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Roman

Amour, Colère et Folie, Marie Vieux-Chauvet

Ecrit par Claire Mazaleyrat , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Zulma

Amour, Colère et Folie, avril 2015 (initialement paru en 1968), 492 pages, 11,20 € . Ecrivain(s): Marie Vieux-Chauvet Edition: Zulma

 

Maison assiégée


Les trois récits qui composent le roman de Marie Vieux-Chauvet ont été composés en Haïti et publiés en 1968, valant à son auteur l’exil au cours de la dictature de Duvalier, Papa Doc – qui n’est jamais nommé, et pourtant dont la terreur qui imprègne les récits est omniprésente. Jusque-là, Marie Vieux-Chauvet, auteur secondaire de nouvelles essentiellement, apparaissait comme représentative de la bourgeoisie mulâtresse de l’île, acquérant avec Amour, Colère et Folie, véritable brûlot contre la dictature et son cortège de violences et d’injustices, le statut d’écrivain majeur. Car ces trois récits, apparemment indépendants les uns des autres, révèlent avec une justesse de ton terrible l’horreur qui baigne le pays.

 

La maison, la femme et la famille

Charlotte, David Foenkinos

Ecrit par Isabelle Siryani , le Samedi, 25 Avril 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Gallimard

Charlotte, août 2014, 224 pages, 18,50 € . Ecrivain(s): David Foenkinos Edition: Gallimard

 

Charlotte.

Charlotte aurait pu me passionner.

Charlotte Salomon, peintre, juive, allemande, née à l’époque où il ne faut pas l’être.

Ni peintre, ni juive, ni allemande.

Charlotte dont les aïeux se sont presque tous suicidés.

Charlotte, la folle, l’inadaptée, la différente, la singulière, l’artiste avant-gardiste.

Etre artiste c’est être fou, passionné, torturé.

Elle a tout pour me plaire.

Pourtant Charlotte m’a déçue.

« Charlotte peut sourire et souffrir en même temps ».

La ballade des misérables, Anibal Malvar

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 24 Avril 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Espagne, Asphalte éditions

La ballade des misérables (La balada de los miserables, 2012, Aka Ed.), novembre 2014, traduit du castillan par Hélène Serrano, 364 pages, 23 € . Ecrivain(s): Anibal Malvar Edition: Asphalte éditions

 

Anibal Malvar et les éditions Asphalte seront à la Comédie du livre de Montpellier les 29, 30 et 31 mai 2015


C’est dans une plongée à la fois terrible, poétique, effrayante et révoltante qu’Anibal Malvar nous entraîne, avec cette Balade des misérables. L’auteur nous emmène en effet à la rencontre d’un Madrid que l’on risque peu de rencontrer lorsque l’on s’y aventure en tant que touriste, sauf à s’égarer dans des quartiers qui ne figurent sans doute sur aucun guide. Un monde où immeubles en ruines, en fait jamais construits car dynamités avant même d’être achevés, et montagnes d’immondices sont l’habitat ordinaire de tout un peuple abandonné de chômeurs, de junkies, de voleurs, d’enfants sans parents, de parents aux enfants perdus. Un monde sur lequel règnent les plus réprouvés de tous dans la société espagnole (et dans beaucoup d’autres contrées européennes) : les gitans.

La bibliothèque des cœurs cabossés, Katarina Bivald

Ecrit par Pauline Fouillet , le Vendredi, 24 Avril 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Denoël

La bibliothèque des cœurs cabossés, janvier 2015, trad. du suédois par Carine Bruy, 480 pages, 21,90 € . Ecrivain(s): Katarina Bivald Edition: Denoël

 

 

Voici certainement LE roman de l’été 2015 – celui que nous aurons tous lu, que nous aurons baladé à la mer, dans la maison familiale ou sous les tropiques. Dans la même trempe que Le club littéraire des amateurs d’épluchures de patates (best seller 2009), Katarina Bivald nous entraîne dans une folle aventure : la découverte de la vie par Sara Lindqvist, jeune libraire plus habituée au romanesque qu’à la réalité.

Cette dernière, suédoise de naissance, entretient depuis quelques mois une correspondance littéraire avec Amy Harris, vieille dame passionnée originaire de l’Ohio. Alors qu’elle vient de perdre son travail, Sara décide de partir aux USA à la rencontre de son amie et de toujours plus d’ouvrages littéraires. Mais si dans les romans, Sara excelle à deviner les péripéties à venir, elle est loin de se douter de ce qui l’attend…

Aucun homme ni dieu, William Giraldi

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 23 Avril 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Editions Autrement

Aucun homme ni dieu (Hold the dark). Traduit de l’américain par Mathilde Bach. Mars 2015. 310 p. 19 € . Ecrivain(s): William Giraldi Edition: Editions Autrement

 

« Notre vie est un voyage

dans l’hiver et dans la nuit

nous cherchons notre passage

dans ce ciel où rien ne luit »

 

C’est à un voyage glacial et sombre que William Giraldi nous convie. L’espace – aux confins de l’Alaska – le cœur de ses étranges habitants, les affreux événements, le poil des loups, tout est noir comme la nuit la plus profonde. Pas une lueur. On pense souvent à ces paroles d’une chanson des grognards de Napoléon qui ouvrent le « Voyage au bout de la nuit » de Céline, cités ici en épigraphe.