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Langue portugaise

Le bonheur est facile, Edney Silvestre

Ecrit par Didier Bazy , le Mardi, 20 Mai 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Belfond

Le bonheur est facile, traduit du portugais (Brésilien) par Hubert Tézenas, mai 2014, 190 pages, 17 € . Ecrivain(s): Edney Silvestre Edition: Belfond

Peu d’ouvrages poussent aussi loin le suspense avec talent. Et ses lecteurs risquent fort d’être suspendus, tendus jusqu’à la fin, dénouement qui est posé dès les premières lignes : quel destin pour cette enfant sourde et muette, kidnappée à la place d’une autre par d’anciens agents de Pinochet dont les âmes se sont noyées depuis longtemps ?

A l’orée de la démocratie brésilienne du début des années 90, un riche publicitaire (Olavo) aux pratiques mafieuses est rançonné : il doit verser 2 millions de Dollars pour récupérer cette enfant qui n’est pas la sienne. Il connaît du monde, de tous les côtés du monde, dans nombre de mondes possibles. Stratège sans pitié, il laissera croire que l’enfant est bien sienne pour piéger les ravisseurs – du coup leurrés, ces abrutis. Sourd aux requêtes de sa femme, parviendra-t-il à ses fins ?

Cette femme, Mara, qui est-elle pour subir de tels traitements de la part de ce macho abject et tout-puissant ? Née dans la misère, elle a grandi dans les favelas, a survécu grâce au métier d’escort-girl, pour vivre aujourd’hui dans la prison dorée d’Olavo. Elle a tout accepté de lui, son mépris, sa lubricité, ses cruautés, son cynisme radical. L’overdose de l’humiliation touche le fond. Jusqu’où ?

Théorie générale de l’oubli, José Eduardo Agualusa

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 11 Avril 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Métailié

Théorie générale de l’oubli, traduit du Portugais (Angola) Geneviève Leibrich, février 2014, 171 pages, 17 € . Ecrivain(s): José Eduardo Agualusa Edition: Métailié

 

Il y a la littérature portugaise métropolitaine, magnifique de lumière et de mystère – de « saudade », aussi ; et puis il y a la littérature portugaise africaine – celle des anciennes colonies ; presque une autre langue, une autre lumière, des mystères et de la magie – encore plus. Les deux, une littérature sublime.

Cet Agualusa là – la jeune garde lusitano-africaine – est justement de ce tonneau : éclatant de lumière, larmes et rires, touillant merveilleusement les vieux mythes, les contes, la guerre civile, les coups d’Etat, la peur dans le ciel aveuglant de l’Angola au bord de son indépendance. D’autres y avaient mis la plume, et avec quel talent !

Le cul de Judas de Lobo Antunes nous avait laissé l’impression que la page était tournée pour la littérature, sur le conflit postcolonial. Et revoilà, pourtant, l’Angola, ses rues poussiéreuses, les milices cubaines, la fuite des colons… la guerre, mais autrement, et pas moins réussi.

Moscow, Edyr Agusto

Ecrit par Yann Suty , le Mardi, 25 Mars 2014. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, Asphalte éditions

Moscow, traduit du portugais (Brésil) par Diniz Galhos, février 2014, 112 p. 12 € . Ecrivain(s): Edyr Agusto Edition: Asphalte éditions

 

Moscow. Un titre presque trompeur. Car il n’est pas question de Russie. On est même de l’autre côté de la planète. Moscow, c’est le surnom de l’île de Mosqueiro, à côté de Belém, au Brésil. On y suit les vacances de Tinho Santos. Le lieu est paradisiaque. Un paysage de carte postale, mais le narrateur du roman n’est pas un touriste comme un autre et ses passe-temps sont la bagarre, les agressions, les vols et le sexe.

On n’y verra pas non plus de palmiers ni de belle mer turquoise. D’ailleurs on n’y verra pas le jour.

« J’ai choisi la nuit. Le jour me blouse ».

Le livre commence par une agression. Tinho et sa bande trouvent un couple sur la plage. Un fils à Papa qu’ils vont passer à tabac et violer. Sa compagne connaîtra le même sort. C’est donc une soirée réussie pour le gang. Ils ont pris du plaisir, à défaut d’en donner.

« Plus je sens la peur, plus mon désir est grand », confie le narrateur.

La Main de Joseph Castorp, Joao Ricardo Pedro

Ecrit par Adrien Battini , le Jeudi, 03 Octobre 2013. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman, La rentrée littéraire, Editions Viviane Hamy

La Main de Joseph Castorp, traduit du portugais par Elisabeth Monteiro Rodrigues, septembre 2013, 229 p. 19 € . Ecrivain(s): Joao Ricardo Pedro Edition: Editions Viviane Hamy

Antonio Lobo Antunes, Gonçalo M. Tavares, Joao Ricardo Pedro, la preuve par trois que la littérature portugaise ne cesse de se renouveler dans l’excellence. Les éditions Viviane Hamy, particulièrement actives dans l’érection de cet édifice littéraire, publient du dernier nommé La Main de Joseph Castorp, premier roman qui empoigne avec maestria le relais tendu par ses illustres prédécesseurs.

Difficile pour tout écrivain portugais de faire abstraction du régime salazariste qui aura dominé le pays pendant la majeure partie du XXème siècle. Non pas que la dictature soit un passage obligé ou un gage de solennité thématique, mais tout texte empruntant au genre de la saga ne peut faire l’économie de ce contexte qui aura pénétré l’intimité de l’ensemble des foyers lusitaniens. Il en va de la sorte avec La Main de Joseph Castorp, dont la première scène est une évocation de la Révolution des Œillets. Un moyen comme un autre de passer le seuil de la famille Mendes, actrice principale de la pièce composée par Pedro. Succession de tableaux non-linéaires où l’on sautille entre les personnages, les époques, les moments, les impressions et les anecdotes, le roman n’en possède pas moins son centre de gravité autour du jeune (puis du moins jeune) Duarte. Prodige du piano, l’enfant côtoie les figures paternelles et grand-paternelles, observe mais aussi écoute pour recueillir une mémoire familiale encore cachetée.

L’Ultime Secret du Christ, José Rodrigues dos Santos

Ecrit par Odile Alleguede , le Lundi, 23 Septembre 2013. , dans Langue portugaise, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Roman

L’Ultime Secret du Christ, HC Editions, trad. du portugais par Carlos Batista, mai 2013, 496 p. 22 € . Ecrivain(s): José Rodrigues dos Santos

 

 

José Rodrigues dos Santos aurait-il trouvé le Graal littéraire, le « sésame, ouvre-toi ! » des ventes, l’E=mc2 du tiroir-caisse ? Rien ne l’annonçait, et pourtant le présentateur-vedette du 20h au Portugal aura à ce jour écoulé plus de 2 millions d’exemplaires de son roman à succès La Formule de Dieu, dont 80.000 copies rien qu’en France. Dans L’Ultime Secret du Christ, sorti chez HC Editions, l’auteur récidive cette fois-ci à coups d’intrigues historico-mythico-religieuses, et se paie la guest-star la plus en vogue depuis 2000 ans : Jésus. Mais quel est donc le secret du Dan Brown lisboète ?

 

20h moins le quart avant Jésus-Christ…