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Points Seuil

Collection de poche du Seuil

L'Heure Verte, Frederic Tuten

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 13 Mai 2015. , dans Points Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, USA, Roman

L’Heure Verte (The Green Hour). Traduit de l’américain par Hugues de Giorgis. 301 p. 7 € . Ecrivain(s): Frederic Tuten Edition: Points Seuil

 

« On s'est connu, on s'est reconnu, 
On s'est perdu de vue, on s'est r'perdu d'vue 
On s'est retrouvé, on s'est réchauffé, 
Puis on s'est séparé. 

Chacun pour soi est reparti. 
Dans l'tourbillon de la vie 
Je l'ai revue un soir, aïe, aïe, aïe, 
Ça fait déjà un fameux bail 
Ça fait déjà un fameux bail »

 

(Chanson de Serge Rezvani)

Il y a de fortes chances pour que cette chanson vous trotte dans la tête, obstinément, pendant la lecture de ce roman.

Des voleurs comme nous, Edward Anderson

Ecrit par Zoe Tisset , le Lundi, 10 Novembre 2014. , dans Points Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, USA, Roman

Des voleurs comme nous, traduit de l’anglais (USA) par Emmanuèle de Lesseps, septembre 2014, 240 pages, 6,60 € . Ecrivain(s): Edward Anderson Edition: Points Seuil

 

C’est l’histoire d’une cavale de trois hommes, des hors-la-loi, des mécréants, des malfaiteurs. Ils braquent des banques comme le bon citoyen va faire des courses. Ils ne sont pas méchants, juste hors système, hors tout. « Les flics m’ont jamais inquiété, dit T. Doub. C’est les mecs qu’on prenait pour des amis qui vous dépassent. Et une femme qui t’en veut. C’est ça qui te dépasse ». Bowie va pourtant s’amouracher d’une « donzelle », d’une fille à part, sauvage et tendre.

« – J’ai l’impression que toutes les femmes font ça.

– Je ne sais pas ce que font les autres femmes (…)

– Je suppose qu’une femme est un peu comme un chien, Bowie. Tu prends un bon chien, si son maître meurt, il refusera qu’un autre le nourrisse et il mordra tous ceux qui veulent le caresser, et s’il continue, il cherchera tout seul sa nourriture et souvent il mourra ».

Le justicier d’Athènes, Pétros Márkaris

Ecrit par Zoe Tisset , le Samedi, 04 Octobre 2014. , dans Points Seuil, Les Livres, Critiques, Polars, La Une Livres, Bassin méditerranéen, Roman, La rentrée littéraire

Le justicier d’Athènes, traduit du grec par Michel Volkovitch, septembre 2014, 320 pages, 7,30 € . Ecrivain(s): Pétros Márkaris Edition: Points Seuil

 

On avait oublié qu’un roman policier pouvait se rapprocher d’analyses sociologiques, voire politiques. On plonge dans le livre de Pétros Márkaris avec l’attente d’intrigues, de suspens. Mais au fur et à mesure de la lecture, nous voilà de plus confrontée à la crise économique et politique de la Grèce. Ce livre étonne car il parvient à rendre compte d’une atmosphère générale de débâcle, de désillusions. Ainsi constamment le commissaire Charitos est pris dans une toile d’araignée de bouchons, de manifestations et de klaxons. Sortir du commissariat ou de chez lui demande toujours d’aller se confronter aux mécontents, aux révoltés, aux frondeurs, aux indignés, à une foule qui n’en peut plus de ne compter pour rien et de lutter pour survivre.

« Dans la rue Menandrou tout est bloqué. Pourtant, pour la première fois, je n’entends ni klaxons ni jurons, je ne vois aucun vilain geste. Les automobilistes attendent patiemment de couvrir trois mètres jusqu’au prochain blocage. Je demande à Koula : – Pourquoi sont-ils si calmes ? – Les gens baissent la tête, monsieur le commissaire, ils deviennent fatalistes. On se dit, rien n’avance, pourquoi les voitures avanceraient-elles ? »

Le Propre et le sale, Georges Vigarello

Ecrit par Eddie Breuil , le Jeudi, 11 Septembre 2014. , dans Points Seuil, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Histoire

Le Propre et le sale, 2014, 282 pages, 8,10 € . Ecrivain(s): Georges Vigarello Edition: Points Seuil

 

Avec Le Propre et le sale, Georges Vigarello poursuit ses recherches ou plutôt ses récits historiques de vulgarisation. Après ses histoires du corps, de la virilité, de la beauté… une histoire des représentations des notions de propre et de sale.

Georges Vigarello fait démarrer son analyse au Moyen-Âge (pour l’époque latine, le lecteur intéressé pourra se reporter au récent ouvrage de Michel Blonski, Se nettoyer à Rome, paru aux éditions des Belles Lettres). L’approche n’est pas chronologique mais thématique. Georges Vigarello aspire à montrer par quels biais se pratique l’hygiène. Une des particularités de l’ouvrage est d’indiquer que les critères de l’hygiène liés à l’eau seraient anachroniques, puisque, dans certains contextes, l’eau n’est pas le plus évident principe pour rendre propre, et entre notamment en concurrence avec le linge ou avec les toilettes sèches (sans eau). Pourtant, le plan de l’ouvrage combat difficilement cette erreur de jugement puisqu’une seule partie (la deuxième « Le linge qui lave ») sur les quatre n’est pas consacrée à l’eau.

Retour dans la neige, Robert Walser

Ecrit par Emmanuelle Caminade , le Vendredi, 13 Juin 2014. , dans Points Seuil, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Langue allemande, Nouvelles

Retour dans la neige, traduit de l’allemand par Golnaz Hauchidar, préface de Bernhart Echte, juin 2014, 158 pages, 6,10 € . Ecrivain(s): Robert Walser Edition: Points Seuil

 

Retour dans la neige, petit recueil inépuisable de Robert Walser vient d’être à nouveau réédité. Il réunit vingt-cinq courts récits écrits par l’écrivain suisse entre 1899 et 1920 à Berlin – où il résida plusieurs années – et à Bienne, sa ville natale, où il revint en 1913.

Ce recueil, d’une grande unité de ton, frappe par sa simplicité et sa douceur apaisée, par la lumière qui en émane. L’auteur flâne dans les rues et la campagne, prenant le temps d’observer la ville et la nature, les choses et les gens avec un même souci du détail et une distance amusée. Ses descriptions semblent mettre tout sur le même plan, avec une nette tendance à la personnification de la nature et des choses.

Et à ce regard curieux et étonné s’exerçant sur son environnement quotidien et sur le comportement des hommes comme sur lui-même, s’ajoutent une profonde empathie pour l’autre et une capacité à se fondre dans l’univers.