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Fayard

Fayard est une maison d'édition française fondée en 1857 par Joseph-François Arthème Fayard. Le libellé complet du nom de l’entreprise est Librairie Arthème Fayard.

 


Guide du petit djihadiste, Pierre Conesa

Ecrit par Pierre Perrin , le Mercredi, 02 Mars 2016. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Guide du petit djihadiste, janvier 2016, 140 pages, 15 € . Ecrivain(s): Pierre Conesa Edition: Fayard

 

Huitième ouvrage de cet ancien haut fonctionnaire au Ministère de la Défense, cet essai claque comme une détonation. Si l’auteur y « manie le second degré et la dérision » – ce qui conduit hélas à douter que sur cette voie des quasi-illettrés se remettent en cause –, ses démonstrations paraissent à ce point frappées au coin du bon sens que « des jeunes de classes moyennes » en marche vers la radicalisation devraient, eux, pouvoir se ressaisir. Interpellés tout du long, ceux-ci devraient être en mesure d’au moins comprendre ce qui les attend. Ce petit guide, au demeurant, est sous-titré : à l’usage des adolescents, des parents, des enseignants et des gouvernants, c’est dire combien son lectorat devrait être nombreux. Surtout si j’ajoute que la lecture peut en être bouclée en une heure.

D’abord cet essai délivre une définition limpide :

Le salafisme djihadiste est une idéologie réactionnaire, dans tous les sens du terme, qui a arrêté les horloges au VIIème siècle et qui légitime sa violence par l’ambition d’édifier une société pure et juste.

Six Jours, Ryan Gattis

Ecrit par Didier Smal , le Lundi, 12 Octobre 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman, La rentrée littéraire

Six Jours, septembre 2015, traduit de l’anglais (USA) par Nicolas Richard, 432 pages, 24 € . Ecrivain(s): Ryan Gattis Edition: Fayard

 

Avant même d’ouvrir Six Jours (All Involved : A Novel of the 1992 L.A. Riots, titre autrement plus significatif), le premier roman de Ryan Gattis traduit en français, de multiples indices mènent à l’idée qu’on va être confronté à quelque chose de costaud. Il y a le soutien d’autres écrivains, et pas des moindres : Joyce Carol Oates, David Mitchell et Dennis Lehane ; mais on sait que pareil soutien peut se monnayer, ou s’échanger… Il y a plus concret : la chaîne HBO et le producteur Alan Ball ont acheté les droits en vue d’une adaptation télévisuelle, ce qui laisserait à penser que le matériau narratif proposé par Gattis est à tout le moins solide. Et puis il y a l’argument ultime, le gage d’authenticité parfait pour tout qui s’intéresse à la culture populaire nord-américaine : sur le site de l’auteur, à la page dédiée à Six Jours, se trouve la playlist du roman, et là, on se dit que s’il y est bien question des Supremes, des Temptations, de Bill Haley, de Toots & The Maytals, de Cypress Hill et bien d’autres encore, en ce compris des bandes originales de films signées John Williams (plus particulièrement sur la « bombing mixtape » de Freer, l’une des voix du roman – on y reviendra), ce roman va parler de vrais gens, de ceux qui vivent avec de la musique en fond sonore constant, pour qui elle signifie quelque chose, et sans laquelle manquerait une part essentielle de leur personnalité.

Journal (1987-2012), Michel Chaillou

Ecrit par Philippe Chauché , le Jeudi, 24 Septembre 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres

Journal (1987-2012), avril 2015, préface de Jean Védrines, 544 pages, 24 € . Ecrivain(s): Michel Chaillou Edition: Fayard

 

« Début d’une volonté de tenir un journal. Temps d’acier froid. Je cherche la construction de L’Islande. Ai pris le bus long de Seine. Un jeune homme mâchait un début de vie chewing-gum. Ai croisé Jorge Semprun. Cheveux blancs, bel imperméable. Son œil m’identifia légèrement ».

« Il va être 18 heures. David improvise au piano dans le salon. J’essaie de me remettre à L’Hypothèse. J’en suis à la page 42. Il me faut déguiser le sujet, ne jamais l’avouer, sauf dans les dernières pages ».

Vingt-cinq ans séparent ces deux impressions littéraires, vingt-cinq ans d’un Journal romanesque et sentimental que l’on découvre aujourd’hui avec bonheur et surprise. Michel Chaillou, l’œil vif, le corps attentif à ce qu’il vit et à ce qu’il voit, à ce qu’il imagine, nourrit ses fictions et s’en nourrit jour après jour. Vingt-cinq ans de courtes notations, d’évocations, de brèves remarques météorologiques : – Il pleut. Soleil, temps vif qui agace le sang – mais aussi familiales : jeunesse de David, musicien en devenir et futur compositeur – un Journal sert-il à faire ses gammes ? –, fidélité réciproque à Michèle, troisième œil du manuscrit.

Trois chants funèbres pour le Kosovo, Ismaïl Kadaré

Ecrit par Roland Goeller , le Vendredi, 03 Juillet 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits

Trois chants funèbres pour le Kosovo, avril 1998, 122 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Ismail Kadaré Edition: Fayard

 

Pourquoi faut-il lire et relire les Trois Chants Funèbres, petit livre paru en 1998 sous la plume de l’albanais Ismaïl Kadaré ? Parce que nous avons en mains une œuvre romanesque tissée autour d’une fresque historique majeure. Parce que cette fresque prend tour à tour les apparences de l’épopée, du récit picaresque et de l’élégie. Parce qu’en invoquant des événements (tragiques) survenus il y a six siècles (en 1389), cette fresque éclaire des événements récents (deuxième guerre de l’ex-Yougoslavie, 1997-2002), tragiques eux aussi, et met peut-être en garde contre d’autres événements (funestes ?) à venir. Parce qu’en dépit de toutes les thèses de la fin de l’histoire et de la globalisation des données humaines, cette fresque suggère à l’inverse une inéluctable continuité historique où les nations revendiquent à la fois leurs identités et leurs territoires. Parce que l’auteur de cette fresque, Ismaïl Kadaré, écrivain albanais plusieurs fois pressenti pour le Nobel, juge et partie, se hisse avec clairvoyance à une hauteur où le parti pris le cède à la mise en perspective, de la pointe d’une plume qui n’a rien à envier à l’art des tailleurs de pierre des cathédrales.

La Poupée, Ismail Kadaré

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 08 Juin 2015. , dans Fayard, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays de l'Est, Bassin méditerranéen, Roman

La Poupée, mars 2015, traduit de l’albanais par Tedi Papavrami, 155 pages, 16 € . Ecrivain(s): Ismail Kadaré Edition: Fayard

 

En recréant par petites touches, à partir de bribes de souvenirs personnels, de vieilles photos et d’éléments anecdotiques révélés par les uns et les autres, l’existence de sa mère, surnommée La Poupée dans toute la famille, décédée en 1999, Ismail Kadaré, auteur narrateur, plonge le lecteur dans l’intimité d’une famille albanaise, sa famille, dans le contexte historique particulier qui a marqué ce pays durant les deux derniers tiers du siècle dernier.

L’existence de La Poupée, tout comme celle des jeunes années de l’auteur, est profondément, émotionnellement, sentimentalement liée à celle de la grande maison familiale du clan Kadaré de Gjirokastër, jamais achevée, plutôt en cours de décrépitude, où, fraîchement épousée à l’âge de dix-sept ans, la jeune Madame Kadaré se retrouve brusquement transplantée et avec laquelle, d’entrée, elle entretient une relation de rejet, parallèlement aux rapports d’hostilité permanente qui marquent sa cohabitation avec sa belle-mère.