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Les Dossiers

Collection, une collection de plus ?

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 29 Août 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED

 

 

La Cause Littéraire a grandi, a grossi. Collection, avec les Editions de Londres, voudrait-elle imposer à la Cause une cure de rajeunissement, d'amaigrissement ? Pas toujours facile de se repérer dans cette somme de textes. Y voir un peu plus clair. En les mettant en boite dans des ebooks ? Collection veut simplifier et optimiser la lecture. Mettre en rayons numériques des textes déjà parus mais relus, revus, ajoutés, soustraits. Collection fait de la conservation de son patrimoine. L'atelier de rénovation va tourner au régime de six numéros par an. Les auteurs ont des droits du coup. Collection aime les auteurs autant que les lecteurs. Ils se ressemblent tant. Les quelques euros collectés iront, dans un an, amortir la maintenance du site La Cause Littéraire  ainsi que les investissements des Editions de Londres. Saluons le risque pris Vincent Potier, son fondateur hardi.

A propos de La reine Isabel chantait des chansons d’amour, Hernán Rivera Letelier

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Mardi, 25 Août 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

La reine Isabel chantait des chansons d’amour, Hernán Rivera Letelier, Métailié, 1997, trad. de l’espagnol (Chili) par Bertille Hausberg, 202 pages, 10 €

Royaume de poussière

Que vaut la mort d’une vieille pute parmi la mort de tout un royaume redevenu poussière parmi les ombres ? Que valent des milliers de vies humaines, des épopées homériques de mineurs de fonds, les histoires d’amour et de nostalgie de tout un peuple quand celui-ci, dispersé par le vent et la fermeture des centaines de salpêtrières qui furent leur vie entière, n’est plus que la voix éraillée d’un poète déraisonneur dans une église remplie de fantômes ?

La nouvelle de la mort de la Reine Isabel, pute depuis ses onze ans dans les salpêtrières du Grand Nord chilien, s’annonce un matin, après le jour de paie, et fait rapidement le tour de la communauté des anciens mineurs et travailleurs misérables des navires du port. Pendant quelques jours, on organise pour elle des funérailles dignes de celles de la Gran Mama : on la pare, l’habille et la maquille pour une dernière représentation, on fabrique cercueil et couronnes mortuaires, on rassemble tous ceux qui de près ou de loin la connurent, on investit de force l’église, on la veille, et surtout on égrène les souvenirs d’une époque alors révolue, celle des temps du Salpêtre.

La Trinité bantoue, entretien avec Max Lobe

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 10 Juillet 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

« Mwána vit dans un pays au cœur de l’Europe, avec ses cousins blancs qu’il connaît bien. Certains parmi eux sont décidés à chasser les moutons noirs de leur territoire. La traque est lancée, les esprits s’échauffent. C’est dans ce contexte que Mwána cherche un emploi. Et rien n’est gagné. Le jour où il décide de dépenser ses derniers centimes pour entendre la voix de sa mère restée là-bas, au Bantouland, sa vie se fige dans une parenthèse douloureuse. Mwána ne la reconnaît plus. Ah Nzambé ! Il traverse des moments cailloux dont il sait malgré tout savourer le sel, grâce à son esprit vif et profondément joyeux, grâce à Ruedi le rouquin, à Madame Bauer la passionaria, ou encore grâce à Kosambela, sa sœur très catholique. Avec La Trinité Bantoue, Max Lobe précise et approfondit cette écriture inventive, chatoyante et visuelle initiée dans 39, rue de Berne qui l’a révélé comme un auteur prometteur (Quatrième de couverture) ».

 

Valérie Debieux : Max Lobe, vous êtes arrivé en Suisse à l’âge de 18 ans, vous avez étudié au Tessin et vous êtes l’auteur de deux romans. Qu’est-ce qui vous a incité à écrire des romans ?

Balenciaga, magicien de la dentelle, master of Lace

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 07 Juillet 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Documents

 

Dir. Catherine Join-Diéterle, Amalia Descalzo et Sophie Henwood-Nivet, Balenciaga, magicien de la dentelle, master of Lace, préface d’Hubert de Givenchy, bilingue (français/anglais), coédition Cité internationale de la Dentelle et de la Mode, Calais/Somogy éditions d’Art, avril 2015, 128 pages, 150 illustrations, 25,00 €

 

« L’ère moderne est parlante, professait Paul Valéry*. Nos villes sont couvertes de gigantesques écritures, la nuit même est peuplée de lettres de feu. Dès le matin, des feuilles imprimées innombrables sont aux mains de tous. Il suffit de tourner un bouton dans sa chambre pour entendre la voix du monde. Que peut-il résulter de cette grande débauche ? »

Oui, qu’en peut-il résulter ?

Faisons silence.

Pour laisser place à la musique, au miracle de la musique ?

Un peu de beauté (4ème et dernière partie)

Ecrit par Yasmina Mahdi , le Vendredi, 26 Juin 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED, Côté Arts

 

Réalisme symbolique (19ème siècle)

Portrait de la sœur de l’artiste (1887, 96x74,5 cm) (1) de Fernand Khnopff (1858-1921)

Quand l’artiste Fernand Khnopff peint sa sœur Marguerite, son double, une jeune fille énigmatique apparaît, en pied, dans une robe immaculée. 400 ans plus tard, telle La Dame à la Licorne de Raphaël, elle ne nous livre qu’une part d’elle, une bouche fermée, un regard fuyant et un visage tourné sur le côté. Elle tient son bras ganté, ne dénude aucune partie de sa chair. La couture du milieu de la robe suture le buste, la poitrine haute. Tous les blancs – de l’ivoirin des longs gants au laiteux de l’étoffe – sont traités de manière liliale. La sœur inspiratrice du Beau s’élève comme une colonne lactescente, dans un environnement clair où, à la hauteur du cœur, un objet rond, en or, est accroché au mur.