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Les Chroniques

Mathieu Terence : prononcer « ce Oui à la vie, ce Oui de la vie », Matthieu Gosztola

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Jeudi, 08 Mars 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

Quand tout est fiançaille…

 

À quoi tiennent joie et bonheur ?

 

Le bonheur n’a que peu à voir avec les aspirations de notre époque. Aspirations au confort matériel et physique. Aux sentiments majuscules. À la progéniture standard de 1,5 enfant par couple. À la consommation comme exutoire. Aux plaisirs stéréotypés. Au loisir permanent. À la culture comestible. À l’absence totale de souffrance.

Les concepts ne meurent pas, eux ! Un hommage posthume à Antoine Culioli, par Line Audin

Ecrit par Line Audin , le Mardi, 06 Mars 2018. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

 

Presque un demi-siècle après mai 68, le 9 février 2018, le professeur Antoine Culioli tire sa révérence. Il laisse derrière lui un modèle théorique révolutionnaire pour appréhender le langage à travers les langues naturelles, un modèle complexe, qui résiste à toute approche superficielle ou rapide. Celles et ceux qui se sont accroché(e)s, notamment des didacticien(ne)s et des enseignant(e)s de langue, n’ont pas regretté leurs efforts. J’en fais partie. Etudiante en anglais, puis enseignante en collège difficile, j’ai cherché à comprendre l’essence de sa théorie, convaincue que j’y trouverais des clés pour aider mes élèves à saisir les relations complexes entre langue et réalité. Au bout de cinquante ans, je crois y être arrivée avec le « ARB », un outil directement conçu à partir de concepts empruntés à sa théorie des opérations énonciatives.

Plateau virtuel club # 4 Radio Clapas, par Marie du Crest

Ecrit par Marie du Crest , le Mardi, 06 Mars 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

L’émission de février maintenant autour de la dernière pièce de David Léon, édité chez Editions espaces 34, en 2018 ; celle sans doute comme l’exprime l’auteur lui-même, qui marque la fin d’une période de son travail d’écrivain (comme le disent les peintres), celle qui clôt le cycle familial entamé avec Un batman dans ta tête. Le temps de l’apaisement après la sidération ; de la honte au pardon.

Cette fois-ci, à la différence des précédents enregistrements, la lecture au sens le plus strict qui soit, s’impose, en l’absence ou presque d’un jeu commenté à plusieurs, quant à la façon de dire les passages choisis. David Léon nous offre là sa lecture : à l’exception de la séquence de la page 13 à 15 qui donne lieu à un travail à deux voix. David Léon y lit la « ligne récit rétrospectif » tandis que Léopold Pélagie s’empare des morceaux en italiques, citations des propos maternels et des œuvres livresques. L’auteur entre dès lors oralement, dans son livre, se l’approprie totalement.

Sand et la mort des idéologies, par Ikram Chemlali

Ecrit par ikram chemlali , le Lundi, 05 Mars 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

George Sand a réussi à s’imposer au rang des grands écrivains et créateurs de son siècle. De ce fait, s’intéresser à elle c’est s’intéresser au XIXème siècle dans son intégralité. Pourtant, son œuvre a besoin d’être réexaminée sous d’autres angles, en vue de déceler tous ses mystères demeurant nombreux.

Sand se rapportait pour longtemps au mythe séduisant de la femme portant le costume masculin, fumant le cigare et affichant autant d’autres éléments non appropriés aux codes féminins de son époque. Pendant longtemps le nom de George Sand se rattachait à un seul et unique cliché, celui de l’amante passionnée, de Musset ou de Chopin. On s’intéressait beaucoup plus à sa vie privée qu’à sa production littéraire. Actuellement et avec l’édition de son énorme correspondance, avec la réédition de son autobiographie et d’une large partie de ses romans, la révélation d’une écrivaine majeure, porteuse d’une vision nouvelle du monde, se dévoile. Ses textes (romans, autobiographie, lettres) à nouveau édités, on peut dès lors s’en remettre à eux pour découvrir à quoi pense George Sand et interroger à travers eux la grande écrivaine.

Le journal de MCDem (8), par Murielle Compère-Demarcy

Ecrit par MCDEM (Murielle Compère-Demarcy) , le Vendredi, 02 Mars 2018. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

 

Jeudi 7 décembre

S’arrêter à ce qui dans l’écriture de Pascal Quignard en appelle à l’oreille du lecteur. À la voix dans le livre. À ce qui renvoie à l’oralité. Retourner dans le monde pariétal. Écouter, dans la chambre d’écho, « un taisir sans abord »*. Accueillir le silence dans le recueillement, la traduction de la parole vers l’Autre. Frapper, contre les parois quittées du ventre originel, des casseaux de la respiration ancienne, retrouver l’ébruitement liquide du monde. En rechercher la musique.

L’espace acousmatique du corps cogne parfois, le laisser retentir dans une écoute polyphonique affolante et inouïe, faire de son corps un amplificateur des voix plurielles, ne pas s’empêcher de renouer le cordon de l’oreille première, ne pas craindre la mélopée entêtante.

La chambre d’écho où l’écriture s’écoute relie les livres à l’oreille interne et l’esprit d’un lecteur fasciné, autant qu’effrayé, par ce qui ne se parle pas.

Cette phrase de Pascal Quignard me hante : « les livres ne jettent pas des cris d’orfraies – qui planent sur la mer »**.