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Fayard

Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.

 


Le mérite et la nature, Juliette Rennes

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Lundi, 25 Août 2014. , dans Fayard, Les Livres, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres

Le mérite et la nature, Une controverse républicaine : l’accès des femmes aux professions de prestige 1880-1940, 2007, 594 p. 32 € . Ecrivain(s): Juliette Rennes Edition: Fayard

 

Pour saisir toute la nécessité et toute l’urgence du féminisme (1), pour se rendre compte à quel point est nécessaire le déchiffrement du passé pour la consolidation de l’avenir, il faut se reporter à Le mérite et la nature, Une controverse républicaine : l’accès des femmes aux professions de prestige 1880-1940, passionnante thèse de science politique dans laquelle Juliette Rennes s’interroge sur les ressorts et les recompositions de l’anti-égalitarisme depuis la fin du 19e siècle. Dans cette perspective, elle s’est intéressée à « l’évolution des stratégies républicaines pour résister aux demandes féministes d’égal accès aux professions au cours de la Troisième République française ».

Cependant, pour des raisons méthodologiques, plutôt que de circonscrire l’analyse aux résistances à l’égalité, elle en est venue « à prendre pour objet la structure des oppositions entre les partisans de l’accès des femmes aux professions et leurs opposants, puis à articuler l’analyse de ce conflit à l’émergence des féminismes et à la féminisation du monde professionnel des années 1870 aux années 1930 ».

Visible la nuit, Franck Maubert

Ecrit par Catherine Dutigny/Elsa , le Lundi, 18 Août 2014. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire

Visible la nuit, 20 août 2014, 208 pages, 17 € . Ecrivain(s): Franck Maubert Edition: Fayard

 

Momo, dit Mao-Mao, a vingt ans et des poussières lorsque son chemin croise, en pleine canicule de 1976, celui de Robert Malaval, de vingt ans son aîné, « un long type avec une belle gueule, vêtu de jeans portés haut, d’une chemise imprimée de petits éclairs de couleur et coiffé d’un feutre malgré la chaleur ».

De cette rencontre naît une amitié réciproque qui liera les deux hommes jusqu’au suicide d’une balle dans la tête en août 1980 de l’un des représentants parmi les plus mythiques de la création picturale française des années 60 à 80. Dans Visible la nuit, Franck Maubert brosse le portrait en deux cents pages non seulement de l’artiste disparu et partiellement oublié, mais il reconstitue également l’ambiance de bouleversements et de changements majeurs dans les arts que connut une époque où le modèle de la société occidentale d’après-guerre fut particulièrement critiqué. L’Art-action, les happenings, les performances s’enchaînent et créent une forme d’espace démocratique où se rapprochaient l’art et la vie.

Tempéraments philosophiques, de Platon à Foucault, Peter Sloterdijk

Ecrit par Arnaud Genon , le Lundi, 14 Avril 2014. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Langue allemande

Tempéraments philosophiques, de Platon à Foucault, traduit de l’allemand par Olivier Mannoni, janvier 2014, 160 p. 7,50 € . Ecrivain(s): Peter Sloterdijk Edition: Fayard

 

Dis-moi quelle est ta philosophie, je te dirai qui tu es…

Ce petit livre est un recueil de préfaces que Peter Sloterdijk signa, en tant qu’éditeur, dans le cadre d’une collection dont le but était de présenter les auteurs et leur philosophie en leur donnant la parole, c’est-à-dire en offrant un choix de leurs textes annotés par « un certain nombre d’excellents érudits ». Réunis, alors que là n’était pas leur vocation, ces courtes présentations de sept pages en moyenne, dessinent, selon les propres mots du philosophe allemand, « non pas une histoire de la philosophie, mais tout de même une galerie d’études de caractères ». Son titre, quant à lui, renvoie à l’idée que les philosophies vers lesquelles nous nous portons constituent des indicateurs de qui nous sommes, des miroirs, en quelque sorte : « la philosophie que l’on choisit dépend de l’homme que l’on est ». Dix-neuf philosophes, majoritairement allemands, nous sont présentés, par ordre chronologique. L’occasion de constater « que l’éventail des tempéraments philosophiques […] a la même étendue que celle de l’âme éclairée par le logos » : il est illimité.

La conjuration, Philippe Vasset (2ème critique)

Ecrit par Samuel Harvet , le Vendredi, 28 Mars 2014. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La conjuration, 230 pages, 17 € . Ecrivain(s): Philippe Vasset Edition: Fayard

 

Tel le poète baudelairien, le conjuré a le privilège d’être à sa guise lui-même et autrui ; « comme ces âmes errantes qui cherchent un corps, il entre, quand il veut, dans le personnage de chacun » (1).

La Conjuration, dernier roman de Philippe Vasset, esquisse de véritables tableaux parisiens du XXIe siècle, arpentés en tous sens par des personnages en proie à une vaporisation croissante de leur identité individuelle. Dans ce roman qui ausculte les marges urbaines parisiennes, le lecteur voit se découvrir à lui tout un monde d’inquiétante étrangeté, ces « zones blanches » de la capitale dont Philippe Vasset avait lancé l’investigation dans un précédent opus. Les personnages explorent et investissent non pas des zones reculées et obscures, mais des interstices insoupçonnés entre les parcelles du cadastre.

La Conjuration, Philippe Vasset

Ecrit par Johana Bolender , le Mercredi, 19 Mars 2014. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

La Conjuration, 2013, 230 pages, 17 € . Ecrivain(s): Philippe Vasset Edition: Fayard

 

Pris dans la cacophonie promotionnelle de romans tels Nus ou La petite communiste qui ne souriait jamais, La Conjuration de Philippe Vasset se fraie difficilement mais sûrement un chemin grâce à ce qui bien souvent fait défaut aux dernières parutions, un vrai statut d’observateur pour le narrateur, qui, tout en reprenant à son compte l’abstraction bizarroïde (éminent critère de littérarité), sonorise avec une assurance et une technicité quasi criminelle, les silences suspects d’un monde globalisé.

Le faible écho du roman réussit néanmoins à susciter la curiosité des primo lecteurs et, immédiatement, l’indignation de la chaire journalistique au complet. Beaucoup de réactions autour d’un roman si peu attendu, court, dont l’esprit à l’image de la couverture s’apparente davantage à un roman-noir vendu en kiosque qu’à un futur prix Renaudot, Medicis, Etudiant ou Interallié, prix pour lesquels le roman est nominé. La question de la promotion du livre n’est pas exactement sans intérêt. Taire ces matrices revient au contraire à renforcer le malaise qui touche de près ou de loin ce couple bien heureux que forment les lettres et les chiffres, pour parler rapidement.