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Les Dossiers

Le Maître et Marguerite, Mikhaïl Boulgakov (dossier)

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Mardi, 24 Mars 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

Lire Le Maître et Marguerite, c’est assister à un spectacle total. Tout est sollicité chez le lecteur : sa sensibilité, son imagination, son intelligence et sa culture. Et cette œuvre monumentale de la littérature russe du XXème siècle est sans aucun doute un chef d’œuvre, ce qui n’interdit pas de formuler quelques réserves.

J’ai ri aux nombreuses apparitions incongrues – celles du chat payant son ticket de tramway, de Marguerite survolant Moscou sur son balai ou de Natacha chevauchant le sévère Nikolaï Ivanovitch transformé en pourceau… – et je me suis divertie de toutes ces farces burlesques, de ces élégantes moscovites soudain mises à nu quand la magie cesse ou de ces roubles qui se muent en devises compromettantes qu’on s’empresse de cacher dans la bouche d’aération des toilettes… J’ai été émerveillée par les multiples clins d’œil aux mythes et aux contes, à ces récits fabuleux ou sacrés, païens ou religieux. J’ai été touchée par les remords de Pilate réduit à partager sa solitude avec son chien fidèle et par la belle figure amoureuse de Marguerite. J’ai savouré ce foisonnement de citations littéraires (aidée par les notes en bas de page), ces évocations d’écrivains et d’œuvres – russes le plus souvent – dont l’auteur reprend parfois des scènes ou des phrases entières. J’ai particulièrement goûté les références musicales abondantes, souvent très précises, auxquelles renvoie Boulgakov.

Entretien avec Cécilia Dutter - Conseils de séduction à l’usage des hommes de mauvaise volonté

Ecrit par Laurent Bettoni , le Jeudi, 19 Mars 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

D’ordinaire, Cécilia Dutter écrit des ouvrages sérieux. On lui doit, entre autres, un magnifique essai, Etty Hillesum, une voix dans la nuit (Robert Laffont, 2010), les romans Lame de fond (Albin Michel), prix Oulmont de la Fondation de France. Elle a récemment dirigé pour les éditions Salvator la publication de l’œuvre collective Un cœur universel, regards croisés sur Etty Hillesum. Mais elle a décidé de donner cette fois-ci dans la légèreté, puisqu’elle nous revient avec un guide pratique de séduction à l’usage des messieurs maladroits et de mauvaise volonté. Et force est de constater que Cécilia Dutter fait mouche aussi bien dans l’humour que dans la réflexion. Elle mêle d’ailleurs habilement les deux dans ce guide érudit, qui permettra à chacun de trouver sa chacune.

 

Laurent Bettoni : Comment passe-t-on d’Etty Hillesum aux conseils de séduction ?

Qu’est-ce que l’internel ? Suivi de Quatre extraits de Clio de Péguy

Ecrit par Didier Bazy , le Lundi, 02 Mars 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

 

L’œuvre de Péguy n’est pas finie. Pourtant elle déborde. Péguy a envahi Romain Rolland : « je ne puis plus rien lire après Péguy. Tout le reste est littérature ».

Péguy a déboussolé Michel Foucault. « Un jour, dans le courant d’une conversation, Foucault a dit : moi, j’aime beaucoup Péguy, parce que c’est un fou. J’ai demandé : pourquoi dites-vous que c’est un fou ? Il m’a dit : il suffit de regarder comme il écrit. Là aussi, c’est très intéressant par rapport à Foucault. Cela voulait dire que quelqu’un qui sait inventer un nouveau style, produire de nouveaux énoncés, c’est un fou » confiait Deleuze.

Retenons ces jugements car ils sont imprégnés de respect. Et laissons ceux qui louent comme ceux qui dénigrent. Prenons, dans le sillage d’un Jean Bastaire ou de Marie Gil, Péguy au pied de la lettre. Les pieds sentent souvent l’esprit. L’amour de la folie de Foucault est aussi bien un vent de sorcière.

Journal Météorologique, Sébastien Labrusse ; Poème, Ultime Recours/une Anthologie de la poésie francophone des profondeurs, Matthieu Baumier, Gwen Garnier Duguy

Ecrit par Marilyne Bertoncini , le Mardi, 10 Février 2015. , dans Les Dossiers, Etudes, La Une CED

Recours au Poème éditeur, janvier 2015

 

Le ciel, ce matin, semble apporter la neige – j’emporte avec moi ma tablette, et m’installe pour lire dans le décor des Distilleries Idéales. Les fresques y évoquent un monde exotique, dans un style colonial, souligné par la présence de photos jaunies et de reliques dans une petite vitrine. Guéridons, banquettes de peluche, lumière rougeâtre diffusée par l’alambic… toute une ambiance rétrofuturiste, un décor années trente ponctué de détails anachroniques – surcharge de lampadaires montés comme un mobile de Calder, rouages inutiles… Ce bar, au nom poétique, distille l’idée, la sensation d’un « ailleurs » uchronique, idéalement adapté, un jour d’hiver, à une lecture feutrée. C’est là que j’ouvre donc le Journal Météorologique de Sébastien Labrusse : Parfois, à l’approche de l’hiver, on s’attend à ce qu’il neige : on parle « d’un ciel de neige » et le plus souvent les nuages qu’on croyait lourds de flocons se dispersent, ou crèvent lamentablement, et c’est la pluie (…) (p.4).

Entretien avec Gilles Paris, écrivain et attaché de presse

Ecrit par Valérie Debieux , le Mardi, 10 Février 2015. , dans Les Dossiers, La Une CED, Entretiens

 

« Attaché de presse dans l’édition : c’est un métier de l’ombre, où il faut savoir s’effacer derrière l’auteur, et surtout face à son livre. On ne fait pas de miracle sur un mauvais livre. Tout doit se préparer en amont bien avant que le livre rayonne en pile dans les librairies. Au calme. En réfléchissant avec l’éditeur et l’auteur à la meilleure manière de lancer le livre. Dossiers de presse, programmes, épreuves, faux livres avec couvertures envoyés aux médias, voyages de presse sur les traces du héros du roman ou du récit, montée en puissance des rumeurs propagée par les médias, déjeuners ou dîners avec auteurs et journalistes de la presse nationale ou régionale afin de mieux le faire connaître » (Gilles Paris)

 

Valérie Debieux : Gilles Paris, vous avez une longue expérience dans le milieu du livre et de l’édition. Vous avez œuvré dans la communication pendant plusieurs années, vous avez réalisé de nombreux portraits d’artistes, vous avez été critique également ; depuis 2006, vous êtes attaché de presse indépendant. Qu’est-ce qui vous a incité d’ouvrir votre propre agence en tant qu’attaché de presse ?