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Campiche

Bernard Campiche Éditeur est une maison d'édition suisse romande fondée en 1986.


Le Raid américain, de la collection de Charles-Henri Favrod

Ecrit par Valérie Debieux , le Jeudi, 16 Octobre 2014. , dans Campiche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Arts, Histoire

Le Raid américain, préface et éd. scientifique d’Edith Bianchi, septembre 2014, 159 p. 39 € . Ecrivain(s): Charles-Henri Favrod Edition: Campiche

 

 

Le Raid américain, un superbe opus de cent vingt-et-une photographies datant, pour la plus ancienne de 1844 (Marché d’esclaves, Louisiane) et, pour la plus récente de 1918 (Annonce de l’armistice, Wall Street, New York City). Accompagné de commentaires historiques, précis, entrecoupés çà et là de textes d’auteurs de l’époque, l’ouvrage constitue un magnifique balayage imagé, sur près d’un siècle, des Etats-Unis d’Amérique en formation.

De la Guerre de Sécession, commencée le 12 avril 1861 et terminée le 9 avril 1865, par la reddition des troupes sudistes, en passant par son déclencheur ; l’esclavage, « principale richesse des Etats agricoles du Sud », les témoignages, qu’ils soient illustrés ou écrits, quel qu’en soit le sujet, ouvrent la porte à l’émotion, la curiosité, l’étonnement, parfois à l’indignation ; ainsi en est-il du texte de Solomon Northup (1808-1857) :

Le Ciel identique, Stéphane Blok

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 20 Juin 2014. , dans Campiche, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Poésie

Le Ciel identique, mars 2014, 125 pages, 15 € . Ecrivain(s): Stéphane Blok Edition: Campiche

 

« C’est étrange de ne pas penser à ce que l’on fait ».

Tous les jours sont différents. Et pourtant. Tous les jours, on a des gestes, une façon de vivre, que l’on enregistre, que l’on ne pense plus et que l’on produit machinalement ou reproduit mécaniquement :

« Je ne pense en fait pas (ou très rarement) aux actions que j’effectue. Est-ce que cela change quelque chose de penser ou non aux actions que j’effectue ? (…) A tel point que je doute de me rendre réellement compte de la présence des autres autour de moi quand nous sommes à plusieurs. (…) Je ne vois pas vraiment ce que je vois, ni n’entends ce que j’entends. (…) … mû par mes plus anciens instincts – attention la voiture, la plaque est brûlante, la fille est désirable ».

Toutes ces petites choses, cumulées les unes aux autres, font de nous des « automates ». L’être humain vit sous un « ciel identique » : chacun d’entre nous se brosse les dents, remplit ses poubelles, éteint les plaques, allume son ordinateur, vérifie mille trucs avant de quitter son appartement, surtout avant un départ ou un voyage. Tics et tocs : « Ne surtout pas oublier la poubelle, le chargeur, le cash, les clefs, les cartes de crédit, le passeport ».

Loin de soi, Silvia Härri

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 29 Mai 2013. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Loin de soi, avril 2013, 175 pages, 17 € . Ecrivain(s): Silvia Härri Edition: Campiche

 

Le recueil de nouvelles de Silvia Härri laisse se dessiner une lointaine parenté avec l’humoriste suisse, Zouc, dans sa façon de voir le monde et de dire les choses. La narratrice râle, égratigne, secoue, réveille ; sa plume claque dans un style tonique et mordant. Que ce soit dans une salle d’attente ou de classe, dans un train, une maison de retraite, une cérémonie funéraire, ou encore en montagne ou au milieu des Rocheuses, l’auteure n’épargne nullement la vie de ses personnages et les décrit comme dans la vie réelle, sans fard ni filet.

Tels des funambules, les personnages glissent, tour à tour, sur le fil de leur existence, à fleur de peau, et la narratrice dénonce tous leurs malaises, les uns après les autres, dans les différents virages de l’existence, non sans causticité.

Illustration de ce propos, la nouvelle intitulée Le Vœu. Ce titre, à connotation positive, incite le lecteur à penser que l’histoire s’inscrira dans une perspective heureuse. Que nenni. En réalité, l’héroïne émet le vœu de se séparer de son compagnon qu’elle ne supporte plus :

Tout ça, de la collection de Charles-Henri Favrod

Ecrit par Valérie Debieux , le Dimanche, 28 Octobre 2012. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts

Tout ça, de la collection de Charles-Henri Favrod, préface et éd. scientifique par Edith Bianchi, 2012, 130 p. 42 € . Ecrivain(s): Charles-Henri Favrod Edition: Campiche

 

 

Charles-Henri Favrod, qui a partagé sa vie entre la politique, la production cinématographique et la direction du « Musée de l’Elysée » à Lausanne, est, pour reprendre son expression, un « chineur à la lampe ». Au fil des ans, après avoir « fouiné » chez les antiquaires et brocanteurs, il a réussi à rassembler une série de photographies aussi incroyables les unes que les autres. Avec le concours de Bernard Campiche et d’Edith Bianchi, un livre est né : Tout ça.

Ce présent ouvrage au titre évocateur offre au lecteur un ensemble de clichés, mémoire vivante de quelques événements marquants qui reviennent sur des souvenirs, enfouis à jamais pour la plupart d’entre nous, ou inconnus pour d’autres. Le tout sélectionné avec soin : de Louis Meurisse en passant par John Philips, René Burri, Philippe Halsman, Jean-Luc Cramatte, Charles Murray, Wilhelm Bürger et tant d’autres encore.

Midi à l'ombre des rivières, Eric Masserey

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 03 Mars 2012. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Midi à l'ombre des rivières. CamPoche 2011. 96 p. 7,90 € . Ecrivain(s): Eric Masserey Edition: Campiche

Cinq monologues. Autour de la vie, de la solitude, de la mémoire, de l’oubli, de la culpabilité, de la maladie, de l’amour et de la mort. Eric Masserey écrit, tout en finesse et en nuances, cinq histoires différentes reliées par le même fil du temps, à midi où le chant de la rivière s’écoule dans l’âme. « Dans les monologues, les personnages sont exposés à la lumière vive d’un événement personnel qui a transformé durablement leur existence. Sans réponse à la question : « Pourquoi cela est-il arrivé ? », ils scrutent les enchaînements de circonstances qui les ont menés jusque là. »


Premier monologue – « L’Oubli »


Une femme atteinte de prosopagnosie entre en scène. Elle vit dans l’incapacité de reconnaître quelque visage que ce soit à raison de sa maladie et elle prend le spectateur à témoin, photographie leurs visages, en vain :