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Campiche

Bernard Campiche Éditeur est une maison d'édition suisse romande fondée en 1986.


Loin de soi, Silvia Härri

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 29 Mai 2013. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Nouvelles

Loin de soi, avril 2013, 175 pages, 17 € . Ecrivain(s): Silvia Härri Edition: Campiche

 

Le recueil de nouvelles de Silvia Härri laisse se dessiner une lointaine parenté avec l’humoriste suisse, Zouc, dans sa façon de voir le monde et de dire les choses. La narratrice râle, égratigne, secoue, réveille ; sa plume claque dans un style tonique et mordant. Que ce soit dans une salle d’attente ou de classe, dans un train, une maison de retraite, une cérémonie funéraire, ou encore en montagne ou au milieu des Rocheuses, l’auteure n’épargne nullement la vie de ses personnages et les décrit comme dans la vie réelle, sans fard ni filet.

Tels des funambules, les personnages glissent, tour à tour, sur le fil de leur existence, à fleur de peau, et la narratrice dénonce tous leurs malaises, les uns après les autres, dans les différents virages de l’existence, non sans causticité.

Illustration de ce propos, la nouvelle intitulée Le Vœu. Ce titre, à connotation positive, incite le lecteur à penser que l’histoire s’inscrira dans une perspective heureuse. Que nenni. En réalité, l’héroïne émet le vœu de se séparer de son compagnon qu’elle ne supporte plus :

Tout ça, de la collection de Charles-Henri Favrod

Ecrit par Valérie Debieux , le Dimanche, 28 Octobre 2012. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Arts

Tout ça, de la collection de Charles-Henri Favrod, préface et éd. scientifique par Edith Bianchi, 2012, 130 p. 42 € . Ecrivain(s): Charles-Henri Favrod Edition: Campiche

 

 

Charles-Henri Favrod, qui a partagé sa vie entre la politique, la production cinématographique et la direction du « Musée de l’Elysée » à Lausanne, est, pour reprendre son expression, un « chineur à la lampe ». Au fil des ans, après avoir « fouiné » chez les antiquaires et brocanteurs, il a réussi à rassembler une série de photographies aussi incroyables les unes que les autres. Avec le concours de Bernard Campiche et d’Edith Bianchi, un livre est né : Tout ça.

Ce présent ouvrage au titre évocateur offre au lecteur un ensemble de clichés, mémoire vivante de quelques événements marquants qui reviennent sur des souvenirs, enfouis à jamais pour la plupart d’entre nous, ou inconnus pour d’autres. Le tout sélectionné avec soin : de Louis Meurisse en passant par John Philips, René Burri, Philippe Halsman, Jean-Luc Cramatte, Charles Murray, Wilhelm Bürger et tant d’autres encore.

Midi à l'ombre des rivières, Eric Masserey

Ecrit par Valérie Debieux , le Samedi, 03 Mars 2012. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Théâtre

Midi à l'ombre des rivières. CamPoche 2011. 96 p. 7,90 € . Ecrivain(s): Eric Masserey Edition: Campiche

Cinq monologues. Autour de la vie, de la solitude, de la mémoire, de l’oubli, de la culpabilité, de la maladie, de l’amour et de la mort. Eric Masserey écrit, tout en finesse et en nuances, cinq histoires différentes reliées par le même fil du temps, à midi où le chant de la rivière s’écoule dans l’âme. « Dans les monologues, les personnages sont exposés à la lumière vive d’un événement personnel qui a transformé durablement leur existence. Sans réponse à la question : « Pourquoi cela est-il arrivé ? », ils scrutent les enchaînements de circonstances qui les ont menés jusque là. »


Premier monologue – « L’Oubli »


Une femme atteinte de prosopagnosie entre en scène. Elle vit dans l’incapacité de reconnaître quelque visage que ce soit à raison de sa maladie et elle prend le spectateur à témoin, photographie leurs visages, en vain :

L'air de ton nom et autres poèmes (1986-2011), Jean-Dominique Humbert

Ecrit par Valérie Debieux , le Vendredi, 17 Février 2012. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Poésie

L'air de ton nom et autres poèmes (1986-2011). Ed. Campiche (Campoche). 200 p. 8,50 € . Ecrivain(s): Jean-Dominique Humbert Edition: Campiche


« L’Air de ton nom et autres poèmes », un recueil qui invite au ressourcement. Jean-Dominique Humbert saisit les mots. Délicatement, comme l’aile d’un papillon. Avec légèreté. Avec respect. Avec amour. L’image, peu à peu, se révèle. Les idées se colorisent. Le tableau prend forme. L’espace se remplit. Imperceptiblement. Dans toutes ses dimensions. Impression de plénitude. Jean-Dominique Humbert cisèle les mots, à l’image d’un artisan.


Selon Jean Roudaut, sa poésie est « celle du mieux perçu » et comporte « ce sens de la lenteur énergique et discrète ». Parcourir ce recueil, c’est aussi prendre la liberté de savourer un voyage teinté de subtilité et parfumé de volutes sensuelles. Une âme semble se promener au milieu de ses poèmes. Discrètement. En filigrane. Et pourtant omniprésente. Celle de feu son père ? Un indice peut-être… Ce père qui aimait lire dans le « pavillon Flaubert » de son chalet, lieu également où le fils, poète, aime se recueillir.

Une leçon de flûte avant de mourir, Jacques-Etienne Bovard

Ecrit par Valérie Debieux , le Mercredi, 28 Décembre 2011. , dans Campiche, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Une leçon de flûte avant de mourir. 2011. Ed. Bernard Campiche (CamPoche). 216 p. 9 € . Ecrivain(s): Jacques-Etienne Bovard Edition: Campiche

Environs de Lausanne. Années 2000. Gilles Vanneau, un jeune homme de vingt-trois ans, arrive au volant d’une camionnette de location devant un vieil immeuble pour y emménager. Etudiant le jour, il travaille la nuit comme chauffeur de taxi.

L’accueil réservé par la concierge est une mise en garde sèche et sans appel. Il s’agit d’une maison de « vieux ». Première nuit, premiers sons. D’abord ceux d’un violon emplis de légèreté et de grâce, puis ceux d’un violoncelle, auxquels succèdent les modulations d’un téléviseur dont on a oublié de baisser le volume. Et, par intermittence, le bruit des chasses d’eau, agrémenté, au dehors, du « ronflement continu d’un moteur diesel » provenant du chantier voisin et le crissement des pneus sur le bitume du giratoire.

Le jour suivant son emménagement, il rencontre son vis-à-vis. Débute alors une très belle histoire d’amitié, avec ce personnage peu ordinaire, Edouard Laroche, un ancien virtuose violoniste, dont la carrière n’a pu s’épanouir ; âgé de plus de quatre-vingt ans, il désire, comme Socrate, prendre une leçon de flûte avant de mourir et étudier le violoncelle avant de s’en aller. L’alcool aidant, Edouard se confie :