laquelle, d’entrée, elle entretient une relation de rejet, parallèlement aux rapports d’hostilité permanente qui marquent sa cohabitation avec sa belle-mère.

Théogonie. Un chant du cosmos, Hésiode

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Poésie

Théogonie. Un chant du cosmos, Hésiode, octobre 2014, traduit du grec et commenté par Aude Priya Wacziarg Engel, 296 pages, 20 € Edition: Fayard

 

« Commençons, pour chanter, par les Muses Héliconiennes, qui habitent la grande et divine montagne de l’Hélicon,

Et qui autour de la source à l’aspect de violette, de leurs pieds délicats, dansent, ainsi qu’autour de l’autel du très puissant fils de Cronos » (V.1).

 

La Théogonie est un chant en l’honneur des dieux Immortels et des forces qui composent le monde, c’est-à-dire le cosmos, un miroir du monde des origines, de la cosmogonie, des divinités primordiales, l’histoire de l’origine des dieux, de la castration du Ciel ou encore le mythe de Prométhée, avec le vol du feu et des Muses qui constituent un véritable « antidote » entre le monde des dieux et celui des hommes. Ainsi, en régnant sur l’oubli du mal et au moment où ces derniers se trouvent séparés des dieux, ces maux ont pour conséquence la création de la première femme aux côtés des hommes.

De Gaulle et Mauriac, Le dialogue oublié, Bertrand Le Gendre

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 11 Avril 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

De Gaulle et Mauriac, Le dialogue oublié, mars 2015, 180 pages, 18 € . Ecrivain(s): Bertrand Le Gendre Edition: Fayard

 

« Leur héritage nous fait leçon, mais c’est un héritage sans héritiers. De Gaulle et Mauriac sont trop singuliers pour que l’on puisse se réclamer d’eux de nos jours ».

Le dialogue oublié ou les raisons d’une passion française. C’est à cette part de l’histoire politique et littéraire française que nous convie Bertrand Le Gendre. A la gauche il y a François Mauriac (c’est de Gaulle qui parle), prix Nobel de littérature, journaliste admiré, craint et parfois honni, chrétien social, d’une trempe rarement égalée. A ma droite le Général de Gaulle, l’homme de Londres, surréaliste sur ces messages de Radio Londres (Philippe Sollers) « Les renards n’ont pas forcément la rage, je répète… ». « J’aime les femmes en bleu, je répète… ». « Nous nous roulerons sur le gazon ! », l’homme de l’unification de la Résistance, de la V° République et de la fin de la guerre d’Algérie. Leur dialogue court sur trente ans, de l’Occupation aux lendemains de mai 68. Leur histoire, comme celle finalement de Malraux et du Général (l’occasion de lire ou de relire le lumineux André Malraux Charles de Gaulle, une histoire, deux légendes d’Alexandre Duval-Stalla, L’Infini Gallimard), est cette part commune de l’Histoire française, cette passion commune. Tous les deux s’emploient à choyer leur langue et leur territoire, au risque parfois d’être incompris.

L’homme qui ment, Marc Lavoine

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mercredi, 18 Mars 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

L’homme qui ment, janvier 2015, 192 pages, 17 € . Ecrivain(s): Marc Lavoine Edition: Fayard

 

« Je trouve que c’est assez beau d’être ridicule. Ridicule comme lorsqu’on prend la main d’une fille pour la première fois ».

Marc Lavoine, entretien avec Philibert Humm in. Paris Match

 

Cette phrase pourrait très bien résumer le premier récit du chanteur, par touches, à l’intime des sentiments. L’histoire d’un homme attachant, complexe, qui raconte avec une distance honnête le roman d’un enjoliveur, un récit basé sur une histoire fausse, un portrait d’une vie simple et heureuse ! Pour l’auteur, la vérité n’a rien d’extraordinaire, il serait même « plus courageux de mentir ».

Marc Lavoine se livre comme une lyre, aux doigts de l’artiste, pour ensuite mieux « s’allonger dans la vie quand tout le monde reste debout », rêver à la beauté de celle-ci, même si elle n’est rien à ses yeux sans la force, sans la flamme des sentiments, une main tendue vers ceux que l’on aime, pour prolonger avec fragments le si beau voyage d’une vie, mensonge des mémoires, émoi des songes !