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Les Chroniques

La Styx Croisières Cie - Mai 2020 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 03 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Ère Vincent Lambert, An II

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

 

Diogène de Sinope, « le Cynique »,  considère qu’il convient que « le sage s’établisse de préférence là où les imbéciles sont en plus grand nombre, afin de démasquer et de corriger leur stupidité ».

Scolie, Diogène de Laërte (?)

 

Lµ-1. La logique mathématique et démographique voudrait donc que Le Cynique se fût établi dans les villes les plus importantes, les mégapoles de son temps et de sa région (Athènes, Thèbes, Corinthe…), ce qu’il fit en effet. Il voyagea beaucoup, s’arrêtant aussi dans des villes et bourgades moins peuplées, où il dispensait ses « conseils » philosophiques, leçons dont ne nous sont restées que très peu de traces écrites (Cf. Diogène, Jean-Manuel Roubineau, PUF).

Impression(s), soleil, Dir. Annette Haudiquet (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 02 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Impression(s), soleil, Dir. Annette Haudiquet, MuMa & Somogy éditions d’art, 2017, 223 pages, 29 €

Plus que jamais peut-être, nous sommes éphémères, comme un oiseau se frayant un chemin de chant plus ou moins malhabile dans le ciel du silence (puisque l’on deviendra, tous, un silence parmi les silences), – plus que jamais il nous faut dater. Soient Raoul Lefaix, « L’Hôtel de l’Amirauté », 1928 (photographie noir et blanc sur papier collé sur album Le Havre en 1928, 1928, Le Havre, bibliothèque municipale) ; Séeberger (Frères), « Coucher de soleil sur la mer au Havre », vers 1900 (négatif sur verre au gélatino-bromure d’argent, Charenton-le-Pont, Médiathèque de l’architecture et du patrimoine) ; A. M. Noël, « Le Cotre pilote Fernand, H 19, dans la brume du port », vers 1893-1901 (tirage photographique sur papier noir et blanc, Le Havre, bibliothèque municipale, fonds iconographique Philippe Manneville) ; Anonyme, « Le Bassin de [la Barre] » – improprement identifié comme le bassin de l’Eure – (photographie positive sur verre, Paris, Fonds Colbert, LabEx EHNE) ; Alfred Soclet, « Grand Quai – Manutention à l’arrivée du bateau de Caen », début du XXe siècle (tirage d’après négatif sur plaque de verre, Le Havre, Centre havrais de recherche historique, fonds Soclet) ; Georges Asselin, « Le Havre, bains Marie-Christine », vers 1900-1910 (négatif noir et blanc stéréoscopique sur plaque de verre, Le Havre, archives municipales) ;

Le théâtre est anglais -1 (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Mercredi, 01 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, La Une CED


Sarah Kane aux cheveux courts. Sarah Kane en cinq pièces de théâtre. Sarah Kane suicidée, presque hier. Un choc, et un hurlement.

Kate (Calvert) Tempest, comme un orage de mots, comme l’ouverture d’une pièce de Shakespeare.

Jeune Kate aux longues boucles blondes. Maintenant, aujourd’hui.

Kate qui rappe, qui poétise, qui lit avec rage, qui chante presque avec douceur. Kate amoureuse aussi. Kate au micro.

Kate déjà en trois pièces.

Le Théâtre est anglais. Il l’a toujours été. Comique, tragique, historique, poétique. Théâtre d’immenses auteurs, théâtre d’immenses comédiens.

Demeure, Hubert Le Boisselier (par Murielle Compère-Demarcy)

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 30 Juin 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Demeure, Hubert Le Boisselier, Z4 Editions, 2018, 85 pages, 14 €

 

Le titre de cet opus poétique signé Hubert Le Boisselier nous invite d’emblée à marquer une pause, sur le tarmac de la réflexion et de l’imagination, avant d’entamer notre voyage. Demeure, en effet, remue dès le seuil du livre son chant polysémique : s’agit-il de l’injonction donnée à celui qui agite ou mobilise son existence de « demeurer » un instant dans l’espace d’une pause, l’impératif du verbe se conjuguant à un certain art de vivre où savoir prendre son temps résulte d’un acte de sagesse ? S’agit-il du substantif nommant cette « maison » dans laquelle chacun de nous habite, élit domicile, quelque part, à sa façon, en ouvrier/artisan de son quotidien, en… poète ? Demeure, est-ce même un lieu – immobile ou mouvant –, une position statique dans l’espace ; ne renvoie-t-il pas plutôt à cette posture, dans la dynamique du Vivre, où la cinétique des « entrelangues » mêle et mélange leur langage « dans la désinvolture du temps », pour rejouer/reformuler le monde sur la table de nos pages clairvoyantes reliées à nos mots (words) croisés/entrechoqués/fracturés ? Pour écrire/remodeler un monde « dédoublé » par « le geste d’écrire », recommencé dans la « persistance entre les mots », lu, « redit » sans cesse comme « je parle vide/sur la fracture » ?

Ainsi parlait : Charles Péguy, dits et maximes de vie, Charles Péguy, Paul Decottignies (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 29 Juin 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Ainsi parlait : Charles Péguy, dits et maximes de vie, Charles Péguy, Paul Decottignies, Arfuyen, mars 2020, 176 pages, 14 €

 

Péguy ou La Recherche de la valeur

Je trouve le principe des dits et maximes de vie, qui font la base de la collection « Ainsi parlait » des éditions Arfuyen, très justifié, à la lecture profuse qui fut la mienne des Cahiers de la quinzaine. Je dis cela car le massif de ces cahiers prend ici, grâce à un choix judicieux, une direction particulière, précise, que ma lecture hasardeuse n’était pas arrivée à déterminer et que Paul Decottignies parvient à dénouer et éclaircir grandement. Ces fragments dressent le portrait d’un homme d’idées et de style, dont on distingue le tempérament, tout en suivant aussi le parcours intellectuel et spirituel, celui d’un grand écrivain attachant et droit.