Identification

Les Chroniques

Les Moments forts (13) : Brad Mehldau à la Philharmonie, par Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 12 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

 

Donnant corps, à la Philharmonie, avec Three pieces after Bach, à un projet créé au Carnegie Hall (New York) en 2015, Brad Mehldau nous permet de saisir ce qu’est le passé, ce qu’est l’enfance.

En faisant en sorte que s’enlacent – dans le temps long, dilaté, de notre présent – des phrases musicales tombées de lui, à l’issue de sa lecture éblouie de Bach, et des pièces empruntées au Clavier bien tempéré : prélude n°3 en do dièse majeur (BWV 848) ; prélude n°1 en do majeur (BWV 870) ; fugue n°16 en sol mineur (BWV 885) ; prélude n°6 en ré mineur (BWV 851) ; prélude n°7 en mi bémol majeur (BWV 852) ; prélude et fugue n°20 en la mineur (BWV 865).

Henry Miller, le verbe en liberté (4 & fin), par Cyrille Godefroy

Ecrit par Cyrille Godefroy , le Mercredi, 11 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, Ecrits suivis, La Une CED

 

Le mirage féminin

La placidité de surface, le stoïcisme affiché par Miller n’en recouvraient pas moins un bouillonnement abyssal, spécialement dans son commerce avec les femmes. Tout au long de sa vie, Miller fut irrépressiblement attiré par elles. Attiré par leur beauté, par la promesse de jouissance que leur fréquentation éveillait, par la révélation et la connaissance de son identité qu’elles induisaient : « Sans l’amour la vie ne vaut rien. On existe seulement ». Au contact des femmes, son insouciance s’effaçait, son flegme se désagrégeait. Facilement amoureux, son esprit s’emballait, ses sentiments flambaient. Colère, euphorie, jalousie, extase, ressentiment, désespoir ponctuaient invariablement ses relations amoureuses, tant avec Cora, Béatrice, June, Lepska, Hoki, qu’avec Nin. Ces femmes ont parfois laissé de profondes cicatrices en lui, notamment June : « June m’a rendu infirme… C’est une horrible, profonde blessure, et je sais qu’elle ne sera jamais cicatrisée. Jamais. On ne se remet pas de certaines choses ». Le rapport à la femme mobilisait son être entier. Elle seule était capable de conduire ce capitaine nonchalant au naufrage dans la mesure où elle favorisait la résurgence d’affects enfouis depuis son enfance, laquelle fut marquée par l’autoritarisme maternel. Sa tentative de suicide lorsque June le trompe avec une autre femme atteste de cet embrasement émotionnel.

Trajectoire déroutée, Sanda Voïca, par Didier Ayres

Ecrit par Didier Ayres , le Mercredi, 11 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Trajectoire déroutée, Sanda Voïca, éditions Lanskine, juin 2018, 80 pages, 14 €

 

Sobriété profonde

Le dernier livre de Sanda Voïca vient de paraître. Il est à la fois utile et inutile de connaître la biographie de l’auteure, et d’être renseigné sur le grand deuil où elle est plongée. Inutile, car le livre se suffit à lui-même et à mon sens, est très réussi. Car l’ouvrage ne nous rend pas prisonnier d’un pathos, d’un sentiment de perte lyrique, et se rapprocherait plus du Livre de Job que des Psaumes ou du Cantique des cantiques. Donc il ne faut pas lire cette poésie avec le cœur sec ni avec une angoisse impitoyable. Il est nécessaire simplement de se mettre à l’unisson de cette poésie de la douleur, de ce texte abstrait et énigmatique à certains égards, pour partager cette poésie témoignage de la perte. Car c’est une voix authentique je crois. Lire ce travail non lyrique, pour moi qui aime les chansons du langage, se partager soi-même dans cette poésie froide, quand en ce qui me concerne j’aime le chatoyant et l’esthétique baroque, se laisser aller à la netteté acérée de ce regard de la poétesse, pour un lecteur qui à mon instar aime le sfumato et les impressions gazeuses, est cependant important. J’ai beaucoup aimé Trajectoire déroutée, nonobstant les différences de sensibilités, et peut-être à cause de cela.

éphémérides créatives - Honoré de Balzac, par Jean-Marc Dupont

Ecrit par Jean-Marc Dupont , le Mercredi, 11 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

« L’amour a ses intuitions, comme le génie a les siennes »

Le 20 mai 1799, naissance de l’écrivain Honoré de Balzac (mort le 18 août 1850). Il laisse une œuvre littéraire imposante, avec La comédie humaine, ensemble de plus de 90 ouvrages, répartis en trois ensembles (études de mœurs, études philosophiques et études analytiques) pour dresser une « histoire naturelle de la société ».

https://fr.wikipedia.org/wiki/Honoré_de_Balzac

On trouvera ici [1] une étude sur la créativité de l’écrivain qui illustre probablement toute la complexité du processus créatif entre facteurs cognitifs, conatifs et émotionnels et parfois des facteurs de vulnérabilité à la psychose. Sur le plan cognitif, par exemple, les auteurs expliquent que « lorsque Balzac a un épisode hypomaniaque, les associations abondent et se font, tout comme pour la mémoire, sur un mode visuel, au moyen d’images », au risque de perdre toute cohérence. Et sur le plan conatif, ils évoquent le non-conformisme ou encore la motivation expliquant que « Balzac accède par sa création littéraire au statut de “pur esprit”, échappant aux contraintes ordinaires matérielles de temps et de lieu ».

Le hadj ou la rente divine !, par Amin Zaoui

Ecrit par Amin Zaoui , le Mardi, 10 Juillet 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Tout ce qui s’achète se vend. Dans la terre d’islam tout est à vendre. Tout est à acheter. On vend Dieu. On vend la religion. On vend une place au paradis. On vend du pétrole. On vend des dattes. On vend les migrants. On vend des tomates. On vend les pays. On vend les versets. On vend les Lieux saints. On vend des hassanat. On vend l’ombre sur les plages. On vend le sable des plages. On vend le vent. On vend tout parce qu’il y a un acheteur pour tout.

Au fur et à mesure que la guerre dans la région du Moyen-Orient réclame plus d’argent, et afin de payer les factures des usines d’armes américaines, l’Arabie Saoudite trouve en el hadj, le pèlerinage, un moyen de recouvrement opportun. La rente divine !

Au fur et à mesure que le projet saoudien titanesque futuriste appelé Neom sort des sables, un projet du rêve où les taxis volants remplacent les tapis volants, réclamant plus de ressources d’argent, l’Arabie Saoudite augmente dans les taxes des hadjis.