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Les Chroniques

Éphémérides créatives : Virginia Woolf, Pierre Boulle (par Jean-Marc Dupont)

Ecrit par Jean-Marc Dupont , le Mercredi, 20 Mars 2019. , dans Les Chroniques, Chroniques régulières, La Une CED

Virginia Woolf :

« C’est écrire qui est le véritable plaisir ; être lu n’est qu’un plaisir superficiel ».

« La vérité ne peut être atteinte qu’en rassemblant une grande variété d’erreurs ».

 

Le 25 janvier 1882, naissance de la femme de lettres anglaise Virginia Woolf (morte le 28 mars 1941)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Virginia_Woolf

Linda Anderson explique ici [L1] que « si vous lisez les cahiers publiés d’écrivains célèbres, vous constaterez qu’ils les utilisent souvent comme l’endroit où ils ‘se détendent’ pour écrire et où ils réfléchissent sur leur processus créatif. Par exemple, Virginia Woolf a souvent réfléchi à son processus d’écriture dans son journal. Parce que le journal ne ‘compte pas comme écrit’, elle a pu l’écrire dans un ‘galop rapide au hasard’. Elle a trouvé que ce genre d’écriture non préméditée et occasionnelle donnait souvent de bons ‘accidents’ et de précieuses découvertes » et de citer un fragment de ses notes (20 janvier 1919) :

Martin Heidegger La vérité sur ses Cahiers noirs, Friedrich-Wilhelm von Herrmann, Francesco Alfieri (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Mardi, 19 Mars 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED, Gallimard

Martin Heidegger La vérité sur ses Cahiers noirs, Friedrich-Wilhelm von Herrmann, Francesco Alfieri, Gallimard, L’Infini, mars 2018, trad. italien et allemand Pascal David, 488 pages, 36,50 €

 

Martin Heidegger est mort voilà plus de quarante ans et c’est peu dire que l’œuvre immense qu’il a laissée n’est pas d’un accès aisé. Il n’eut rien d’un philosophe facile dans le style de Michel Onfray ou de Luc Ferry. Pourtant, quatre décennies après sa disparition, ce penseur, génie pour les uns, magicien de la complication inutile pour les autres (on y reviendra) fait encore parler de lui, pas seulement dans les revues professionnelles de philosophie, mais dans les journaux : ainsi lorsque fut révélé le contenu de ses « cahiers noirs ».

L’expression même de « cahiers » ou de « carnets noirs » était de nature à susciter des fantasmes. Il s’agit simplement de carnets recouverts de toile noire, comme chacun peut s’en procurer dans le commerce, afin de noter ce qu’il juge bon de l’être. Heidegger y transcrivait jour après jour des réflexions qui, ensuite, prenaient ou non place dans ses cours, ses conférences ou ses essais. Rien que de très banal, sauf que par une sorte de synecdoque, la couleur noire des couvertures en est venue à désigner une partie du contenu.

Les Moments forts (17) : Bleu et rose, Picasso à Orsay (par Matthieu Gosztola)

Ecrit par Matthieu Gosztola , le Mardi, 19 Mars 2019. , dans Les Chroniques, La Une CED

 

L’Étreinte (Paris, automne 1900 ; pastel sur papier ; Museu Picasso). Une nouvelle Étreinte (Barcelone, printemps 1903 ; pastel sur papier ; musée de l’Orangerie). La Vie (Barcelone, 1903 ; huile sur toile ; The Cleveland Museum of Art). Famille d’acrobates avec un singe (Paris, début 1905 ; gouache, aquarelle, encre sur carton ; Gothenburg Museum of Art)…

On observe que les « petites revues » naissent par dizaines aux alentours de 1885 (mourant souvent après quelques numéros). Gourmont dans son « essai de bibliographie » sur Les Petites revues qu’il publie en 1900 tente de dresser un tableau de cette source authentique de notre histoire littéraire ; elles sont « le tableau animé de la vie littéraire » : « [o]n y surprend la disparition des modes, l’évolution des esprits, le courant des idées, les groupements d’individualités et leur dispersion. Les Revues sont le tableau animé de la vie littéraire » [1].

Lettre à Louis Calaferte, Valérie Rossignol (par Didier Ayres)

Ecrit par Didier Ayres , le Lundi, 18 Mars 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Lettre à Louis Calaferte, Valérie Rossignol, éditions Tarabuste, janvier 2019, 84 pages, 11 €

 

Relation à l’inconnu

Ce joli livre de chez Tarabuste, de la collection Brèves Rencontres, m’a permis de suivre un exercice d’admiration très bien construit et m’a fait éprouver du plaisir. En effet, Valérie Rossignol se livre dans cet opuscule à une mise en relation/mise en scène de son rapport avec l’écrivain Louis Calaferte sous la forme de quatre lettres et de quelques citations des ouvrages de l’auteur – ce fils d’immigré italien, né à Turin. Il y a donc ici la rencontre d’une lectrice féministe et d’un auteur qui bat en brèche les doctrines de genre, et ainsi présente par un effet de miroir l’opinion de V. Rossignol qui, en tant que femme, verse dans une étude critique des lois machistes, et là-dedans de certaines pages rudes de Calaferte. J’ai dit exercice d’admiration, mais le vrai mot serait peut-être à trouver dans l’univers des thèses féministes qui viendrait chercher chez Calaferte les grands types de discours d’asservissement de la femme, et aussi et en même temps un parcours sensible d’une femme qui aime l’œuvre qu’elle lit.

Celui qui disait non, Adeline Baldacchino (par Gilles Banderier)

Ecrit par Gilles Banderier , le Vendredi, 15 Mars 2019. , dans Les Chroniques, Les Livres, La Une CED

Celui qui disait non, Adeline Baldacchino, Fayard, janvier 2018, 264 pages, 18 €

 

 

C’est à coup sûr une photographie qui mérite de prendre place parmi les dix clichés les plus fameux du XXe siècle. Elle est pourtant méconnue, bien que facilement accessible sur le réseau Internet (tapez « August Landmesser » dans votre moteur de recherches favori, en mode « images »).

Un des charmes (ou des défauts) de la photographie argentique, par rapport à son équivalent numérique, est que le résultat ne se laisse pas voir tout de suite. Il faut passer par une série compliquée (et en général automatisée) de manipulations physico-chimiques qui prend quelques jours ou, au mieux, quelques heures. Il arrive cependant que la révélation de certaines photographies soit durablement ajournée, pour des raisons qui n’ont rien à voir avec la chimie. Il en est allé ainsi du cliché qui a fourni au livre d’Adeline Baldacchino son point de départ.