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Contes

Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du Miroir, Lewis Carroll

Ecrit par Odile Alleguede , le Samedi, 27 Juin 2015. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Arts

Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du Miroir, Lewis Carroll, illustrés par Pat Andrea, Diane de Selliers Editeur

 

L’éditrice au catalogue rempli de chefs-d’œuvre publie cette saison, dans un format pratique et un prix accessible, le double classique de Lewis Carroll : Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du Miroir. Un trésor de poésie visuelle et de grâce contemporaine illustré avec malice par l’artiste Pat Andrea, qui nous fait (re)découvrir une Alice tout en couleurs fantastiques. Un livre pour les petits, les grands, à boire et à manger du regard !

 

Joyeux non-anniversaire, Alice !

En toute ironie, Alice au Pays des Merveilles, paru en 1865, souffle cette année ses 150 bougies ! Les éditions Diane de Selliers font le cadeau de cette ressortie, dans La petite collection, avec De l’autre côté du Miroir (1871). Dans cette nouvelle édition illustrée et annotée au texte français comme anglais, rien n’a changé, sinon le prix !

Contes magiques de Haute-Kabylie, Salima Aït-Mohamed

Ecrit par Patryck Froissart , le Lundi, 22 Juin 2015. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Bassin méditerranéen

Contes magiques de Haute-Kabylie, Salima Aït-Mohamed, Editions Franco-Berbères, novembre 2014, 154 pages, 19 €Contes magiques de Haute-Kabylie, Editions Franco-Berbères, novembre 2014, 154 pages, 19 € . Ecrivain(s): Salima Aït-Mohamed

Depuis les travaux de Greimas et son modèle actanciel fondé sur les recherches de Propp, et en dépit du fait que leur conclusion affirmant l’universalité des fonctions narratives du conte ont fait ces dernières années l’objet de sérieuses controverses, on est systématiquement tenté, à la lecture d’un conte extrait d’une littérature locale, orale ou écrite, d’en pratiquer une analyse comparée en le plaquant sur les schémas actanciels et narratifs qui nous sont culturellement familiers.

L’exercice est d’une facilité remarquable lorsqu’on l’applique à ces Contes magiques de Haute-Kabylie précieusement et heureusement recueillis par Salima Aït-Mohamed. Tout y est :

– situation initiale stable au sein d’une structure familiale tantôt royale, tantôt des plus humbles ;

– événement qui vient, rapidement après son exposition, brutalement bouleverser le tableau tranquille de la famille en question ;

– émergence, du sein de la famille, du héros ou de l’héroïne ;

Tétraméron, Les contes de Soledad, José Carlos Somoza

Ecrit par Marc Ossorguine , le Jeudi, 16 Avril 2015. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Récits, Actes Sud

Tétraméron, Les contes de Soledad, février 2015, traduit de l’espagnol par Marianne Million, 256 pages, 21,50 € . Ecrivain(s): José Carlos Somoza Edition: Actes Sud

José Carlos Somoza sera à la Comédie du livre de Montpellier les 29, 30 et 31 mai 2015

 

Etrange voyage littéraire que celui dans lequel nous emporte José Carlos Somoza, sur les pas de la jeune Soledad (dont le nom signifie solitude en espagnol) ! Soledad est un peu la cousine littéraire d’une certaine Alice, ce que suggère d’ailleurs l’illustration de couverture où une jeune fille passe par l’ouverture d’une page dans un livre ouvert, de l’autre côté du miroir que nous font les mots et les récits, les romans et les contes. Cousine encore plus proche peut-être d’Ofelia, l’héroïne du Labyrinthe de Pan, le beau et étrange film de Guillermo de Toro.

Partie avec la classe de son collège pour une excursion et la visite d’un ermitage, mais au milieu des collégiennes, avec leur veste d’uniforme au blason du collège et l’escorte des sœurs, Soledad est prise par un étrange sentiment, celui de ne pas exister, de n’être qu’un fantôme. Son existence physique, sa visibilité pour les autres lui semble tout d’un coup aussi évanescente que celle d’un personnage de fiction, de conte ou de roman jamais lu ou refermé et presque oublié, pourrait-on dire. A tel point qu’elle disparaît des comptages pourtant scrupuleux des sœurs…

La légende de Sleepy Hollow/The Legend of Sleepy Hollow, Washington Irving, bilingue

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 12 Février 2015. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Fantastique, Folio (Gallimard)

La légende de Sleepy Hollow (The Legend of Sleepy Hollow) suivie de Rip van Winkle + Le Lilas de Rip van Winkle d’Herman Melville, Traduction de l’américain Philippe Jaworski, 240 p. 7 € . Ecrivain(s): Washington Irving Edition: Folio (Gallimard)

Formidable collection bilingue de folio qui nous offre ici trois des plus beaux textes de la littérature américaine du XIXème siècle. Ce bijou littéraire entre les mains, vous pouvez vous caler dans un fauteuil et partir dans l’univers merveilleux de Washington Irving. Merveilleux, pas fantastique, et c’est là le premier trait des récits de ce recueil. La nuance est d’importance. Nous sommes loin de Poe, de Hawthorne ou de Maupassant, dont l’art sublime est de glisser le surnaturel dans les failles du réel ordinaire, comme une irruption. Rien de tel avec Irving. Ses contes – et les deux contes majeurs de ce volume – prennent place dans des univers en soi merveilleux, propices au rêve, au surnaturel, à l’irrationnel.

La célèbre « légende de Sleepy Hollow » (La Légende du Val Dormant), de même que le deuxième conte de ce volume, le célèbre « Rip van Winkle », se situent ainsi en un pays de la vallée de l’Hudson baigné d’une atmosphère étrange, brumeuse, et aux couleurs du rêve. Là, point n’est besoin de s’évader du réel pour être dans le merveilleux. Un monde inquiétant parfois, irrationnel souvent, mais jamais terrorisant. Nous sommes loin, avec Irving, de l’adaptation cinématographique issue de ce conte qui cause de vraies frayeurs.

Le miel de la sieste, Amin Zaoui

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mardi, 06 Janvier 2015. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb, Barzakh (Alger)

Le miel de la sieste, octobre 2014, 197 pages . Ecrivain(s): Amin Zaoui Edition: Barzakh (Alger)

 

Gamin de l’Algérie d’après l’Indépendance, qui a mûri dans l’Algérie actuelle, avec des crochets ailleurs, comme il se doit pour tout Algérien, celui qui dit « je » se raconte, ou se berce par quelques mots qui reviennent, comme un refrain : « mais pourquoi est-ce que je reviens dans ce village des mouches bleues ? pourquoi est-ce qu’on serre celui qu’on aime contre sa poitrine ? ; mais pourquoi racontai-je tout cela à Ghita ? ». Sans oublier ce pile, je mens, face, je raconte la vérité, donc, face, qui émaille les pages. Ne pas omettre, par ailleurs, l’essentiel : on le nomme, le petit, « Bouqlaoui », l’enfant aux testicules, parce qu’il se les tripote tous les jours qu’Allah fait, et il a du mal avec les miroirs ; il a de grandes oreilles, et on l’appelle aussi l’âne. Il grandit, le môme, mais c’est difficile : il y a le père, l’oncle « écoute, petit morveux… », l’école militaire, le quotidien algérien qui bringuebale. Le sillon se fait chaotique, quand ce n’est douloureux : l’identité, la place dans la famille, les filles, les femmes, l’amour. Et puis, les rêves et quelques cauchemars en HP. Le ciel – celui, unique d’Algérie ; odeurs et saveurs en sus, et celui de par chez nous – Europe-miroirs aux alouettes, et gris labellisé avec accent belge…