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Roman

Grossir le Ciel, Franck Bouysse

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La rentrée littéraire, La Manufacture de livres

Grossir le ciel, octobre 2014 199 p. 16,90 € . Ecrivain(s): Franck Bouysse Edition: La Manufacture de livres

 

Franck Bouysse construit de livre en livre un lien littéraire vivant et passionné. Nourri de littérature américaine, de ses espaces sans fin et de ses personnages hauts en couleurs, de son art de la narration, il nous offre des œuvres dont l’univers, l’écriture, la musique font passerelle entre son Limousin natal et les Terres d’Amérique chantées depuis toujours par les écrivains-mangeurs d’espaces : Thoreau, London, McLean, Harrison, Bass, tant d’autres encore. Il avait donné une matérialité fictionnelle à ce  rapprochement dans son dernier opus avant « Grossir le Ciel » : dans « Pur Sang » (Editions Ecorce) le héros indien du Montana se découvrait des ancêtres Haut-Viennois !

Rien de plus naturel donc que le chemin qui l’a conduit à ce livre, « Grossir le Ciel ». Nous sommes dans les Cévennes – terre de contes et d’écriture, terre de nature sauvage et de solitude. Et Franck Bouysse nous emmène aux côtés de Gus – homme de terroir taiseux, solitaire – dans une histoire sombre et fascinante.

Les hommes meurent, les femmes vieillissent, Isabelle Desesquelles

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mardi, 21 Octobre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Belfond, La rentrée littéraire

Les hommes meurent, les femmes vieillissent, août 2014, 224 pages, 18 € (ce livre existe aussi en ebook, 12,99 €) . Ecrivain(s): Isabelle Desesquelles Edition: Belfond

 

« Le plaisir quand on l’attrape, faut pas le lâcher… Je suis une voleuse d’abandon »

Isabelle Desesquelles

 

Isabelle Desesquelles a 37 ans quand elle publie son premier roman, Je me souviens de tout (éditions Julliard, 2004). S’en suivra un album de contes pour enfants, un récit littéraire. Dans un précédent texte, Fahrenheit 2010, Isabelle Desesquelles raconte sa vie de libraire, puis vient Un homme perdu (éditions Naïve, 2012, Prix Murat en 2013). Elle a depuis fondé une résidence d’écrivains, la maison De Pure Fiction. Les hommes meurent, les femmes vieillissent, sorti aux éditions Belfond, est son sixième roman et fait déjà partie de la 1ère sélection du prix Femina 2014.

Prague, Faubourgs Est, Timothée Demeillers

Ecrit par Philippe Chauché , le Lundi, 20 Octobre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La rentrée littéraire, Asphalte éditions

Prague, Faubourgs Est, octobre 2014, 160 pages, 16 € . Ecrivain(s): Timothée Demeillers Edition: Asphalte éditions

 

« J’étais parti. Quand tout était devenu trop confus dans ma tête. Une sorte de déserteur. Déserteur au temps du fleurissement de la nation. A l’arrivée des magnats allemands, des investisseurs américains, des émissaires européens, du vent de la liberté, des foules libérées en costume-cravate, des grosses berlines, des crédits à la consommation, des Tesco ouverts vingt-quatre heures sur vingt-quatre, j’étais parti ».

Marek, le déserteur, revient, comme l’on revient toujours sur les lieux du crime. Il a vécu sous la glace communiste, puis au centre de La Révolution de Velours, avant d’aller voir ailleurs, ce qui s’y danse, de l’autre côté de l’Atlantique. Il revient à Prague, pour y saisir ce qui s’y trame, y retrouver Jakub et Katarina, ce passé ensorcelé que le temps précipite dans une dérive qui ne débouche sur rien, sauf sur quelques frémissements de nostalgie. Le Théâtre des Opérations n’a pas vraiment changé, on y boit toujours beaucoup, la drogue circule, les corps se vendent et se louent en plein jour. Les personnages de Timothée Demeillers ne croient plus à grand-chose, ils dérivent entre deux arnaques, et trois mauvaises passes. A croire que tous les malfrats de l’Est se sont installés à Prague, à croire que tous les promoteurs véreux de la planète s’y sont donné rendez-vous, à croire que le velours de la révolution cachait en ses trames des lames de rasoir, et ce n’est pas le Roi qui est nu, mais son peuple.

Voyageur malgré lui, Minh Tran Huy

Ecrit par Héloïse Thomas-Cambonie , le Lundi, 20 Octobre 2014. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Flammarion, La rentrée littéraire

Voyageur malgré lui, août 2014, 240 pages, 18 € . Ecrivain(s): Minh Tran Huy Edition: Flammarion

 

Folie du fugeur, automatisme ambulatoire, tourisme pathologique… Autant d’appellations que Minh Tran Huy résume dans un titre frappant par son apparente oxymore (surtout en cette période de rentrée littéraire, dans le sillage des vacances) : comment peut-on être voyageur malgré soi ? Le voyage n’implique-t-il pas une volonté, une démarche consciente ? On peut être contraint de migrer, de se réfugier – qu’en est-il du voyage ?

C’est ce à quoi réfléchit Line, la jeune narratrice, au cours d’un séjour estival à New York. Alors qu’elle visite un musée du Queens, elle découvre l’histoire d’Albert Dadas, ouvrier gazier bordelais du 19ème siècle, atteint de ce mal mystérieux. De fil en aiguille, elle va se pencher sur d’autres vies, la touchant plus ou moins de près : Samia Yusuf Omar, la jeune athlète somalienne pour qui la course était le moyen de s’en sortir, littéralement ; le père de Line, au caractère taciturne mais qui va progressivement livrer à sa fille la mémoire du Vietnam qu’il a laissé derrière lui ; l’oncle Thinh, la cousine Hoai… Tant de destins informés, modelés par des voyages forcés, non souhaités, aliénants, ou tout simplement inattendus et venant bouleverser les repères.

Dancing with myself, Ismaël Jude

Ecrit par Jeanne de Basher , le Samedi, 18 Octobre 2014. , dans Roman, Les Livres, La Une Livres, La rentrée littéraire, Verticales

Dancing with myself, août 2014, 154 pages, 16,50 € . Ecrivain(s): Ismaël Jude Edition: Verticales

 

On a tous déjà cité quelqu’un en disant « ah ouais lui c’est un gros pervers, un voyeur, il mate toutes les meufs, ça fait peur. Pourtant il a l’air mignon à première vue, il cache bien son jeu ». Vous, vous avez lu Dancing with myself mais vous ne le savez pas encore ! Le premier roman d’Ismaël Jude raconte l’histoire d’un homme de l’enfance à l’âge adulte, dont l’obsession est l’art délicat d’épier les courbes féminines.

Une vie d’errance et de désespoir que l’odeur d’une petite culotte ou la vue d’une bretelle de soutien-gorge suffit à raviver. Le personnage principal est un romantique obsédé sexuel loufoque voyeur mais jamais voyou. Tout jeune, il découvre les bas résille de Bella Gigi, la strip-teaseuse employée à la discothèque de ses parents, le Cow Boy Club. Ça dégaine ! C’est ce qui s’appelle être à la bonne école. L’école du désir, du langage, des formes féminines et des vêtements qui tombent. Récit d’un apprentissage où tous les sens sont en éveil. Le roman, jamais vulgaire, décrit malicieusement les corps en exhibition.