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Christian Bourgois

Christian Bourgois éditeur est une maison d’édition française, fondée en 1966 par Christian Bourgois, sous l’égide des Presses de la Cité et qui obtient son indépendance en 1992.

Elle compte 760 titres à son catalogue et 50 titres sortent en moyenne chaque année. Leur distribution en est assurée par Volumen. Son chiffre d’affaires en 2009 est de 1 976 000 €, ce qui la classe au cent seizième rang du classement des deux cent éditeurs français.

 


Le temps, le temps, Martin Suter

Ecrit par Virginie Neufville , le Mercredi, 05 Juin 2013. , dans Christian Bourgois, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman

Le temps, le temps, trad. de l’allemand par Olivier Mannoni mai 2013, 317 pages, 18 € . Ecrivain(s): Martin Suter Edition: Christian Bourgois

« Avec le temps…

Avec le temps, va, tout s’en va ».

Léo Ferré

 

Peter Taler a perdu l’amour de sa vie, Laura, un jour de mai, assassinée en bas de chez elle. Depuis, il est incapable de revenir aux choses quotidiennes. Certes, il a repris son travail de comptable, mais une fois chez lui, il passe son temps à la fenêtre, ou bien il tente de reconstituer à l’identique les moments de la journée où sa vie a basculé. Dans son appartement, le temps s’est arrêté.

A force d’observer l’extérieur, il se rend compte de subtiles modifications du paysage. Se disant que « quelque chose n’était pas pareil, mais il ne savait pas quoi », il concentre son attention sur le voisin d’en face, un certain Knupp, veuf lui aussi. Très vite, il comprend que ce dernier, connu pour être lunatique et un rien dérangé, prend des photos du quartier. Si le voisin est un photographe amateur, il a peut-être pris des photos intéressantes le jour du meurtre de Laura ! Peter décide donc de le rencontrer.

Nouvelles du New Yorker, Ann Beattie

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mardi, 28 Mai 2013. , dans Christian Bourgois, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Nouvelles

Nouvelles du New Yorker, trad. (USA) par Anne Rabinovitch avril 2013, 379 p. 20 € . Ecrivain(s): Ann Beattie Edition: Christian Bourgois

 

 

Pour certains d’entre nous, Ann Beattie a accompagné nos années d’adolescence post soixantehuitarde. Elle est de ces plumes qui ont su capter une époque, un style, un mode de vie, des silhouettes, des mots : ceux de la « libération » des langues et des esprits. Du moins de la pseudo libération car elle cachait bien sûr d’autres enfermements, d’autres illusions, d’autres croyances imbéciles. Et ça aussi, Ann Beattie l’a saisi.

Vous l’avez compris, les nouvelles réunies ici, pour une large part d’entre elles, datent des années 70 et ont été publiées, dès leur naissance, par le célèbre New Yorker, magazine littéraire et culturel de Big Apple. Et on y retrouve tout cet univers d’alors : babas cool, chipoteurs psychologisants, fumeurs de joints, révolutionnaires de salon, nanas « libérées », gratouilleurs de guitares et de rimes approximatives, théoriciens nuls de l’avenir du monde, artistes dans un devenir qui ne viendra jamais.

L'expérience Oregon, Keith Scribner (2ème recension)

Ecrit par Victoire NGuyen , le Mercredi, 03 Avril 2013. , dans Christian Bourgois, Les Livres, Recensions, La Une Livres, USA, Roman

. Ecrivain(s): Keith Scribner Edition: Christian Bourgois

 

 

Une expérience humaine


On ne peut pas réduire ce roman à une simple situation de crise entre Naomi et son mari Scanlon, même si le point de départ de l’intrigue est effectivement une mésentente dans ce couple bancal. En effet, dès les premières pages, le lecteur apprend que Naomi, enceinte, est atteinte d’anosmie. Ancienne créatrice de parfum, elle a perdu son nez et glisse dangereusement vers une dépression profonde. L’intrigue progresse et au fil des mots, on apprend qu’elle traverse la campagne américaine, accompagnée de son mari pour s’installer à contrecœur dans une petite ville de l’Oregon, Douglas. Cependant, les péripéties du couple et les infidélités de Scanlon et de Naomi ne font que mettre en exergue un mal plus profond : l’abandon d’un enfant par Naomi.

La belle indifférence, Sarah Hall

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Mercredi, 13 Mars 2013. , dans Christian Bourgois, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Nouvelles

La belle indifférence. Trad. De l’anglais Eric Chédaille Février 2013. 170 p. 15 € . Ecrivain(s): Sarah Hall Edition: Christian Bourgois

 

Sarah Hall dans ce recueil se révèle sous un jour éblouissant et encore inconnu. On savait son talent de romancière depuis au moins le « Michel-Ange électrique ». Avec ces sept nouvelles, une nouvelliste exceptionnelle nous absorbe de bout en bout.

Sept histoires. Nous sommes dans un genre très éloigné des nouvelles de Carver ou de McGregor. Chaque nouvelle est un mini-roman, avec des personnages profonds et complexes, une narration captivante, un début, une fin. Sarah Hall déploie une formidable capacité à opérer une condensation narrative stupéfiante, dans un style étincelant. Une rivière de sept diamants taillés au millimètre.

Les personnages centraux de toutes les nouvelles sont des femmes. Sarah Hall annonce la couleur : ce livre célèbre la féminité. C’est incontestablement la trace la plus forte qui reste de cette lecture. Une féminité à l’image de l’écriture de Sarah Hall : à vif, d’une nervosité haletante, vibrant à chaque instant d’une tension extrême :

Ce qui est arrivé à M. Davison, Jon McGregor

Ecrit par Léon-Marc Levy , le Jeudi, 07 Mars 2013. , dans Christian Bourgois, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Iles britanniques, Nouvelles

Ce qui est arrivé à M. Davison. Trad. Anglais Christine Laferrière février 2013. 295 p. 17 € . Ecrivain(s): Jon McGregor Edition: Christian Bourgois

 

Jon McGregor est définitivement de la lignée des écrivains qui se coltinent avec la langue même, la matière de l’expression. Les nouvelles qu’il nous offre dans ce recueil constituent une sorte de laboratoire d’écriture nouvelliste. Aucun des textes ne ressemble à un autre par la forme : phrases brisées, répétitions, inventaires, documents administratifs ou techniques, et même listes de noms propres, tout y passe comme dans une sorte d’exploration des canons de l’écriture. Dans la deuxième nouvelle, on a même un brouillon de poème, celui qu’est en train d’écrire l’héroïne de l’histoire : page de gauche la nouvelle et son déroulé, page de droite le poème de la femme en « work in progress »

 

« Quand vient l’aurore

Quand la première lueur pénètre depuis l’est

Le ciel est de la couleur des billes.

D’un gris médiocre et vitreux » (En hiver le ciel)