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Les Chroniques

A propos de Barney Wilen (par Philippe Chauché)

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 10 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, La Une CED

Barney Wilen & Alain Jean-Marie, Montréal Duets, Barney Wilen, Ténor et Soprano saxophone, Alain Jean-Marie, Piano, Live at the Festival International de Jazz de Montréal, 4 juillet 1993, Elemental music, Produced by Jordi Soley, Associate producer : Patrick Wilen, 2020

 

Barney Wilen, La Note Bleue, Barney Wilen, Ténor Saxophone, Alain-Jean-Marie, Piano, Philippe Petit, Guitar, Ricardo Del Fra, Bass, Sangoma Everett, Drums, Produced by Philippe Vincent, 1987

 

Barney et La Note Bleue, Loustal & Paringaux, Casterman, 1987 (une nouvelle édition est annoncée par Patrick Wilen)

 

« Il joue Besame Mucho comme personne ne l’a jamais joué et tant mieux si Jo et les autres restent silencieux dans son dos : c’est son histoire à lui, il n’a besoin de personne pour l’aider à la raconter, lorsqu’il a joué sa dernière notre on n’entend même plus les glaçons tinter dans les verres », Besame Mucho (Reprise), Barney et La Note Bleue.

Le théâtre est anglais-2 (par Marie du Crest)

Ecrit par Marie du Crest , le Vendredi, 10 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, La Une CED


Kate Tempest opus 2, une pièce sans son texte, sans un livre. Glasshouse, une serre comme décor, comme une petite maison des expériences dramatiques.

Tempest trace un « script » à nouveau pour un trio de personnages comme dans sa première pièce (Fracassés) ; non pas un trio de vieux amis désabusés mais cette fois-ci, celui de ce que l’on nomme aujourd’hui une famille recomposée, chaotique. Ria est devenue mère très jeune, trop jeune. Jess, la fille qu’elle a eue avec son compagnon junkie, est entrée dans l’âge adulte. Ria désormais partage sa vie avec Paul. Et tout n’est pas simple entre eux. Tensions, tendresse, désirs de séparation. Kate Tempest envisage la complexité de la désintégration d’une cellule familiale, se refusant à mettre en accusation tel ou telle. Il n’y a pas de coupable ; la vie est ce qu’elle est, terrible, impitoyable et pourtant lumineuse à ses heures.

La Fille de Personne, Cécile Ladjali (par Pierrette Epsztein)

Ecrit par Pierrette Epsztein , le Jeudi, 09 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

La Fille de Personne, Cécile Ladjali, Actes Sud, mars 2020, 208 pages, 19,50 €

 

Le nouveau roman de Cécile Ladjali, La Fille de Personne, nous propose une véritable épopée. Le grand âge venu, Luce Notte, nom qui allie lumière et nuit, est amenée par les circonstances à faire retour sur son existence et à la transcrire dans un ouvrage dont elle devient la narratrice.

De prime abord, le sujet de cette histoire semble être la quête d’un père que cette femme n’a jamais connu. Mais il va bien au-delà de ce motif initial. À travers deux écrivains qu’elle va accompagner et encourager sur leur chemin difficile et risqué, elle s’évertue à éclaircir son propre parcours nébuleux à travers une période révolue qu’elle s’évertue à faire renaître.

Mal-née d’une mère italienne et d’un père iranien qu’elle n’a jamais connu, l’héroïne, née à Berlin, est donc considérée comme allemande, ce qui ne lui facilitera pas la vie durant les deux guerres. À la mort de sa mère d’un cancer dans d’atroces souffrances, elle devra s’acquitter d’une promesse féroce faite à celle-ci : la venger de cet homme qui l’a abandonnée avant la naissance de sa fille.

La Styx Croisières Cie - Juin 2020 (par Michel Host)

Ecrit par Michel Host , le Jeudi, 09 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Ère Vincent Lambert, An II

Humain, citoyen le plus vulnérable, la République française, la médecine, la banque et la magistrature réunies, t’ayant baptisé Légume, te tueront.

« Je déteste les jours qui nous voient réunis : je sais trop bien qu’il n’est rien qui ne traîne après soi sa disparition »

(Les Mille et Une Nuits, 950e nuit)

« Un bruit d’écrasement, un geignement mat : je me retourne, un petit chat s’est cassé les reins sur le trottoir, devant la charcuterie. Comme il est drôlement immobile, le corps tordu, les pattes tendues ! Des ménagères font un cercle d’exclamations tout autour, troublant la circulation. Mais passe un homme, une espèce d’ouvrier à moustaches, qui prend le minet par la queue et l’assomme contre le bord du trottoir ; puis continue comme si de rien n’était. Le chat gémit encore une toute petite fois, déchirant de cette plainte presque irréelle l’espèce d’ouate où la mort l’emmitoufle »

(Philippe Jaccottet, Observations et autres notes anciennes, 1947-1962)

Casanova-Rousseau, Lectures croisées, Dir. Jean-Christophe Igalens, Érik Leborgne (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mercredi, 08 Juillet 2020. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Casanova-Rousseau, Lectures croisées, Dir. Jean-Christophe Igalens, Érik Leborgne, Presses Sorbonne Nouvelle, 2019, 207 pages, 19,90 €

 

Est-il possible, c’est-à-dire raisonnable, d’accoler les deux noms de Casanova et de Rousseau, dont l’œuvre la plus aboutie demeure Les Rêveries du promeneur solitaire (qu’il faut absolument lire dans l’édition critique établie par Frédéric S. Eigeldinger, chez Honoré Champion, Coll. Champion Classiques Littératures, 2010) ? Cette question ne cesse, avec facétie, d’aller et venir en soi, lorsque l’on prend connaissance, page après page, de ce volume – avec une joie accomplie, tant celui-ci s’avère passionnant.

En effet, tout, absolument tout semble opposer ces deux auteurs.

Divergences quant au vécu. Quant à l’Aventure (la majuscule, ici s’impose) qui peut être part intrinsèquement constitutive de la vie. L’on sait le mouvement qui fut le cœur battant de la vie de Casanova. Certes, Rousseau voyagea, « parfois contre son gré », et son exil le mena « à vivre un moment dans la clandestinité, mais dans des conditions qui n’ont [absolument] rien de comparables avec celles de Casanova ».