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Fayard

Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.

 


La légende, Philippe Vasset

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Mercredi, 14 Septembre 2016. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

La légende, août 2016, 18 € . Ecrivain(s): Philippe Vasset Edition: Fayard

 

La Légende de Philippe Vasset est le roman d’un ecclésiastique « défroqué en urgence » qui commence bien : « …mes clients ne peuvent rien connaître de mon indignité. Mais les gardes suisses, eux, savent… » (p.10).

En effet, réapprendre la vie de laïc au Vatican à quarante-cinq ans est toute une affaire : « …j’ai dû apprendre à repasser des chemises et à nettoyer une salle de bain » (p.12). Et de parcourir la cité sainte comme guide ou d’officier à Paris comme consultant auprès des Amis d’Anne de Guigné…

Les rencontres-escapades avec Laure vont lui être salutaires pour quitter le statut virtuel de troisième tome de la sage saga Da Vinci Code-Anges et démons de Dan Brown.

Camper un prêtre-fonctionnaire : « …j’ai été fonctionnaire de la Congrégation pour la cause des saints » (p.11) permet à Philippe Vasset de démonter les rouages de la canonisation, « …petite usine à auréoles… » (p.23).

Paris par cœur, Ludovic Janvier

Ecrit par Philippe Leuckx , le Samedi, 10 Septembre 2016. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Paris par cœur, mars 2016, 352 pages, 19 € . Ecrivain(s): Ludovic Janvier Edition: Fayard

 

Dix-neuf livres publiés de 1964 à 2016 : le parcours du romancier, essayiste et poète Ludovic Janvier l’aura conduit à écrire sur Beckett (deux essais), à nourrir nombre de poèmes pour des livres parus chez Seghers, Gallimard, à évoquer aussi son amour d’autres auteurs comme il le fit pour présenter Pavese et son Bel été (comment oublier ses phrases en 4e de couverture du volume de la collection L’Imaginaire : « L’art de Pavese est de travailler une matière tout en éclats, les éclats douloureux de l’unité mythique à jamais perdue » ?).

Son ultime livre est un hommage à Paris, tout en éclats aussi. Oui, dernier livre de son auteur, puisqu’il nous a quittés, en ce 18 janvier 2016. Paris par cœur ou 273 manières de l’aborder, selon l’abécédaire classique. Mais rien de moins classique, ici, dans les évocations, ni dans les quelques enluminures qui s’insèrent dans la trame de l’ouvrage : citations de poèmes et/ou de chansons chéris par l’auteur (Piaf, Souchon, Fargue, Apollinaire, Carco etc.)

Féminine, Emilie Guillaumin

Ecrit par Thomas Besch-Kramer , le Lundi, 29 Août 2016. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Féminine, août 2016, 396 pages, 20 € . Ecrivain(s): Emilie Guillaumin Edition: Fayard

 

Encore une narration distraite ! Que faire du « je », pour les latinistes non-lacaniens : simple « ego » – quand un roman témoigne, narre, récite une expérience faite homme et femme et chair et verbe dans les forces armées rustiques ?

Le forme première de la rusticité, c’est la terre, c’est l’humus, c’est l’humilité. Et c’est bien ce dont il s’agit quand Emma Linarès rapporte ce souvenir de préparation toute militaire : « Alors nous, comme à l’école les gamins imitent leurs professeurs pendant la récréation, on essayait frénétiquement de s’approprier leurs expressions » (p34).

Exprimer chez un militaire, c’est – attention ! – être trop sensible, d’où possibilité d’échec aux tests psychotechniques et classement (diagnostic psychologique) sur la ligne P1-P2-P3-P4… Nous en savons quelque chose, nous qui sommes passé(e)s sous ces fourches caudines, tout comme Emma/Emilie.

Exprimer chez un militaire, c’est ne pas dire ou le dire, le réserver à des militaires en des termes militaires : « Faut le vivre », « c’est nerveux » (ibid).

Voulez-vous partager ma maison ?, Janine Boissard

Ecrit par Sandrine Ferron-Veillard , le Mercredi, 08 Juin 2016. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Voulez-vous partager ma maison ?, mars 2016, 304 pages, 20 € . Ecrivain(s): Janine Boissard Edition: Fayard

 

Vous entrez doucement dans ce livre comme dans un jardin, en trois parties, ce livre est un jardin. L’auteur s’adresse à vous « directement » et la narratrice, Line, vous invite chez elle. Une voix off et la voix d’une femme entrée en cinquantaine. L’atmosphère est agréable, a priori, l’émotion est tangible. Oui c’est un peu ça, un livre confortable qui vous prend par la main et vous dit : regarde.

La narratrice enfant et son père, et son père au-dessus d’elle, son père lui tenant un doigt de la main, son père derrière elle quand il faudra ôter les roulettes du vélo, ce père militaire qui lui intimera « envole-toi ». Ensuite, le mari militaire. Augustin. Le transfert est établi, le cliché est facile. Qu’importe. Vous êtes à Angers, enfin tout près, Line se tient maintenant sur le seuil de sa maison, elle est veuve.

Ses renoncements. Les parenthèses nombreuses où elle entrepose pêle-mêle ses considérations et ses tiraillements. Raconter ce que son mari était, tout ce qu’il n’était pas. Son propos, vous le jugez amusant parfois, enjoué toujours : un ton bienveillant malgré les remontées qui se veulent acides.

Une rivière, un jardin, une maison.

Principes d’une pensée critique, Didier Eribon

Ecrit par Christophe Gueppe , le Mercredi, 01 Juin 2016. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Principes d’une pensée critique, mai 2016, 222 pages, 18 € . Ecrivain(s): Didier Eribon Edition: Fayard

 

Dans cet ouvrage, Didier Eribon nous offre une prise de recul sur son œuvre, à l’état actuel, un peu à l’image de Michel Foucault avec L’archéologie du savoir. Il nous propose une présentation de sa méthode, selon la définition qu’en donne Marcel Granet : « La méthode, c’est le chemin après qu’on l’a parcouru », formule qu’aimait à citer Georges Dumézil, et que D. Eribon reprend ici à son compte. Car il faut dire que cette formule est particulièrement appropriée à son œuvre, et à son parcours. En effet, les principes d’une pensée critique telle qu’il l’envisage sont au nombre de deux : le premier principe est déterministe, en ce sens que les existences individuelles et collectives ne peuvent se comprendre que par la force des déterminismes historiques et sociaux qui les constituent, le second est le principe d’immanence, ce qui signifie que nulle pensée ne peut prétendre échapper à la transformation sociale, c’est-à-dire à l’action politique. Elle est un produit de l’histoire, produite dans et par l’histoire. Dire cela, c’est se détourner d’une pensée qui se prétendrait intemporelle, et issue d’une nécessité naturelle. Or, c’est ce principe d’immanence qui donne son originalité à toute son œuvre.