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La Contre Allée

 

 

Avec une ligne éditoriale déterminée autour d'un axe Mémoire(s) et Société, La Contre Allée s'attache tout particulièrement au devenir et à la condition de l'individu au coeur de nos sociétés contemporaines.

Témoigner, transmettre, questionner... Provoquer et croiser réflexions et sensibilités sur des sujets d'intérêts communs, aller à la rencontre d'artistes, d'intellectuels et de personnalités politiques, voilà ce qui anime et illustre l'esprit de rencontre(s) qui caractérise et fait l'attrait de la maison.

 

 

Assommons les poètes !, Sophie G. Lucas (par Sylvie Zobda)

Ecrit par Sylvie Zobda , le Lundi, 08 Avril 2019. , dans La Contre Allée, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie, Anthologie

Assommons les poètes !, mars 2018, 156 pages, 10 € . Ecrivain(s): Sophie G. Lucas Edition: La Contre Allée

 

Sophie G. Lucas convoque dès le titre de son dernier recueil de poésie les plus grands. Comme Baudelaire et son Assommons les pauvres !, elle rappelle que vivre de l’écriture poétique relève du combat, le paysage littéraire laissant peu de place à ce genre. « Ecrire de la poésie de nos jours est une forme de résistance ». Le livre est un témoignage. Un Témoin (pour reprendre le titre de son précédent ouvrage édité lui aussi à La Contre Allée en 2016) de sa vie de poète.

Quatre temps organisent l’ensemble :

* Dans Ecrire, Faire écrire, elle évoque son quotidien, chez elle ou lors des ateliers d’écriture en milieu scolaire ou carcéral. La bataille de la reconnaissance, de la transmission bat son plein. Rien n’est jamais acquis. Pourtant, elle ne désespère pas.

« De petits cailloux ont été semés derrière moi. Je retrouverai mon chemin. Je reviens dans quelques mois. Semer encore quelques cailloux » (Je suis cet homme).

L’instant décisif, Pablo Martín Sánchez

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 10 Novembre 2017. , dans La Contre Allée, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne, Récits

L’instant décisif, septembre 2017 (Tuyo es el mañana, 2016, Acantilado), trad. espagnol Jean-Marie Saint-Lu, 288 pages, 20 € . Ecrivain(s): Pablo Martín Sánchez Edition: La Contre Allée

Un récit, ou six récits qui commencent à 0 heure et s’achèvent à minuit. Ou plutôt, peut-être, six récits qui commencent à 0 heure, et finalement un récit qui se termine à minuit. Donc sept récits au final. Vous suivez ? Dire cela c’est peut-être livrer une des clés de cet instant décisif qui jongle avec les voix dans un cadre temporel strict de 24 heures. Jeu de construction et de structure qui pourrait paraître un brin intello mais qui est surtout ludique et qui fonctionne parfaitement comme tel.

Reprenons : six récits et six personnages. Ou sept selon comment l’on compte. Disons six plus un. Nous entrons dans leur vie à 0 heure. Quand ? Le jour où il y aura une grève générale en Italie, qui est aussi celui où le président congolais Marien Ngouabi sera assassiné. Le jour aussi où le nouvel état espagnol annoncera une nouvelle amnistie. Un jour et une date que l’auteur ne précise pas plus mais que nous pouvons reconstituer comme étant le 18 mars 1977. Nous sommes à Barcelone en pleine « transition démocratique », dans ce moment où la mort de Franco n’a pas encore complètement signifié la fin de la dictature et le retour de la démocratie. C’est aussi ce jour-là que naît Pablo. Le même jour que l’auteur de cet instant décisif. Mais il n’est pas sûr, il semble même un peu improbable qu’il s’agisse vraiment de lui-même et que le récit soit autobiographique.

Témoin, Sophie G. Lucas

Ecrit par Marc Ossorguine , le Vendredi, 21 Avril 2017. , dans La Contre Allée, Les Livres, Critiques, Essais, La Une Livres, Récits

Témoin, 96 pages, 12 € . Ecrivain(s): Sophie G. Lucas Edition: La Contre Allée

 

Certains médias aiment à parler de violence et de misère sociale, mais pas trop tout de même. Des politiques aiment aussi à exploiter ce filon sociétal pour racler quelques voix à peu de frais. Pas sûr que les uns et les autres sachent de quoi ils parlent. Pas sûr. Et même, il ne paraît pas idiot de penser qu’ils n’en ont au fond pas grand-chose à faire. Que « ces gens-là » restent où ils sont. Tout sera bien. On sait bien ce que c’est. Pas besoin d’y aller voir de plus près.

Tout le monde ne se contente pas d’images toutes faites. Heureusement. La poétesse Sophie G. Lucas, elle, est allée y voir de plus près. Non pas dans une immersion pseudo-ethnographique, ou carrément journalistique, mais en un lieu où se disent leurs histoires et où peuvent aussi se décider ce que la société fera d’elles et eux, ce que « nous » leur permettrons de faire de leur vie. Des semaines à suivre les audiences d’un tribunal de la misère ordinaire. Un de ces lieux où l’on enchaîne des histoires, les « cas » de petites délinquances, souvent récidivées.

Les Pigeons de Paris, Víctor del Árbol

Ecrit par Marc Ossorguine , le Samedi, 15 Avril 2017. , dans La Contre Allée, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne

Les Pigeons de Paris, trad. espagnol Claude Bleton, 96 pages, 8,50 € . Ecrivain(s): Victor del Arbol Edition: La Contre Allée

 

L’auteur de romans noirs fleuves, à l’échelle des grands romans du XIXe, s’essaye à nouveau à la forme courte, après ses aventures ludiques avec le projet des Aventures du concierge masqué (voir ici). Mais le projet que la Contre Allée et Benoît Verhille ont proposé à Víctor del Árbol est sans doute un brin plus ambitieux. Il s’agit en effet d’un projet éditorial qui vise simplement à donner un aperçu de ce qui s’écrit à travers l’Europe et sur l’Europe. La collection Fictions d’Europe propose en effet à des auteurs de poser leur regard sur l’Europe au travers de brefs récits de fiction (moins de 100 courtes pages). A ce jour cinq volumes ont été édités dans lesquels on peut entendre des voix de France, du Portugal, de Grèce, d’Espagne et de Pologne (avec respectivement Arno Bertina, Gonçalo M. Tavares, Christos Chryssopoulos, Víctor del Árbol et Olga Tokarczuk). Il s’agit de textes originaux écrits spécialement pour la collection, traduits, et dont l’édition française est en fait la première édition.

Ces Pigeons de Paris sont aussi une parenthèse dans l’écriture de La veille de presque tout. On y retrouve donc certaines des thématiques chères à l’auteur de La tristesse du samouraï, et de Toutes les vagues de l’océan, cet ambitieux et grand roman russe espagnol, à commencer par celle de la mémoire et des souvenirs qui peuvent à la fois nous faire vivre ou nous pousser vers l’oubli et le silence.

Baby spot, Isabel Alba

Ecrit par Marc Ossorguine , le Lundi, 17 Octobre 2016. , dans La Contre Allée, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Espagne, La rentrée littéraire

Baby spot, août 2016, trad. espagnol Michelle Ortuno , 93 pages, 13 € . Ecrivain(s): Isabel Alba Edition: La Contre Allée

 

Si vous avez aimé… Vous aimerez… On pourrait être tenté de présenter le premier roman d’Isabel Alba de cette façon. Un roman qui précède de huit années La véritable histoire de Matias Bran, que La Contre Allée nous a fait découvrir en 2014. Si ce Baby Spot montre déjà le talent de son auteur, le projet n’en est par contre pas le même. Ici la force du récit tient à sa brièveté autant qu’à son style, travaillé dans une certaine « maladresse », qui s’impose et que l’auteur maîtrise.

Tomás. 12 ans. Tomás vit dans un monde dont l’ordinaire est le chômage, la violence, le machisme basique et « naturel ». Un père inconnu… Mais bon, il s’en fait une raison !

Je m’appelle Tomás, j’ai douze ans et je ne sais pas qui est mon père. Mais après tout, c’est banal dans la vie d’un gamin, et d’ailleurs je crois que ça n’intéresse personne, même pas moi, et puis j’en ai vraiment marre de toujours entendre la même histoire.