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Les Chroniques

Carnets d’un fou - XXIV - 2015

Ecrit par Michel Host , le Mardi, 03 Mars 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Année 2015

« Je me sens très optimiste quant à l’avenir du pessimisme »

Jean Rostand

Rétrospectivité / Prospectivité / Objectivité / Subjectivité / Invectivité / Perspectivité / Salubrité

Ces Carnets d’un fou sont un tissu d’observations et de réflexions. Tissu déchiré parfois, car enfoui dans le sépulcre de l’impubliable : deux éditeurs, craintifs, ont fait marche arrière tant les timides et rares audaces qu’il enveloppe leur ont paru devoir contrarier leur bonne réputation, leur chiffre de vente et leur belle complicité avec la chronique littéraire parisienne. Seule une publication en revue est donc accessible à ces notations. La Cause littéraire, après La Vie littéraire, les accueille à son tour : qu’elles en soient remerciées. Ravaudages et reprises, donc ! Mis sur le métier en 1999, on y verra désormais défiler des « vues » du passé le plus récent, ce qui élimine la perspective mais ajoute la fraîcheur de ce qui n’a pas encore quitté notre mémoire au risque de possibles erreurs d’appréciation. Nous attendons monts et merveilles de ces travaux d’aiguille.

Couleurs : deux livres

Ecrit par Marjorie Rafécas-Poeydomenge , le Samedi, 28 Février 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

L’étonnant pouvoir des couleurs, Jean-Gabriel Causse, Ed. du Palio, mai 2014, 192 pages, 19,90 €

Le petit livre des couleurs, Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, Ed. Points, mars 2014 (réédition des Editions du Panama de 2005), 121 pages, 6,50 €

 

L’étonnant pouvoir des Couleurs, dommage que le rose soit réservé aux filles !

Grande amatrice des couleurs (disons que je n’hésite pas à les utiliser aussi bien dans ma garde-robe que dans ma décoration d’intérieur, en total contre-pied de la tendance bobo très épurée et inodore), je ne pouvais qu’acquérir cet ouvrage si flatteur aux yeux, L’étonnant pouvoir des couleurs de Jean-Gabriel Causse sorti en 2014. Juste avant, j’ai également pris le temps de savourer Le petit livre des couleurs de Michel Pastoureau et Dominique Simonnet, un petit bijou historique très coloré qui ouvre l’esprit.

Journal - Nuit du 25 janvier par Kamel Daoud

Ecrit par Kamel Daoud , le Vendredi, 27 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

… Je vis parfois comme si j’avais raté quelque chose. Comme si j’avais raté un rendez-vous, une rencontre. Une obligation. Cela me fait souffrir parfois. Atrocement. Je me sens coupable. Presque traitre à quelqu’un. J’aurais dû le chercher, le trouver aussi et lui dire quelque chose dont j’ai oublié le sens et la langue. Parfois, quand j’écoute les vieilles musiques des années 80 cela me tort le cœur : quelque chose manque. J’ai beau essayer, je me creuse la mémoire à mains nues, je supplie presque. Mais rien ne vient. Juste de la culpabilité. Qu’est-ce que j’aurais dû faire ? J’ai essayé d’être le meilleur et de briller et de faire de mon mieux mais cela ne suffit jamais à atténuer le sentiment de culpabilité et d’échec. Je revois les anciennes années, ma grand-mère avec qui je vivais, la cheminée de la maison coloniale, le village pauvre et j’essaye presque de crier derrière une vitre : c’est là, sous mes yeux. C’est là que j’aurais dû faire quelque chose. J’avais je crois huit ans et je n’avais pas compris qu’il n’y avait pas d’éternité. J’ai envie de supplier un Dieu de me donner une deuxième chance, de recommencer car là je SAIS.

Que vaut vraiment Michel Houellebecq ?

Ecrit par Zone Critique , le Jeudi, 26 Février 2015. , dans Les Chroniques, La Une CED

La cause littéraire vous présente aujourd'hui un nouvel article de son partenaire Zone Critique

 

Et si on se demandait plutôt : Que veut vraiment Michel Houellebecq ? Provoquer, déranger, dégoûter ? Ce que guette Michel Houellebecq c’est notre réaction, chers lecteurs.

Alors, si on s’éloignait des termes « islamophobe, raciste, misogyne » et qu’on reprenait tout à zéro ?

Michel Houellebecq dépeint la société telle que nous la connaissons sans une once de vernis. Ou plutôt, la société que nous ne voulons pas connaître, celle de l’infâme et du désenchantement. Michel Houellebecq maîtrise l’art de la dualité en décrivant des situations quotidiennes, parfaitement identifiables par le lecteur, qui commence à éprouver une forme d’empathie. Puis, l’auteur se joue de cette identification en plaçant le lecteur assoupi dans une situation glauque, défiant tous les tabous de la société occidentale. L’engouement pour l’œuvre de Houellebecq s’explique ainsi par sa dimension cathartique. L’écrivain recherche une réaction violente chez le lecteur qui se voit purgé de toutes ses passions malsaines et destructrices.

Poèmes à la musique - À propos de La troisième main, de Michèle Finck

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 25 Février 2015. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

À propos de La troisième main, de Michèle Finck, éd. Arfuyen, 2015, 13€

La relation de la poésie avec les autres arts, est une affaire vive et forte. Et c'est bien là l'effet, vif et fort, de ce livre de Michèle Finck, que je voudrais souligner. Car à partir de ces textes, on est plongé dans la profonde essence de la musique, c'est-à-dire, l'agrandissement, ou plus précisément la dilatation du temps. Et la poésie est assez vaste pour accueillir ce monde augmenté.

 

Dans ses mains le violoniste porte le monde

Passé et présent. Mais d'où venue la troisième main,

L'invisible, main de la grâce, qui se pose sur les fronts ?

Elle porte l'espoir d'une arche future de lumière. Bach

A écrit pour cette troisième main. Menuhin le sait.