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Contes

Hiziya princesse d’amour des Ziban, Lazhari Labter

Ecrit par Tawfiq Belfadel , le Mercredi, 30 Mai 2018. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Maghreb

Hiziya princesse d’amour des Ziban, éditions El Ibriz, Alger, 2017, 294 pages . Ecrivain(s): Lazhari Labter

 

Hymne à l’amour et à la poésie

La légende de Hiziya demeure une source d’inspiration. Tous les arts se croisent pour lui redonner vie. Après les chanteurs, les romanciers revisitent la légende en mêlant documentation et imagination. Maissa Bey a publié en 2015 un roman intitulé Hizya (lire la critique : http://www.lacauselitteraire.fr/hizya-maissa-bey). Lazhari Labter publie en 2017 un roman sous le titre Hiziya princesse d’amour des Ziban. Malgré les points de divergence, les deux romans rendent hommage à la légende de Hiziya.

La légende raconte que la belle Hiziya était follement amoureuse de son cousin S’ayyad. Orphelin recueilli par son oncle Ahmed Ben Bey, le père de Hiziya, le jeune homme vouait aussi un amour platonique pour sa cousine. Les prétendants se faisaient nombreux mais le cœur de la jeune fille ne battait que pour S’ayyad. Aux portes du Sahara, ils vivaient ainsi des moments d’amour orageux et inoubliables.

Le feu d’Orphée, Conte poétique, Patryck Froissart

Ecrit par Olivier Verdun , le Vendredi, 02 Mars 2018. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Ipagination

Le feu d’Orphée, Conte poétique, septembre 2016, 365 pages, 17,50 € . Ecrivain(s): Patryck Froissart Edition: Ipagination

 

Publié dans la collection Poésie des Editions iPagination, jeune maison dont le catalogue s’enrichit régulièrement d’œuvres d’une riche diversité, cet ouvrage de Patryck Froissart sous-titré Conte poétique est indéniablement, par sa structure, sa composition, son inspiration et sa vaste mise en réseau intertextuel et interculturel, aussi original que peut sembler a priori banalement littéraire sa thématique centrée sur la passion contrariée et la relation triangulaire constituée classiquement par la femme aimée et par l’amant et son rival.

L’ouvrage comprend 42 contes, soit autant de variations sur le thème, chacun se décomposant de façon quasiment systématique en une pièce en vers proches de la prosodie classique, un morceau en vers libres, et un récit en prose poétique.

Issa Asgarally, docteur en linguistique de l’Université Paris V-René Descartes (Sorbonne), analyse ainsi cette structure originale dans la longue préface qu’il a consacrée à cette œuvre :

Le Prophète, Khalil Gibran

Ecrit par Patryck Froissart , le Vendredi, 27 Octobre 2017. , dans Contes, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Folio (Gallimard)

Le Prophète, mars 2017, trad. de l'arabe par Anne Wade Minkowski, Préface d’Adonis, 131 pages, 2,50 € . Ecrivain(s): Khalil Gibran Edition: Folio (Gallimard)

 

Quelle bonne idée que de republier en poche Folio ce texte des plus précieux et de le mettre ainsi à la portée de tous ! Quatre-vingts pages de sagesse et d’invitation à une relecture philosophique du monde et de l’être, encadrées en préface par une superbe présentation de l’œuvre par le poète Adonis et en postface par une analyse auteur/texte de la traductrice Anne Wade Minkowski dont il faut souligner l’excellent travail réalisé pour cette traduction nouvelle.

Une nouvelle traduction du Prophète de Khalil Gibran ? Pourquoi ? On dit parfois qu’un grand texte ne peut être épuisé par une traduction unique, si bonne soit-elle…

Le Prophète, personnage essentiel de l’œuvre, c’est Al-Mustafa, qui vit, dans la situation narrative initiale, depuis douze ans dans la ville d’Orphalèse, dans l’attente du retour du navire qui doit le ramener à son île natale.

Contes du Nil Blanc et du Nil Bleu, Yacoub Artin Pacha

Ecrit par Chloë Fage , le Mardi, 22 Août 2017. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Pays arabes, Jeunesse

Contes du Nil Blanc et du Nil Bleu, Editions du Jasmin, Coll. Contes d’Orient et d’Occident, juin 2016, Illust. Denitza Mineva, 60 pages, 12 € . Ecrivain(s): Yacoub Artin Pacha

 

À mi-chemin entre les Fables de la Fontaine et les Nouvelles Orientales de Marguerite Yourcenar, cet ouvrage illustré nous fait sillonner les rives du Nil au rythme de contes ancestraux. Le renard et le corbeau, Le lièvre et la girafe, Le marchand et les singes… Autant de récits collectés dans les tribus du Soudan égyptien mettant en scène la cohabitation entre personnages du règne animal et humains. Chaque conte se solde par une morale souvent énigmatique ancrée dans un univers des plus fantastiques : les animaux y discutent de Dieu, les femmes caressent les lions, les hommes se métamorphosent en roi des singes ou se font emporter par des nymphes appelées « Herryeh ».

Un folklore soudanais au lyrisme certain, collecté par l’historien et homme d’état égyptien Yacoub Artin Pacha, lorsqu’il partit à la rencontre de ces tribus en 1908. Rapportés par des enfants croisés en chemin ou des missionnaires rencontrés lors de l’exploration, ces récits constituent l’une des rares traces d’une tradition littéraire et orale à cet endroit précis du globe.

Histoires désobligeantes, Léon Bloy

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 14 Avril 2017. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Mercure de France

Histoires désobligeantes, mars 2017, 304 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Léon Bloy Edition: Mercure de France

 

Les Histoires désobligeantes de Léon Bloy s’inscrivent dans le courant des contes cruels qui prit son essor au milieu du XIXème siècle. Publié en 1894, ce recueil de trente courtes fictions avait été réédité vingt ans plus tard (Mercure, 1914) augmenté d’une préface de l’auteur et de deux textes extraits de son roman La Femme pauvre (1897). Et c’est cette seconde édition qui nous est proposée, annotée et préfacée par Sandrine Fillipetti et enrichie de deux textes critiques de Rémy de Gourmont et Octave Mirbeau, ainsi que d’un portrait de l’auteur dressé par Catulle Mendes dans un de ses romans.

Pour ce désespéré qui fit « son noviciat dans les odyssées de la famine et du chienlit », Chrétien souverainement épris d’absolu égaré dans un siècle le pénétrant de dégoût – dont les « générations avortées » saccagent « l’Idéal » –, l’ennemi à désobliger qui suscite sa colère c’est cette bourgeoisie florissante régnant à son époque et dont il fait la satire féroce.