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Iles britanniques

La fille dans l’escalier, Louise Welsh

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 19 Février 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Roman, Métailié

La fille dans l’escalier (The Girl on the Stairs), octobre 2014, traduit de l’anglais (Écosse) par Céline Schwaller, 256 pages, 18 € . Ecrivain(s): Louise Welsh Edition: Métailié

 

 

La fille dans l’escalier est un thriller original et inquiétant, la plongée dans la folie d’une future mère, persuadée de pouvoir sauver une gamine paumée, au détriment de sa propre vie et du devenir de son enfant à naître.

Jane est Anglaise. Elle a suivi sa compagne Petra à Berlin, sa ville d’origine. La voici coupée de son univers, sans travail, enceinte de six mois, dans un appartement de luxe certes mais isolée et désœuvrée. Son allemand est plus que rudimentaire et elle a du mal à communiquer avec les habitants. Ce n’est pas la présence de son jovial beau-frère ou de sa belle-sœur, mère épanouie mais effacée, qui peuvent remplir ses journées. Petra travaille beaucoup et les accrochages deviennent réguliers. Sautes d’humeur liées à la grossesse ? Bizarrerie profonde de Jane ? Le lecteur la voit glisser peu à peu dans un monde de soupçons, d’hypothèses et d’actions irréfléchies jusqu’à tourner à l’obsession.

Toute la famille sur la jetée du Paradis, Dermot Bolger

Ecrit par Jérôme Diaz , le Mardi, 10 Février 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Livres décortiqués, La Une Livres, Roman, Folio (Gallimard)

Toute la famille sur la jetée du Paradis (The family on Paradise Pier), traduit de l'anglais (IRL) par Bernard Hoepffner avec la collaboration de Catherine Goffaux, 672 pages . Ecrivain(s): Dermot Bolger Edition: Folio (Gallimard)

 

Toute la famille sur la jetée du Paradis de 1915 à 1946, la fabuleuse chronique d’une famille irlandaise.

– […] Ce qui se passe à Dublin est déconcertant. Une telle folie, alors que des Irlandais meurent tous les jours en France.

– C’est peut-être ça le problème. Ce n’est pas dans ce pays-là qu’ils devraient mourir.

– Le problème, Art, c’est simplement qu’ils meurent. La guerre ne résout rien et ne nettoie rien. Elle ne laisse que davantage d’amertume, laquelle n’attend qu’une occasion de déborder à nouveau (p.71).

« Sentimentaux, les Irlandais » écrit avec une douce ironie Colum McCann dans Transatlantic (1). Le côté sentimental, c’est peut-être cela qui attire tant chez les romanciers Irlandais depuis des décennies. Près de dix ans avant McCann, Dermot Bolger publiait Toute la famille sur la jetée du Paradis (2), superbe roman historique sur fond de chronique familiale.

Le ruisseau de cristal, Dermot Bolger

Ecrit par Patryck Froissart , le Samedi, 17 Janvier 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Joelle Losfeld

Le ruisseau de cristal (The Woman’s Daughter), septembre 2014, traduction de l’anglais (irlandais) par Marie-Hélène Dumas, 262 pages, 21 € . Ecrivain(s): Dermot Bolger Edition: Joelle Losfeld

 

Le moins qu’on puisse dire de ce ruisseau de cristal, c’est qu’il charrie des eaux turbides.

Quatre histoires s’entremêlent, de manière transchronique, quatre histoires de couples, troubles, dont certains éléments sont à la limite du sordide, mais dont le courant laisse apparaître ici et là, comme il advient d’en trouver dans le limon de toute rivière, à la périphérie ou au plein centre des remous nauséabonds, des pépites d’or d’amour et de noblesse.

D’abord il y a Sandra et Johnny, le frère et la sœur, et leurs jeux interdits, de ceux, fraternels et innocents, de l’enfance, à ceux, ardents et passionnés, de plus en plus accomplis, attisés par le sentiment religieux du péché et par la connaissance de la transgression du tabou culturel, de l’adolescence, dont les conséquences peuvent devenir dramatiques dans une société victorienne qui ne peut les tolérer.

Mais après je restais allongée éveillée, sachant que ce que je faisais était mal, terrifiée à l’idée que quelque chose révélerait peut-être mon péché…

Le complexe d’Eden Bellwether, Benjamin Wood (2ème article)

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 17 Janvier 2015. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Zulma

Le complexe d’Eden Bellwether (The Bellwether Revivals, 2012), septembre 2014 traduit de l’anglais par Renaud Morin, 512 pages, 23,50 € . Ecrivain(s): Benjamin Wood Edition: Zulma

 

Music in Cambridge…

Premier roman de Benjamin Wood, The Bellwether Revivals/Le Complexe d’Eden Bellwether nous arrive en France grâce aux éditions Zulma qui nous offrent cette belle découverte. L’auteur, né en 1981 en Angleterre, a mené des études littéraires au Canada où il a aussi été éditeur. Aujourd’hui, enseignant à l’Université de Londres, c’est en 2012 qu’il publie ce premier roman qui nous emmène dans l’univers assez fermé des collèges de Cambridge, un univers élitiste, ou plutôt un univers où les enfants de l’élite sociale sont aussi convaincus qu’ils constituent une élite culturelle et intellectuelle qui vit en marge, et plutôt au-dessus, du monde ordinaire.

Oscar, lui, vient de ce monde ordinaire. Un monde où les ambitions peuvent, ou savent, être modestes. Pour Oscar, se faire sa place dans le monde ne passe pas par des études brillantes au sein des prestigieuses institutions d’Oxbridge (Oxford+Cambridge) mais par le travail et l’autonomie qu’il peut procurer, aussi modeste soit-elle.

Des vies à écrire, David Lodge

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 18 Décembre 2014. , dans Iles britanniques, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Rivages

Des vies à écrire (Lives in writing). Traduit de l’anglais par Martine Aubert. Octobre 2014. 245 p. 21 € . Ecrivain(s): David Lodge Edition: Rivages

 

On savait la passion de David Lodge pour l’art de la biographie. Dans ses dernières publications on compte deux énormes volumes sur Henry James (Author ! Author ! …) et sur H.G. Wells (Un homme de tempérament)*. C’est de cette passion, et de quelques écrivains (et un cinéaste !) qu’il est question dans ce recueil. Car il s’agit d’un recueil de relativement courts articles biographiques.

Biographiques ? Tout est toujours plus complexe avec Lodge : on est en abyme car la plupart de ces articles – biographiques – portent sur des personnes mais à travers le prisme d’une biographie écrite par quelqu’un d’autre que Lodge. Il parle d’écrivains en s’appuyant sur une bio connue de ces écrivains. Compliqué ? Point du tout. Le talent de David Lodge est de se glisser brillamment dans l’entre-deux et de faire valoir sa lumière, son regard, sur des personnages qu’il aime. Un des secrets de David Lodge, peut-être le plus éminent, l’empathie ou, plus encore, l’amour qu’il porte aux écrivains dont il parle. C’est là d’ailleurs un trait que l’on peut sans dommage pousser à la généralité : peut-on imaginer un biographe qui se pencherait sur une personne qu’il n’aime pas ?