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Les Chroniques

Grand chœur vide des miroirs, Jacques Pautard, éd. Arfuyen

Ecrit par Didier Ayres , le Samedi, 30 Août 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Narrer

Quelques propos sur Grand chœur vide des miroirs, de Jacques Pautard.

J’ai pris le temps pour écrire cette page, car la formule du poète du Grand chœur vide des miroirs est d’un principe complexe, que je voulais bien posséder pour rédiger ces lignes. Ainsi, comme il existe en peinture une conduite artistique plus propre à la ligne, au contour ou à la tâche, à la macule, il me semble que l’activité de la poésie est elle aussi bornée par l’art de la musique d’un côté, et celui de raconter de l’autre. Et les choses s’arrangent merveilleusement avec le Virgile de l’épopée, ou le Dante Alighieri des voyages en Enfer. Le texte de Jacques Pautard se trouve justement sur cette crête, cette interrogation. Et je dis cela à dessein, car je suis très touché par cette discussion : que doit narrer le poème, et faut-il que le poème raconte, relate ? C’est-à-dire, comment faire fonctionner le mode lyrique et le récit.

D’Images et de bulles (8) - Herakles, tome II, Edouard Cour

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Samedi, 30 Août 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Herakles, tome II, Edouard Cour, Editions Akileos, avril 2014, 160 pages, 18 €

 

Herakles revient pour un second volume aussi détonant et sanglant que le premier. Si vous avez manqué cette revisitation du mythe par Edouard Cour, procurez-vous ces deux tomes élégants à la couverture noire. Sur le second, une main aux doigts épais, rouge sang, fait le pendant à la figure jaune du héros comme esquissée à la craie du premier : farouche, violent, c’est un Herakles hanté par la culpabilité, un héros au cœur pur et aux mains souillées que vous allez rencontrer.

« Un lion se fait faire la peau, un hydre ne sait plus où donner de la tête ? Herakles est passé par là !

Une biche innocente capturée, un génocide pour un sanglier ? Herakles a bien bossé !

Une pluie d’oiseaux percés, un taureau dompté, un compagnon bouffé par des équidés ? Herakles continue sur sa lancée !

« La douleur dans La Brune »

Ecrit par Martine L. Petauton , le Vendredi, 29 Août 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Banlieue sud de Paris, un soir de Septembre dans la cité où j’ai grandi « Dites-moi que fout la science / à quand ce pont entre nos panses ? / Si tu as mal là où t’as peur » – Camille, Ta douleur (Fixer le ciel au mur, Tieri Briet).

Chronique autour de : La belle image, Arnaud Rykner (juin 2013), Les solitudes se ressemblent, Ahmed Kalouaz (mai 2014), Fixer le ciel au mur, Tieri Briet (avril 2014), chez La Brune au Rouergue.

La belle – et remarquablement constante en qualité – collection La Brune au Rouergue publie de très bons romans français, dont une part notoire nous renvoie de fortes images, souvent d’un réalisme impressionnant, de notre société.

Ces trois opus – tous, marquants chacun à leur façon – sont signés – douleur, celle de Baudelaire – ici, la prison, là, l’itinéraire des harkis en France, et là encore, l’accompagnement d’un enfant anorexique… du quotidien, certes, mais pas celui de tout le monde.

Promo Václav Havel, Création de huit pièces courtes de Mark Ravenhill, War and Breakfast

Ecrit par Marie du Crest , le Jeudi, 28 Août 2014. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

En 2012, le festival des Nuits de Fourvière à Lyon a décidé de parrainer les promotions de l’ENSATT, voisine du site romain où ont lieu les spectacles. Les étudiants sont placés sous la direction d’un metteur en scène de renom, pour cet ultime travail, fin de leur savant apprentissage avant d’entrer dans le monde professionnel. Jean-Pierre Vincent à la tête de sa compagnie Studio libre crée avec les douze jeunes comédiens de l’école la version française de War and Breakfast, ensemble de pièces courtes du britannique Mark Ravenhill. Du premier volume édité aux Solitaires Intempestifs, seule la pièce L’Apocalypse n’est pas montée. Ces huit pièces permettent à la « troupe » à la fois de révéler des talents singuliers dans les pièces de formes dialoguées et la force collective du jeu dans les textes de forme chorale. Spectacle qui nous embarque durant plus de trois heures avec les entractes dans l’univers du dramaturge anglais. Nous sommes, nous aussi, spectateurs inscrits, comme le dit le texte du programme dans « le théâtre des opérations ».

D’Images et de bulles (7) : Sherlock Fox 1 Le Chasseur, Du Yu, Jean-David Morva

Ecrit par Myriam Bendhif-Syllas , le Jeudi, 21 Août 2014. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Sherlock Fox 1 Le Chasseur, Du Yu, Jean-David Morvan, Ed. Glénat, mars 2014, 64 pages, 14,95 €

 

À la croisée entre Blacksad et les récits de Conan Doyle, voici Sherlock Fox, un nouveau héros enquêteur dans un univers animalier des plus inquiétants. Fox est un incorruptible ; il dirige avec poigne et flegme le commissariat dont il est responsable. Pas de docteur Watson à ses côtés, ni d’acolyte sympathique, Sherlock Fox travaille en solo et son véritable nom est Ney Quitsou.

Dans la bourgade en pleine campagne où œuvre Fox, vit une communauté animalière aux mœurs surprenantes et aux principes bien arrêtés : tous les habitants sont devenus végétariens, la sexualité à visée de reproduction a été limitée. Le commissaire règle une première affaire avec détermination et talent, mettant en prison l’un des membres influents de la ville.