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Japon

L’abeille, Hideki Noda

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 22 Mars 2017. , dans Japon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Théâtre, Espaces 34

L’abeille, 2016, trad. japonais Corinne Atlan, 64 pages, 13 € . Ecrivain(s): Hideki Noda Edition: Espaces 34

 

La vengeance de monsieur Ido

En France, nous ignorons tout ou presque du théâtre japonais contemporain : nous en restons, par goût sans doute de l’exotisme, à l’héritage du Nô et du Kabuki alors même que nous nous passionnons pour les mangas ou le cinéma nippon actuels. Sans doute serait-il nécessaire de traduire à plus large échelle des pièces récentes que des compagnies monteraient pour qu’enfin le théâtre japonais contemporain rencontre un public nombreux. Hideki Noda est un des très rares auteurs à être présent sur nos plateaux mais encore de façon modeste au regard de la vingtaine de textes qu’il a écrits.

L’abeille est inspirée d’une nouvelle de Yasutaka Tsutsui, romancier de SF, acteur connu dans son pays. La pièce date de 2006 et a été traduite en 2013.

Durarara !! (tome 1), Narita Ryohgo

Ecrit par Priscila Selva , le Vendredi, 10 Mars 2017. , dans Japon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Durarara !! (tome 1), éd. Ofelbe, octobre 2016, trad. du japonais Nicolas Gouraud, 276 pages, 12,99 € . Ecrivain(s): Ryohgo Narita

 

Légendes urbaines, gangs, gens étranges et une motarde sans tête qui revient sans cesse : voilà tout simplement ce qui fait le charme quotidien du quartier de Ikebukuro à Tokyo. Sous les apparences d’un roman au prime abord un poil décalé tant le genre est particulier, Durarara !! se révèle être en réalité à mesure des pages qui s’envolent une aventure hors norme dans un Tokyo tout aussi délirant que inquiétant.

Il faut constater la première force de ce roman : Durarara !! n’est pas un livre pour la jeunesse qui s’embarrasse de douceurs sirupeuses et de petites histoires plates qui respectent la bienséance, c’est un roman exigeant et dépaysant qui s’attache à proposer une aventure étrange qui ne ressemble en rien à ce que l’on peut lire habituellement. Certes le synopsis de base ne surprend guère – un jeune garçon banal en soif d’aventures qui pourraient pimenter son quotidien – pour un roman que nous devinons facilement être d’apprentissage (le light novel grandissant avec son public au fur et à mesure de la publication des tomes).

Cristallisation secrète, Yôko Ogawa

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 17 Juin 2016. , dans Japon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Actes Sud

Cristallisation secrète (in Œuvres-II), (Hisoyaka na kessho, 1994), trad. japonais Rose-Marie Makino-Fayolle, 1376 pages, 29 € . Ecrivain(s): Yoko Ogawa Edition: Actes Sud

 

L’écriture de Yôko Ogawa offre une caractéristique assez rare, celle de transmettre ou faire mûrir une paix et une tranquillité chez le lecteur que l’on trouve rarement, même dans les plus grandes œuvres. Cela ne veut pas dire qu’elle ne sait pas en même temps nous questionner et, assez paradoxalement, nous « inquiéter ». C’est particulièrement le cas avec ce récit publié pour la première fois en 1994. Un récit qui est par ailleurs double : la narratrice qui est le personnage central écrivant elle aussi des romans, un roman en particulier dans le temps de ce récit.

Nous sommes sur une île où, l’une après l’autre, les choses disparaissent. Ensuite, elles sont, ou plutôt elles doivent être oubliées. La police secrète veille d’ailleurs à ce que les choses oubliées disparaissent bien et pourchassent par ailleurs ceux qui ne parviennent pas à oublier ou s’y refusent. Ce sont alors eux qui disparaissent. On retrouve là quelque chose qui peut rappeler les anticipations inquiétantes d’un George Orwell (1984) ou d’un Ray Bradbury (Farenheit 451), voire, sur un autre registre, de Michael Ende (L’histoire sans fin).

L’étrange bibliothèque, Haruki Murakami (2ème article)

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 04 Janvier 2016. , dans Japon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

L’étrange bibliothèque, illustrations Kat Menschik, trad. japonais Hélène Morita, 72 pages, 17 € . Ecrivain(s): Haruki Murakami Edition: Belfond

 

 

Un jeune garçon qui voulait simplement emprunter des livres à la bibliothèque se retrouve enfermé dans une cellule au fin fond d’un labyrinthe obscur, prisonnier d’un vieillard terrifiant, et sous la garde d’un homme-mouton passif et bienveillant qui fait de délicieux beignets. Comme un rêve qui bascule très vite dans le pire des cauchemars, cette histoire n’aurait pas déplu à Lewis Carroll. Avec pour ingrédients le mystère, le bizarre, l’absurde et une frontière très poreuse entre le poétique et l’épouvante, on y retrouve le goût immodéré de l’auteur pour les bibliothèques et les ambiances pesantes mais comme évaporées. Il y est question de nourriture de l’esprit et de nourriture pour le ventre et d’un menaçant mélange des deux. Il y est aussi question d’un chien féroce, d’un étourneau et d’une petite fille très belle. Bien que la fin puisse laisser le lecteur sur sa faim, très vite celui-ci se rendra compte que son esprit est retourné dans le labyrinthe pour tenter de démêler le sens caché de cette histoire, et c’est là que tout l’art de Murakami opère. Il réussit à se frayer un chemin dans notre tête et à y déposer tout un tas de questionnements, comme une souris viendrait y déposer des souriceaux.

L’Etrange Bibliothèque, Haruki Murakami

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Jeudi, 10 Décembre 2015. , dans Japon, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

L’Etrange Bibliothèque, novembre 2015, illustrations Kat Menschik, traduit du japonais par Hélène Morita, 72 pages, 17 € . Ecrivain(s): Haruki Murakami Edition: Belfond

Haruki Murakami, une lueur dans l’ombre, virevoltant au vent solaire de nos pensées, un passeur d’entre les Mondes…

Dans l’intrigue de son nouveau roman paru aux éditions Belfond, L’Etrange Bibliothèque, un jeune garçon se rend à la bibliothèque municipale pour déposer un ouvrage, emprunter de vieux livres sur le système fiscal, le journal d’un percepteur, les révoltes fiscales dans l’empire ottoman et leur répression. La bibliothèque semble plus silencieuse que d’ordinaire. L’employé lui indique alors que pour les ouvrages rares, il doit se rendre à la salle 107. Dans une salle qu’il ne connaissait pas, il y avait assis, un vieil homme chauve et portant des lunettes aux verres épais : « Le tableau évoquait une montagne après un violent incendie de forêt ».

Seulement ces livres ne peuvent être consultés que sur place. Aux longs sourcils du vieil homme qui se rapprochaient au point de n’en faire qu’un, le jeune garçon va comprendre qu’il serait bien délicat de ne pas suivre la proposition de cet énigmatique vieillard, jusqu’à la salle de lecture et ce malgré l’heure de fermeture qui s’annonce. Mais qui est donc ce mystérieux personnage qui s’apprête à le mener par les méandres d’un labyrinthe sans fin et dans ce qui ressemble bien à une prison ?