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Les Dossiers

Poètes cosmiques : Jean Maison, Gwen Garnier-Duguy

Ecrit par Michel Host , le Samedi, 19 Avril 2014. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Le boulier cosmique, Jean Maison, Editions Ad Solem, Poèmes, octobre 2013, 90 pages, 19 €

Le Corps du monde, Gwen Garnier-Duguy, Poèmes, préface de Pascal Boulanger, Éditions de Corlevour, décembre 2013, 125 pages, 18 €

 

Une lecture est une aventure personnelle, sinon « à quoi bon ? »

Michel Host

 

Jean Maison, Le boulier cosmique


« Je partis le soir même pour le Nouveau Monde »

Jean Maison

à propos de « Tant de soleils dans le sang » et « Jusqu’au bout de la route » d’André Velter – Gallimard

Ecrit par Philippe Chauché , le Samedi, 19 Avril 2014. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

« Au sortir du labyrinthe / à jamais / l’arène est un miroir / de feu

une clairière / qui découpe / un cercle de lumière / et le ciel, à vif »

 

La poésie d’André Velter est une clairière. Un ciel mis à vif par les mots, comme la musique flamenca de Pedro Soler, qui accompagne silencieusement Tant de soleils dans le sang. La poésie libre de l’écrivain résonne dans les ruedos et au centre tellurique de la terre andalouse. Elle saisit comme une saeta, ce chant sacré lancé à la ville et au monde dans une rue de Séville au passage du Cachorro.  André Velter se met au tempo du Temps, inspiré par la musique silencieuse du torero José Tomás, par le duende solaire de Lorca, au cœur des vibrations de la phrase qui s’allonge comme une éternité, qui vibre jusqu’à l’os. Vamos, vamos, vamos, vamos, écrit-il, et le poème s’élance avec la profondeur naturelle d’un mouvement de poignet, de la plume à la muleta, de la cape à la plume sous la lune qui donne aux chants et aux champs tant de vibrations profondes, de chants profonds, cante jondo de l’autre côté des Pyrénées.

Ecrire le voyage. De Montaigne à Le Clézio, sous la direction de Sylvain Venayre

Ecrit par Elisa Amaru , le Mardi, 15 Avril 2014. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

Ecrire le voyage. De Montaigne à Le Clézio, sous la direction de Sylvain Venayre, éditions Citadelles & Mazenod, Coll. Littérature illustrée, relié et semi-toilé sous coffret illustré, 29 x 35 cm, 496 pages, env. 350 ill. couleur, mars 2014, 219 €

 

Ecrire le voyage, Citadelles & Mazenod

Maison spécialisée dans le livre d’art depuis 1936, les Editions Citadelles & Mazenod sont aujourd’hui des incontournables du patrimoine éditorial français. Quand on aime, on ne compte pas. Bouquinophiles et bibliovores convoitent la sortie de chaque nouveau titre pour enrichir leur collection. Printemps 2014. Leur dernière parution, Ecrire le voyage. De Montaigne à Le Clézio (Coll. Littérature illustrée) s’annonce déjà comme un classique. 496 pages et plus de 350 illustrations sur le voyage comme réflexion créative et entreprise littéraire de premier plan. Pour diriger et conduire l’ensemble, l’éditeur a fait appel à l’érudition savante de Sylvain Venayre, déjà codirecteur d’une somme sur L’art de la bande-dessinée (Citadelles & Mazenod, 2012). Plus qu’un énième beau livre à contempler, Ecrire le voyage propose de réfléchir plus de quatre siècles de semelles usées à l’aune de la plume, du Waterman, ou du clavier. Entretien sur la route avec Sylvain Venayre.

Pour une Maison de l’écriture, entretien avec Virginie Lou-Nony

Ecrit par Valérie Debieux , le Lundi, 14 Avril 2014. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

« L’écriture, comme la parole, est à tout le monde : prenez-la ! »

Martin Winckler

Valérie Debieux : Virginie Lou-Nony, quel a été l’élément déclencheur vous incitant à écrire ?

 

Virginie Lou-Nony : J’ai mis longtemps à le discerner – et encore, que sait-on de ses motivations profondes ? – mais il me semble que c’est le silence. Un silence protéiforme qui va de la violence verbale au mutisme en passant par le bavardage. Un silence qui consiste à utiliser le langage non pour dire mais pour masquer, et masquer qu’on masque en faisant du bruit. Les conséquences meurtrières d’un mésusage de la langue, du mensonge – intime, historique, idéologique – ; la puissance destructrice d’adjectifs envoyés comme des projectiles par un dépositaire de pouvoir contre un « inférieur », et tout particulièrement les blessures irréparables infligées aux enfants par des adultes censés les éduquer, les crimes de langage et, au revers de la médaille, le silence farouche gardé sur l’essentiel, l’inaccessibilité de chacun à soi-même, la difficulté à formuler ce qui nous importe le plus, l’inadéquation des mots à nos ressentis profonds m’ont, dès la petite enfance, marquée pour toujours.

Entretien avec Yann Suty - Cubes

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 12 Avril 2014. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Extrait de Cubes, premier roman de Yann Suty :

« Alexis est revenu vers moi et m’a persuadé d’y jeter un œil de plus près. Je me suis relevé. Quand je me suis retrouvé au pied de l’un des cubes, j’ai levé la tête sans pouvoir en distinguer le sommet. Après avoir hésité, j’ai prudemment tendu la main et mon index a effleuré la paroi en verre. Une sensation de froid m’a envahi. Ensuite, j’ai posé la main à plat et une vague de chaleur m’a submergé. Un instant, j’ai cru que le cube avait ressenti ma présence et qu’il tentait d’établir le contact. Ce n’était pas le cube, mais moi. Un goût rance a inondé ma bouche et je me suis rendu compte que je saignais du nez. En me penchant en avant, j’ai éclaboussé l’herbe d’un sang qui m’a paru noir malgré la clarté de la nuit ».

 

Valérie Debieux : Yann Suty, quel est l’élément catalyseur vous ayant incité à écrire des romans ?