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Belfond

La maison Belfond fut créée en 1963 par Pierre Belfond et Franca Belfond. Assez vite, en 1989, Pierre Belfond cèdera 53,4 % du capital de sa maison au groupe Masson, éditeur scolaire et scientifique. Le couple quittera la maison en 1991.

En 1993, Belfond fusionne avec les Presses de la Renaissance, à laquelle viendront s'ajouter différentes filiales comme Acropole en 1981, Le Pré aux clercs en 1983, les Éditions 1900 en 1987 et l'Age du Verseau en 1988 qui seront ensuite toutes regroupées sous le nom des éditions Belfond. Aujourd'hui, Belfond fait partie du département Place des éditeurs, filiale d'Editis, deuxième plus grand éditeur français après Hachette de, au chiffre d'affaires de 751 100 euros en 2009. C'est grâce aux nombreux coups commerciaux de Pierre Belfond que la maison occupe désormais une place de choix dans l'édition française et possède un catalogue d'environ 400 titres, à raison d'une centaine de publications par an.


La Ferme de Cousine Judith, Stella Gibbons

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 05 Septembre 2017. , dans Belfond, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Iles britanniques, Roman

La Ferme de Cousine Judith, trad. anglais Iris Catella, 352 pages, 15 € . Ecrivain(s): Stella Gibbons Edition: Belfond

 

 

L’œuvre de Stella Gibbons (1902-1989) n’est pas enseignée à l’université, et c’est dommage : on y rirait plus souvent. En tout cas, on rirait en lisant le premier roman de cet auteur anglais, La Ferme de Cousine Judith (1932), rencontre improbable entre les romans campagnards à la mode en Angleterre à l’époque, un rien misérabilistes, et la causticité de Jane Austen. Le ressort narratif est très simple : une jeune femme, Londonienne et orpheline depuis peu, décide de tenter de vivre aux crochets de sa famille, en apportant ses cent livres de rente, plutôt que chercher du travail. Après avoir envoyé quelques lettres et reçu des réponses peu encourageantes, elle décide de s’établir chez sa cousine Judith, dans le Sussex.

Le Mal des Ardents, Frédéric Aribit

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Vendredi, 18 Août 2017. , dans Belfond, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, En Vitrine

Le Mal des Ardents, Août 2017, 247 pages, 18 € . Ecrivain(s): Frédéric Aribit Edition: Belfond

 

 

Une histoire déferlante, comme Lou. Frédéric Aribit nous propose un portrait de femme peu commune, une arche de vie, un monument de désirs, une montagne d’insolence et d’audace. Lou, rencontrée par le narrateur comme on rencontre la foudre et son célèbre « coup ». Et Lou, femme libre s’il en fut, exaltée, provocatrice, belle, dépositaire sûrement de toutes les colères de femmes accumulées depuis des millénaires. A l’image de son violoncelle, qu’elle transforme en voix de la colère à travers les textes de Bach ou de Brahms, jusqu’à parfois en faire claquer les cordes.

La musique accompagne ce roman, comme une basse continue, adoptant ses folies et ses sagesses, ses explosions et ses répits.

Une ombre chacun, Carole Llewellyn

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 12 Juin 2017. , dans Belfond, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Une ombre chacun, avril 2017, 294 pages, 17 € . Ecrivain(s): Carole Llewellyn Edition: Belfond

 

L’histoire tourne autour de cette femme, Clara, elle a décidé de tout quitter et surtout son mari, Charles. Celui-ci lui demande un enfant comme on passe une commande dans un magasin chic.

« Charles était de cette génération d’hommes qui réfléchissaient à la paternité, projet angoissant de la trinité héritée appartement, mariage, enfants (…). Il lui demanderait juste un enfant comme on demandait un deuxième whisky et, comme toujours, elle dirait oui ».

Seulement, il déclenche alors une sorte de raz de marée interne et extravasé. Clara qui a survécu dans son enfance à un enlèvement, part à la recherche d’elle-même.

« Tout allait bien. Tant que vous ne faisiez pas un bébé autiste ou trisomique. Un bébé sur lequel on ne pourrait pas s’extasier sur Instagram. Un bébé à qui on ne saurait pas quoi acheter comme jouet. Un bébé pour qui le choix de la poussette, du portage, de l’écharpe serait un débat inutile car on le garderait enfermé ».

Novembre, Joséphine Johnson

Ecrit par Stéphane Bret , le Vendredi, 05 Mai 2017. , dans Belfond, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

Novembre, mars 2017, 204 pages, 14 € . Ecrivain(s): Joséphine Johnson Edition: Belfond

 

Les éditions Belfond publient dans leurs collections Vintage d’anciens romans. Novembre, de Josephine Johnson, est de ceux-là. Il s’inscrit dans le droit fil des romans de la Grande dépression tels que Les raisins de la colère de Steinbeck, ou Le petit arpent du bon Dieu, d’Erskine Caldwell. Ce dernier, décrivant la vie de petits blancs dans le deep south américain, peut se relier à Novembre.

C’est le sort d’une famille de fermiers, les Haldmarne, qui viennent s’installer dans une ferme du middle West, déjà hypothéquée et dont l’exploitation est très difficile, les rendements sont bas, le sol ingrat, la main-d’œuvre rare et trop chère pour le patriarche, Arnold Haldmarne, père taciturne, s’extériorisant peu, et dur à la tâche. Ses trois filles, Margot, Kerrin et Merle l’aident du mieux qu’elles peuvent dans l’exploitation de la ferme. Mais cette famille qui vient d’échapper à la dureté retrouve la cruauté de l’existence dans ses nouvelles terres : « Nous quittions un monde mal agencé et embrouillé, qui maugréait contre lui-même, pour arriver dans un monde non moins dur (…) mais qui tout au moins lui donnait quelque chose en retour ».

Au jour le jour, Paul Vacca

Ecrit par Martine L. Petauton , le Mercredi, 29 Mars 2017. , dans Belfond, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Récits

Au jour le jour, Février 2017, 379 p. 19,50 € . Ecrivain(s): Paul Vacca Edition: Belfond

 

« Sue, comme Eugène ? » demandait Simone-la dame de la poste, dans ce « télégramme » qu’on a tous dans l’oreille, tandis que la voix – unique – d’Yves répondait, légèrement agacée devant l’évidence : « Oui, Eugène Sue ».

Il y a comme ça des références tellement inscrites en nous – une langue, un passeport transgénérationnel, qu’en effet, ça va de soi. Eugène Sue – Les mystères de Paris, en sont. En même temps, difficile de ne pas convenir que ce genre de rivière, à force d’être souterraine, peut disparaître. Cherchez donc dans un manuel scolaire ; plus aucune trace des « mystères and co » ; tentez un micro trottoir – tranche des 14/18 ans : qui était Eugène Sue ?

D’où peut-être – en plus de l’indéniable et cabriolant talent de son auteur – l’intérêt, l’utilité même de cet Au jour le jour dont le titre claque comme feuilleton en page de journal, loin, dans le siècle d’avant le dernier, tout en étalant insolemment, une paradoxale modernité.