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Roman

Justine et autres romans, Sade en la Pléiade

Ecrit par Laurence Biava , le Jeudi, 18 Décembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Pléiade Gallimard

Justine et autres romans, Sade dans la Pléiade, octobre 2014, 1152 pages, 60 € . Ecrivain(s): Marquis de Sade Edition: La Pléiade Gallimard

 

Toujours dans le cadre du bicentenaire de la mort du Marquis de Sade et à l’occasion de l’exposition Sade au Musée d’Orsay du 14 octobre au 25 janvier 2015, les Editions Gallimard publient ce magnifique volume imprimé sur du papier de Bible, relié pleine peau sous coffret illustré, doré à l’or fin 23 carats.

Il contient Les Cent Vingt journées de Sodome ou l’Ecole du Libertinage, Justine ou les Malheurs de la vertu, La Philosophie dans le boudoir.

La préface est signée Michel Delon. « En novembre 1990, paraissait le premier volume des Œuvres de Sade dans la Bibliothèque de la Pléiade. Un slogan publicitaire en accompagnait le lancement : “L’Enfer sur papier bible”. Il n’était sans doute pas nécessaire pour frapper l’opinion. La décision de la maison Gallimard suffisait. Celui qui, de son vivant, avait été enfermé par tous les régimes successifs, de la royauté à la République et à l’Empire, et dont les œuvres avaient été condamnées au feu trouvait soudain une consécration ».

Lune et l’Ombre (T.1) Fuir Malco, Charlotte Bousquet

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 18 Décembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse, Gulf Stream Editeur

Lune et l’Ombre (T.1) Fuir Malco, mai 2014, 256 pages, 13,90 € . Ecrivain(s): Charlotte Bousquet Edition: Gulf Stream Editeur

 

Ce premier tome de la trilogie Lune et l’Ombre emporte littéralement le lecteur dans une course éperdue où se réalise le rêve fou de nombre d’entre nous : entrer dans l’univers d’un tableau. On retrouve bien ici les goûts et le style de Charlotte Bousquet, tissant avec habileté la trame d’un univers où se révèle la magie, où l’on a tout autant envie d’apprendre que de partir à l’aventure, où l’on frissonne d’effroi et de plaisir.

Lune est une jeune fille de 13 ans, passionnée de peinture. Depuis peu, elle subit une affection rare qui la prive de son activité artistique et de tout contact social : elle a perdu la vision des couleurs. Le monde n’est plus qu’une palette grise, terne, vide de sens. Certains pensent que Lune somatise depuis que sa mère s’est mise en couple avec Malco, un écrivain au caractère sombre. Mais Lune sait qu’il n’en est rien. D’ailleurs son mal empire, elle perd également l’odorat mais cela elle ne l’avouera jamais. Finira-t-elle par perdre les cinq sens ?

Le Royaume, Emmanuel Carrère

Ecrit par Johana Bolender , le Mercredi, 17 Décembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, P.O.L

Royaume, septembre 2014, 640 pages, 23,90 € . Ecrivain(s): Emmanuel Carrère Edition: P.O.L

 

Fort d’une couverture médiatique flatteuse, d’avis d’historiens et de prêtres admiratifs, le travail d’investigation d’Emmanuel Carrère, d’ordonnance des expériences de foi qu’il livre sans appréhension et le talent littéraire en démonstration dans celles-ci, de son livre Royaume publié aux Editions P.O.L, retrace le mouvement erratique de la croyance Chrétienne de l’écrivain pareil à la succession féconde des périodes artistiques d’un peintre, tantôt bleues, tantôt roses.

Ecarté du Goncourt, Royaume se console du prix du Meilleur Livre de l’année Lire, de la distinction Lauréat-Palmarès 2014 du Point, enfin du prix littéraire attribué par le jury du journal Le Monde qui déclarait avoir « à cœur de célébrer la diversité des sensibilités, des regards et des expériences » de l’œuvre. Autant de prix qui récompensent près de sept ans de travail.

L’Authenticité et la sincérité des situations et des réflexions de Carrère portant sur sa foi qu’il affirme affiner à mesure qu’il en vient à en douter, le sentiment d’abandon au cœur de ses recherches et une compassion extrême pour ce qui est faible et méprisé, le Royaume du Christ, confèrent à l’autobiographie une justesse et une pertinence philosophique et spirituelle prodigieuses.

Laissez parler les pierres, David Machado

Ecrit par Marc Ossorguine , le Mardi, 16 Décembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue portugaise

Laissez parler les pierres (Deixem falar as pedras, 2011), Ed. de l’Aube, août 2014, traduit du portugais par Vincent Gorce, 320 pages, 19,90 € . Ecrivain(s): David Machado

 

Valdemar écrit. Il écrit les souvenirs de son grand-père. Valdemar est un adolescent qui supporte mal le lycée et qui est plein de désir envers sa seule amie, Alice, une jeune fille anorexique qui le trouve si cool. Entre un père vaguement présent, plus soucieux d’histoire et de sa collection de pièces, et une mère journaliste dont la carrière justifie bien des absences, l’adolescent va être pris par les souvenirs terribles que son grand-père lui livre entre deux « tele-novelas ».

Aujourd’hui, le grand-père, Nicolau Manuel, se sent bien peu chez lui, occupant le bureau de son fils, ne pouvant plus se déplacer sans fauteuil et devenu sourd il y a des années. Jadis, Nicolau était le chasseur le plus réputé de son village, promis à un mariage avec la délicieuse Graça… mais aux sombres années de la dictature son destin a basculé, accusé de complots, de crimes, d’agitation politique, il va connaître des années durant l’emprisonnement, la torture et l’arbitraire le plus absurde… c’est en tout cas ce qu’il raconte, ce que Valdemar écrit page après page.

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, Patrick Modiano

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 13 Décembre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Pour que tu ne te perdes pas dans le quartier, octobre 2014, 146 pages, 16,90 € . Ecrivain(s): Patrick Modiano Edition: Gallimard

 

Tout Modiano, déjà, dans le titre : perdes quartier, et le tu qui s’adresse à un petit enfant, et donc à la mémoire. Entre chien et loup, toujours. Tout Modiano dans ce petit livre, qui contient peut-être tous les autres, sans lasser, sans aucun ressenti de répétition. Rien ou presque, pourtant, de réellement nouveau dans cette lente promenade entre Paris et les forêts proches, à la quête, mine de rien, du fondamental, sous des apparences faussement dilettantes, discrètes et si peu appuyées : un effeuillé, très parfumé, de mémoire disparue. Rien, quoique… plutôt, une fenêtre, encore, sur ce voyage à l’intérieur de soi, et, forcément, pas la même ouverture – pas exactement – que dans ses autres livres : « cette période de sa vie avait fini par apparaître à travers une vitre dépolie. Elle laissait filtrer une vague clarté mais on ne distinguait pas les visages, ni même les silhouettes ».

Une structure « Modianesque » : l’adulte déjà avancé en âge, qui se retourne – une rue, une enseigne de boutique, un nom dans un article ou au téléphone, une silhouette… et, aussitôt, le flot remontant du passé – d’un bout, du moins. Surgissement d’un ailleurs de soi, enfoui, et d’un coup, mis en pleine lumière. Il y a dans les personnages de Modiano, et dans celui-ci, de l’archéologue et sa fine truelle, de ses doutes et de l’infini déroulé de ses hypothèses, aussi.