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Contes

Le Singe sous la montagne, Aodren Buart (par Cathy Garcia)

Ecrit par Cathy Garcia , le Jeudi, 04 Juillet 2019. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Phébus

Le Singe sous la montagne, mars 2019, 128 pages, 13 € . Ecrivain(s): Aodren Buart Edition: Phébus

 

Nous ressentons à travers ce conte très directement inspiré d’un grand classique chinois : la deuxième partie de la très populaire légende du Roi Singe, l’attrait qu’a exercé la culture ancienne chinoise sur l’auteur lors de son voyage en solo en Chine. Cette quête l’aura poussé vers l’Est, mais donc ici, comme dans la seconde partie de la légende du Roi Singe – le Voyage vers l’Occident –, c’est vers l’Ouest que le moine Sanzang est envoyé par l’Empereur pour aller chercher au-delà de bien des montagnes et sur des chemins parfois dangereux les sutras du Bouddha. « La route, jusqu’au Grand Bouddha de l’Ouest, ne sera pas un simple sentier battu menant sereinement aux confins du monde. Et si je l’ai pensé, c’est par stupidité ou candeur ». L’Ouest étant, dans la légende originelle, l’Inde. On reconnaîtra donc dans ce texte divers éléments du Bouddhisme qui figurent dans la légende, mais aussi des références à la poésie et la peinture traditionnelle chinoises taoïstes, si bien que l’on a parfois la sensation de traverser des tableaux.

Trois jours à Jérusalem, Stéphane Arfi (par Valérie Kerrec)

Ecrit par Valérie Kerrec , le Mardi, 28 Mai 2019. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

Trois jours à Jérusalem, octobre 2018, 288 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): Stéphane Arfi Edition: Jean-Claude Lattès

 

Ce court roman, simple, dense, documenté, est écrit dans la veine des récits de Jean Grosjean ou plus près de nous d’Erri de Luca. C’est donc un conte philosophique davantage qu’un roman classique, bien que l’on suive de bout en bout une intrigue forte en rebondissements. Nous voici embarqués il y a 2000 ans de cela, à l’époque du tout jeune Jésus, à Jérusalem. La Bible raconte en effet que Jésus fit à l’âge de 12 ans une fugue à Jérusalem, fugue dont on ne sait étrangement rien mais qui semble avoir eu une importance capitale dans le développement moral du jeune homme… 2000 ans après, s’appuyant sur des textes de l’époque du grand Sage Hillel (juif humaniste avant l’heure), Stéphane Arfi raconte cette escapade qui fit découvrir à Jésus que l’amour n’était pas le vrai secret du bonheur (l’amour qui devint pourtant ensuite le centre du message du Jésus historique), mais une autre valeur, un autre mot que l’amour, une vertu bien plus révolutionnaire : vertu qui a été en quelque sorte vidée de son sens originel et remplacée par l’amour. Le message universel de Jésus aurait-il donc été tronqué, et pourquoi ? C’est la question que pose ce conte.

La Tentation de saint Antoine, Gustave Flaubert (par Cyrille Godefroy)

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Vendredi, 19 Avril 2019. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Folio (Gallimard), Cette semaine

La Tentation de saint Antoine, 352 pages, 6,80 € . Ecrivain(s): Gustave Flaubert Edition: Folio (Gallimard)

Que faire face à la tentation ? Oscar Wilde ne tergiversait pas : « Le seul moyen de se délivrer d’une tentation est d’y céder… ». Au risque de sombrer dans l’excès et le chaos : orgie de chocolat, meurtre du voisin bruyant, viol de l’hôtesse d’accueil, ingénue vénusté exposée à la prédation masculine… Prudent, Antoine le Grand dit saint Antoine (251-356) a préféré se retirer dans le désert égyptien, loin des tentations, loin des objets de son désir, obscur et pernicieux. Gustave Flaubert (1821-1880) retrace à sa manière son anachorèse tourmentée par l’aiguillon du diable.

Comme le suggérait Cioran, « je suis un Sahara rongé de voluptés », l’érémitisme n’est pas une sinécure, un ciel sans nuées. Antoine endure la solitude, l’ennui, l’inanition. Il plie sous le poids de l’acédie, cette affection spirituelle touchant les Pères du désert, se manifestant par un profond découragement et une érosion de la foi : « Voilà plus de trente ans que je suis dans le désert à gémir toujours ! ». Aux confins du délire, Antoine résiste tant bien que mal aux péchés capitaux et capiteux dont les représentations assaillent inlassablement son esprit. Il doute copieusement, rêve de banquets et de dorures, s’imagine aimé de la reine de Saba…

La Princesse légère, George MacDonald (par Yasmina Mahdi)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Mardi, 27 Novembre 2018. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Libretto

La Princesse légère (The Light Princess), George MacDonald, octobre 2018, trad. anglais Pierre Leyris, 112 pages, 6,70 € . Ecrivain(s): George MacDonald Edition: Libretto

 

Dans ce conte, daté de 1864, du pasteur calviniste George MacDonald (1824-1905), les présages sont suivis aussitôt par la prescription, laquelle invalide la joie des naissances, ternit le bonheur des parents, parents sur qui pèse une menace. Au-delà de la trame archétypale de l’histoire, transparaissent les hantises propres à une époque (particulièrement caractéristiques d’une société protestante), ainsi que leurs résultantes stigmatisantes : par exemple, le fait d’être une femme stérile, de surcroît une reine. En effet, la reine devient mère relativement tard, et de plus, met au monde une petite fille, un événement mineur, qui va déclencher une punition (l’admonestation des géniteurs), perpétrée par une espèce de double menaçant, une vieille fille, la princesse, sœur du roi, redoutable sorcière. Les yeux de « la vieille princesse Onsenrpentira » sont « caméléons » comme ses humeurs et ses pouvoirs supranaturels. Il y a une similitude entre le conte de La Princesse légère et celui de La Belle au bois dormant (écrit en 1697), notamment en ce qui concerne les enfants, lesquels, dès leur naissance, sont marqués du sceau de puissances maléfiques (ou bénéfiques) par les Parques ou les Fées, qui vont les affubler d’un handicap, atrophie ou incapacité, malheurs devant être combattus par des épreuves, ou guéris par un élu, magicien ou futur souverain.

Clonck et ses dysfonctionnements, Pierre Barrault (Par Ahmed Slama)

Ecrit par Ahmed Slama , le Lundi, 12 Novembre 2018. , dans Contes, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Editions Louise Bottu

Clonck et ses dysfonctionnements, mars 2018, 174 pages, 14 € . Ecrivain(s): Pierre Barrault Edition: Editions Louise Bottu


Qu’est-ce que Clonck ? Une contrée, bien étrange avec ça, que l’on parcourt et l’on découvre, parcelle par parcelle avec ces fragments qui se succèdent, les numéros dont ils sont affublés et qui rythment notre découverte de la ville. Numéros qui fonctionnent tel un chronomètre qui parfois s’emballe, les fragments s’étalent alors sur une ou deux pages et nous content la ville de Clonck, son atmosphère toute singulière, et que nous allons tenter, ici, non pas de percer, mais simplement de mettre à nu la brume qui l’entoure…


Du mouvant et du changeant :