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Les Chroniques

Hommage à Herbert R. Lottman, Historien par Michel Host

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 16 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Il était historien, certes, et renommé dans sa spécialité. Cela suffirait pour qu’on lui rende hommage, mais pourquoi dans La Cause Littéraire qui, pour ne pas manquer d’intérêt pour l’histoire, vise d’abord la littérature ? Qu’il ait été un ami serait une autre bonne raison, mais tous nos amis devraient alors, quand ils disparaissent, bénéficier de nos mots d’adieu. Ce qui fait la différence, ce sont ici deux caractéristiques de l’amitié qui était la sienne : Herbert Lottman était l’ami des écrivains et ses armes dans l’existence étaient une vérité et un sourire qui n’avaient pas d’équivalents. Je m’en explique ci-dessous.

Né à New York en 1927, lauréat de la bourse Fullbright, venu en France sur ses 22 ans, il y revint pour y rester définitivement à partir de 1956. Amoureux de ce pays, de sa culture, de ses paysages et de son histoire, il y établira son existence entière et y publiera la presque totalité de ses livres, dont on trouvera une liste en note finale. Ses études étaient pour l’essentiel consacrées à l’histoire et à la littérature française du XXe siècle. Ses biographies d’écrivains ont suscité l’admiration.

D’Images et de bulles (9) Le Petit Loup rouge, Amélie Fléchais

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Vendredi, 12 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Le Petit Loup rouge, Amélie Fléchais, Ankama, juin 2014, 80 pages, 15,90 €

 

Entre album pour enfants et roman graphique, Amélie Fléchais revisite l’un des contes les plus célèbres du sieur Perrault, en en offrant une variante sombre et stimulante, desservie par un graphisme riche et enchanteur. Lorsque la bête n’est pas celle que l’on croit…

Le petit chaperon est devenu un louveteau, au profil gracieux, la tête recouverte par une capuche dessinant ses oreilles. À la demande de sa mère, le voilà parti à travers la forêt pour apporter à sa grand-mère, devenue trop vieille pour chasser, un gros et gras lapin. Sa mère la louve lui recommande d’éviter la forêt de bois morts où vivent un chasseur et sa fille, « vils, cruels, qui détestent les loups ». Le Petit Loup rouge promet d’écouter sa mère.

L’ornière d’origine (2/2) - A propos de "Tempête" de J. M. G. Le Clézio

Ecrit par Jean Bogdelin , le Jeudi, 11 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

A propos de Tempête, Deux novellas, de J.M.G. Le Clézio, Collection Blanche, Gallimard, mars 2014, 240 pages, 19,50 €

 

L’ornière d’origine (2ème partie)

 

Si on conçoit Tempête comme la face d’une médaille, la seconde nouvelle du recueil la complète en magnifique revers. Elle s’intitule abruptement Une femme sans identité, car l’abandon originel affecte les deux versants, paternel et maternel. C’est l’écho amplifié de la première nouvelle, un vrai cataclysme identitaire sur fond de guerre tribale, et  bruit de la mer.

L'énigme des feux d'artifice sans fête

Ecrit par Kamel Daoud , le Lundi, 08 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Nuits algériennes. La mode des jours est les feux d'artifice. A Oran, à Alger, ailleurs. Sans raison. Des bruits de pétarades, suivis de grosses fleurs de lumières colorées et mourant joliment. Cela explose partout depuis des jours. Etrangement. Sans raison. Signe de ce calendrier national désordonné : il n'y a rien à fêter, pas de dates, rien et pourtant il y a des feux d'artifice. Pourquoi ? s'étonnera l'étranger habitué au faste lors du rite ou de la célébration. Parce que. La rumeur dit qu'il s'agit d'articles saisis à l'importation puis revendus. Inutilement. D'autres bruits parlent d'un homme d'affaires devenu Khalifa qui les distribue gratuitement. En gros, c'est vrai, c'est faux. C'est tout aussi inexplicable que le feu d'artifice. Question fascinante : pourquoi des Algériens lancent des pétards et des feux alors qu'il n'y a pas de fête ? Scène d'un peuple qui s'ennuie, hors du temps et de ses dates. Sans bornes ni limiteur de vitesse. Cela ne se voit nulle part dans le reste du monde qui a des horloges. Face au temps on est unique, et seul. La raison ? L'ennui. La nuit algérienne avait été tuée par la guerre des années 90. Elle est tombée dans le domaine du désert. Hors du champ du regard et de l'Etat. C'est l'espace du hurlement, du gyrophare, de la ronde, de l'interdit et du sans toit. 
La guerre est finie, son couvre-feu est resté.

Rencontre avec Adrien Bosc, l’auteur de Constellation

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 05 Septembre 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Rencontre avec Adrien Bosc, l’auteur de Constellation, St Rémy-de-Provence au début du mois d’août :

 

« Le livre est beaucoup sur le hasard, le destin, pourquoi un avion plutôt qu’un autre, la différence entre les coïncidences, la fatalité. C’est par hasard que je suis tombé sur l’histoire, en passant de vidéos en vidéos sur YouTube, en écoutant des concerts de violon, et je suis tombé sur la fameuse scène qui est retranscrite dans le livre, qui est l’émission du Grand Echiquier de Jacques Chancel, un hommage à Etienne Vatelot, le grand luthier. Une émission qui s’appelait L’âme des violons, à un moment Jacques Chancel demande à Etienne Vatelot de raconter l’histoire de Ginette Neveu, l’histoire de sa mort, et il revient sur l’anecdote qu’il aurait dû être dans cet avion, mais au dernier moment Ginette Neveu lui a demandé d’ajourner son départ ».