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Les Dossiers

A propos de "Lettres sur la littérature", Walter Benjamin, par Sanda Voïca

Ecrit par Sanda Voïca , le Samedi, 30 Avril 2016. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED, En Vitrine

Lettres sur la littérature, Walter Benjamin, Editions Zoé, mars 2016, édition établie et préfacée par Muriel Pic, trad. allemand avec Lukas Bärfuss, 2016, 160 pages, 15 €

Il s’agit d’une première éditoriale : sept lettres de Walter Benjamin, adressées au philosophe Max Horkheimer, entre 1937-1940, réunies dans un volume. Ce ne sont pas, pour la plupart, des lettres inédites, car publiées soit dans les œuvres complètes, en allemand et en français, soit dans des volumes de correspondance incluant une partie d’entre elles, etc.

Et d’autres lettres ont été échangées entre temps, entre les deux écrivains, les allusions dans les lettres ci-publiées étant nombreuses.

Mais cela n’enlève rien à l’originalité et à l’intérêt de ce recueil, au contraire : Walter Benjamin ne sera jamais assez lu et étudié, sa pensée et son écriture, réputées fragmentaires, restent toujours énigmatiques et intéressantes, pour ne pas dire fondamentales pour la pensée contemporaine dans de nombreux domaines. La moindre phrase écrite par Walter Benjamin constitue cette nourriture dont il parle lui-même, la citation étant même mise sur le rabat de la première de couverture : « La conscience morale affaiblie de l’humanité a surtout besoin de nourriture – et non de remède ». Cette phrase provient de la sixième de ces lettres et a été écrite après la lecture d’un texte d’Adrienne Monnier, « A propos de l’antisémitisme ».

L’historien et le romancier : Benjamin Stora et Alexis Jenni face à la mémoire de la guerre d’Algérie

Ecrit par Farid Namane , le Jeudi, 28 Avril 2016. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED, En Vitrine

« Pour l’homme, le passé ressemble singulièrement à l’avenir. Lui raconter ce qui fut, n’est-ce pas presque toujours lui dire ce qui sera ? »

Honoré de Balzac, La Recherche de l’Absolu

 

Dans la récente réédition du livre Le Transfert d’une mémoire (1) de Benjamin Stora, on trouve un entretien, sous le titre Les Mémoires Dangereuses, entre l’auteur (Stora) et l’écrivain Alexis Jenni (prix Goncourt 2011) à propos de la place de la « guerre d’Algérie » à l’époque contemporaine. Dans ce long entretien, l’écrivain et l’historien décortiquent l’actualité sociopolitique française et son rapport à l’histoire et à la mémoire de la « guerre d’Algérie ». Cet entretien a le mérite de confronter deux manières de voir les choses ainsi qu’une analyse de l’histoire passée et récente, ce qui permet d’avoir de multiples angles d’analyse. La relation ambigüe que la France a entretenue – et entretient – avec cette guerre, a-t-elle une répercussion sur la société française notamment dans les milieux immigrés ? Oui, dira Benjamin Stora : cette guerre a pendant longtemps été refoulée dans l’oubli « programmé » par la politique française, et ses conséquences ne cessent de refaire surface dans la société française contemporaine.

« Toute vie est un roman » : entretien avec Laurent Herrou, 12 avril 2016, par Arnaud Genon

Ecrit par Arnaud Genon , le Mardi, 26 Avril 2016. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

Journal 2015, Laurent Herrou, Jacques Flament éditions, avril 2016

 

Laurent Herrou est né à Quimper en 1967. En 2000, il a publié Laura, sa première autofiction, aux éditions Balland, dans la collection Le Rayon dirigée par Guillaume Dustan. Il met au cœur de ce premier livre les thématiques et problématiques qui hantent désormais son travail : la difficile quête identitaire d’un sujet tiraillé entre le masculin et le féminin, le bonheur et son impossible réalisation, l’écriture du corps – le sien – et des corps – les autres, fantasmés ou réels – et de leurs désirs…

De là émerge un « je » fragmentaire, multiple et insaisissable (Le bunker, Jacques Flament éditions, 2015) qui se dit et s’invente, se projette et se décuple à travers romans, autofictions, journaux personnels, textes courts publiés en revues ou petites vidéos.

Il vient de publier, aux très sérieuses et indépendantes éditions Jacques Flament, son journal de l’année 2015.

Rencontre avec Antoine Gallardo de La Boucherie Littéraire

Ecrit par Philippe Chauché , le Mardi, 12 Avril 2016. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

La Cause Littéraire : Vous parlez dans votre prière d’insérer d’un « cheminement et un mûrissement des désirs qui placent la poésie contemporaine sur son billot », pouvez-vous en dire plus ?

 

Antoine Gallardo : Le cheminement et le mûrissement des désirs sont bien ceux de l’envie d’éditer, de publier sous forme papier, bref de faire des livres. Aujourd’hui dans le Luberon mais demain peut-être ailleurs. Ce sont les rencontres qui favorisent la création, guère le lieu. Les premiers projets de publication avancés sont nés en l’an 2000. Il s’agissait de publier essentiellement de la littérature jeunesse et des contes étrangers pour enfants impliquant des travaux de traduction, le travail d’illustrateurs et le désir de publier sous format papier sans faire de livre, au sens codex moderne du mot.

Les Tréteaux du Diable (2) - Introduction 1, Résurgences

Ecrit par Avi Barack, Léon-Marc Levy , le Jeudi, 07 Avril 2016. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Le Prince des Ombres n’est pas retiré des affaires. A s’en tenir à ses réapparitions itératives dans la littérature ou le cinéma, il faut bien reconnaître que le vieux Belzébuth exerce encore effets de terreur et de fascination sur l’imagination des hommes. L’Eglise l’avait tenu à bout de bras pour dociliser ses brebis et, si elle a perdu de son influence, la civilisation de l’image l’a amplement remplacée. A icône, icône et demi. On peut penser que ce fonds de commerce du Diable n’a d’autre sens que… le fonds de commerce justement. Mais le Diable a suffisamment fait escorte à l’histoire des hommes, suffisamment assisté à ses crises, insisté sur ses failles et brisures pour que nous nous permettions de balayer ses prestations récentes d’un mépris trop hâtif. Cette résurgence du nocturne démonologique dans notre société des images doit nous interroger : l’ombre qui refait surface à la lumière des discours de la Cité questionne toujours. Surtout dans une époque, la nôtre, où la Cité pare ses langages de toutes les apparences de la rationalité scientifique et organise ses métaphores autour d’une technologie toute-puissante. Cette floraison d’images nous interpelle du lieu même de son grand et régulier succès auprès des publics occidentaux.