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Cette semaine

Les Séquestrés, Yanette Delétang-Tardif (par Léon-Marc Levy)

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 13 Décembre 2018. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Les Séquestrés, L’Arbre Vengeur, 4ème trimestre 2017, 140 page, 13 € . Ecrivain(s): Yanette Delétang-Tardif

 

Si ce court roman – son auteure est surtout connue pour son œuvre poétique – n’est pas à proprement parler épistolaire, il n’en est pas moins scandé, structuré par des missives. Adressées à Gilbert par Barbara. Mais Gilbert ne sait pas qui est Barbara ; il ne l’a jamais vue, n’en a jamais entendu parler avant de recevoir sa première lettre. Elle se dit séquestrée par un homme, quelque part du côté de Quimper. Peu à peu, lettre à lettre, le trouble gagne Gilbert. Plus que le trouble, une fascination vénéneuse qui ressemble à l’amour fou.

Yanette Delétang-Tardif construit son roman sur le fondement même de la mythologie de l’amour en Occident. Il est le lien indestructible qui unit l’un à l’absent. Gilbert aime Fanny – jolie, intelligente, amoureuse de lui –, vient alors l’absente, l’impossible amour avec Barbara, celle qui est de l’autre côté de la parole écrite. A chaque lettre, Gilbert aime moins Fanny, fasciné par l’amour de celle qui n’est pas là, de celle dont il ne sait même pas si elle existe et, au cas où elle existerait, qui elle est. Au début les hypothèses défilent. Une folle ?

Bouquet de Fêtes 2018. La sélection de nos rédacteurs !

Ecrit par La Rédaction , le Mardi, 11 Décembre 2018. , dans Cette semaine, Les Livres, La Une Livres

 

A nos lectrices et lecteurs

Les rédactrices et rédacteurs de la Cause Littéraire vous conseillent les livres à offrir en ces fêtes de Noël et de fin d’année. Bonnes lectures et bonnes fêtes à toutes et tous !


Nadia Agsous : Sexe, race et colonies. La domination du corps du XVe siècle à nos jours, Éditions La Découverte

Theo Ananissoh : Hurry on down, Les vies de Charles Lumley, John Wain, éd. du Typhon

Frédéric Aribit : Marc Villemain, Il y avait des rivières infranchissables, Ed. Joëlle Losfeld

Didier Ayres : Amours sibériennes, Ismael Billy, Ed. du Cygne

Avi Barack : L’île au trésor, Robert Louis Stevenson, Ed. Tristram

Lionel Bedin : Un voyage sans retour, Gaspard Njock, Nouveau Monde éditions

Zabor ou Les psaumes, Kamel Daoud (par Mona)

Ecrit par Mona , le Mardi, 11 Décembre 2018. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Maghreb, Actes Sud

Zabor ou Les psaumes, 336 pages, 21 € . Ecrivain(s): Kamel Daoud Edition: Actes Sud

 

 

L’histoire d’une libération par l’écriture.

Un Robinson arabe, orphelin d’une mère répudiée, renié par son père et banni par ses frères, amoureux d’une divorcée privée de corps, vit en paria dans le territoire des femmes avec une tante, vieille fille analphabète, qui éveille ses sens. Frappé par le mauvais œil, entouré de signes et de rites, il doit garder en permanence sept livres collés sur le corps. Il possède le don magique d’écrire, écrire pour « faire reculer la mort », et survit grâce aux livres dans sa tête. Réputé renégat, pas circoncis, il porte un nom d’exilé, Ismaël, et se choisit un nom de poète, David, Daoud en arabe, l’écrivain des Psaumes, « le prophète à qui Dieu donna une voix unique ».

Correspondance, Marcel Proust, Robert de Montesquiou (par Philippe Leuckx)

Ecrit par Philippe Leuckx , le Mardi, 04 Décembre 2018. , dans Cette semaine, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Correspondance, Rivages poche

Correspondance, Marcel Proust, Robert de Montesquiou, septembre 2018, préface Mathilde Bertrand, 256 pages, 9 € Edition: Rivages poche

 

De 1993 à 1921 (année de la mort de Robert de Montesquiou), les deux écrivains ont entretenu une correspondance féconde. Né en 1855, Robert de Montesquiou joua, au début de la carrière littéraire de Proust (né lui en 1871), un rôle essentiel. Marcel trouvait auprès de ce dandy aristocrate, à l’intelligence et à la culture bien développées, un mentor apte à lui donner moult conseils pour embrasser la littérature. Montesquiou écrivait des poèmes, rédigeait des articles, était bien connu dans le microcosme du Faubourg Saint-Germain, fréquentait les mêmes salons que le futur romancier de La Recherche : Madame Lemaire, les Greffulhe, les Guiche, etc.

Ils s’écrivent sans doute parce qu’ils se ratent souvent, en cause la maladie de Marcel et les tergiversations qu’il peut adopter dans sa vie entre lit et écriture. Ainsi, défilent les adresses du comte, certaines visitées, d’autres que la maladie de Proust laissera inconnues (Vésinet). Ainsi défilent les différents appartements que Proust occupa (Malesherbes, Haussmann, Hamelin).

Soumission, de Michel Houellebecq (par Mona)

Ecrit par Mona , le Mardi, 04 Décembre 2018. , dans Cette semaine, Les Livres, Les Chroniques, La Une CED

Soumission, Michel Houellebecq, J'ai Lu

 

Méfions-nous des littéralistes, c’est toujours ceux-là qui brûlent les livres.

« C’est pas le moment de chroniquer Houellebecq » nous dit Christine Angot qui a adressé son « merde à celui qui le lira » à la sortie du roman. Ainsi, ce serait un roman qui salit, pas loin d’un outrage à la morale publique. On songe à l’époque où l’on condamnait les poètes maudits et à Baudelaire qui n’avait pas peur de dire : « dans ce livre atroce, j’ai mis toute ma haine ».

Alors, pourquoi nous asséner cette conception moralisatrice de la littérature ? Houellebecq serait amoral et dénué de toute humanité, ne se soumettrait pas aux normes littéraires ? Les prudes critiques s’offusquent qu’on parle de l’affaissement des chairs (en parfaite résonance pourtant avec l’avachissement de la culture occidentale que Houellebecq aime tant décrire) et de « sécheresse vaginale » (la belle affaire).