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Iles britanniques

Mission Confidentielle, Lee Child

Ecrit par Yan Lespoux , le Mardi, 30 Juin 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Calmann-Lévy

Mission Confidentielle (The Affair), avril 2015, trad. de l’anglais (GB) par Elsa Maggion, 394 p. 21,90 € . Ecrivain(s): Lee Child Edition: Calmann-Lévy

Pour cette seizième aventure de Jack Reacher, l’homme capable de faire d’une brosse à dent une arme de destruction massive, Lee Child choisit de revenir sur les origines de Reacher, de montrer comment son héros est devenu l’homme sans attaches qui traverse les États-Unis pour protéger la veuve et l’orphelin à grands coups de tatanes.

Ce genre de prequel n’est généralement pas de très bon augure et peut apparaître comme une certaine incapacité de l’auteur à se renouveler. Mais enfin, bon, Lee Child se renouvelle-t-il vraiment depuis ses tous premiers romans, de toute façon ? Et est-ce là ce que son lecteur attend ? Voilà des questions qui méritent d’être posées. En gros, ce que l’on attend d’une aventure de Jack Reacher, ce sont ces dialogues surréalistes de série Z et les bagarres à la Jean-Claude Van Damme qui vont avec :

« – Donne-moi une seule raison de ne pas descendre du pick-up pour te botter le cul ?

– Deux-cent six plutôt, répondis-je.

– Quoi ?

– C’est le nombre d’os que tu as dans le corps ».

Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du Miroir, Lewis Carroll

Ecrit par Odile Alleguede , le Samedi, 27 Juin 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Contes, En Vitrine

Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du Miroir, Lewis Carroll, illustrés par Pat Andrea, Diane de Selliers Editeur

 

L’éditrice au catalogue rempli de chefs-d’œuvre publie cette saison, dans un format pratique et un prix accessible, le double classique de Lewis Carroll : Alice au Pays des Merveilles et De l’autre côté du Miroir. Un trésor de poésie visuelle et de grâce contemporaine illustré avec malice par l’artiste Pat Andrea, qui nous fait (re)découvrir une Alice tout en couleurs fantastiques. Un livre pour les petits, les grands, à boire et à manger du regard !

 

Joyeux non-anniversaire, Alice !

En toute ironie, Alice au Pays des Merveilles, paru en 1865, souffle cette année ses 150 bougies ! Les éditions Diane de Selliers font le cadeau de cette ressortie, dans La petite collection, avec De l’autre côté du Miroir (1871). Dans cette nouvelle édition illustrée et annotée au texte français comme anglais, rien n’a changé, sinon le prix !

Régiment de femmes, Clemence Dane

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 26 Juin 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Régiment de femmes (Regiment of Women), septembre 2014, traduit de l’anglais par Jeanne Fournier-Pargoire, 487 pages, 19 € . Ecrivain(s): Clemence Dane Edition: Belfond

 

 

Il peut paraître difficile de se plonger dans la lecture de ce Régiment de femmes car il nous impose un saut dans le temps qui n’est pas que celui de l’imaginaire, mais aussi celui de la lecture même, de son rythme. Première œuvre de son auteur, alors âgée de 29 ans, publiée en 1917, donc il n’y a pourtant pas si longtemps au regard de l’histoire de la littérature, l’écriture et le récit s’y déploient en effet dans une dynamique et une durée qui peuvent nous prendre au dépourvu, demandant au lecteur de trouver dans sa propre lecture un tempo et un phrasé qui appartiennent sans doute plus à la musique classique de ce temps qu’au rap ou à d’autres rythmes contemporains. Une difficulté de lecture qui est celle qu’un lecteur du XXIe siècle peut éprouver à la lecture de La Recherche du temps perdu, même si ici, la longueur du récit n’est pas en cause.

Carnaval, Ray Celestin

Ecrit par Didier Smal , le Jeudi, 21 Mai 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Le Cherche-Midi

Carnaval, mai 2015, traduit de l’anglais par Jean Szlamowicz, 493 pages, 16,99 € . Ecrivain(s): Ray Celestin Edition: Le Cherche-Midi

 

Proposition de formule d’accroche : Une machine narrative imparable, au rythme soutenu mais pas essoufflant, qui voit plusieurs faisceaux d’enquête partir d’une série de meurtres horribles dans la Nouvelle-Orléans de 1919.

Assez étonnamment, Ray Celestin est un auteur anglais, qui vit à Londres ; assez étonnamment parce que son premier roman, Carnaval (The Axeman’s Jazz en anglais, titre plus en rapport avec l’histoire racontée – mais il est vrai que Le Jazz de l’Homme à la Hache, c’est plus difficile à vendre en français que Carnaval), est entièrement situé à la Nouvelle-Orléans en mai 1919, en plein milieu d’une vague de meurtres horribles historiquement avérés et juste avant un ouragan dont les conséquences ne sont pas sans rappeler celles de Katrina, et fait état d’une érudition assez conséquente sur la ville. Moins étonnamment, Celestin a écrit des scripts pour la télévision et le cinéma ; Carnaval est effectivement rythmé comme une machine cinématographique ou télévisuelle imparable – on imaginerait volontiers HBO en faire une mini-série très efficace en se contentant quasi de transposer le roman en scénario.

L’Océan au bout du chemin, Neil Gaiman

Ecrit par Didier Smal , le Mardi, 14 Avril 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Au Diable Vauvert

L’Océan au bout du chemin, octobre 2014, 314 pages, 18 € . Ecrivain(s): Neil Gaiman Edition: Au Diable Vauvert

 

Neil Gaiman est un grand raconteur ; toute son œuvre publiée en français est là pour le prouver, de De Bons Présages (en collaboration avec Terry Pratchett, pas moins) à American Gods, du recueil Des Choses Fragiles à la fantasy de Stardust, du Londres fantasmé de Neverwhere à ce bref récit sur l’enfance qu’est Coraline, tout est enchanteur et… enchanté, puisque le fantastique dans toutes ses variantes, jusqu’au merveilleux, est à l’honneur chez cet Anglais né en 1960.

D’enfance et de merveilleux, il est aussi question, L’Océan Au Bout Du Chemin, très beau roman qui s’ouvre sur un deuil : un homme, la quarantaine passée, vient d’assister à un service funéraire et doit se rendre chez sa sœur, lorsqu’il décide de suivre le « petit chemin de campagne de [s]on enfance [,] désormais une route d’asphalte noir qui servait de zone tampon entre deux lotissements tentaculaires » ; cette route le mène finalement à « dans toute la gloire décatie de ses briques rouges : la ferme des Hempstock », et c’est là qu’il rencontre une vieille femme, qui au nom du passé l’autorise à se rendre près d’une mare que sa petite-fille appelait « l’océan », ainsi que s’en souvient le narrateur en s’en approchant…