Ce mois-ci, les éditeurs, petits et grands, m’ont donné à lire une riche mosaïque d’ouvrages passionnants à découvrir, très différents les uns des autres, et gardant tous, jusqu’au bout de la lecture, une existence personnelle, une individualité particulière, une singularité. Essayons d’y voir clair dans cette diversité de beaux talents.
Dominique Fabre, avec Des nuages et des tours (1), décrit et fait battre du cœur son quartier de la rue du Château des Rentiers, lequel est proche du mien, celui des hautes tours du treizième arrondissement de Paris, celui des Olympiades et de la zone asiatique. Le romancier, ici davantage poète que créateur d’intrigues humaines, réussit avec brio à décrire ce qu’est, aujourd’hui, un « village urbain », avec ses égrégores et son pittoresque, son no man’s land pathétique, ses miséreux et ses héros, ses humanistes et ses salauds, ses arbres tout blancs en fleurs, son énorme boucan et ses ombres perdues. Cela m’a fait songer à Jean Follain, à Valéry Larbaud, à Yves Martin. C’est plein de tendresse, saison après saison.