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Langue portugaise

Les hommes n’appartiennent pas au ciel, Nuno Camarneiro

Ecrit par Héloïse Thomas-Cambonie , le Jeudi, 27 Novembre 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Jean-Claude Lattès

Les hommes n’appartiennent pas au ciel, octobre 2014, traduction (Portugal) de Brigitte Jensen, 253 pages, 20,90 € . Ecrivain(s): Nuno Camarneiro Edition: Jean-Claude Lattès

 

Premier roman d’un jeune écrivain portugais, Les hommes n’appartiennent pas au ciel est un début littéraire qui ne manque pas d’intriguer.

Déjà, la prémisse de l’entreprise romanesque, telle qu’elle est dressée par la quatrième de couverture, est ambitieuse : réunir, autour du passage de deux comètes en 1910 qui plongent le monde dans l’effroi et la folie, trois figures fantasmées de trois écrivains qui ont marqué notre siècle – Kafka, Pessoa et Borges. Mais voilà le premier point d’achoppement : Camarneiro prend bien soin de brouiller les pistes et de ne jamais identifier les protagonistes. Si les prénoms de (Jorge) Borges et (Fernando) Pessoa, ainsi que les lieux qui leur sont associés (respectivement, Buenos Aires et Lisbonne), correspondent bien à ce qui est dit des personnages, il n’en est pas de même pour Kafka : son prétendu « double » dans le roman est un immigré européen prénommé Karl qui nettoie les vitres des gratte-ciels de New York. Rien à voir avec l’écrivain.

L’Apocalypse des travailleurs, Valter Hugo Mãe

Ecrit par Marc Ossorguine , le Lundi, 03 Novembre 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

L’Apocalypse des travailleurs (O apocalipse dos trabalhadores), traduit du portugais par Danielle Schramm, 208 pages, 18 € . Ecrivain(s): Valter Hugo Mãe Edition: Métailié

 

 

Au delà des images pour les touristes, la vie n’est ni pittoresque ni facile au Portugal. Surtout lorsque l’on vit dans une petite ville comme Bragança, au nord du pays, tout près de la frontière espagnole et à 250 km de Porto. Surtout quand, comme Maria da Graça et son ami Quitéria, on survit en faisant des ménages, en jouant les pleureuses lors des obsèques, voire en ayant de temps en temps recours à la prostitution. Ce n’est guère mieux, même si l’on est jeune est beau, quand l’on vient d’Ukraine et qu’on ne parle pas la langue, comme Andriy, qui a laissé au pays ses parents Ekaterina et Sasha. La seule consolation, parfois, c’est d’être si bas qu’on ne peut tomber plus. Ce qui permet par-dessus tout de survivre, ce sont les rêves que chacun tente d’entretenir. Rêves de mariage, de modeste réussite qui permettraient, ne serait-ce qu’une fois, de prendre des « vacances ».

Charbon animal, Ana Paula Maia

Ecrit par Benjamin Dias Pereira , le Lundi, 13 Octobre 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

Charbon animal, Éditions Anacaona, traduit du portugais (Brésil) par Paula Anacaona, octobre 2013, 137 p. 15 € . Ecrivain(s): Ana Paula Maia

 

Du rouge du feu au noir du charbon, le roman d’Ana Paula Maia nous entraîne dans le quotidien de deux frères qui vivent dans une petite ville minière du Brésil. Loin de la jungle urbaine, thème de prédilection de ses contemporains, l’auteure décrit le chaos existentiel que l’on retrouve partout et les drames humains qui jalonnent alors la vie. Ernesto Wesley, pompier par nature et par vocation, affronte les flammes et vient en aide aux blessés ; tandis que Ronavron Wesley, crémateur par dépit, brûle les morts et broie les restes. Ainsi, tous deux, à leur manière, tentent de contrôler cet élément qui ravage tout sur son passage et devient en quelque sorte le rival de l’homme.

« Le feu se multiplie toujours en feu. L’oxygène le maintient vivant – comme l’homme. Sans oxygène, le feu s’éteint, comme l’homme. Le feu a besoin de s’alimenter pour rester en vie – comme l’homme. L’homme meurt par manque d’air. La flamme aussi ».

La comparaison s’établit donc entre ces deux adversaires, qui peuvent difficilement coexister ni même se passer réellement l’un de l’autre, et sont au final si similaires par leur côté destructeur et quasi incontrôlable.

Menus souvenirs, José Saramago

Ecrit par Marc Michiels (Le Mot et la Chose) , le Mardi, 16 Septembre 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Récits, Seuil, La rentrée littéraire

Menus souvenirs, traduit du portugais par Geneviève Leibrich, septembre 2014, 176 pages, 18 € . Ecrivain(s): José Saramago Edition: Seuil

 

« Le monde de chacun dépend des yeux que l’on a reçus en partage », in. Le Dieu manchot, 1982

 

José Saramago est né en 1922 à Azinhaga, au Portugal. Ecrivain majeur, il demeure l’un des meilleurs représentants, aux côtés d’António Lobo Antunes ou Fernando Pessoa, de la littérature et de la pensée lusitanienne à travers le monde. Son œuvre, qui comprend des romans, des essais, de la poésie, du théâtre, est traduite dans plus de 25 pays. Lauréat du prix Camðens en 1995 (la plus haute distinction des lettres portugaises), et du prestigieux Nobel de littérature en 1998, il décède à Lanzarote en 2010. Aujourd’hui, la quasi-totalité de l’œuvre romanesque de l’écrivain est disponible en français aux éditions du Seuil.

Dans une écriture simple, poétique et autobiographique, José Saramago nous dévoile donc ses Menus souvenirs : « Le livre des tentations, titre incertain ? « Oui, les menus souvenirs du temps où j’étais petit, tout simplement ». Il s’agit pour l’auteur de revenir sur son enfance, le paysage de ses racines pauvres, mais qui, comme un peintre, lui a procuré les couleurs de son écriture, la toile de ses récritures :

Depuis que la samba est samba, Paulo Lins

Ecrit par Stéphane Bret , le Mardi, 09 Septembre 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Asphalte éditions

Depuis que la samba est samba, Trad. du portugais (Brésil) par Paula Sainot, septembre 2014, 287 pages, 22 € . Ecrivain(s): Paulo Lins Edition: Asphalte éditions

 

 

Le roman de Paulo lins se déroule dans le Rio des années 20, et plus précisément dans le quartier de l’Estácio, où se croisent des malfrats, des proxénètes, des prostituées, des homosexuels, des immigrés. On y trouve également des artistes, des musiciens susceptibles d’incarner la bohème locale. Ismael Silva est compositeur, il aspire à changer la musique, à l’adapter à la culture de tous les Brésiliens, autrement dit, d’incorporer dans la musique les traditions issues des origines indienne et africaine du Brésil. Son ami, Brancura, ambitionne d’écrire des sambas ; il apparaît très vite beaucoup plus doué pour le proxénétisme, qu’il développe dans son quartier, en proie aux bagarres dans les bars, au trafic de drogue, aux descentes fréquentes de la police. Brancura a un rival, Sodré, fils d’immigrés portugais ayant passablement bien réussi. Ils aiment la même femme, Valdirène, l’une des plus belles filles de l’Estácio, prostituée de son état. Sodré est blanc, Brancura est noir, descendant d’esclaves.