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Les Dossiers

Les Tréteaux du Diable (I) Avant-propos – Le Diable et l’Histoire

Ecrit par Avi Barack, Léon-Marc Levy , le Jeudi, 30 Avril 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

« De la Ville, les mourants se lamentent

et l’âme des blessés crie au secours,

mais Eloah n’entend pas la prière !

Au petit jour se lève l’assassin,

Il tue le pauvre et l’indigent

Et l’œil de l’adultère épie le crépuscule

Il se dit : « un œil ne m’aperçoit point ! »

Et il met le voile sur sa face.

Et dans la nuit marche le voleur,

Il perfore, dans les ténèbres, les maisons

Qu’il a repérées le jour (…)

S’il n’en est pas ainsi, qui me convaincra

De mensonges et réduira à néant ma parole ? »

Job. XXIV. 12-25

Backstage Cirque du Soleil

Ecrit par Elisa Amaru , le Lundi, 20 Avril 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Côté Arts

 

Backstage Cirque du Soleil, éd. Assouline, mars 2015, photographies Véronique Vial, préface Guy Laliberté, éd. bilingue français-anglais, 200 ill., 232 pages, 65 €

 

Les éditions Assouline célèbrent le 30e anniversaire du Cirque du Soleil avec un beau livre en forme d’hommage. L’occasion d’un retour en images solaire qui lève le rideau sur les artisans du rêve avec plus de 200 clichés rares ou inédits de la photographe Véronique Vial, qui signe ici son 6e livre photo sur la plus mythique des troupes circassiennes !

Complice des aventures backstage du Cirque du Soleil depuis 25 ans lors du spectacle Nouvelle Expérience, la française Véronique Vial s’installe à cette période à Los Angeles, en 1989, une ville qu’elle dit avoir choisi « pour sa lumière ». Elle poursuit : « à l’époque, un magazine m’avait envoyé faire un reportage au cirque et je suis tombée amoureuse de la troupe et de tout le chapiteau ! »

Entretien avec Frédéric Martin, Directeur des Editions Le Tripode

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Jeudi, 09 Avril 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Lorsqu’au sortir de la Seconde Guerre mondiale, on demanda à Francis Ponge pourquoi il avait préféré écrire sur une forêt (Le Carnet du bois des pins, éditions Mermod, 1947) au lieu de rédiger comme les autres poètes des manifestes sur la Liberté, il répondit, tranquillement, que son ambition était de concevoir des bombes à retardement, et non des mitraillettes. La maison d’édition Le Tripode reprend pour lui cet état d’esprit. Depuis ses débuts, elle est au service d’auteurs dont elle admire la seule liberté possible : privilégier la sensibilité aux doctrines, le cheminement dissident de l’imaginaire à l’immédiateté du discours. Le lyrisme de Jacques Abeille, l’exigence de Robert Alexis, l’irrévérence d’Edgar Hilsenrath, l’iconoclasme d’Andrus Kivirähk, l’espièglerie de Jacques Roubaud, la virtuosité de Juan José Saer, le désir sans limite de Goliarda Sapienza, la rigueur de Jonathan Wable, la lucidité de Louis Wolfson ou encore la fantaisie de Fabienne Yvert… Voici quelques-uns des regards qui, de façon salutaire, nous sortent de la marche ordinaire du monde : Frédéric Martin.

Festival du Premier Roman et des Littératures Contemporaines

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 30 Mars 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Côté actualité

 

Si « un roman commence par un coup de dés », selon l’écrivain Roger Vailland, le Festival du premier roman et des littératures contemporaines est l’une des rares manifestations littéraires à défendre les nouveaux auteurs et à lui consacrer la majeure partie de son programme. Le coup d’envoi sera lancé le 26 mars prochain à Laval en Mayenne.

Les seize primo-romanciers nominés sont :

Un jeune homme prometteur, Gautier Battistella, Grasset, 2014

Constellation, Adrien Bosc, Stock, 2014

Les fidélités, Diane Brasseur, Éditions Allary, 2014

Meursault, contre-enquête, Kamel Daoud, Actes Sud, 2014

En face, Pierre Demarty, Flammarion, 2014

Après l’équateur, Baptiste Fillon, Gallimard, 2014

Buvard, Julia Kerninon, Le Rouergue, 2014)

En finir avec Eddy Bellegueule, Édouard Louis, Le Seuil, 2014

Le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov (dossier)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 24 Mars 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Lire Le Maître et Marguerite, c’est assister à un spectacle total. Tout est sollicité chez le lecteur : sa sensibilité, son imagination, son intelligence et sa culture. Et cette œuvre monumentale de la littérature russe du XXème siècle est sans aucun doute un chef d’œuvre, ce qui n’interdit pas de formuler quelques réserves.

J’ai ri aux nombreuses apparitions incongrues – celles du chat payant son ticket de tramway, de Marguerite survolant Moscou sur son balai ou de Natacha chevauchant le sévère Nikolaï Ivanovitch transformé en pourceau… – et je me suis divertie de toutes ces farces burlesques, de ces élégantes moscovites soudain mises à nu quand la magie cesse ou de ces roubles qui se muent en devises compromettantes qu’on s’empresse de cacher dans la bouche d’aération des toilettes… J’ai été émerveillée par les multiples clins d’œil aux mythes et aux contes, à ces récits fabuleux ou sacrés, païens ou religieux. J’ai été touchée par les remords de Pilate réduit à partager sa solitude avec son chien fidèle et par la belle figure amoureuse de Marguerite. J’ai savouré ce foisonnement de citations littéraires (aidée par les notes en bas de page), ces évocations d’écrivains et d’œuvres – russes le plus souvent – dont l’auteur reprend parfois des scènes ou des phrases entières. J’ai particulièrement goûté les références musicales abondantes, souvent très précises, auxquelles renvoie Boulgakov.