Identification

Les Chroniques

Les Misérables de Victor Hugo en la bibliothèque de La Pléiade, par Philippe Chauché

Ecrit par Philippe Chauché , le Vendredi, 06 Avril 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Les Misérables, Victor Hugo, Gallimard, Bibliothèque de la Pléiade, février 2018, édition Henri Scepi, Dominique Moncond’huy, 1824 pages, 65 € jusqu’au 30 juin

 

 

« Ni roman social ni roman historique – ces catégories génériques se révèlent à la lecture par trop étroites et inappropriées –, l’œuvre s’ancre moins dans une époque à proprement parler que dans un siècle : elle ambitionne d’embrasser une mesure qui transcende les périodisations trop hâtives et bornées afin d’en saisir le principe, le temps climatique, l’âme » (Henri Scepi, Introduction).

« Sans se rendre compte de ce qu’elle éprouvait, Cosette se sentait saisie par cette énormité noire de la nature. Ce n’était plus seulement de la terreur qui la gagnait, c’était quelque chose de plus terrible même que la terreur. Elle frissonnait. Les expressions manquent pour dire ce qu’avait d’étrange ce frisson qui la glaçait jusqu’au fond du cœur », Les Misérables.

Yannick Kujawa : La manche et la pioche, par Hans Limon

Ecrit par Hans Limon , le Jeudi, 05 Avril 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Soyons limpides et concentrés comme sait l’être à merveille ce bon vieux-jeune Kujawa. Simples et souples. Chez lui, tout vient du bassin. Du bassin minier, plus particulièrement. Au point du jour il se retrousse la manche, à froid se ramasse et fait gémir la pioche. Ses romans suintent l’humilité nordique. Pas vraiment du genre à chasser le prix littéraire ni même la bête à cornes. Paysan pas revenu. Imaginez-le rien qu’un instant sur la couv’ de Télérama, portant fièrement le daim sur les godasses et les épaules… Il pourrait, mais ne le fait pas. Comment nommer cette anomalie ? La modestie.

Yannick est un diseur. Il dit. « Elle dit », lunaire et laconique. Un Zola taillé à la hache. Non, à la pioche, vous dis-je. Un fils de la terre. De cette glaise qui s’accroche aux souliers polonais pour se disséminer partout sur le sol franco-allemand. Le marc de café ressemble aussi à la tourbe, après tout. Laissons conter la griotte :

Islamo-féminisme, des femmes relisent les textes religieux, Feriel Bouatta, par Nadia Agsous

Ecrit par Nadia Agsous , le Mercredi, 04 Avril 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

Islamo-féminisme, des femmes relisent les textes religieux, Feriel Bouatta, Koukou Editions, Alger, octobre 2017

 

Des femmes osent l’exégèse islamique

 

Le féminisme islamique. Que signifie cette expression formée de deux mots jugés antinomiques ? L’islam et le féminisme sont-ils compatibles ? Est-il possible d’atteindre l’égalité entre les sexes en réinterprétant le Coran, les hadiths (paroles et actes du prophète) et le fiqh (jurisprudence musulmane) ? Si l’on se réfère aux féministes islamiques, la réponse est oui !

Qui sont ces femmes musulmanes, universitaires et intellectuelles pour la plupart, qui ont formé un courant de pensée féministe de nature théologique ? Dans quel contexte mondial leur mouvement a-t-il émergé ? Quelles sont leurs théories ? Leurs méthodes ?

C’est ce à quoi s’attelle Feriel Bouatta dans son livre intitulé Islamo-féminisme. Dans cet essai de 113 pages structuré en quatre chapitres, l’auteure présente le mouvement sous un angle historique et théorique.

La Dépossession, Rachid Boudjedra, par Belkacem Meghzouchene

Ecrit par Belkacem Meghzouchene , le Mardi, 03 Avril 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

La Dépossession, Rachid Boudjedra, Grasset, octobre 2017, 220 pages, 18 €

 

Saignement de la mémoire d’un mûrier déraciné et véreux

L’écrivain majeur Rachid Boudjedra nous livre dans son dernier roman, intitulé La Dépossession, d’une œuvre littéraire fidèle à sa virulence connue et reconnue, à sa pertinence époustouflante, et à son érudition incontestable. Il nous possède dès l’entame de la lecture de cette fiction mature, telles les mûres de son jardin. « Mûrier, raccourci du monde cosmique », écrit-il plus loin.

« Mon enfance puis mon adolescence n’ont été que malheur et désastre ». Le narrateur, portant le diminutif de « Rac », Rachid ? évoque des « souvenirs cognant contre ses tempes », et est hanté par un passé lézardé, fougueux, voire libertin. Rac, l’obèse dès l’âge de quinze ans, concomitamment à la mort de son frère médecin à Londres, homosexuel de rumeur. Au lycée franco-musulman constantinois, il portait le sobriquet de Botty-Boffy.

Le sens de l’amour dans Indiana, par Ikram Chemlali

Ecrit par ikram chemlali , le Mardi, 03 Avril 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Indiana relate l’histoire d’une jeune créole qui, malgré elle, se marie à un homme de l’âge de son père. M. Delmare n’a jamais réussi à rendre sa femme amoureuse de lui. Leur vie conjugale est un échec absolu. Indiana y vit en tant que femme soumise et asservie. La mort M. Delmare délivrera enfin Indiana de cet enfer, qui décide à son tour de libérer les esclaves de l’île Bourbon où elle a vécu son enfance. Une délivrance qui aura comme unique moyen : l’amour.

George Sand a une foi presque aveugle dans les pouvoirs de l’amour. « L’amour rend tout possible » (1) affirme l’écrivaine. Mais que signifie ce mot qui revient tout le temps sous la plume sadienne dans Indiana ? Pour Sand, l’amour c’est le sentier qui mène au bonheur, de l’individu comme de la société. Il est au sein du couple l’équivalent de ce sentiment de l’effacement de soi, qui se nommera fraternité au niveau du groupe collectif. Décidément c’est l’amour qui lit les deux niveaux, individuel et social.