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Roman

Soumission, Michel Houellebecq

Ecrit par Laurence Biava , le Lundi, 26 Janvier 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Flammarion

Soumission, janvier 2015, 299 pages, 21 € . Ecrivain(s): Michel Houellebecq Edition: Flammarion

 

Je suis Houellebecq

Christine Angot, dans le Monde des Livres daté du 15 janvier 2015, nous interpelle en gros titre : « Ce n’est pas le moment de chroniquer le dernier roman de Houellebecq ! ». De Christine Angot, plus rien n’étonne et on est habitués depuis longtemps autant à ses mauvais romans qu’à ses remarques échevelées, souvent stupides. Pourtant, celle-ci l’est particulièrement : stupide… Alors, quoi ? Est-ce donc devenu un crime de lèse-majesté que de parler de ce livre au seul prétexte qu’il déchaîne les passions ? Est-ce se mettre en danger que d’avoir envie de le défendre ? Figurez-vous que le doute est permis ! Difficile, en effet, d’exprimer ce qu’on pense de Soumission sans se voir assailli(e) et taclé(e) de toutes parts. Parce que, comme d’habitude, dès qu’un livre fait débat, il est toujours de bon ton de se gausser de ne pas l’avoir lu ; de ne pas l’avoir lu, en effet. Ou d’en parler sans l’avoir lu, de s’en vanter, et à force de nourrir des préjugés infondés, de le détester sans raison.

Atala. René. Les aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand, François Mouttapa

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, Essais, La Une Livres, Folio (Gallimard)

Atala. René. Les aventures du dernier Abencérage de Chateaubriand, 270 pages . Ecrivain(s): François Mouttapa Edition: Folio (Gallimard)

Lire Chateaubriand nous fait entrer dans l’empyrée (et François Mouttapa, dans son bel essai, nous permet cette entrée ; lisez, plus que tout autre, cet ouvrage de la collection Foliothèque : je ne sache pas meilleure introduction à l’œuvre de Chateaubriand).

La vision cosmogonique aristotélicienne (chaque planète s’insère dans une sphère cristalline qui tourne inlassablement autour de la Terre) fut phagocytée par les scolastiques médiévaux qui assignèrent la force motrice des sphères aux anges et aux archanges. Pour eux, si l’enfer se situe au centre de la Terre, l’empyrée, où Dieu réside physiquement, est un lieu non limité par un espace, un lieu non constitué de matière, un lieu placé juste derrière la sphère des étoiles fixes.

Mais il est une différence entre la prose de Chateaubriand et l’empyrée. Au lieu que l’empyrée est un lieu perpétuellement immobile, la prose de Chateaubriand est quant à elle le lieu d’une mobilité perpétuelle. Qui se fait sans heurt. Une mobilité du sens, et du souffle qui le porte (face auxquels le lecteur ne peut que charger son immobilité d’animation et de vitesse accumulées, ainsi que l’a soufflé Proust), du souffle fait phrases, qui n’a rien à envier à la musique classique, à la fluidité qu’elle propose, au sein de laquelle toute dissonance ne peut que se résoudre en harmonie, en accord tonal, parfait souvent.

Deux livres : Ultra Violette, Raphaëlle Riol et Tours de garde, Antoine Piazza

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, La Brune (Le Rouergue)

Edition: La Brune (Le Rouergue)

 

 

Ultra Violette, Raphaëlle  Riol, Le Rouergue, coll. La Brune, janvier 2015, 186 pages, 18 €

Tours de garde, Antoine Piazza, Le Rouergue, coll. La Brune, janvier 2015,123 pages, 13,80 €

 

Deux pépites en janvier pour La Brune du Rouergue

Lus, l’un après l’autre, certes, et avec le bonheur qu’on rencontre presque toujours au Rouergue, et dans La Brune, en particulier. Ce qui, toutefois, ne suffirait pas à les rassembler dans une même chronique, s’il n’y avait, et dans l’un, et chez l’autre, ce « à part », complètement, ce registre de chemins peu pratiqués.

L’ours est un écrivain comme les autres, William Kotzwinkle (2ème article)

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 24 Janvier 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA

L’ours est un écrivain comme les autres (The Bear Went Over the Mountain), éd. Cambourakis, octobre 2014, traduit de l’anglais (USA) par Nathalie Bru, 304 pages, 22 € . Ecrivain(s): William Kotzwinkle

 

L’ours est un écrivain, et réciproquement…

Avec ce roman, William Kotzwinkle nous offre un de ces gueuletons littéraires dont la littérature américaine a peut-être le secret, même si elle n’en a pas l’exclusivité. Un roman foisonnant, drôle et « déjanté » – comme l’on dit aujourd’hui – qui tient à la fois de la farce, de la tragédie, de la critique sociale, de l’absurde élevé au rang de logique implacable et – sans doute avant tout cela – du bonheur de l’écriture qui éveille irrésistiblement le bonheur de la lecture.

Arthur Bramhall est un universitaire pas trop brillant qui se rêve écrivain et, à l’image de son créateur, il s’est isolé dans un coin reculé du Maine pour « se réaliser » dans l’écriture. Pas vraiment inspiré il commence par plagier un best-seller, mais – peut-être heureusement pour sa réputation – le manuscrit partira en fumée dans l’incendie de sa cabane du Maine. Le coup est dur et la seule solution est de s’y remettre, de ré-écrire un nouveau roman…

La musique des illusions, Jean-Marc Moura

Ecrit par Zone Critique , le Vendredi, 23 Janvier 2015. , dans Roman, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Albin Michel

La musique des illusions, mai 2014, 384 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Jean-Marc Moura Edition: Albin Michel

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

Zone Critique revient sur le dernier roman de l’auteur d’Une légende de Bangkok, Jean-Marc Moura. A travers le récit de Franceska, jeune fille capable de chanter tous les sons du monde, La musique des illusions interroge la tension entre progrès et conservatisme.

La musique des illusions nous offre le récit de la vie de Franceska, jeune fille dotée d’une oreille absolue, et d’une capacité de reproduction sans limites, sauf peut-être celle du dernier souffle avant la mort. Elle chante tous les sons du monde : « Lentement, avec des soins infinis, elle fit résonner la vibration de l’espoir en une vie merveilleuse, le désir premier, immémorial, de se noyer dans la lumière éternelle. Sa voix gagnait en légèreté, s’envola par-dessus la foule, tournoyant sous la voûte. Personne ne s’y trompait, celle qui pouvait chanter ainsi s’adressait aux anges ». Elle, pleine d’envie de progrès et de compréhension face au monde et aux sciences, est confrontée dans sa campagne de la fin du dix-neuvième siècle à un conservatisme religieux incarné par le prêtre Alexis Cavelle.