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Les Chroniques

Les Moments forts (3) : Vermeer au Louvre (expo à ne pas rater !), par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 28 Mars 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED, Côté Arts

 

Vermeer et les maîtres de la peinture de genre

Paris, musée du Louvre, 22 février / 22 mai 2017

 

Même si les conditions de visite de cette exposition sont quelque peu déplorables, et même si le choix des œuvres donne envie de retourner au Mauritshuis, pour y admirer notamment La Jeune fille à la perle et la Vue de Delft, qui à ma connaissance ne voyagent jamais*, cette exposition est un événement. Pensez : douze Vermeer sont présents ! Pensez à réserver, ici (la réservation par créneau horaire est obligatoire).

Carnets de L'Herne : Spinoza, Arendt, Weil, 3 livres, par Didier Bazy

Ecrit par Didier Bazy , le Samedi, 25 Mars 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Spinoza, De la liberté de penser dans un Etat libre

Arendt, La politique a-t-elle encore un sens ?

Weil, Note sur la suppression générale des partis politiques

Carnets de L’Herne 2017, 6,50 € pièce, 80 pages environ

 

3 petits livres pour 3 grands problèmes.

– La politique a-t-elle encore un sens ? (Arendt)

– Faut-il supprimer les partis politiques ? (Weil)

– Quelle est la place de la liberté de penser dans un Etat libre ? (Spinoza)

Les dimensions inexplorées du chez soi, par Fedwa Ghanima Bouzit

Ecrit par Fedwa Ghanima Bouzit , le Samedi, 25 Mars 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

Chez soi, c’est bien plus que quatre murs. Pour certains, c’est le cocon revitalisant nécessaire pour faire face à un environnement hostile. Pour beaucoup, de plus en plus, c’est un luxe durement acquis. Pour les femmes, et surtout pour les femmes les moins nanties, un espace de pouvoir auxquelles elles perdent toujours. Mona Chollet explore, dans son essai Chez soi : une odyssée de l’espace domestique, des dimensions encore insoupçonnées de cet espace à la fois intime et le champ de forces extérieures, politiques, sociales et économiques. C’est un livre qui se prête à une lecture universelle et ravira aussi bien les natures introverties que celles sensibilisées aux questions de la justice.

Le nouveau statut du casanier

Le casanier a toujours eu mauvaise réputation. Il n’a pas de vie, il s’ennuie à mort, c’est une nature aigrie qui méprise les autres, il a « la consistance molle des plantes privées de lumière ou des êtres privés de vie » (1). Au milieu d’une espèce d’animaux sociaux, c’est le paria des parias que l’on considère tantôt avec mépris, tantôt avec pitié. Au Maroc, dans une culture où les notions d’individualité et de vie privée sont aussi peu présentes, les casaniers solitaires font face à encore plus de dédain. C’est une discrimination douce sous couvert de taquinerie que j’ai bien connue et c’est en partie pour cela que j’ai trouvé autant de réconfort dans ce livre.

Hommage à Baudelaire X - Baudelaire, la fin de la poésie, le début de l'aventure poétique, par Ruben de Paz

, le Vendredi, 24 Mars 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Célébrer Baudelaire n’est jamais une mauvaise idée. Voir dans l’anniversaire de sa mort une béance offerte par notre triste époque et s’y engouffrer pour chanter le cher Maître est ravissant. Mais dans le chœur de louanges tant et tant méritées, il ne faut pas oublier que Charles Baudelaire est aussi le fossoyeur de la poésie, art supérieur et suprême. L’œuvre majeure du poète, les si célèbres et si belles Fleurs du Mal, est un sommet vertigineux dans l’histoire de la poésie mondiale. Jamais perfections du style, du mètre et du sens n’avaient atteint une telle symbiose. Jamais recueil n’avait compulsé, scanné, cartographié l’âme humaine et la vie avec tant d’ampleur, de génie et de fulgurances. Les Fleurs du Mal, bien que reines dans la peinture des affres de l’existence, n’omettent rien de ses quelques bonheurs, de ses rares splendeurs et de son acmé potentielle : l’amour. Baudelaire ne rejette pas la Beauté, il la cherche, il la chante ; il va y débusquer, tel un archéologue poétique, la moindre trace d’étrangeté pour la mettre en exergue, convaincu que le « Beau est toujours bizarre ». L’inverse s’appliquant tout aussi bien. Dans les quelques pages de ce mince recueil se trouve l’intégralité de ce que la poésie a à offrir, la totalité de son potentiel et bien évidemment tout ainsi que son contraire.

Le prédicat noie le poisson… les profs et les élèves avec, par Line Audin (1)

Ecrit par Line Audin , le Samedi, 18 Mars 2017. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Modifier les programmes scolaires fait partie du rituel institutionnel. Rares cependant sont les changements qui ont des répercussions notables dans les pratiques pédagogiques et les résultats des élèves. En revanche, il arrive qu’une modification mineure, qui aurait dû passer inaperçue, déclenche une polémique virulente. Il est vrai que passions et médias se déchaînent facilement dès qu’on touche à l’enseignement du français. L’introduction de la notion de prédicat en cycle 3 a mis le feu aux poudres. Chacun a choisi son camp. D’un côté ceux qui croient renouveler et simplifier la grammaire avec un redécoupage de la phrase, entre ce dont on parle – le sujet, et ce qu’on en dit – le prédicat. De l’autre, ceux qui ressortent leurs vieilles armes de guerre, COD, COI, BLED, pour défendre une grammaire authentique, qu’ils croient attaquée par ce nouveau cheval de Troie.

Deux causes tout aussi nobles, mais tout aussi vaines car toutes deux traitent la grammaire comme un objet en soi, dont les règles doivent être sues par cœur. Un énoncé obéit à des règles et contraintes différentes selon les langues, d’où la nécessité d’une grammaire pour organiser ces règles, mais la réalité qu’il évoque ne change pas en fonction de la langue utilisée.