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Les Chroniques

La traduction, un genre littéraire - Comédie du livre de Montpellier

Ecrit par Martine L. Petauton , le Samedi, 25 Juin 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Cette année, la Comédie du Livre de Montpellier invitait l’Italie à ses tables et salles – bondées – de conférences. La « Divine Comédie », comme elle se nommait, était donc pile dans l’axe de cette problématique posée, une journée chaude, dès l’après expresso de midi, dans l’auditorium feutré du Musée Fabre : « la traduction, une obligation, mais aussi un genre littéraire ».

Deux excellents intervenants-animateurs se partagèrent l’écoute attentive d’une salle enthousiaste ; un Italien poète, un Français directeur de collections chez Verdier (l’éditeur invité 2016) et passeur de sens entre Italien, Anglais, Allemand, et nous. Verdier qui, du reste, a publié une histoire des traductions du XVème siècle à nos jours.

D’entrée – comme on fermerait une porte – fut écartée cette idée qu’on pourrait faire à l’identique ; ce qui – sourient nos intervenants – serait déjà bancal et raté dans un dépliant guide de congélateur ; alors, en littérature !

Vivre avec un inconnu, Miettes philosophiques sur les chats, Florence Burgat (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Vendredi, 24 Juin 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Vivre avec un inconnu, Miettes philosophiques sur les chats, Florence Burgat, Rivages Poche, Petite bibliothèque n°866, mai 2016, 87 pages, 5,10 €

 

« […] il fallait que mes yeux fussent pour elle [la chatte Moumoutte chinoise] des yeux, c’est-à-dire des miroirs où sa petite âme cherchait anxieusement à saisir un reflet de la mienne… En vérité, ils sont effroyablement près de nous, quand on y songe, les animaux susceptibles de concevoir de telles choses… »

Pierre Loti, Le Livre de la pitié et de la mort (cité par Florence Burgat)

 

Le lecteur se pose cette question par exemple : que reste-t-il de la « petite âme » de la chatte Moumoutte ? Et la suivante : « Et de ma grande… belle… atroce ou lucide âme, que reste-t-il ? » Au moins ce témoignage de nos existences qui se croisèrent. Voilà le fond de l’affaire : nos destinées, nos personnes se croisent (que le veuillent ou non ceux pour qui il n’est aucune personne dans un animal.) Nos vies aussi : elles filent et disparaissent. Moumoutte laisse un souvenir éphémère, nous en laissons un aussi, et, rarement, une œuvre digne de ce nom…

3 livres de Wajdi Mouawad, éditions Léméac / Actes-Sud Papiers 

Ecrit par Zoe Tisset , le Jeudi, 23 Juin 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Une chienne, mars 2016, 43 pages, 11,50 €

Inflammation du verbe vivre, avril 2016, 59 pages, 12 €

Les Larmes d’Œdipe, avril 2016, 41 pages, 11,50 €

 

Wajdi Mouawad revisite le personnage de Phèdre, ce n’était pas vraiment un projet prémédité. Cette œuvre est née au détour et au fil d’une amitié avec le metteur en scène Krzysztof Warlikowski : « il y a un lien invisible entre son instinct et l’endroit d’où j’écris », remarque Mouawad. Il s’agissait au commencement des textes de quatre auteurs qui ont écrit autour de Phèdre : Euripide, Sénèque, Sarah Kane et J.M. Coetzee. Warlikowski désirait que Mouawad revoit la traduction à partir du grec et du latin. Leurs échanges ont eu lieu par SMS pendant un an. Au final, Euripide et Sénèque seront abandonnés et Mouawad fera de Phèdre une levantine, une chienne.

Le dark tourisme - Memorial Tour, Chris Simon

Ecrit par Mélanie Talcott , le Jeudi, 23 Juin 2016. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Le dark tourisme, encore appelé thanatourisme ou tourisme de la désolation, n’a rien d’une fiction. Avec la multiplication sourde de nos dérives, de nos peurs, de nos lâchetés, de notre ennui et de notre vide intérieur sidéraux, les routes de l’aventure qui s’ouvrent actuellement aux consommateurs assistés dans leur temps libre, suivent les pas exacts de leurs égocentriques lobotomies. Il leur faut de l’inédit et du frisson, se shooter à l’adrénaline du passé pour se sentir vivants. Larguer les amarres du quotidien uniformisé et mettre le cap sur les ténèbres de leurs imaginaires en panne d’émotions, aller fouiner là où normalement ils ne vont jamais. Les voyagistes ont saisi à plein Tours Operator ce voyeurisme touristique pour capitaliser ces nouvelles pérégrinations qui fait crapahuter les masses cultuelles, de champs de bataille en camps de la mort, d’un bout à l’autre de la planète. Elles veulent voir, sentir, toucher et revivre l’Histoire. Mais entre le devoir de mémoire que notre société de consommation a transformé en grandes messes culturelles obligatoires où chacun est tenu de battre sa coulpe, et ces vacances reality-show, copies sublimées de la pathétique télé-réalité, la frontière est souvent mince et poreuse.

Orphée du fleuve, Luc Vidal (5) - L’Osalide ou « les Printemps extasiés »

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Mardi, 21 Juin 2016. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Orphée du fleuve, Luc Vidal, éditions du Petit Véhicule, 1999, trad. géorgien Anne Bouatchidzé, 197 pages, 18 €

 

5. L’Osalide ou « les Printemps extasiés »

L’Osalide désigne dans la chaîne du livre et le circuit éditorial, le dernier Bon à tirer, avant la fabrication d’un livre.

L’Osalide ici – dans le deuxième temps de l’Orphée du Fleuve, après Le Fleuve et l’Île et avant Au bord du Monde figure le Départ.

L’Osalide s’écrira donc sur le seuil, avec les attributs dont on pare les divinités de la lumière (« Les sentinelles » aux « yeux constellés » de l’amour, préservées dans « la mémoire des braises», sœurslumineuses), avec « les accessoires du temps dans les marges aventureuses de / l’amour », déesses des passages et des transitions (Les Printemps extasiés, Le chemin des hirondelles) à l’heure des migrations amoureuses.