Le recueil de nouvelles de Silvia Härri laisse se dessiner une lointaine parenté avec l’humoriste suisse, Zouc, dans sa façon de voir le monde et de dire les choses. La narratrice râle, égratigne, secoue, réveille ; sa plume claque dans un style tonique et mordant. Que ce soit dans une salle d’attente ou de classe, dans un train, une maison de retraite, une cérémonie funéraire, ou encore en montagne ou au milieu des Rocheuses, l’auteure n’épargne nullement la vie de ses personnages et les décrit comme dans la vie réelle, sans fard ni filet.
Tels des funambules, les personnages glissent, tour à tour, sur le fil de leur existence, à fleur de peau, et la narratrice dénonce tous leurs malaises, les uns après les autres, dans les différents virages de l’existence, non sans causticité.
Illustration de ce propos, la nouvelle intitulée Le Vœu. Ce titre, à connotation positive, incite le lecteur à penser que l’histoire s’inscrira dans une perspective heureuse. Que nenni. En réalité, l’héroïne émet le vœu de se séparer de son compagnon qu’elle ne supporte plus :