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Actes Sud Junior

Histoire imaginaire sans queue ni tête, Yulia Horst et Daria Rychkova

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Mercredi, 07 Janvier 2015. , dans Actes Sud Junior, Les Livres, Critiques, La Une Livres, Jeunesse

Histoire imaginaire sans queue ni tête, traduit du norvégien par Aude Pasquier, septembre 2014, 40 pages, 16 € . Ecrivain(s): Yulia Horst et Daria Rychkova Edition: Actes Sud Junior

 

Il n’y a aucun mérite à saluer un premier album primé par la Foire internationale de Bologne. Pourtant nous allons ici hurler avec les loups ou plutôt les louveteaux pour parler de cette superbe Histoire imaginaire. Nous voici dans un monde où tout un chacun a non seulement une tête, deux jambes et deux bras, mais une queue. « Mais personne ne s’en rendrait compte. Parce qu’avoir une queue, ce serait aussi normal que d’avoir des bras ou des jambes ». Et la présence de cet appendice caudal réapparu des temps anciens, réminiscence de nos ancêtres de tous poils et à plumes, change grandement la donne.

Que peut-on faire avec cette élégante touffe de poils accrochée à son postérieur ? Ici, nul embarras : la queue fait partie du quotidien et elle a prouvé ses atouts. Côté pratique, question ménage ou look, mais aussi en matière de séduction et de parade amoureuse, la queue n’a pas son pareil pour accompagner chaque situation de la vie ou pour favoriser la réussite dans tel ou tel métier.

King Kong sur Seine, François Devenne

Ecrit par Laetitia Steinbach , le Mercredi, 12 Décembre 2012. , dans Actes Sud Junior, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

King Kong sur Seine, octobre 2012, 224 p. 13 € . Ecrivain(s): François Devenne Edition: Actes Sud Junior

 

L’été à Paris, quand les parents travaillent et qu’il n’y a d’autre activité que garder sa petite sœur casse-pied, les vacances peuvent rapidement devenir rasoirs. Heureusement Victor a de la ressource pour pimenter ces longs mois estivaux ! Car Victor n’est pas n’importe qui. Il est le fils de Bernard Augier, ce qui équivaut à posséder le plus amusant des sésames, car son père est Inspecteur à la Brigade Criminelle de la capitale. Et comme il n’y a jamais de baby-sitter disponible et fiable, il emmène régulièrement son rejeton le suivre sur le terrain…

Et justement, en ce mois de juillet 2011, d’étranges événements ont lieu dans divers musées de la ville : un singe anthropomorphe se prend pour un amateur d’art éclairé et tente de dérober des objets d’art africains, aidé par une petite fille noire de huit ans. L’enquête, qui semble de prime abord relever de la farce, échoue entre les mains réticentes et incrédules d’Augier car le voleur ne se contente pas de voler, il tue ! En effet, deux personnes décèdent au cours d’une altercation dans les salles du Louvre. Deux personnes qui sont mortes de… peur, foudroyées net par le faciès révulsant de l’homme déguisé en singe de manière si réaliste. Ou alors, théorie soutenue par Victor, ne s’agirait-il pas plutôt d’un singe déguisé en homme ? Les hypothèses se bousculent face à ce qui se rapproche d’un canular de bien mauvais goût, d’autant que la presse a eu vent de l’affaire « King Kong sur Seine ».

Zhang, le peintre magicien, Pascal Vatinel

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 08 Octobre 2012. , dans Actes Sud Junior, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Zhang, le peintre magicien, illustrations Peggy Adam, août 2012, 112 p. 7,70 € . Ecrivain(s): Pascal Vatinel Edition: Actes Sud Junior

Dans la veine des contes traditionnels chinois, comme celui du pinceau magique, voici une très belle histoire tissée de la série « Fleur de Printemps », du même auteur, cette fois autour de l’art de la peinture sur soie. L’histoire est racontée par le grand-père Lao Cheng, à sa petite-fille Fleur de Printemps, alors qu’elle s’exerce à la calligraphie sous sa conduite.

 

« – Peur, dis-tu ? Quel mot dois-tu tracer ?

– “Paix”.

– Alors, le seul moyen de bien l’écrire est que tu te sentes toi-même paisible. Si tu as peur, ton cœur ne pourra guider correctement ta main. Penses-y ».


Une belle histoire vaut souvent mieux qu’un grand discours, aussi pour lui faire comprendre la base essentielle de cet art, il se met donc à lui raconter l’histoire de Zhang, le peintre magicien.

Les enfants invisibles : histoires d'enfants des rues, Marie-José Lallart et Olivier Villepreux

Ecrit par Cathy Garcia , le Lundi, 01 Octobre 2012. , dans Actes Sud Junior, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Jeunesse

Les enfants invisibles : Histoires d’enfants des rues, illustrations Guillaume Reynard, septembre 2012, 96 p. 17 € . Ecrivain(s): Marie-José Lallart et Olivier Villepreux Edition: Actes Sud Junior

Dans ce livre, Marie-José Lallart, ex-fonctionnaire internationale à l’Unesco, prête sa voix aux enfants des rues de différents pays. Elle explique la démarche dans une préface inaugurée par un proverbe du Burkina Faso, qui en dit bien plus qu’un grand discours.

« Le contenu d’une cacahuète est suffisant pour que deux amis puissent le partager ».

« Les Écoles de l’espoir » est une association créée à l’initiative du footballeur professionnel international Mikaël Silvestre, qui souhaitait aider les enfants à accéder à l’alphabétisation au Niger, et puis dans d’autres pays d’Afrique et d’ailleurs, grâce au lien avec d’autres associations et le soutien d’autres sportifs célèbres. C’est par cette association que Marie-José Lallart a pu rencontrer ces enfants des rues : les bui doi au Viêtnam (« poussière de vie »), los desechables en Colombie (« les jetables »), bana imbia (« les chiens ») en république du Congo, les shégués, ou phaseurs « celui qui passe » de Kinshasa, considérés parfois pour leur plus grand malheur, comme des « enfants sorciers ».

« Le seul fait d’aller à l’école permettrait sûrement que l’on nous regarde différemment, car c’est bien le regard des autres qui est le pire ennemi des “shégués” ».

La chienne de l'ours, Catherine Zambon

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 04 Mai 2012. , dans Actes Sud Junior, Les Livres, Recensions, La Une Livres, Roman, Jeunesse

La Chienne de l’ours, mars 2012, 57 pages, 7,80 € . Ecrivain(s): Catherine Zambon Edition: Actes Sud Junior

 

La Chienne de l’ours contient un aveu qui dépasse tous les autres, un fleuve d’émotions qui déferlent et laissent le souffle coupé. Dans son corps trop grand, trop fort, trop lourd, la jeune narratrice étouffe et renferme des pensées qui l’effraient, des sentiments qui l’affolent, des sensations qui la font vaciller. En une course éperdue, elle va chercher à se perdre, à gagner de la distance sur les vérités qu’elle ne veut pas accepter : « ce je-ne-sais-quoi de honteux qui me rend étrangère à moi-même ».

Laissant derrière elle, la fête de Léo, « l’immense bête cannibale » qu’est le lycée, sa famille, elle disparaît dans la nuit. Elle marche de son pas d’ourse jusqu’à l’épuisement. Elle revient là où ses souvenirs ne la blessent pas, là elle peut être elle-même. Dans la montagne, aux Vergnands, chez la vieille Mme Burridon. « Sèche comme une trique », cette solitaire au grand cœur ne parle pas beaucoup, se contentant d’injurier le monde entier et de servir ses fromages. Dans l’obscurité, la narratrice rencontre Diane, la chienne affectueuse à laquelle elle se confie tout en éclusant une bouteille de whisky. « Mais Diane ne pourra pas me faire oublier ce que je suis. Une chienne, comme elle, mais qui hurle à la mort en silence ». Lorsque sa présence est révélée, l’adolescente se fait d’abord engueuler vertement, puis la fermière l’accueille, attentive et désarmée. Par bribes, la jeune fille nous raconte son histoire et relate sa conversation avec Mme Burridon.